WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSITY. ai-ifli,. THE GIFT OF .1. 1). WIllTNKV, Sturyig Ilooper Profesêor MUSEUM or COMPAEATIVE ZOÔLOGY ^^ "i.VVA '^mM /'■ ^ COMPTES RENDUS UEBDOMADAIllES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES PARIS. — nii>iii.Mi;r.iK i)i; r.Aniiiiiu-MLuns, lUK dr SKiNK-SAiNT-r.i:nMAiN. m. nu'.s i. in-hu r. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES Sft/VNCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES PllItl.US, CONFOHMKMKlNr A UNE DÉCISION DK L'ACADKMIE PAR MM. LES SECRETAIRES PERPÉTUELS TOME SOIXANTE-SIXIEME. ■lANMKli -ILIN !8U«. PARIS, GAUTHIER-VILLARS , IMPRIMEDR-LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER, . (Ju.ii f|ps Aii!i;iislins, f>'i ÉTAT DE L'ACADEMIE DES SCIENCES Ali 1 " JAPIER i8CS. SCIENCES MATHÉMATIQUES. Section I". — Géométrie. Messieurs : Lamé (Gabriel) (o. ^). Chasles (Michel) (c. ^). Bertraînd (Joseph-rvOuis-François) (o. ®). Hermite (Charles) (o. ^). Serret ( Joseph- a UVed) ^. Bonnet (Pierre-Ossian) ^. Section II. — Mécanique. Le Baron DupiN (Charles)(G. G.®). PlOBERT (Guillaume) (G. O. ^). MORIN (Arthur-.Tnles) (c.®). COMRES (Charles-Pierre-Mathieu) (G. ^). Foucault (Jean-Bernard-Léon) (o. ^1;). N Sectiox m. — astronomie. Mathieu (Claude-Louis) (c.^). LiOuviLLE (Joseph) (o. ^). Laugier (Paul-Anguste-Ernest) (o. ^). Le Verrier (Urbain-Jean-Joseph) (g. O.^). Faye (Hervé-Auguste-Élienne-Albans) (o. ^). Delaunay (Charles-Eugène) (o. ^). Section TV. — Géographie et Naviçjation. De Tessan (Louis-Urbain Dortet) (o. ^). Le Contre-Amiral Paris (François-Edmond) (c. ^). JuRiEN DE LA Gravière ( Jean-Pierre-Edmond ) (g. o. ^). DuPUY DE LOME (Slanislas-Chatles-Henri-Laurent) (G. o. Abbadie (Antoine Thomson d') ^. YvON ViLLARCEAU (Antoine-Jospph-François) ^. KVVV llK I. ACADK.VIIK DK.S >>(;i INCKS. Sf.ctiox V. — Physique (jtnérdlc. Messieurs : JiKCQUi.r.iii. (_Ai)loiiii'-César) (c.^). PouiLLET (Claufle-.S(>rvais-l\I:Uhias) [o.^]. I!\1!IM;t (Jacques) ^ç. DuHAMKL (Jean-Marie-Conslant ) (o. r§\ FlZKAU (Armaiid-Hippolyte-Louis) f!. l5i;CQi;r.Ri':i. (Alexamirp-lvlmniid) ^. SCIENCES PHYSIQUES. Section VI. — Cliiinic. Chevreul (Michel-Eugène) (G. o.#). Dumas (Jean-Baptiste) (g. (;.#). Ri:g>;aui.t (lîeuri-Vicfor) (c.@). IiALARn (Anîoine-Jéi'ùine) (c. ^ . FitEMY (Edmond) (o. ^^). Winrrz ^Ch n-les-Adolphe) (o. #;. Se«:tio.\ VM. — M'mrvdlotjii'. Dk.LafoSSE (Galiriel) (o. @). Le A'^iconite d'Argiiiag (Étieiuie-Jules-Adolplic Desmieh \w. Sai^t- SiMOîs) (o. C«). Sainte-Ci.aike Dkvili.e (Charles-Joseph) (o. ^^). DauBKÉE (Gabriel-Auguste) (o. i^). Sainte-Claire Deville (Étienne-Henri) ;0. ©). Pasteui! l'Eouis) (o. ^). SECTin\ Ylîl. — linUmiijiii'. BiiONGiMAirr (Adolphc-TIu'-odore) (c;. ^î). TULASNK (Louis- René) ^, GaY (Claude) ^. Dieu AisrnE (Pierre-ÉlienncSiuiou) (o. ?§). ^jAljl)l.^ (Charles-Viel(jr ) <§. riua.i I. Au£rusle-\dolplio-].i!cieu'l ©. ÉTAT UK l'aCAUÙMIK IJliS SClIiMCES. Se<:tion IX. — Lcoiioiiiie lurole. Messieurs : BoussiiNGAULT ( Jeaii-Baptiste-Joseph-Dieiidomié) ic. C*). Payen (Anselme) (c.^). DECAISSE (Joseph) (o. ^). Peligot (Eiigèiie-Melchior) (O. fî). Le Baron ÏHEîNARU ( Anioiild-l'aiil-EcliauiKl ) ^i. N Section X. — .IiKitmiiie et Zoolrxfie. Edwakus (Ileiiri-Miliie) (c. ®). COSTE (Jean-Jacques-Mane-Cypiieii-Viclor) ^. De QuatrefaGES de Bréau ( Jean-Louis-Armand) (o. ^). LONGET (François- Achille) (c ®). Blanchard (Charles-Éiiiile) €?• Robin (Charles-Philippe) ©. Section XI. — Méderiiic el Cliiiunjiv. Serres (Étienne-Reiiaud-Augustin) (c. ^). Andral (Gabriel) (G. t?:). Bernard (Claude) (c. ^')- Ee Baron Cloquet (Jide.s-Geiiiiam) (c.^K Néeaton (Angustel (G. o. •?-). N. SECRKr AIRES PEilPETtiELH, ÉLU:, OK Beaumont { Jean-Baj)iiste-Arniaiiil-Lniiis-Léonc(' ^ pour les .Scieiice.s PijvsiijiU'n. ÉTAT Dli L ACADÉMIE DES SCIENCES. ACADÉ^IICIEÎVS LIBRES. Messieurs : Le Baron SÉGUIEU (Amiaiid-Fierre) (o.©). BUSSY (Antoine-Alexandre-Briitus) (o. ^). Delessert (Franco ib-Marie) (o. ^). BiENAYMÉ (Irénée-Jiiles) (o. ^). Le i^arécha] Vailla:st (Jean-Baptiste-Philibert) (g.c.@). De Verkel'il (Philippe-Edouard rocLLETiEu) ®. Passy (Antoine-François) (c.®). Le Comte Jaubert (Hippolyte-François) (o. ^5). Boulin (Francois-Désiré) ^. Le Baron Lakuev (l'elix-Hippolvie) (c. ®). ASSOCIÉS ÉTRANGERS Brewster (Sir David) (o. i§), à Edimbourg, Ecosse. Herschel (Sir John WiUiani), à Londres, ^/i(//e/^r?e. OwEN (Bichard) [O.^), à Londres, Ancjleierie. Ehrenbehg, à Berlin, Prusse. Le Baron de Liebig (Justus) (c. ^), à iMunich, Bavièie. WôiiLER (Frédéric) (o. m), à Gottingne, Prusse. De ea Bive (Auguste) @, à Genève, Suiise. N CORRESPOIVDA^TS. Nota. I.e li-glemenl ilii (1 juin i8uS aonne a i:ii:\i|iie Secliim lu iiomljn.' de Ct)ri'espoM.i:iMl-, mi SCIENCES MATHEMATIQUES. SiiOTioN I'". — Gcoinélrie (6). Le Besgue ©, à Bordeaux, Gironde. TciiÉBYCHEE, à Saint-Pétersbourg, Bussie. KuMMER, à Berlin, Prusse. NeumajniN, à Kœnigsborg, Prusse. SvEVESTElî, à Woolwich, Anglclerre. Pl.iJCKER, à Ik.iin, Pru.se. ÉTAT DE l'académie DES SCIENCES. Section II. — Mécanique (6). Messieurs ; BuRDiiN (o. ^), à Clerinont-Fenand, Puy-de-Dôme. Seguin aîné (Marc) (o. ^), à Montbard, Cùle-d'Or. MoSELEY, à Londres, Angleterre. Fairbairn (William) @, à Manchester, Angleterre. Clausius (Jiiiius-Eiiimaniiel-Rudolt), à Wurtzboiirg, Baviéie. N Section III . — Astronomie {i6). AiRY (liiddell)^, à Greenwich, Angleterre. Hansen, à Gotha, Saxe Ducale. Saîstini, à Padoue, Italie. Argelander, à Bonn, Prusse. HlKD, à Londres, Angleterre. PëTERS, à Altona, Prusse. Adams (J.-C), à Cambridge, Angleterre. LePèreSECCHi (o.^), à Rome, État Pontifical. Cayley, à Londres, Angleterre. Mag-Lear, au Cap de Bonne-Espérance, Colonie du Cap. Struve (Otto Wilhelm), à Pulkowa, Russie. Plaïntamour (Emile), à Genève, Suisse. N N N N • Section IV. — Géographie et Navigation [8). Le Prince Anatole deDémidoef, à Saint-Pétersbourg, hussie. L'Amiral deWrangell, à Saint-Pétersbourg, Russie. L'Amiral LùTKE, à Saint-Pétersbourg, Russie. De Tchihatchef (g. ^), à Saint-Pétersbourg, Russie. Richards (le Capitaine), à Londres, Angleterre. N N N C. P,., i«68, I" Semeure. (T. LXVI, N» l.j 2 iO ÉTAT DK l'académie DES SCIENCES. Section V, — Physiijue ijénérale [^). Messieurs : Hansteen, à Christiania, Norvège. FORBES (James-David), à Edimbourg, Ecosse. WiiEA'rsTorvE ®, à Londres, Jmjlelene. Plateau, à Gand, Belgique. Matteugci, à Pise, Italie. Magnus, à Berlin, Pilasse. Webkf, (Willielmj, à Gottingue, Prusse. IIiHN (Gustave-Adolphe), au Logelbach, IJaiil-Ittini. N SCIENCES PHYSIQUES Section W. — Chimie, (f)). BÉF.AHD (O. ®), à Montpellier, Héruutl. Graham, à Londres, Anfjlelerre. Bunsen (o. ^), à Heidelberg, Grand-Duché de Bade. Malaguti (o. ®), à Rennes, llle-el- Vilaine. HoFMANiN, ;i Londres, Angleterre. SCHOENBEIN , à Bâle, Suisse. Favre ^, à Marseille, Bouches-du-Bliàne. Marignac (Galissard de), à Genève, Suisse. Fkankland, à Londres, Angleterre. Section V^ II. — Miné.ralo(jie{S ). Rose (Gustave), à Berlin, Prus.e. D'Omalius d'Halloy, à Halloy, près de Ciney, Belgique. MuRCUisON (Sir Roderick Impey) ^i, à Londres, Angleterre FOURMCT ^, à Lyon, Rhône. Haidiinger, à Vienne, Autriche. Sedgwick, à Cambridge, Angleterre. Lyell, à Londres, Angh terre. DamOUR (o igf), a Villcmuisson, Seine-et-Oise. liTAT DE L'ACAnÉMIE DES SCIEJNCES. I I Section Vlll . — Boirmique (ro). Messieurs : De Martius, à Munich, Bavière. MOHL (Hugo de), à Tûbingue, Wurtemberg. Lestiboudois (Gaspard -Thémistocle) ^, à Lille, Nord. Candolle (Alphonse de) ^, à Genève, Suisse. SCHIMPER^, à Strasbourg, Bns-Rliiii. Thuret, à Antibes, Far. Lecoq ^, à Clermont-Ferrand, Pnj -de-Dôme. BRA.UN (Alexandre), à Berlin, Prusse. Hofmeister, à Heidelberg, Grand-Du^ké de Bade. HoOKER (Jos. Dalton), à Rew, Angleterre. Section IX. — Economie rurale [^\o). GlRARDlN (o.@), à Lille, Nord. KUHLMANN (o.r^), à Lille, Nord. Pierre (Isidore)^, à Caen, Calvados. Chevandier (o. ^), à Cirey, Meurthe. Reiset (Jules) ^, à Écorchebœuf, Seine-Inférieure. MaRTINS (Charles) ^, à Montpellier, Hérault. De Vibraye, à Cheverny, Loir-el-Cher. Le Vicomte de Vergnette-Lamotte, à Reaune, Cùle-d'Or. Mares (Henri), à Montpellier, Hérault. N. . . . Section X. — Analomie et Zoologie (lo). QuOY (c.^), à Brest, Finistère. AgasSIZ (o. i^), à Cambridge, Etats-Unis. PouGHET ^, à Rouen, Seine- Inférieure. De Raer, à Saint-Pétersbourg, Russie. Carus, à Dresde, Sa.xe. Purrinje, à Breslau, Prusse. Gervais (Paul) ©, à Montpellier, Hérault. Van Beneden, à Louvain, Belgique. De Sierold (Charles-Théodore-Ernestl, à Miniich, Bavière. PiCTET (François-Jules), à Genève, Suisse. 2.. 2 KTAT nE I. ACADKMIE DES SCIENCES. Section XÏ. — Médecine, ri Chlriin/ie (8' SÉDILLOT (c.^), à Strasbourg, Bas-Rhin. GUYON (c.^), à Alger, Algérie. Dk VinCHOW (Rodolphe), à Berlin, Prusse. BOUISSON ^, à Montpellier, Hérault. EUP.MANN (o. ®), à Strasbourg, Bas-Rliin. Lawrfnce, à r.oncires, AuqleJerre. GiNTRAC (Élie) CS ^ Bordeaux, Gironde. N Cninmissinn pour- administrer les propriétés et fonds parlirulier^ lie r Académie. Chasles, Decaisne, Et les INIembres composant le Bureau. Conservateur des Col/eillons de P Académie des Sciences. Becquerel. Changements suruenus dans le cours de l'année 1861. (Voir à la page i5 de ce volume.) COMPTE RENDU DES SEANCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES SEANCE DU LUNDI 6 JANVIER 18G8. PHÉSinENCE DE M. DELAUNAY. RENOUVELLEMENT ANNUEL DU BUREAU ET DE LA. COMMISSION ADMIMSTRATIVE, L'Académie procède, pnr la voie du scrutin, à la nomination d'un Vice- Président, qui, cette année, doit être pris dans les Sections de Sciences Physiques. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 49 : M. Claude Bernard obtient 4i suffras^es. M. de Qnatrefages 3 » MM. Decaisne, Dumas, Fremy,Longet, H. Sainte-Claire Deville, chacun. i » M. Cl. Beuxard, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé Vice-Président pour Tannée 1868. L'Académie procède ensuite, par la voie du scrutin, à la nomination de deux Membres appelés à faire partie de la Commission centrale admi- nistrative. Sur 48 votants : M. Chasies obtient 47 suffrages. M. Decaisne 46 » MM. Chasles et Decaisne, avant réuni la majorité absolue des suffrages, sont déclarés élus. ( '4 ) Conformément au Règlement, le Président sortant de fonctions doit, avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état où se trouve l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements arrivés parmi les Membres et les Correspondants de l'Académie dans le cours de l'année. M. Chevreul donne à cet égard les renseignements suivants : Étatde V impression des Recueils de V Académie au i" Janvier 18G8. Volumes publiés. a Mémoires de C Académie. — Le tome XXIX a été mis en distribution en mars 1867. 11 Mémoires des Savants étrangers. — Aucun volume n'a paru dans le cou- rant fie l'année iSô'y. )) Comptes rendus de l'Académie. — Les tomes LXII et LXIII (i*'^ et a*" se- mestre 1866) ont été mis en distribution avec leurs Tables. Volumes en cours (U publication . » Mémoires de l'Académie. — Le tome XXX'VT a cinquante-six feuilles tirées. » Les feuilles i à 4 contiennent le travail de M. Chevreul intitulé : « Mémoire sur des phénomènes d'affinités capillaires ». Les feuilles 5 à to sont réservées à un Mémoire du même auteur ayant pour titre : « Examen critique, au point de vue de l'histoire de la Chimie, d'un écrit alchimique intitulé : Artejii clavis majoris sapientiœ ». » Les feuilles 11 à i3 contiennent le Mémoire de M. Becquerel sur les zones d'orages à grêle. » Les feuilles i4 et i5 sont affectées à un travail du même auteur sur la distribution de la chaleur et de ses variations depuis le sol jusquà 36 mètres au-dessous. » Les feuilles 16 à 23 contiennent un travail C\u même auteur, portant pour titre : « Mémoire sur les pluies ». » Lu Mémoire du même auteur, sur les effets chimiques produits dans les espaces capillain.'s, occupe les feuilles 24 à 3o. » Enfin les feuilles 3i à 56 sont réservées au travail de M. Ch. Robin sur l'évolution de la notocorde des cavités des disques intervertébraux et de lein- contenu gélatineux. ( '5 ) » La fin de ce Mémoire est conlenue dans la feuille 67, dont, le bon à tirer est entre les mains de l'imprimeur. » Les feuilles 58 à 63 sont également bonnes à tirer. Elles contiennent un troisième Mémoire de M. Becquerel sur les effets chimiques produits dans les espaces capillaires. » Le tome XXXVII, réservé au Mémoire de M. Regnault sur la vitesse de propagation des ondes dans les milieux gazeux, a soixante-sept feuilles tirées. » Ces soixante-sept feuilles formeront la première partie du volua^e qui paraîtra sous peu. » Mémoires des Savants élraïujers. — Le tome XVIII a quatre-vingt-onze feuilles tirées : seize pour le Mémoire de M. Doyère, douze pour le Mémoire de M. Phillips, onze pour le Mémoire de M. Hesse, quatorze pour le Mémoire de M. Rolland, quatre feuilles un cjuart pour le Mémoire de M. Delesse, quatre pour le Mémoire de M. Rouché, deux feuilles un quart pour le Mémoire de MM. Tresca et Laboulaye, enfin vingt-sept feuilles et demie pour celui de M. Des Cloizeaux. )) Ce volume doit être terminé parle Mémoire de M. ïresca sur l'écou- lement des corps solides, dont les placards corrigés sont à l'imprimerie. )) Comptes rendus de l'Académie. — Le tome LXIV (i*^'' semestre 1867) paraîtra prochainement avec sa Table. )) Les numéros ont paru, chaque semaine, avec leur exactitude habi- tuelle. Changements arrivés parmi /es Membres depuis le i"' janvier 1867. Membres décédés. M Secrétaire pefiiétuel : M. Floukens, le 6 décembre 1867. )) Section de iMédecine et de Chirurgie : M. Jobekt de Lamballe , le 19 avril 1867; M. Velpeau, le 24 août 1867. » iS\r//o/i cfe C/ii'm/e : M. Pelouze, le 3i mai 1867. » Section d'Economie j(//ï(/e : M. Rayek, le 10 septembre 1067. 1) Section de Mécanique : M. Po.vcelet, le aS décembre 1867. .) Académiciens libres : M. Civiale, le i3 juin 1867. » Associés étrcmcjers : M. Fakaday, \j iS ■l\oÙ[ 1867. ( '(3 ; Membres élus. » Section de Géogrnplue et Navigation : M. d'Abbadie, le -22 avril 1867, à l'une des places créées par le décret du 3 janvier 1866; 31. Yvo.\ Villabceau, le 17 juin 1867, à la dernière des trois places créées par le décret du 3 jan- vier 186G. » Section de Chimie : 31. Wturz, le i5 juillet 1867, eu remplacement de feu 31. Pelouze. » Section île Médecine et de Chirurgie : M.. Nélatox, le 3 juin 18(17, en remplacement de feu 31. Jobert de Lambai.le. » .Icadénnciens libres: M. le Baron Larbey , le 9 décembre 1 8r)7 , eu remplacement de feu 31. Civiale. Membres à reiiiplaccr. )' Secrétaire i)erj)ctHel : 31. Flocrens. » Section de Médecine cl de Chirurgie: 31. Velpeai*. » Section d'Economie rut aie : 31. Rayer. ') Section de Mécanique : 31. Poxcelet. » Associé étranger : 31. Faraday. Changements arrivés parmi les Correspondants depuis le \" janvier 1867. Corrt'sponclarits décédés, » Section d' Astronomie : 31. Valz, à Marseille, le 22 février 1867. » Section de Géographie et Navigation : 31. Givrv, au Goulet près Gaillon, le 6 mars 1867 ; .^1. Dallas Bâche, à Washington, le. . . )) Section d'Jnntoinie et Zoologie : M. Eudes Deslo.vgchamps , à Caen, le 18 janvier 1 867. » Sccliun de Médecine et Chirurgie : 31. Panizza, à Pavie, le 17 avril 1867. Cniri'spoiiildiils élus. » Section de Géomélrœ : 31. Plucker, à Bonn, le 6 mai 1867. » Section de Physique : 31. UIibn, au Logelbach, le 20 mai 1867. » Section d' Anatomie cl Zoologie : 31. de Siebold, à Munich, le 6 mai 1867; 31. PicTET, à Genève, le i3 mai 1867. ( 17 ) Correspondants à remplacer. » Section de Mécanique : M. Bernard^ à Saint-Benoît-dii-Saiilt (Indre), décédé le. . . . 1866. » Section d' Astronomie : M. Excke, à Rerlin, décédé le... septembre i865; M. l'Amiral S.myth, à Londres, décédé le. . . septembre i865; M. Pi'.tit, à Toulouse, décédé le 27 novembre i865; M. Valz, à Marseille, décédé le 22 février 1867. » Section de Géographie et Navigation : M. GivRV, au Goulel près Gaillon, décédé le 6 mars 1867; M. d'Abbadie, à Unugue, élu Membre de l'Acn- déniie, le 22 avril 1867; M. Dallas Bâche, à Washington, décédé le » Section de Physicfue générale : M. Marianimi, à Modène, décédé le 9 juin 1866. I) Section d' Economie rurale ■ M. Lindley, à Londres, décédé le i'^'' no- vembre 186.5. M Section de Médecine et fie Chirurgie: M. Panizza , à Pavie, décédé le 17 avril 1867. MEMOffiES ET COMMUNICATIO AS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. YvoN Villarceau lit la Note suivante : o Dans la dernière séance, j'avais manifesté l'intention de ne répondre à la communication de M. Le Verrier, cju'après qu'il aurait formulé les ob- jections que pourrait lui suggérer le Mémoire lu par moi dans cette même séance. Cependant, la discussion menaçant de se prolonger, je crois devoir dès aujourd'hui aborder certains points de fait, me réservant de revenir plus tard sur la partie vraiment scientifique du débat, si cela devient né- cessaire. » Par précaution oratoire, M. Le Verrier regretterait que la seconde dis- cussion, entièrement impersonnelle, ne conservât pas son caractère pure- ment scientifique. Afin de le lui garder, il ne considérera, dit-il, que la na- ture des arguments qui pourront venir de divers points; il y répondra sans s'occuper de leurs auteurs : il serait heureux que ses contradicteurs vou- lussent bien en user ainsi. Je serais heureux moi-même de pouvoir me C. R., 1868, I" Semestre. (T. LXVI, N» l.l 3 ( '8 ) rendre an désir exprimé par M. Le Verrier; mais l'emploi continu de l'im- personnel nuit à la clarté de l'exposition, le monosyllabe on désignant tan- lôl le contradicteur, tantôt des personnes étrangères à la discussion. Je vais suivre l'ordre adopté par M. Le Verrier dans sa communication du 3o dé- cembre. )i 1° Je reproduis ici la réponse faite verbalement dans la dernière séance, en déclarant, de nouveau, que je n'ai pas entendu mettre M. Le Verrier en contradiction avec lui-même, en lui attribuant le projet d'un transfert de l'Observatoire, et cpie j'ai seulement voulu dire que la question du trans- fert se posait d'elle-même, à la suite des incompatibilités prévues dans la Note de M. Le Verrier^ insérée au Compte rendu du 1 1 novembre. n 2° M. Le Verrier conteste l'exactitude des faits énoncés dans la phrase suivante de mon Mémoire : « A ma prière, M. Le Verrier a bien voulu » faire préparer un relevé, mois par mois, des 900 valeurs de la latitude » obtenues au Cercle de Gambey pendant six années. » Or, à l'occasion d'observations de la latitude, que je fis en février et mars i863, à la Sta- tion du Jardin, j'insérai, dans les Annales de l'Observatoire, publiées par M. Le Verrier, la phrase suivante, qui ne fut de sa part l'objet d'aucune réclamation (i) : « En ce qui concerne l'influence de la saison, nous avons » prié M. Le Verrier de vouloir bien faire relever, par mois, les latitudes » observées au Cercle de Gambey, dont la moyenne a été présentée ci- » dessus. » Entre celte rédaction et la phrase incriminée, il est impossible de reconnaître la moindre différence. Ainsi tombent, comme dénués de toute espèce de fondement, les reproches formulés par M. Le Verrier en ces tei'mes : « Nous NE l'avons pas publiée (la suite des valeurs, mois par mois, de » la Lttitude), et nous devons regretter qu'on en ait fait usage sans notre )) assentiment, parce qu'on nous a ainsi ôlé l'occasion de prévenir que » cette étude aurait eu besoin d'être complétée avant d'être PRÉSENTÉE » A l'Académie. » » Les résultats ont été publiés par IVI. Le Verrier en i866. » 3° De ce que j'ai émis l'opinion qu'on n obtiendra la vraie latitude de l'Observatoire de Paris, qu'en s'installant successivement, à quelque dis- tance (le la ville, dans deux ou trois localités qu'on rattacherait à l'Obser- vatoire par des triangles, M. Le Verrier tire cette conséquence : qu'une fois le nouvel Observatoire établi, il faudrait encore s'en aller dans deux ou (i; Jiinalrs ilr l' Observatoire im])i'rial di P(tris; Mémoires, t. VIII, p. îi<). ( '9 ) trois autres localités pour en déterminer la latitude. Je ne puis comprendre que le siiis de ma proposition ait échappé à M. Le Verrier. Pourquoi in- sisté-je sur la nécessité d'observer la latitude en s'instailant hors de l'en- ceinte de Paris? C'est parce que, dans ma conviction, il n'est pas possible de la déterminer en restant à l'Observatoire actuel. Or, puisque l'empla- cement du nouvel Observatoire sera, par hypothèse, convenablement choisi, il sera possible d'y déterminer directement la latitude. Quant à l'Observatoire actuel, si je propose d'observer dans deux ou trois stations au lieu d'une seule, c'est afln de tenir compte, par voie d'interpolation, de l'effet des inégalités dans les attractions locales, s'il vient à s'en mani- fester (i). » 4° J 'd dit que la grande comète de 1861 est restée invisible à Paris dans le dernier mois, tandis qu'en Grèce, avec une lunette beaucoup moins puissante que la notre, on continuait encore à l'observer, et j'ai attribué cet insuccès à l'illumination des vapeurs disséminées dans l'atmosphère, par les nombreux becs de gaz qui brûlent tout autour de l'Observatoire. M. Le Verrier conteste la légitimité de cette conclusion, préférant accuser le cli- mat de Paris elles mauvais temps. 11 nous apprend que sa dernière obser- vation de la comète est du 28 décembre 1861, et que le ciel est resté cou- vert pendant une partie du mois de janvier suivant. II ne suppose pas qu'on eiàt pu continuer les observations en allant en viUégiatwe à Fontenay-aux- Roses. Enfin il affirme que, pour observer les comètes plus avant dans les profondeurs du ciel, il faut aller dans le midi de la France. » Le climat n'exerce pas sur la visibilité des astres l'influence que lui at- tribue M. Le Verrier : on sait en effet cjue la comète de i 861 a été observée à l'Observatoire de Poulkova, à quatre lieues de Saint-Pétersbourg , les 20, 21 , (i) Puisque cela paraît nécessaire, je vais présenter un supplément d'explications. La latitude d'une station hoi's de Paris étant supposée obtenue, il faudra, pour en conclure celle (le l'Observatoire actuel, appliepier au résultat une réduction qui dépendra des éléments de l'ellipsoïde osculaleur, de la distance à l'Observatoire et de raziuuit de cette distance. Si l'un connaissait les valeurs exactes de ces éléments, toutes les observations faites en diverses stations autour de Paris devraient conduire à un même résultat pour la latitude de l'Obser- vatoire. On évitera les diflicultés qui tiennent à l'absence de données relatives à l'ellipsoïde osculateur, en remarquant que la latitude est une fonction des deux coordonnées à l'aide desquelles on peut fixer la position des stations par rapport à l'Observatoire de Paris. En effet, ayant obtenu, par les observations, les valeurs de la latitude tl'un nombre suffisant de stations convenablement choisies autour de la ville, il suffira d'effectuer une interpolation pour déduire la latitude de l'Observatoire de Paris, telle qu'on l'obtiendrait directement si cela était possible. 3.. 20 ' 22 et 9.5 mars 186?. (i), c'est-à-dire environ trois mois après la dernière ob- servalioii ciiroii .lil pu faire à Paris. Cette comète a été suivie attentivement par les astronomes qui disposent de fortes lunettes, et il est remarquable que ce soit dans la station la plus boréale qu'on ail réussi à l'observer le plus longtemps. Chacun regardera comme extrêmement probable qu'on eût pu l'observer à Fontenay-aux-Roses, et tout aussi longtenip.«, avec une lunette de la puissance de celle de Poulkova (i/| pouces). Les climats méridionaux ne sont pas nécessairement ceux où l'atmosphère présente le plus de trans- parence : on pourrait citer ])lus d'un exemple à l'appui de cette assertion. La chaleur absorbée par le sol produit ces mélanges incomplets d'air à des températures différentes, qui troublent la transparence de l'atmosphère; ces effets sont atténués par le voisinage de la mer. On peut consulter sur cette matière un intéressant travail que notre illustre confrère M. le Maréchal Vaillant a publié, l'an dernier, dans le journal tes Mondes. » 5° J'avais prédit à M. Le Verrier, vers i858, que désormais on ne décou- vrirait plus aucune comète télescopique à l'Observatoire de Paris. Aujour- d'hui M. Le Verrier trouve de telles prévisions trop faciles, attendu qu'on ne cherche pas et qu'on ne doit pas chercher de comètes à l'Observatoire de Paris, non plus qu'à Greenwich. M. Le Verrier ne professait pas encore cette opinion en 1861; car, à la fin de cette année-là, il me chargea de pré- parer le projet d'un chercheur de comètes qui devait être installé sur la tourelle recouvrant le grand escalier. J'imaginai alors un nouvel appareil qui a été exécuté plus tard et installé à la succursale de Marseille, » M. Le Verrier estime, avec raison, que nous sommes moins ftworisés, pour la recheixhe des comètes, que les astronomes des pays situés à l'est de la France, et il en conclut que les fonctionnaires qui seraient chez nous employés à la recherche des comètes, perdraient leur tenijjs à Paris, et le perdraient tout aussi bien à Fontenay. J'ai dit que i'ilhimination de l'atmo- sphère est un obstacle invincible actuellement à l'Observatoire de Paris ; mais cet obstacle n'existe pas poin- Fonlenay-aux-Eoses. Quant à la situa- tion du dé|)artement de la Seine, à l'ouest du conlinent, je ne sache pas qu'elle ait changé depuis l'époque antérieure à i858, où l'on découvrait encore assez fréquemment des comètes à l'Observatoire de Paris. La plu- part de nos confrères se rappellent encore les découvertes de comètes faites par MM. Laugier, Mauvais, Faye, Goujon, et annoncées par M. Arago; ils n'ont pas oublié les découvertes de comètes faites par M. Dien , et présen- (l) Aslrunoiiiisilie Nuchrirlcn, n" i35'j,p. 206. ( 2. ) tées à l'Académie par M. Le Verrier lui-même. C'est donc bien la mauvaise situation actuelle de l'Observatoire qui rend inutile toute tentative de recherches de comètes. » 6° J'aborde, en terminant, un sujet délicat. M. Le Verrier insinue que les millions qui poiu'ront provenir de la vente des terrains de l'Observa- toire seront employés entre mitres à construire des logements pour les obser- vateurs. « (Une maison par personne.) " On conviendra qu'il vaudrait mieux donner à chaque observateur, en exécution du décret du 3o janvier i854, un logement dans le voisinage des inslrunients, que de les laisser s'éta- blir en ville, à un ou deux kilomètres de l'Observatoire. Mais M. Le Verrier va plus loin : il ne nie pas « que cet établissement de petites maisons de cara- »/ pagne n'ait dû rallier plus d'un suffrage. » Je croirais manquer au respect que je dois à l'Académie, si je me laissais aller à relever de pareilles insinuations. » ASTROiSOMlE. — L'Observatoire impérial de Paris, sa situation et son avenir; par M. Le Verrier. [Troisième Note (i).] « Dans un premier article (séance du 23 décembre 186'^, Comptes rendus j p. 1073), j'ai exposé qu'il est inutile de déplacer l'Observatoire actuel de Paris : qu'il faut seulement pourvoir sous un ciel plus pur à l'étude de quelques phénomènes d'un Irès-faible éclat, et que ce ciel, ce n'est pas dans la vallée de la Seine, mais dans le Midi que la France doit aller le chercher. Or, on a doiaié satisfaction à ce besoin par la fondation de la succursale de Marseille. >' Dans une deuxième Note (séance du 3o décembre iSGy, Comptes rendus, p. 1 106), j'ai répondu à deux objections qui avaient été produites concernant la détermination de la latitude de Paris et l'observation des comètes. J'ai ramené ces objections à leur simple valeur, et chacun a pu juger que ce n'est pas avec de si minces arguments que les adversaires de l'Observatoire de Paris obtiendront qu'on le démolisse, qu'on le rase et qu'on vende les terrains, comme ils osent le proposer. » Ces adversaires l'auront eux-mêmes compris ainsi, puisqu'ils sont re- venus à la charge (séance du 3o décembre 1867, p. 1099 et 1102) pour dresser contre l'Observatoire une sorte de réquisitoire où sont énoncées diverses imputations. Mais ce réquisitoire est lui-même dénué de toute espèce de valeur, étant réduit à de simples assertions, à l'appui desquelles (i) Voir Comptes rendus, p. 1078 et i 106. ( 22 ) on lie Iburnil aucun examen, aucune sorte de preuve. De semblables pro- cétlés ne sont pas admissibles dans les sciences, surtout quand il ne s'agit plus seulement des trav.nix d'un lioinme isolé, mais bien de ceux d un établissement pendant une longue suite d'années, des œuvres des Astro- nomes et des artistes français. " Nous opposons à ces assertions, dénuées de preuves, la dénégation la plus absolue. Mais nous ne nous en tiendrons pas là, et nous établnons successivement, pièces en mains, devant l'Académie, la supériorité des Ira- vaux de l'Observatoire de Paris. On verra que nous ne le cédons en exac- titude à personne, et que la France est fiére à juste titre de son établisse- ment national. )) Nous répondrons à tout, même aux plaintes de ce jour, oîi tout est si étrangement confondu et embrouillé. On voudra bien considérer seule- ment qu'il me faudra un peu de temps et d'espace, l'objection fornudée à la légère ne demandant qu'iuie ligne pour se produire, tandis que la réponse sérieuse exige souvent plusieiu's pages. Il Parmi les raisons que nous avons données pour nous opposer à la destruction dte l'Observatoire, nous avons invoqué les souvenirs scienti- fiques qui s'attachent à sa fondation et à son développement depuis deux cents ans. On nous dit dédaigneusement que de pareils arguments sont dé- nués de valeur, et qu'en tout cas les souvenirs ne remontent pas au delà de ijuatre-vingts ans. » C'est une erreur, et Arago n'en jugeait pas ainsi quand, il y a vingt- cinq ans, dans un Rapport fait à la Chambre des Députés, il exposait que, dès 1775, les souvenirs brillants attachés à l'Observatoire auraient pu être invoqués par M. d'Angivilliers pour défendre l'établissement. « Au besoin, dit Arago (i), l'intendant général des bâtiments de la » Couionne aurait pu combattre toute pensée de démolition, par desconsi- » déralions empruntées à un autre ordre d'idées, par de brillants souve- » nirs scientifiques. >i C'était dans l'édifice où l'on ])rûjetait de porter le marteau, que Picard, » par ex(;mple, i-ejetant lesancieiuies pinnules, appliqua les lunettes armées » de réticules aux instruments gradués, et posa ainsi la base sur laquelle )) se fonde l'exactitude des observations modernes; c'était là encore qu'on (1) ylu/inuirt: ilii Bureau des Longitudes, l844) !'• ^69. ( a3 ) » doubla, s'il nous est permis d'employer cette expression, la durée de la » vie des astronomes, en montrant que les étoiles peuvent être observées » en plein soleil; c'était dans le monument menacé de destruction que » Picard et Auzout, mettant en usage le micromètre filaire de leur inven- » tion, évaluèrent pour la première fois avec précision les diamètres angu- » laires des astres, et surmontèrent ainsi des difficultés contre lesquelles le » génie d'Archimède s'était brisé. Les salles dont on proposait la démoli- » tion avaient été témoins des essais, des préparatifs minutieux qu'il fallut » faire avant d'entreprendre avec quelque chance de succès les mesures » célèbres exécutées en France, au Pérou, en Laponie, dans le but de dé- » terminer la grandeur et la figure de la Terre. Richer y suivait la marche » de sa pendule au moment de partir pour Cayenne ; il l'y vérifiait après le » retour, et constatait, à l'aide de ces comparaisons, un phénomène capi- » tal, la diminution que la pesanteur des corps terrestres éprouve à mesure » qu'on se rapproche de l'équateur. J.-D. Cassini, abrité par les mêmes » voûtes, établissait les lois si remarquables de la libration de la lAine, » découvrait quatre des satellites de Saturne, les mouvements de rotation » de ces nouveaux astres, ceux des satellites de Jupiter, l'aplatissement de » cette immense planète, et la lumière zodiacale ; ce fut, enfin, dans ces » vastes salles que s'éleva le premier soupçon sérieux de la science tou- » chant la propagation successive de la lumière; ce fut à l'aide des ob- » servations d'éclipsés des satellites de Jupiter, faites à traver les larges » fenêtres de l'Observatoire parisien, qu'un astronome de l'Académie, » Roèmer, donna la première valeur a[)proximative de la vitesse d'un rayon >i lumineux, résultat qui, de perfectionnement en perfectionnement, après » un siècle et demi de recherches assidues, a été définitivement fixé à » 3ioooo kilomètres (77000 lieues par seconde). » Dans tout pays pénétré de l'amour éclairé des sciences, de pareils » souvenirs eussent amplement suffi pour sauver de la destruction l'Obser- » vatoire le plus défectueux. « » N'avions-nous donc pas le droit de dire qu'en défendnnt l'un de nos plus anciens et de nos plus grands établissements scientifiques, nous nous sentions soutenus par l'opinion de nos illustres prédécesseurs? Arago veut encore moins que nous de la destruction de l'Observatoire; un tel acte ne saurait être à craindre, suivant lui, dam un jMys pénélré de l'amour éclairé des sciences. Tandis que nous concédions le dérasement de l'étage supérieur pour faciliter certaines installations, Arago ne veut pas même de cette opération. Il connaissait bien les hommes et les choses : il se sera dit que ( 24 ) l'enlèvement d'une première pierre faciliterait celui d'une seconde pierre, et que le plus sûr était de ne rien accorder du tout. II. Positions des étoiles dites fondamentales. » On a dit qn on ne pouvait pas les déterminer à l'Observatoire de Paris! » Cette assertion est complètement fausse. Nou-> avons traité la détermination des étoiles fondamentales avec un soin particulier, et nous sommes arrivé à un Catalogue excellent que nous pidilions pour chaque année, que nous perfectionnons chaque année, et dont nous allons prouver clairement qu'il ne le cède à aucun des Catalogues les plus renommés. La preuve a été faite par nous pour les ascensions droites et en Allemagne pour les dislances polaires. E.ranicri des aseeiisions droites. )) Ces coordonnées avaient été déjà déterminées avec une grande exac- titude à l'étranger^ quand nous avons pris en i854 la direction de l'Ob- servatoire. 11 était raisonnable de tenir compte de ce qui avait déjà été fait, comme d'un point de départ; d'autant plus que les ascensions droites des étoiles changeant avec le temps, il faut connaître leurs valeurs non-seu- lement à notre époque, mais aussi dans le passé, pour pouvoir déterminer les mouvements. » Dans le passé, nous avons pris pour base les observations faites en An- gleterre par l'illustre Bradley, de lyôo à l'^ôo. Ces observations avaient déjà été réduites par le grand astronome de Rœnigsberg, Bessel. J'en ai repris la discussion ; j'ai corrigé un certain nombre d'erreurs particulières et tout institué de façon que le Catalogue ne comporte aucune erreur sys- tématique. Les Allemands ont mis au concours la vérification des change- ments dont j'avais reconnu la nécessité. La complète exactitude de notre travail a été reconnue. M A notre époque nous sommes parti du Catalogne résultant des obser- vations faites pendant douze années à Greenwich, et répondant en movenne à l'année i845. Avant de nous en servir, nous avons établi qu'il ne con- tenait aucune erreur systématique; et notre collègue M. Airy a bien voulu nous écrire qu'il avait vu cette vérification avec satisfaction. ') Avec ces Catalogues pour les années 1755 et i8/|5, comprenant un intervalle de go ans, et en faisant usage des formules de précession les plus précises et révisées à cet effet, nous avons établi un Catalogue provi- soire, mais déjà fort exact. Nous présentons à l'Académie ce Catalogue pour les positions de 3o6 étoiles fondamentales que nous avons choisies des i854 ( 25 ) afin d'y rapporter toutes nos opérations. Les positions moyennes de ces 3o6 étoiles y sont calculées pour les années iy55 à igoS; travail considé- rable que nous mettons à la disposition de ceux qui auraient besoin de le consulter. )) Il nous restait dès lors à appliquer aux ascensions droites de chacune des étoiles de ce Catalogue provisoire, les corrections résultant de la discus- sion de nos propres observations, pour former le Catalogne des Etoiles fon- damentales résultant des observations de Paris. C'est ce qui a été tait. Dans le volume des Observations de i866, présenté dernièrement à l'Académie, nous donnons (p. 7 à i 5) les ascensions droites moyennes de nos 3o6 étoiles fondamentales pour le commencement de l'année 1866, selon notre Cata- logue provisoire; puis nous donnons (p. i 5 à 18) les corrections qu'il faut ap- pliquer à chacune des étoiles, telles qu'elles ont été déduites de neuf aimées d'observations faites par nous fie i856 à 1864. Dans le prochain volume, pour 1867, les positions de nos étoiles seront déduites, non plus de neuf années, mais de dix années de nos observations. » Mais ces positions sont-elles aussi exactes qu'il est nécessaire? oui, sans doute. Nous allons le prouver de deux manières. « Première preuve. — La lunette de Gambey est susceptible d'être re- tournée, de manière que le tourillon Ouest passe à l'Est et réciproque- ment. Les causes d'erreur qu'on peut redouter de la part de l'instrument, et notamment les flexions, agissent dans les deux cas d'une manière toute différente; en sorte qu'en plaçant successivement la lunette dans l'une et l'autre position, on a en quelque sorte deux instruments différents. On aperçoit de suite qu'il en résulte une vérification importante, si l'on a eu soin d'observer les étoiles dans l'une et l'autre position de la lunette. 11 faut que les ascensions droites déduites des observations faites dans la première position coïncident avec les ascensions droites des étoiles observées dans la seconde position. » Cette vérification donne un résultat pleinement satisfaisant. Nous allons la présenter pour l'année i856, par exemple, en groupant les étoiles suivant leurs distances au pôle, afin de mieux mettre en évidence les erreurs systématiques, s'il en existait. Mais il n'y en a pas. Voici les seuls écarts qu'on trouve ainsi entre le Catalogue déduit de l'ensemble des observations et les résultats qu'on tirerait des déterminations faites dans une seule position de la lunette : C. K., i!J()8, I" .Semejoe (T. LWl.IN'' 1.) 4 ( 26) Distances polaires Dislances polaires des éloiles lomparées. Ecarts. des éloilos camparcis. I . I ■ . 3,4 ±0,00 78,8 k 81,5 ±0,01 7 ' 7 27,5 ,00 81, ti 85,2 0,00 28,0 35,5 0,02 85,4 87,5 0,01 37,6 46,4 0,01 87,5 92,1 0,01 49»o 56,8 0,01 93,3 99>5 , 00 j j , I 61,6 ,01 99,6 io5,5 o,oi 61,7 67, i 0,00 io5,7 107,9 0,03 67,8 73, « 0,00 108,1 "4>7 0,01 74,6 77'!1 ,01 "4.9 19.4,0 0,01 )> Ces écarts, rédiiils à i ou 2 centièmes de seconde au plus, par les observations d'une seule année, sont sans aucune espèce d'intérêt pour l'astronomie. Nous le montrerons plus tard, quand nous chercherons à ré- sumer ces discussions à un point de vue plus élevé, à établir quels sont les véritables intérêts de la science, les grands problèmes que l'astronomie nous laisse à résoudre et la route à suivre pour tirer le meilleur parti de nos forces. » Deuxième preuve. — La démonstration que nous venons de faire avec notre propre lunette retournée, nous pouvons l'établir par la comparaison avec la lunette de Greenwich. » Notre Catalogue, avons-nous dit, fondé sur neuf années d'observations, i856 à 1864, correspond à l'époque 1860, 5. » Greenwich, de son côté, a publié un Catalogue fondé sur sept années d'observations, i854 à 1860, et correspondant par conséquent à l'époque i85'7,5. Ces deux Catalogues, ramenés à la mêmeépor|ue 1860,0 au moyeu des mouvements connus, peuvent être comparés l'un à l'autre. Nous don- nons dans le tableau ci-dessous le résultat de cet examen pour 108 des étoiles déterminées de part et d'autre par c[uarante observations ou plus. M Dans la première colonne, se trouve la désignation de l'étoile; dans la deuxième colonne, se trouvent les ascensions droites de chacune des étoiles, en supprimant les heures et minutes, et ne donnant que les secondes et fractions de seconde jusqu'aux centièmes pour abréger; la troisième colonne présente les mêmes données pour le Catalogue de Greenwich. ( 27 ) Comjiaiaisiiii des ascensions dnnifs des étoiles foiidiiDienhiles ilétcrminées h Paris arec les résiilhits nlilenus à Grceinvicli. iR Noms Paris, des étoiles. 1860,0. s 21 a Andromède. 9,41 88 7 Pégase 1,76 12 Baleine 53,64 18 a Cassiopée... 35, oG 16 p Baleine 33, 60 71 E Poissons. ... 40,76 45 9 Baleine i,54 99 ri Paissons. ... 59,75 loG 'j Poissons. ... §,87 G f Bélier 54 , 7 1 i3 y. Bélier 17,26 67 Baleine 0,10 73 ç^ Baleine 43, la 92 a Baleine 57,83 57 iJ Bélier 37,72 33 X Persée 20,75 18 £ Éridan ..... 20, i G 25 ii Taureau .... 10,06 34 '/' Éridan 29,94 40 0- Eridan 49,72 54 7 Taureau .... 49,75 74 s Taureau .... 26,72 87 a Taureau.... 53,42 3 i Cocher 52,83 i3 a Cocher 21 , 10 19 |3 Orion 48,68 1 1 2 (i Taureau .". . . 26 , 63 34 t? Orion 5i ,3i 58 a Orion 35,58 1 3 p Gémeaux .. . 29,40 25 S Grand Chien. 41,98 55 S Gémeaux... 45, 5o 66 a? Gémeaux ... Jg , 72 10 a Petit Chien.. 58,33 78 p Gémeaux... 44,63 6 Écrevisse... 54, 80 33 VI Écrevisse... 36,45 11 £ Hydre 21 ,56 83 Écrevisse... 9,79 3o a Hydre 42,46 17 e Lion 53,88 29 77 Lion 48,74 32 a Lion 54,76 47 p Lion 26,20 53 / Lion 53,74 5o a Gr. Ourse .. 3,4o 63 / Lion 47,59 68 if Lion 39,45 91 -J Lion 46,81 94 B Lion 54,95 8 - Vierge 41,86 i5 // Vierge 44,64 43 r? Vierge 33, 14 67 « Vierge 49,29 Greenwich, DiMi'ieiices l860,Janv.l. relatives. s s 9.44 + 0,01 1,79 + 0,01 53,64 — 0,01 35,06 — 0,01 33,59 — 0,02 40,79 + 0,01 1,53 — 0,02 59,78 4- 0,01 8,87 — 0,01 54,72 — 0,01 17,28 0,00 0, lO — 0,01 43, i3 0,00 57,83 — 0,01 37,74 0,00 20,72 — o,o3 20, 17 0,00 10,09 4- 0,01 29,90 — 0,04 49,70 — o,o3 49,79 4- 0,02 26,71 — 0,02 53,43 — 0,01 52,87 + 0,02 21,12 0,00 48,63 — 0,06 26,67 4- 0,02 5i,3o — 0,02 35,59 0,00 29,43 + 0,01 41,95 — 0,04 45,56 + 0,04 39,73 — 0,01 58,34 0,00 44,68 + 0,01 54,86 + 0,04 36,48 + 0,01 21,57 0,00 9,77 — o,o3 42,44 — o,o3 53,92 + 0,02 48,75 0,00 54,78 0,00 26 , 22 0,00 53,74 — 0,01 3,40 — O.Oi 47,60 0,00 39,30 -h o,o3 46,84 4- 0,01 54,98 4- 0,01 41,89 4- o,oi 44,64 — o,oi 33,16 0,00 49,27 — o,o3 av Noms Pai des étoiles. 18GI s 79 'C Vierge 33 85 n Gr. Ourse . . 1 8 71 Bouvier .... 1 93 T Vierge 3i 16 a Bouvier .... 16 25 p Bouvier .... 47 36 z- Bouvier .... 52 9 a Balance 8 |5 Petite Ourse. 9 27 p Balance 28 5 a Couronne ... 45 24 a Serpent 22 8 |i' Scorpion.. . . 18 I S Ophiuchus . . o 21 a Scorpion. ... 49 40 s Hercule o 27 X Ophiuchus . . 2 22 £ Petite Ourse. 26 35 17 Ophiuchus . . 21 42 6 Ophiuchus . . 24 55 y. Ophiuchus . . 26 60 ^ Ophiuchus . . 33 86 [j. Hercule 58 33 7 Dragon 21 i3 pt Sagittaire. . . 23 3 a Lyre 11 10 p' Lvre 54 17 ? Aigle 58 25 w Aigle i4 3o rî Aigle 26 5o 7 Aigle 36 53 a Aigle 57 60 [5 Aigle 26 62 c Sagittaire. . . 2 65 9 Aigle 4 9 a Dau|ihin .... 8 5o y. Cvgne 39 32 Petit Renard. 35 61' Cygne 37 64 t Cygne 58 5 a Céphée 14 22 p Verseau .... 1 1 8 £ Pégase 18 16 Pégase 41 34 a Verseau .... 35 43 9 Verseau 26 62 » Verseau .... 9 42 Ç Pégase 28 24 a Poisson aust. 54 54 y. Pégase 47 6 7 Poissons. ... 54 8 7. Poissons. ... 45 17 t Poissons. ... 44 28 M Poissons. ... 7 ris, Greenwich, Diff érences 0,0. 1860,Janv.l. relatives. ,68 33,70 0,00 ,23 1,27 4- 01 ,09 i,i3 4- 02 ,40 3l,42 00 ,57 16,62 4- o3 ,70 47,78 ■ 4- o5 ,34 52,39 4- o3 ,33 8,3i — o3 , 10 9,16 00 ,62 28,62 — 01 ,64 45,69 4- o3 ,43 22,44 00 ,08 18.08 — 01 ,68 0,68 — 01 ,73 49,70 — 04 ,32 o,56 4- 02 ,56 2,56 CI ,91 26,78 — o3 ,08 21,08 — 01 ,83 24,86 -t- 01 ,19 26 , 22 4- 01 ,42 33,42 — 01 ,82 58,86 4- 02 ,36 21,34 — 03 ,45 23,44 — 02 ,84 II ,92 4- o5 ,63 54,71 4- o5 ,49 58,52 4- 01 ,(i6 1 4 ■ 69 4- OI ,3i 26, 3i — OI ,18 36,22 4- 02 ,09 57,12 4- 01 , 12 26,14 00 ,66 2,64 — o3 ,78 4,78 — 01 ,07 8,12 4- o3 ,5o 39,60 4- 06 ,58 35,(56 4- o5 ,42 37,43 01 ,70 58,75 4- o3 ,14 14,13 — 02 ,17 n,i5 — o3 ,56 18,60 4- 02 ,54 41, 63 4- 07 ,5o 35, 5o — CI ,59 26,59 — 01 ,65 9,65 01 ,77 28,81 4- 02 ,39 54,38 — 02 ,3i 47,33 00 ,45 54,47 00 ,3i 45, 3i — CI ,97 44,99 00 ,36 7,39 4- 01 ( 28 ) » En tenani compte do la différence d'origine du temps, et ramenant tous les écarts à l'équateur, comme on le doit, on tiouve d'abord, pour la diffé- rence entre les deux Catalogues, relativement au point vernal rpii sert d'origine, la très-minime quantité o',oi2 » On trouve ensuite, entre les ascensions droites des étoiles individuelles, les écarts qui sont inscrits dans la quatrième colonne du tableau. L'accord entrelesdeuxCalalogues est des plus satisfaisants. La différence n'est i)as, en moyenne, û'itfi centième (]e seconde, mais seulement de sept millièmes, oSoo7. » 3e veux espérer qu'en présence de tels résultats on renoncera à des critiques iuspirées par des vues préconçues, sans qu'on ail fait, il faut le dire, aucun examen sérieux de la question que nous venons de traiter, non plus que de celle qui va suiviT>. E.iaiiic/i di.\ (Ustnncfs- polnires. » I/étude des distances polaires de nos fondamentales a été faite avec le même soin que celle des ascensions droites. Nous allons d'abord mon- trer quelles précautions nous avons prises j)endant le cours du travail pour nous assurer que les observations étaient exemptes d'erreur; nous produi- rons ensuite une élude du Catalogue résultant de ces observations, étude faile en Allemagne par M. Auwers, insérée dans la Connaissance des Te)nps poin- 1868, et (le laquelle il résulte que la précision de la détermination d'une étoile par l'Observatoire de Paris est au premier rang. » Il ne restera donc rien de cette allégation imprudemment portée devant l'Académie, qu'on ne pourrait pas déterminer les étoiles fondamentales à l'Observatoire de Paris. » Nous avons pris naturellement, eu i854, la science là où elle en était. Les distances polaires des étoiles avaient déjà été déterminées avec assez de soin pour qu'il fût permis d'emprunter provisoirement celles de nos 3oG fondamentales aux Catalogues les plus renommés. C'est ce qui a été fait. Au reste, disions-nous, la correction de ces positions résultera de nos observations elles-mêmes et de leur discussion, et, cela fait, le Catalogue deviendra nôtre. Étudions les résultats obtenus. » Nous avons d'abord examiné si les distatices polaires déterminées par nous ne contiendraient pas quelque erreur systématicjue résultant de l'heure du jjassage des diverses étoiles au méridien. Nous avons reconnu qu'il n'y en avait aucune et qu'on peut être tranquille de ce côté (i). (i) On en sera coiivaincii en jetant les yeux sur le lableau ci-dessous, où nous rappor- ( '^9 ) M ( Nous sommes contraint de nous arrêter ici, ayant épuisé les huit pages que le Règlement nous accor^ie dans un seul numéro du Compte rendu, et ayant omis de demander une autorisation pour le surplus. Nous renvoyons donc la suite au prochain numéro, après avoir constaté que nous avons dans la séance répondu à tout. ) » HISTOIRE DES SCIENCES. — Ohservations relatives à une interprétation inexacte de la Lettre insérée dans le Compte rendu du 9 décembre 1867; par le P. Secchi. " Rome, ce 29 décembre 1867. » Je vois, dans le Compte rendu du 16 décembre 1867, que M. Chasles a été très-vivement ému d'une phrase insérée dans ma communication, dans laquelle il voit une pensée que je n'ai jamais etie, savoir que les pièces de ses correspondances auraient été fabriquées au fur et à mesure qu'il était néces- saire pour soutenir une proposition avancée. Je n'ai pas dit qu'elles fussent fabricjuées ; j'ai dit elles ont paru : il y a une grande différence entre ces deux expressions. T/idée d'une fabrication ainsi effectuée ne pouvait pas même se présenter à mon esprit. En effet, personne peut-être plus que moi n'a eu le loisir d'examiner ces papiers, grâce à la bienveillance même de M. Chasles, et si de cet examen il n'est pas résulté pour moi la conviction de leur authenticité, il en est au moins résulté celle que la fabrication est tons les corrections trouvées en les groupant suivant les heures (Obsen>ations de i856) : Correclions moyennes. a Andromède .. . a Bélier p Taureau Pallas a Grande Ourse . ri Vierge a Dragon p Balance Antarès u. Sagittaire. . . . 8 Aigle Pégase. p Bélier Rigel Castor 37 Sextant. . . Vierge . . . . T Vierge . . . . P Bouvier . . . lî Ophiuchus . 7 Dragon . . . . p Aigle 7 Capricorne. 10 Poissons. . Il a O. O 1 .59 5.17 7.36 10.55 12 . i3 14. o .5. 9 16.21 18. 5 20. 4 21 . 37 Il m ,.47 5. 8 7 . 23 10.39 11.58 i3.54 ,4.57 16. 7 17.53 .9.48 21.33 23.52 0,0 — 0,1 0,0 -f- 0,2 — 0,1 -(- 0,2 — o, I -(-0,1 + 0,1 0,0 — 0,1 o ,0 Toutes ces correclions sont absolument insensibles. Il n'y a aucune trace d'erreur systé- nialique dépendante de l'ascension droite, soit dans le Catalogue (jui a servi de point de départ, soit dans notre instrument et le Catalogne déduit de nos propres observations. ' 3o 1 ancienne et date d un temps bien plus long que celui qui s'écoule entre quelques séances de l'Académie. » Par cette phrase, j'ai voulu seulement signaler un fait incontestable; mais comme justement ce fait peut prêter à de mauvaises interprétations, il aurait été mieux de publier tout à la fois le dossier des documents. Du reste, il est évident pour moi que si ces propositions ont été avancées, c'est préci-sément parce qu'on avait des pièces pour les soutenir, et non vice versa. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que ces objections se trouvassent déjà prévenues de quelque manière dans les pièces elles-mêmes, car les fal- sifications de cette espèce sont toujours l'œuvre de plusieurs individus de talent, qui voient bien le côté faible de leurs inventions et les objections qu'elles peuvent soulever, et il est très-naturel cfu'ils introduisent dans les autres pièces les réponses qu'ils croient nécessaires. » Je dois ces déclarations à l'estime et au respect que j'ai pour M. Chasles, et à son caraclèro loyal, qui a mis ces écrits à la disposition de tout le monde, ce qu'il n'aurait pas fait sans doute s'il y eût eu de sa part la moindre complicité. » Je repousse donc l'interprétation qui a été donnée à ma phrase, mais je déplore le mauvais tour qu'on a joué à M. Chasles, et qui, outre la perle d'argent, lui a valu tant de troubles. » Quant au reste de ma Lettre, si M. Chasles vent bien la relire, il trou- vera que je n'ai pas compulsé des biographies communes, mais cité des ouvrages : ces ouvrages sont imprimés, il est vrai, mais ils ne sont pas aussi communs, surtout à l'étranger, qu'il paraît le croire. Il est vrai que pour faire ces citations il n'est pas nécessaire d'être astronome, mais M. Chasles se rappellera que, étant à Paris après la lecture tles Lettres de Galilée, je lui fis séance tenante les objections sur la mesure des distances des satel- lites de Jupiter et sur le satellite de Saturne, qui ont été développées par M. Grau t. » Du reste, je n'ai pas manqué de lui adresser, par une Lettre particu- lière, l'exposé de ma conviction, bien avant d'eu avoir écrit à l'Académie, ce qui me dégage de tout soupçon d'impolitesse à l'égard il'un confrère émi- nent, dont la bonté pour moi pendant mon séjour à Paris ne s'effacera jamais de mon souvenir. » Je vous prie. Monsieur le Secrétaire, de vouloir bien communiquer celte Lettre à l'Académie et l'insérer dans les Cuviptcs rendus; j'altache une grande importance à ne pas laisser planer la plus petite ombre de soupçon sur M. Chasles. » ( 3i ) HISTOIRE DES SCIENCES. — Observaliona relatives à la Lettre du P. Secclii et à la communication de M. Volpicelli (i); /;a/-M. Chasles. I. « Je remercie le P. Secchi du sentiment qui le poite à déclarer à l'Aca- démie que le sens que j'ai donné au passage de sa Lettre du 3o novem- bre (2), qui m'a ému, comme il le dit, était loin de sa pensée. « Je dois cependant faire une observation sur l'explication qu'il donne à ce sujet, car ou pourrait croire que j'ai altéré ses propres paroles par la substitution d'une expression à une autre. 11 dit en effet : « Je n'ai pas » dit que les correspondances produites aient été jabriquées, j'ai dit elles » ont paru. Il y a une grande différence entre ces deux expressions. » » Assurément, tout lecteur qui ne se reportera pas à mon propre texte conclura de là qu'en citant le passage de la Lettre du P. Secchi, j'y ai in- troduit le mot fabriijuées au lieu de elles ont paru. Or, cela n'est pas : j'ai cité, en italiques, les paroles mêmes du P. Secchi (3). Et quant à la con- clusion qui me paraissait devoir s'ensuivre, et où se trouve le mot fabri- quées, je l'ai exprimée avec une grande modération, car j'ai dit simple- ment : « Ce que semble faire entendre le P. Secchi, c'est que les pièces que » je produis pour répondre aux objections sont fabriquées au fur et à » mesure qu'il y a nécessité. » » C'est bien là en effet, sans aucun doute, ce que fait entendre le pas- sage dont il s'agit. Je n'accuse pas l'intention du P. Secchi, je le prie d'eu agréer l'assurance; mais sa rédaction a été trop précipitée, et peut-être em- preinte d'im peu de mécontentement, à raison du silence que j'ai gardé sur une Lettre dans laquelle il voulait bien me communiquer quelques ob- servations, comme je le dirai plus loin. » Le P. Secchi dit « qu'il eiit été mieux d'éviter de mauvaises interpré- » tations, en publiant tout à la fois le dossier des documents. » » C'est cette publication que j'ai promise, et qu'on a retardée par des objections irréfléchies et des imputations de falsification et d'imposture auxquelles j'ai dîi répondre. Il eût été mieux que l'on attendit cette publi- cation, pour porter un jugement éclairé et moins passionné, tel que le demande l'intérêt de la vérité. » Le P. Secchi explique que « les falsifications de cette espèce sont toii- » jours l'œuvre de plusieurs individus de talent. » (1) Foir ceUe coniniunication à la Correspondance, ci-après p. 36. (2) Comptes rendus, t. LXV, p. 1018; séance du 16 décembre 1867. (3) Comptes rendus, p. I025. ^> ) « Je ne puis croire que par ce mot toujours, le P. Secchi veuille dire qu'il connaît et pourrait citer des exemples d'une telle association : car il ferait bien de les produire. Cette idée, du reste, a déjà été émise par M. Fau- gère, et M. H. Martin a dû s'y rallier, comme on l'a vu (séance du 9 décem- bre, p. 992). « Je crois qu'une telle solution dénote l'embarras de ceux qui y ont recours, et touche de bien près à l'impossible. )) Le P. Secchi dit que je me rappellerai que, lors de ma communication des Lettres de Galilée à l'Académie (le 7 octobre), il m'a fait, séance tenante, des observations sur la mesure des distances des satellites de Jupi- ter et sur le satellite de Saturne. C'est vrai, et je lui ai répondu : « Dites » cela à l'Académie. « Cette réponse, le P. Secchi la consigne dans une Lettre du 29 décembre, par laquelle il veut bien m'informerde celle qu'd adresse aujourd'hui à TAcadéniie : «Vous me poussiez, dit-il, pour pren- » dre la parole en public, mais je ne voulus pas. » » Si le P. Secchi avait pris la parole, j'aurais invoqué aussitôt la suite des Lettres de Galilée, dont je n'ai eu à parler que plus tard pour répondre à la même objection produite par M. Grant (séance du 18 novembre). • L'Académie se rappellera que j'ai invité semblublement un de nos confrères à communiquer publiquement, à l'Académie même, les observa- tions dont il annonçait l'intention de m'entretenir en particulier. Je voulais ainsi ne point associera la polémique portée devant l'Acadéuiie des discus- sions privées, semi-confidentielles, afin que tout ce qui se dirait de part et d'autre fût toujours parfaitement clair et à l'abri d'interprétations erronées ou douteuses. C'est pour cela, qu'on me permette de le dire ici, comme excuse de ma part, que j'ai différé de répondre à quelques lettres bienveil- lantes, dont une était même du P. Secchi, et d'une date déjà assez éloignée, le i3 octobre. IL » Je passe à la Lettre de M. Volpicelli. Je suis heureux de dire que cette communication diffère de toutes celles qui ont été adressées à l'Académie jusqu'ici, en ce qu'elle renferme enfin des faits précis ayant tous une portée réelle, au lieu de dénégations et d'assertions dépourvues de fondement. B L'objection principale, sur laquelle se sont accordés MM. Grant, Govi, H. Martin et le P. Secchi, est la cécité de Galilée, qui aurait été complète dès la fin de l'année 1637 (i), et ne lui aurait plus permis d'écrire. Comptes rei/iiiii, p. 788, gSô, 990 et 1019. (33 ) » Sur ce point capital, M. Volpicelli fuit connaître deux Lettres aiillien- tiqties, insérées d.ms le tome VII de la dernière édition des OEiivres de. Gn- /j/e'e (Florence, i8/^8), qui prouvent que cette prétendue cécité complète est une erreur. » Dans l'iuie de ces Lettres, datée du. i''"' janvier i638, Galilée dit (|u'il est bref, parce que l'état de ses yeux no lui permet pas d'écrire lon- gnement. » Dans l'antre, du a') juillet; de la même année i638, il dit qu'il a perdu l'œil gauche, eî:c{u'il n'a pas l'espérance do ne pas jjerdre l'œil droit. » Il est donc certain qiu^ Galilée n'avait perdu qu'un œil eu juillet i638, fiU[iposé même qu'il l'eût perdu complètement. » Ai-je eu tort de préteiidie (|M'on devait conclure du Rapport même de l'inquisiteur de Florence, en date du i3 février i638, que la cécité de Galilée n'était pas complète, ainsi qu'on me l'opposait si unanimement. i> Quant aux travaux de Galilée dans les dernières années de son exis- tence, M. Volpicelli fait connaître deux passages (]n même tome VII, qui pré- sentent aussi de l'intérêt. Car l'un prouve qu en [640 Galilée s'occupait de Satiu'ue, etl'.uitre, qu'en iG/ji d réfutait des doutes élevés contre le système de Copernic. .• Ces deux citations ont du rapport, comme on le voit, avec le sujet des Lettres de Galilée à Pascal. .1 Puisque l'occasion s'en présente, je ferai aussi une citation, plus expli- cite encore, et fort importante, -parce cju'elle se rapporte à la Liuiette avec laquelle Galilée a cru apercevoir un satellite de Saturne (i), découverte contre laquelle protestent MM. Grant, Harting et le P. Secclii. 11 Je veux parler d'un [lassage d'iuii; Lettre de Descartes au P. Alei'senne, en date du 23 février i643, Lettre imprimée clans toutes les éditions des Lettres de Descartes, depuis 1666, et qui aiu'ait mérité de fixer l'attention des biographes modernes de Galilée. » Descartes dit d'abord : .l'ay eu ici les Epistrcs de I\l. Gassendi, mais je n'en av qnasi lu que l'Index (|u'il a mis au commencement, duquel j'ay apris qu'il ne tinitoit d'aucune matière que j'eusse ioesnin de lire. )) Puis il ajoute : Il me semble que vo\is m'avez autrefois mandé qu'il a la bonne Lunette de Galilée : je vou- ( i) Comptes re/ii/iis, I. LXV, p. 835, Lettre de Bonlliau .1 lluy^eus; séance du 18 novembre. C. U., 1SG8, 1" Semestre, f T. LXVI, IN" i. 5 ( 34 ^ drois bien scavoir si elle est si excellente, que Galilée a voulu faire croire, et comment paroissent maintenant les Satellites de Saturne par son moyen (i). » Voilà doDC une mention authentique 'le la bonne r.nnelte de Galilée, qu'il trouvait si excellente. » N'est-il j)as évident qu il ne s'agit pas ici de la Lunette que Galilée avait perfectionnée dès 1610, et avec laquelle il avait découvert aloi-s les quatre satellites de Jupiter et le système multiforme de Saturne; mais qu'il s'agit de la Lunette qu'il envoya, sur la fin de ses jours, à Pascal, ne pouvant plus espérer de s'en servir, et voulant qu'entre les mains des savants français elle fût utile à la science. » Si les Lettres de Galilée sont, comme le dit encore aujourd'hui le P. Secchi, lui roman, il faut convenir maintenant que le roman date de loin, et que Gassendi et le P. Mersenne, sinon Descartes aussi, doivent être mis au nombre des premiers comjjlices de cette vaste association de fabrica- teurs de mes nombreux documents. » M. Volpicelli, en terminant sa communication, et sans vouloir toucher à la question des relations qui ont pu avoir lieu entre Pascal et Newton, fait connaître un passage d'une biographie allemande qui se rapporte es- sentiellement à la découverte des lois de l'attraction. L'auteur dit que les idées émises par Pascal dans une Lettre à Fermât, contiennent les germes des découvertes de Newton. M Ces idées de Pascal, et primitivement de Copernic, ont été le point de départ de ma [)remière communication à l'Académie, il y a six mois (2). J'ignorais alors qu'il en eût été fait mention dans un ouvrage allemand, où se trouve en outre un rapprochement, important dans la circonstance, entre ces idées et les travaux de Newton. » NOMIIVATIOIVS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Commission chargée de préparer une liste de candidats poiu' la place de Secrétaire perpétuel devenue vacante par stiite du décès de M. Flourens. Cette Commission doit se composer de six Membres pris dans les Sections (i) Lettres rie M. Descartes. Paris, 1666; 3 vol. in-4", t. II, p. 5o6. — Édition de M. Cousin, t. IX, p. 11?.. — Ce passage a été cité par Baillet dans la fie tic Descartes, t. II, p. 202. Il se trouve même indiqué dans la table, au nom de Galilée. (2) Ciimjites rendus, t. LXV, p. 8q; séance du i5 juillet. (35 ) de Sciences physiques et du Président de l'Acadviuie, qui, à quelque Section qu'il iijjparlieune, en fait partie de droit. Sur 48 votants : M. Serres obtient 27 suffrages. M. Boussingault 26 » M. Delafosse 26 » M. Balard 24 » M. Brongniart 23 » M. Chevreul 23 » M. Decaisne aS <> M. Milne Edwards aS » M. Cloquet 22 » M. d'Arcfiiac 19 » M. Longet 17 » Un certain nombre d'autres Membres obtiennent un nombre de voix moindre. Parmi les quatre Membres qui ont obtenu 23 voix, les deux plus anciens, MM. Brongniart et Chevreul, devront seuls faire partie de la Commission, qui se compose ainsi définitivement de MM. Serres, Boi'ssinoault, Dei.afosse, Balard, Brongniart, Chevreul et Delaunay, Président en exercice. MÉMOIRES PRÉSE^'TÉS. M. E. Dcchemin adresse un >,lémoire relatif à ses « bouées électriques ». L'auteur donne ce nom à des piles flottantes, formées d'une plaque de zinc et d'un cylindre de charbon fixés à une traverse de bois, et destinées à fonctionner avec l'eau de mer. Ces piles, actuellement en expérience à Cherbourg, peuvent recevoir, suivant l'auteur, un très-grand nombre d'ap- plications, parmi lesquelles il cite : la préservation du blindage ou le net- toyage des coques des navires; l'inflammation des mines sous-marines et des torpilles; l'installation de signaux électriques à bord des navires; l'établis- sement d'appareils indicateurs des niveaux de la mer dans les ports; l'or- ganisation de la correspondance télégraphique à bon marché sur les côtes, etc. (Commissaires : MM. Becquerel, Pouillet, Begnauit, de Tessan.) M. Tellier soumet au jugement de l'Académie une nouvelle machine a 5.. ( 36 ) produire de la glace, inacliine f'oiulée sur la compression mécanique de l'élher niélhylique. (Commissaires: MM. Pouillet, Regnaull, Payen.) M. C Saix atlresse une Letiie coucernanl plusieurs problèmes qu'il pense avoir résolus, et en particulier ceux de la labricatioii du diamant et de la navigation aérienne. (Renvoi à la Commission précédemment nommée.) Un aiiteiM' dont le nom est conicnu dans nw pli cacheté adresse, pour l'un des concours à la suile desquels l'Ac.idémic décerne des prix chaque année, un Mémoire ayant pour litre: » Recherches chimiques sur les corps » improprement ai)j)elés jusqu'ici du nom de corps gras du cerveau et de la )) moelle épiuiére ». (Renvoi à la Section de Chimie, qui lo.me la Commission chargée de décerner le prix Jecker.) COIUIESPOIMDAIXCE. M. PoisEuiLLE prie l'Académie de vouloir bien le comprendre parmi les candidats à la place vacante dans la Section de Médecine et de Chirurgie par suite du décès de il/. Vctpeim. La Leitre sera transmise à la Section de Médecine et de Chirurgie. HISTOIHE DES SCIENCES. — Sur Galilée. Leitre de 31. P. Volpicelu à M. Chevrenl. " Rome, 28 décembre 1867. )) M. G. Govi écrit ce qui suit : » Galilée, complètement aveugle à la fin » de 1637, n'a ])lus rien écrit de si main, si ce n'est cpielques signa- » lures(i). » Celle assertion est contredite par une Lettre de Galilée au W Cas- telli, à la date du -^a juillet i638, où il e»! dit : Tontrr'u aW astinenza di l viito; ma iiuii peivii) vemju punlo in .'•yjt'/yf/iro (/; itvn nvi-i (lé|pn'l à leinjéi n lu iern)i si 'ml r :Tz=T„^=cou>t. » On aiiia j:^ — r_-.RT„-^ consl., ^Q = ; — -Tn „ ' . ; (■ 5 — ' ])V- — o(p"^ le travail exIfMMie. T Q • ^ ^ )i pROHUCMH 1\ . — l.c gaz se (iélend .sv/m.s rcicnnlr ut pci/lrr de. rlinltiir ihi (lelinrs : dQ = o. » On trouvera AR T £ — 1 ^,„'_ o (/,!■■■ ) Eu intégianl (elle (Vination, on (h'-leniiincra p t\ e à l'aide de l'équation (i). Le lra\ail externe devient I. = 1^ ph =-. ^ j^ cV/T -h -_-^ ^/)„ <•„ p.']. Dans le cas .spécial nîi c' = o, on anra y;i'' =: conrl.. Te'"' = const. » PliOl^i.îonL V. — Le tiavail e\tri-.ie consoinnie tonte la chnlein' reçne dn deho! s : ! , :n: — Q, r/Q ---. A prlv et par conséqnent c'c/T H r/ ipi)) = o, / r /-/ 1 H /;e :t= const . >i Oclte écpiation, combinée aver. l'équation (i), déteiinine /; couune ( /.• ) fonction de v. Cas spécial c' ~ o, pv = const.; c'est ht loi de }.!. Hirn, qui semble avoir lieu pour la vapeur d'eau. » J'ai supposé que pour tous les corps gazeux R,„ = const. = Rq- Désignons le volume moléculaire /7/v par V et multiplions l'équalion (r) par /H, on aura, en i)osant ^— ^ — = —^ -■, ' ' ^1 ,,.--1 V--' » Maintenant je su|)pose qu'il existe une certaine classe de corps pour lesquels on a où F et F, sont des fonctions communes à tous ces corps. Regardons deux de ces corps dans un moment où ils ont des pressions égales et des volumes moléculaires égaux, et soient m^ et T, les valeurs de m et de T pour l'autre corps, on trouvera (7) 1 -T, == ym, - m) ^^^ ' ■ » La différence des températures est donc proportionnelle à la différence des poids moléculaires. Supposons qu'il existe une classe de corps qui aient des volumes moléculaires égaux à leur point d'ébullition, la for- mule (7) s'énonce : La dijjérence dans les points d'ébullilion de ces co/ps est proportionnelle ou poids moléculaire. Mais on voit que cette loi renferme la loi de M. Kopp sur les corps homologues^ et parce que cette différence dépend de la pression et du volume, il est très-naturel, comme M. Kopp l'a trouvé, qu'elle soit différente pour des séries homologues diverses. Il est très-pro- bable que des expériences sur les corps homologues pourraient déterminer la fonction inconnue i];. » Détermination de d. — Désignons par h la quantité de chaleur néces- saire pour élever i kilogramme d'un liquide de o à / degrés centigrades, et le transformer ensuite en vapeur saturée à cette température sons la pression correspondante. Pour déterminer la valeur exacte de h, il faut indiquer la pression qui a lieu pendant l'échaulfement du liquide de o h t degrés; mais parce que la dilatation du liquide est très-petite, ou peut négliger le travail externe pendant réchauffement du liquide. Désignons pur q la chaleur to- tale interne absorbée par le liquide, et par u le volume de i kilogramme de liquide à t degrés : le travail externe, en transformant le liquide en vapeur, C; R., 1868, I" Semestre. (T. LXVI, Ko i.) 6 ( 4'-^ ) sera p'\v — u). Désignons par /;„ , t'„ , u„, L„ les valeurs de p, c, uetL k o degrés et posons Tq = 273° et Tr=273+<, il est «vident qu'on a L - Ap[i> - II.) = Lo ~ A/?„ (l'o - II,) H- I c'^T+ ; — Ap^'-Po^'o), car la chaleur totale interne se trouve aussi en transformant le liquide en vapeur saturée à o degré et en chauffant ensuite la vapeur de o degré à t degrés. On aura donc Jr«T A ^'^^^ ■+" riTT (/-"' "~ z^"''") ~ ^ (^" ~ po"o), (9) ^'=(^)--^^-a:^. e. 6 = c'-.^^. » D'après la théorie mécanique de la chaleur on sait que en introduisant cette valeur de L, on peut déterminer q en supposant c', £, ... connus. » PHYSIQUE. — Su7' (ptetques expériences relatives à l'emploi de la lumière élec- trique. Note de M. F. -P. Le Roux, présentée par M. Edm. Becquerel. « Dans une précédente communication (i), j'ai indiqué que l'arc vol- taïque interrompu pendant un temps assez court pouvait se rétablir spon- tanément, la propagation du courant paraissant dépendre surtout de la température île l'espace interpolaire. Comme je l'annonçais, il m'a été possible de fonder sur ce fait un moyen de diviser la lumière électrique. Au moyen d'une roue distributrice, on lance le courant d'une pile de Bun- sen alternativement dans deux régulateurs de lumière électrique, de façon qu'il passe dans chacun d'eux pendant le même nombre de fractions de seconde, -,i~]'y par exemple. Dans ces conditions, les deux lumières sont et restent parfaitement égales. » Pour que l'expérience réussisse aussi bien que possible, il est utile que les charbons soient plus petits que lorsque le courant doit y passer d'une manière contiinie; s'ils sont à seclion carrée, leur côté ne doit pas (l) Voir Comptes n-ndus, t. LXV, p. 1 ;49 ( 4.3 ) dépasser 4 millimètres. Je suis même persuadé que si on pouvait se procu- rer des charbons suffisamment petits, on pourrait, par le procédé que je viens d'indiquer, fractionner encore davantage la lumière électrique. Mal- heureusement nous sommes bornés à l'emploi des charbons taillés dans le coke dur des cornues à gaz, et l'impureté de cette matière ne permet pas de diminuer autant qu'il serait désirable les dimensions des crayons; il est probable que si on pouvait produire industriellement du carbone pur sous un état convenable, les applications de la lumière électrique feraient un aussi grand pas que celui que leur a fait faire la substitution du charbon des cornues au charbon végétal de Davy, substitution dont l'honneur re- vient à M . de la Rive et à M. Foucault. j> Il est bon de remarquer que les machines où l'électricité est produite par le mouvement seraient par leur nature même particulièrement propres à cette distribution du courant dans plusieurs appareils. )) Je passe maintenant à des expériences d'un autre genre. » J'ai recherché quelles modifications subirait la lumière électrique, tant sous le rapport de la couleur que sous celui de l'intensité, de la part de matières gazeuses dirigées sin- la pointe des charbons. L'emploi de l'oxygène me paraît dès à présent devoir offrir des avantages marqués. Sous l'influence d'un très-faible jet de gaz dirigé transversalement sur les charbons vers le milieu de l'espace interpolaire, les charbons s'usent plus vite du côté d'où vient le gaz; ceux-ci s'apointissent excentriquement; l'arc n'est plus exposé, comme cela arrive ordinairement à chaque instant, à tourner tantôt d'un côté, tantôt d'un autre sous l'influence des impuretés contenues dans les charbons. En outre, les surfaces entre lesquelles jaillit l'arc, qui sont celles qui fournissent la majeure partie de la lumière utile, au lieu d'être normales à l'axe des charbons, s'inclinent notablement du côté opposé à la direction du jet de gaz, de telle sorte qu'elles se présentent plus directement aux régions de l'espace que l'on se propose d'éclairer. Fixité plus grande de l'arc et position plus avantageuse des surfaces, dont l'incandescence est à son maximum, tels sont les avantages que procure l'emploi d'un très-faible jet d'oxygène dirigé sur les charbons. Il offre quelquefois l'inconvénient d'allonger la flamme produite par les impuretés qui se rencontrent dans les charbons ordinairement employés, et je répé- terai encore à ce sujet que tous les perfectionnements que pourrait recevoir la production de la himière électrique sont intimement liés à la production industrielle d'un charbon aussi pur et aussi cohérent que possible. » ( 44 ) CHIMIE ANALYTIQUE. — Méthode pour doser et rechercher de petites quantités d'eau oxycjénée. Noie de 31. Arc. HorzE.\i-, présentée par RI. Fremy. « La difficulté de trouver un réactif absolument caractéristique de l'ozone, comme l'est, par exemple, le fer pour le cuivre et ce dernier métal pour le mercure, et possédant de plus la qualité indispensable d'une excessive sensibilité, m'a fait renoncer à la voie suivie jusqu'à présent, et dans laquelle persévère toujours depuis vingt ans M. Schoenbein, pour donner une solution au problème tant controversé de l'ozone atmosphé- rique Confiant plus que jamais dans la sûreté, limitée il est vrai, des in- dications de mon papier de tournesol vineux mi-ioduré, j'ai pensé pouvoir résoudre la question litigieuse, en complétant les indications de mon réactif, par une sérieuse critique fondée sur l'emploi d'une méthode rigoureuse d'appréciation quantitative. » On sait comment, dans un Mémoire spécial, j'ai pu, il y a deux ans, éliminer définitivement du débat météorologique l'objection des composés nitreux (i). Cependant il restait encore celle de l'influence possible, sur les jiapiers réactifs, de la vapeur d'eau oxygénée, à laquelle d'ailleurs M. Fremy lui-même accorde une grande importance C'est précisément pour exa- miner à son tour la valeur de cette objection qu'il m'a fallu moccuper tout d'abord de trouver des moyens faciles et précis de dosage de l'eau oxygénée et une méthode très-sensible pour en constater la présence.... C'est donc le résultat de mes recherches entreprises sur ce nouveau sujet, dans le labo- ratoire de l'École des Sciences de Rouen, que j'ai l'honneiu' de soumettre aujourd'hui au jugement de l'Académie. Voici les faits principaux : » I. Méthode quantitative. — Dosacje de l'eau oxygénée. — En présence d'un acide, l'eau oxygénée décompose, soit à froid, soit à chaud, l'iodure de potassium neutre. Il se forme de l'iode, fjui est mis en liberté, et de la potasse qui s'unit à l'acide d'après cette équivalence HO^ -H IK. + Ac = HO -+- RO.Ac + I. (i) Cette objection vient encore d'être combattue récemment avec succès, à l'aide de nou- veaux arguments, par MM. Sctiœnbein et Andrews. Le premier fait usage de protoxvde de tlialiuni, sans acticin visible sur l'acide azolcux, alors qu'il absorbe l'o/.one en passant à un état supérieur d'oxydation, et le second calcine l'air, dont les propriétés actives se trouvent anéanties <[uand il les doit à l'oxygène odorant, tandis qu'il les conserve lorsqu'il les emprunte, soit au chlore, soit à l'acide nitreux. On le voit, ces dernières expériences, tout eu confirmant mes conclusions antérieures, laissent encore parfaitement intacte l'objection relative à l'eau oxygénée. ( 45 ) » II. Il suit de la qu'on peut apprécier, par un simple essai alcalimé- trique, la quantité de l'eau oxygénée, d'après la proportion de la potasse formée. La solution d'iodure usitée pour ce dosage se prépare avec 3 grammes de sel et loo grammes d'eau. L'acide titré a pour composition 5" = 6™s,i25SO'HO = 2"s,i25H0-. La liqueur alcaline titrée s'obtient avec une solution alcoolique de potasse ou de soude, étendue d'une quantité suffisante d'eau bouillie. )) Mode opératoire. — Le dosage du peroxyde d'hydrogène s'effectue en versant d'abord l'acide titré dans la solution oxygénée neutre et en y ajoutant ensuite un léger excès d'iodure de potassium neutre (ordinairement quelques gouttes). On chauffe le mélange dans une petite fiole à fond plat, jjour aider la réaction, et ou porte à l'ébullition pour expulser entièrement l'iode. On opère ensuite le titrage avec la liqueur alcaline, en se conformant aux précautions signalées par M, Boussiiigault dans son important travail sur l'ammoniaque des eaux. » III. Lorsque l'acide sulfurique et l'iodure neutre sont suffisamment étendus d'eau, ils ne réagissent pas l'un sur l'autre, soit à froid, soitàchaud. » IV. Contrairement à ce que l'on observe pour l'ozone, l'eau oxygénée faible semble ne pas réagir sur l'iodure de potassium quand les solutions sont neutres. » V. Mais la vapeur de peroxyde d'hydrogène bleuit néanmoins, à l'instar de l'ozone, le papier ioduro-amidonné et le papier de tournesol vineux mi-ioduré. i> VI. L'iodure de potassium neutre peut également servir à la recherche cmalitative de l'eau oxygénée, quand celle-ci a été préalablement acidulée; la coloration jaune ou rougeâtre qu'il communique à la solution oxygénée suffit, dans la plupart des cas, pour caractériser le peroxyde d'hydrogène. Mais sa sensibilité est encore considérablement augmentée par l'emploi du chloroforme, que les plus petites traces d'iode libre, invi- sibles dans l'eau, colorent eu violet ou en rose. » VII. Toutefois, les uitrites, les hypoch'orites et autres sels analogues réagissant sur l'iodure de potassium de la même manière que l'eau oxy- génée, il est utile de se prénumir contre cette cause d'erreur, de la manière suivante : )) Marche à suivre pour reclien lier rean oxpjénée. — Opérer sur 1,2, 3 ou 4 centimètres cubes de liqueur, (pi'ou acidulé au moment de l'essai (dans le cas où elle serait neutre ou alcaline) par une quantité suffisante ( 46) d'acide sulfuriqne tiès-dilué [S''" — acide = ô^^jiaSSO' HO), afin (|iie la liqueur ait une réaction acide. » L'addition de quelques gouttes d'iodure de potassium doit toujours suivre celle de l'acide et jamais la précéder. » i" Essai. — Il y a coloration jaune ou rouge à froid, d'où i)ossibilité de la présence de Peau oxygénée ou de nitrites et autres sels analogues. » 2* Essni. — Recommencer alors l'opération ci-dessus, après avoir fait bouillir préalablement la liqueur acidulée pendant deux ou trois minutes pour expulser les acides nitreux, clilorés, elc, ajouter ensuite l'iodure ; s'il y a encore coloration : indice de la présence du peroxyde d'hydrogène. « 3' Essni. — Il n'y a pas de coloration à froid, mais il y en a une à chaud : indice de l'existence de l'eau oxygénée. )) 4" Essni. — Il n'y a pas de coloration, ni à froid, ni à chaud. Ajouter alors au mélange de la liqueur d'essai avec l'acide et l'iodure une grosse goutte de chloroforme, et agiter le tout pendant cinq ou six minutes à la température d'environ l\o degrés. » S'il y a coloration rose du chloroforme : indice encore du peroxyde d'oxygène. S il n'y a pas coloration du chloroforme, il faut en conclure, ou que la liqueur ne renferme pas d'eau oxygénée, ou qu'elle n'en con- tient qu'une quantité inférieure à la limite de .sensibilité du réactif. » Mais la délicatesse même du problème météorologique à résoudre, et en vue duquel ce travail préliminaire a été entrepris, exigeait encore luie bien plus grande sensibilité. De là la nécessité de trouver un moyen effi- cace de concentration des dissolutions oxygénées. » VIII. Conreniration de liqueurs oxygénées. — Une solution très- faible d'eau oxygénée (So*^*^ = o'"^, ^8 OO^) peut se concentrer dans le vide sec (confirmation d'une ancienne observation de Thenard). M IX. Elle se concentre aussi dans l'air confiné desséché par la chaux vive. » X. La chaleur peut également concentrer, à l'air libre, les solu- tions f;iibles d'eau oxygénée, quand elle s'exerce sur des quantités res- treintes de liquide (3o à 5o centimètres cubes). Mais au delà de ce volume tout le peroxyde d'hydrogène peut disparaître s'il est en faible propor- tion (i). (i) Pendant <]iu" ji- m'occupais de ce travail, M. Schœnijcin puliliait quelques résultats rclatirs à l'action de la chaleur sur l'eau oxygénée qui concordent parfois avec les miens. Mais on verra que, par le l)ut à atteindre autant que par la méthode suivie, mes recherches actuelles diffèrent essentiellement de celles du savant chimiste de Bâle. ( 47 ) • » XI. On concentre aussi l'eau oxygénée par distillation à basse tem- pérature. Dans ce cas, c'est l'eau pure qui distille la première. » XII. Il est possible, par la distillation à basse température, de séparer tout à la fois l'eau oxygénée des matières fixes qu'elle contient et de la jjIus grande partie de l'eau dans laquelle elle est dissoute. » XIII. Une solution très-étendue d'eau oxygénée peut être mise à bouillir en présence de l'acide sulfurique pendant quelques minutes sans éprouver de décomposition sensible. Exemple : * Durée de l'ébullilinn. HO^ mis.. . . trouvé . Deux Cinq Quinze mi nu les. luiuules. minutes. 0,26 0,9.6 m,4 o,3o 0,26 o,3o 0,28 » XIV. Mais le moyen le plus pratique et le plus efficace pour concen- trer de grandes quantités d'une solution très-étendue de peroxyde d'oxygène consiste à les soumettre à la congélation partielle dans un appareil Carré. Exemple : iinis dans 500*^" d'eau pure -- o"'*,34 (non constatable par le chloroforme iodiiré). retrouvé après réduction du liquide à 10'^'^, o'"*,24 (constatable par le chloroforme ioduré). » XV. Jamais, pendant la congélation partielle de la même masse d'eau pure, il ne se forme la plus petite trace d'eau oxygénée. » Par ma méthode qualitative (emploi simultané de la congélation par- tielle et du chloroforme ioduré), on peut reconnaître aisément l'eau oxy- génée dans une solution qui en renferme 05 m/o M. Zaliwski-Mikovski adresse nue Note concernant « l'influence du calo- rique sur l'électricité ». M. Chatin prie l'Académie de vouloir bien l'autoriser à reprendre les dessins adressés par lui à l'appui d'une rédaction non admise pour le con- cours du prix Bordiu en 1866. La Lettre de M. Chalin sera soiunise à la Section de Botanique, l^a séance est levée à 5 heures et demie. E. D. B. C. !;, i8fi8, I" Semfjirc. (T. LXVl, N" I.) ( 5o BULLETIN BIBLIOGRAPUIQCE. L'Académie a reçu, dans la séance du 6 janvier 1867, les ouvrages dont les titres suivent : Note sur un Orchis ustulata, T.., à fleurs doubles; jfnr M. A. Bi:llynck. Gand, 18G7; opuscule in-8". Giornale... Journal des Sciences Naturelles et Economiques, \n\h\\ê sows la direction du Conseil de perfectionnement de l'Institut technique de Pa- lerme, t. III, fascicules i, 2, 3^ 1867. Valerme, 1867, in-4" avec planches. Rendi conto... Comptes rendus des sessions de i Acade'mie des Sciences de l'Institut de Bolocpie, -MtnéeA i865-i866et 1866-1867. Bologne, 1866-1867; abr. in-S". Memorie... Mémoires de r Académie des Sciences de l'Institut de Bologne, a* série, t. V, fascicules 3et /J; •• VI, fascicules 1 à 4- Bologne, 1 866-1 867; 6 fascicules in-4° avec planches. Annales Academici MDCCCLXII-^MDCCCLXIII. ÎAigduni-Balavonini, 1866; I vol. in-4". Jaarboek... Annuaire de l' Académie royale des Sciences d Amsterdam pour l'année 1866. Amsterdam, i867:in-8°. Processen-verbaal... Procès-verbaux de^ séances ordinaires de l'Académie royale des Sciences, division des Sciences Naturelles, mai 1866 a avril 11167. Sans lieu ni date; br. in-8°. ( 5i ) EHRJTA. (Séance du 3o décembre 1867.) Page II 10, ligne 35, au lieu rfe quelques détails aux extraits, lisez quelques détails extraits. Page iiî'j, liirue 36, au lieu de un nouveau tiiermoinètre, lisez un second ihtiiiiomètrf. Page I i35, ligne i3, au lieu de pour l'agriculteur, lisez pour l'agriculture. Page I I 35, ligne i8, au iicu c/f descendu, lisez descendre. Page i i35, ligne 29, au lieu de i337 kilogrammes, lisez i337 grammes. Page I i35, ligne 38, au lieu de un composé, lisez un compost. Page 1 137, ligne 36, au lieu de ces mesures, lisez des mesures. On a interverti l'ordre des fouilles réunies ''n tableaux; le lecteur comprendra que ces expériences doivent nécessairement se succéder par ordre de dates. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 15 JANVIER i868. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — L' Observatoire impérial de Paris, sa situation et so7î avenir; par M. Le Verrier. [Suite de la troisième Note (i).] « Après avoir exposé l'utilité et la conveuance de couserver l'Observa- toire actuel de Paris, complété par sa succursale de Marseille; après avoir répondu à deux objections dénuées de valeur, j'ai, dans le numéro précé- dent, p. 22, rapporté l'opinion d'Arago, que, dans tout pays pénétré de r amour éclairé des sciences, les souvenirs de P Observatoire suffiraient ample- ment pour le sauver (le la deslruclion. » A.bordant ensuite celte étrange assertion qu'on ne peut déterminer à l'Observatoire de Paris les positions des étoiles fondamentales, assertion réduite à un énoncé dénué de toute preuve, j'en ai démontré la fausseté à l'égard des ascensions droites déterminées par nos travaux. Après avoir prouvé leur exactitude par un examen tiré de nos propres observations (i) Voir t. LXV, p. 1073 et i io6, et t. LXVI, p. 21. L'Académie a bien voulu autoriser l'insertion de la suite de l'examen auquel nous nous sommes livré dans la précédente séance et que nous avons dû scinder à l'impression, à cause de son étendue extra-réglementaire, et parce que nous avions omis de demander une auto- risation pour le surplus [voir p. 29). 0. K., 1S68, l" Semestre. (T. LXVI, N° 2. 8 ( 54 ) faites dans deux conditions dittérenles, j'ai tnonliV' que nos résultats s'ac- cordent avec ceux de Greenwich, accord qui témoigne à la fois de l'exacti- tude des Catalogues des deux Oi^servatoires. » Je vais étendre ma démonstration aux distances polaires et je répon- drai ensuite à diverses objections dont la faiblesse appaiaitra aux yeux de tous. Exactitude des distances polaires îles étoiles, déterminées à l 'Obscnatoirc de Paris. » Ainsi que nous l'avons dit, nous avons pris naturellement, en t854, la science là où elle en était. Les distances polaires des étoiles avaient déjà été déterminées avec assez de soin pour qu'il fût possible d'emprunter provisoirement celles de nos 3o6 fondamentales aux Catalogues les plus re- nommes. C'est ce qui a été fait. Au reste, disions-nous encore, la correc- tion de ces positions résultera de nos observations elles-mêmes. Etudions les résultats ainsi obtenus. i> Déjà, dans le numéro précédent, |i. '28, nous avons examiné si les di- stances polaires déterminées par nous ne contiendraient pas quelque erieur systémali(nie suivant l'heure du passage îles étoiles au méridien. Nous avons reconnu qu'il n'y en a auctme. » Une autre vérification consiste à s'assurer qu'entre le Catalogue pro- visoireet le Catalogue conclu il n'existe aucune erreur systématique nulable en rapport avec les distances des étoiles au pôle. Nous pouvons présenter dès à présent le résultat de celte vérification pour le Catalogue résultant de nos observations de neuf années, i856 à 1864. Corrections moyennes Uislances polaires, du Cal,ilo|;ue iS,"i6-iS64. // — o,a8 — 0,24 + o,i4 — 0,10 — o , 3(> + 0,41 + 0,27 » Toutes ces corrections moyennes sont extrêmement faibles, et s'd y a à s'étonner d'une chose, c'est que les positions des étoiles qui s'élèvent peu au-dessus de l'horizon ne différent pas davantage dans les divers Catalogues, Cela montre que les données de la réfraction sont bien connues et que la réfiaction elle-même n"a |)as à Paris ces itirerlitudes dont on l'accuse. 0" à 20*^ ■20 à 40 40 à 60 60 ù 80 80 à 100 100 à ii5 Il 5° ;'l 125 ( 55) toujours sans preuves.. An reste, la vérité est que les positions des étoiles très-australes ne doivent pas être déterminées par nous, mais bien par les observateurs du Sud. Sous ce rapport, rien à gagner en restant dans la vallée de la Seine. » Mais arrivons à la comparaison des Catalogues de distances polaires donnés par divers Observatoires, con)paraison faite en Allemagne par M. Auwers, et qui a été publiée dans la Coimaissance des Temps pour i8C8. » M. Auwers a réuni quatorze des Catalogues publiés pour constituer un Catalogue moyen qu'il appelle Catalogue normal; cela fait, l'auteur examine les écarts des divers Catalogues par rapport au Catalogue normal. « Les déclinaisons adoptées pour Paris, dit-il, sont les moyennes formées )' d'après le nombre des observations, des données des six Catalogues )i des 309 étoiles fondamentales annexées aux observations de Paris, de » i856 à 1861. A l'égard des constantes de réduction employées, elles 11 nont pas besoin de correction. » (il n'y avait que six années publiées lorsque M. Auwers a fait ce travail.) » Or, voici les résultats auxquels M. Auwers est parvenu pour les décli- naisons individuelles de 45 étoiles fondamentales consignées dans sa Table de comparaison (i). Ecarts (iex déclinaisuns par rapport au Catalogue normal. Paris. Greenwicli. "Washington. Bessel. Taylor. Argelander, Struve. 1S57,ô. 1847. 1845. 1832. 1829. 1828. // « ti II II II II 7 Pégase +o,i — o,a — o,i +o,3 — o,i +o,i — 0,2 a. Cassiopée — o,3 +o,3 +0,2 0,0 — o,5 4-0,2 -|-o,3 a Petite Ourse .. +0,1 0,0 — 0,1 +0,2 — 0,2 +0,1 0,0 y. Bélier — 0,2 — o,3 — o,3 — o,a — o,G +0,1 — o,5 a Baleine 0,0 4-0,4 — o,C — 0,1 4-0,2 0,0 — 0,2 rj. Persée — 0,1 4-0,2 4-0,8 0,0 — 0,7 4-0,1 — 0,1 a Taureau — 0,2 — 0,4 4-0, 5 — o,î — o,5 4-0, i 0,0 a. Cocher — 0,2 — o,3 -+-o,3 — 0,2 — 0,1 4-0,1 4-0,2 p Orion — 0,2 — o,3 4- 0,1 4- 0,1 4- o,5 4- 0,1 — o,3 (1) Pour former cette Table, l'auteur a avant tout corrigé chaque Catalogue de ses erreurs systématiques, en sorte que la Table ne contient que les erreurs irrégnlières. C'est ainsi que pour la coniparaison des Catalogues en ascension droite, p. 28, nous avons retranchi» la constante o%oi2. Dans la séance de ce jour, on a porté la discussion sur les erreurs systématiques, comme on le verra plus loin. Nous l'avons immédiatement suivie sur ce terrain, qui n'offre aucune espèce d'embarras, au contraire. 8 . ( 56 ) p Taureau 3. Orion a- Gémeaux .... S Gémeaux a Hydre a Lion a Grande Ourse. S Lion [3 Vierge 7 Grande Ourse. a Vierge ri Grande Ourse. a Bouvier x' Balance ■j} Balance ^ Petite Ourse . . a Couronne a Serpent z Scorpion a Hercule a Ophiuchus. . . . 7 Dragon (î Petite Ourse . . a Lyre V Aigle a Aigle P Aigle a' Capricorne. . . a^ Capricorne. . . a Cygne 'j. Céphée ^ Céphée a. Verseau a Poisson austral a. Pégase ■j. Andromède. . . Paris. Greenwich. AA'ashinjton. Bessel. 1845. — o,' + o,i + o,i o,o — 0,2 — o,3 — () , 3 + o, I — 0,9 + o,i — o,3 — o,5 o,o — 0,3 — o,3 — o,4 + o,i — o,5 o,o — 0,2 + o, 1 + o,i -I- 0,5 — 0,'.î 4- o,3 — o,i — o, I 4- o,3 + o,6 — 0,3 + o,i + 0,5 + 0,3 + o,5 + 0,2 + 0,2 + o,i + 0,2 o,o 4- o,2 4- 0,2 — 0,5 — 0,2 + o,3 1857,5. + o,i — 0,3 o,o + l),2 — o,4 0,0 — 0,2 — 0,2 o,o — o,3 + 0,3 — 0,2 0,0 o,o — o,3 + o,4 — 0,2 — o,4 + o,7 — 0,2 — 0,3 o,o 0,0 — o, 1 — o,3 — o,i o,o + o,4 + o, 1 0,0 -+■ 0,2 + 0,3 — o,5 — 0,3 — o,3 1847. n + o,3 4- o,8 o,o o,o + 0,2 -1- o,3 + 0,1 + 0,2 — o,7 0,O — o,7 — o,6 — o,3 -■1- 0,8 — 0,4 — o,G — o,7 — o,3 -4- 0,2 — 0,2 — o,(J — o,i — o,i — o, 1 — o,4 — 0,1 o,o o,o + o,i o,o + o,3 o,o + 0,3 + 0,2 + o,i Taylor. Argelander. Struvp. 1832. 1829. 1828. 0,0 —0,1 — " 0,0 4- 1,0 4- 0,1 4- 0,2 0,0 — 0,2 — 0,3 4- 0,7 4-0,8 4- 0,1 4- 2,2 4- 1,3 — 0,2 4- 0,6 4- 1,6 — 0,1 4- •,■/ 4- o, 1 — 0,3 0,0 0,0 0,0 4- 0,4 — 0,2 4- 0,1 — 0,2 4- 0,2 — 0,1 0,0 — 0,1 4- 0,1 4- 0,5 4- 0,6 — 0,4 4- 0,2 0,0 4- 0,5 4- 0,3 4- 0,1 0,0 — 0,6 4- 0,3 — o, \ 4- 0,1 4- 0,1 4-0,2 — 0,2 — o, t — 0,4 — 0,6 + 0,4 » 4- 0,4 4- 0,2 — 0,6 — 0,1 -+- 0,5 — 0,3 — 0,4 — 0,4 — 0,2 — 0,3 4- 0,4 0,0 — 0,1 — 0,2 0,0 — 0,5 — 0,1 — 0,4 4- o,G 4- 0,4 — 1,3 4- 0,3 4- 0,3 4- 0,1 — 0,4 — o, I — 0,1 4- 0,1 4- 0,2 — o, I 0,0 — 0,1 — 0,3 — 0,1 4- 0,1 — o, I .4-0,2 » M. Ailwers étend ce tableau de comparaisons à vii)g-iieii( (latalogiies. Nous n'avons cité ici que les plus précis pai'ce que ce sont les seuls aux- quels nous devions nous coiiiparer. Du reste l'auteur conclut de i'(Misemble de ses tableaux les erreurs moyennes accidentelles d'une déclinaison réduite tl'après son Ir.ivail, savoir- : ( 57 ) • Etoiles Etoiles du Sud. du Nord. Moyennes. " " " Kœnisberg, 1820 (Bessc'i) o,3o o,3o o,3o Struve o,3i o,23 Oj^y Argelander 0,24 o>^9 o,25 Greenwich, i845 (12 années) 0,27 0,16 o,25 Paris (6 années ) . . o , 29 0,22 0,28 Henderson 0)4^ 0,22 Bessel, 1843 o,36 » Washington (Maury) o ,3g o ,40 Greenwicli (Pond) 0)4^ 0,24 Airy C . 0,46 o,3o Taylor, i845 0)44 0,57 O\foid, 1845 0)74 0,53 Munich (Lamont; OjSg 0,40 Etc. Etc. Etc. » Il résulte de là que l'exactitude moyenne des cinq premiers Catalo- gues donnés par les cinq grands Observatoires, Kœnisberg (Be.ssel), Dor- path (Struve), Bonn (Argelander), Greenwich (Airy) et Paris est sensible- ment la même. Greenwich est fondé siu' douze années d'observations et Paris sur six années seulement. » L'exactitude moyenne est moindre dans les Catalogues suivants. » L'Observatoire de Pouikowa n'ayant pas encore publié ses observa- tions, n'a pu être compris dans ces comparaisons. » Il restera donc établi : » Que les j)Osilions des étoiles fondamentales peuvent être déterminées à Paris ; » Qu'elles y sont effectivement déterminées avec le plus cjr and soin ; n Que l'exactitude pour une étoile est la même que pour les Observatoires les plus renommés dont les déterminations sont connues. » » Nous poursuivrons dans la prochaine séance cet examen scientifique. Nous terminerons aujourd'hui en appréciant les remarques qu'on vient d'apporter au sujet de la réfutation que nous avons faite de certaines diffi- cultés apparentes mais non réelles et de certaines objections sans valeur. » 1" On avait débuté dans cette discussion en assurant (t. LXV, j). io()o) qiK', le 1 1 novembre, nous avions présenté le déplacement de l'Observatoire comme nécessaire. Nous a\ons exposé (p. 1107) que celte assertion était inexacte et que notre article du i i novembre (p. 776) ne contient rien de ^ ( 58 ) pareil. On recoiinaîr inijourd'liiii le l)ien foixlé de notre protestation. Nous nous bornons à en piendre acte, tout en faisant remarquer qu'avant pris part ;'i liien des discussions, nous n'en avons jamais vu aucune débuter p;ir une inexactitude aussi considérable. » 1° On a présenté à l'Aciidémie uuc ])ièce concernant la latitude de l'Observatoire de Paris et de laquelle il résulterait qu'à certaines époques de l'année on déduirait des observations une latitude plus grande ou plus petite d'un quart de seconde (o", a5) que la latitude adoptée. Sans attacher à ce fait plus d'importancescientifique qu'il ne comporte, nous avons dià faire remarquer que la pièce en question provenant de notre Bureau de calcul n'a- vait ])as le sens cpi'on lui pi'élait et ne renfermait qu'un e.xamen provisoire et qui suffisait seulement pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'erreur sérieuse. On ne le conteste pas aujourd'hui, ce qui est le point important: mais on déclare qu'on avait été autorisé à eu faire cet usage puisque les résultais ont tUé puliliés par M. Le Verrier en 1866, dans un Mémoire inséré par l'auteur dans les Annales de l'Observatoire de Paris. » C'est jouer avec la situation et sur les mots. Quand un auteur assez connu imprime un travail dans les Annales de l'Observatoire, chacun com- prend que le Directeur donne administrativement le bon à tirer sans lire les détails des épreuves, surtout quand le travail renferme de grandes lon- gueurs. La pièce contestée a été insérée par l'auteur dans un de ses Mémoires en 1866; cette double reproduction ne lui donne pas une plus grande valeur. » Mais il y a plus, l'auteur en jugeait lui-même ainsi en 1866, et il di- sait dans les Annales, t. VIII, p. Sig : Ce résultat aurait besoin d'être con- firmé par de nouvelles déterminations. Cette réserve, trop nécessaire, a été effacée dans la lecture faite à l'Académie. Pourquoi cela? C'est une singu- lière histoire que celle de ce petit quaii de seconde. Ceux qui l'ont rencontré en 1862 ne lui ont attaché aucune signification. Quelqu'iui le relève en 1866 et le produit dans le monde scientifique tout en reconnaissant qu'il n'a aucune authenticité. En 1 867,0!! efface la restriction devant l'Académie, et on prétend faire de ce petit être tui argument considérable pour la des- truction de l'Observatoire. » 3" On avait dit qu'on ne pourrait déterminer la latitude à l'Obser- vatoire de Paris (ce que nous n'admettons pas du fout); que pour l'obtenir il faudrait aller mcsurei- la latitude de deux ou trois stations dans la plaine voisine, afin d'en conclui'e la latitude de l'Observatoire par une Iriaugu- l.ition. Nous avons lait remarquer qu'il y avait contradiction entre cette assertion à la charge de l'Observatoire de Paris el la prétention de n'avoir (59 ) besoin, quand on serait à Fontenay, que de cette seule station. La Noie qu'on vient de lire ne donne sur ce point aucune explication intelligible (i). » 4° On revient sur la grande comète de 1861, qui a été observée en Grèce, à Athènes, après qu'on avait cessé de la voir à Paris. INous avons répondu que cela était toul naturel, Athènes étant plus méridionale que Paris de i 1 degrés et ayant joui d'un beau ciel, pendant que nous n'avions pendant l'hiver que des ciels couverts et brumeux. Et nous avons ajouté que le résultat eût été le même pour tout autre Observatoire situé dans la vallée de !a Seine; que, pour sortir de cette situation et rencontrer des avantages sérieux, il fallait se transporter dans le Midi poui' l'observation des astres très-feibles; c'est ce qui a été réalisé dans notre succiu-sale de Marseille. » On nous répond aujourd'hui que le climat n'exerce jjas sur la visibilité (i) On a ajouté au Comjjfe n-iiclu , en note, p. 19, un supplément d'explications (jui n'avait pas été produit en séance, et auipiel, pour ce motif, on n'avait pas pu répondre. Cette ex|)lication est de tous points et fort heureusement, pour les travaux de l'auteur, inadmissible. On nous fait une énuuiération de toutes les prétendues difficultés qu'on éprouvera pour passer de la latitude d'un ])oint de la plaine voisine à celle de l'Observatoire. La réduction dépendra des éléments de l'ellipsoïde osculatcur qui ne seraient pas connus, de la distance à l'Observatoire, de l'azimutde cette distance, etc.. "Son , il n'est pas sérieux de dire que pour d'aussi faibles distances de deux stations les éléments de réduction ne seraient pas suffisam- ment connus, ni que les attractions locales pourraient varier notablement d'un point à l'autre. L'auteur de cette objection, qui, suivant nous, couvre une retraite, ne s'est pas laissé arrètei- par des considérations d'une telle nature dans les opérations géodésiques qui lui ont valu un siège à l'Académie des Sciences. A Strasbourg, par exemple, on a établi l'Observatoire à i5oo mètres de la flèche de la cathédrale, le Munster, dont il fallait déterminer la longitude et la latitude. Puis ces deux coordonnées étant une fois déterminées, on en a conclu, sans difficulté, la longitude et la latitude du Munster, sommet de la station geodésique et situé à iSoo mètres de distance. Est-ce doriC que la latiliule donnée ])oiU' le Munster dans les Jniialcs de l' Obscivalobv, t. VIII, p. 356, ne serait pas exacte, parce qu'on ne l'aurait pas déduite de trois latitudes obtenues autoui- de Strasbourg, au lieu d'une seule? Nous voilà amené à défendre les travaux de l'auteur contre lui-même. Que signifieraient d'ailleurs les latitudes et les longitudes ipi'il a déterminées en divers sommets des triangles géodésiques de la France, si à aooo mètres de dislance, loin des mon- tagnes, dans un pays de plaines, l'effet des attractions locales pouvait varier notablement? Du reste, nous serons bientôt, dans cette même séance, obligé de défendre les travaux de l'auteur contre une autre de ses exagérations. C'est un incouveuient de ne voii- à un momeul donné que la thèse qu'on soutient et d< lui tout saciifier. On se trouve amsi eiitrainé plus loin qu'on ne pense. (6o ) des astres t'influence que nous lui attribuons! On snil, en effet, que la comète de 1861 a été observée près de Saiiit-Pélcrsl)ourg du 20 au a5 mars i86a avec une très-forte lunette, et, ajoute-t-on, i7 est remarquable que ce soit dans la station la plus boréale qu'on ait réussi à l'observer le jilus longtemps : rlifirun regardera comme extrêmement probable qu'on eut pu l'observer à Fontenay-aux-Roses, et tout aussi longtemps, avec une lunette de même force!!! » Non, c'est le contraire que tout le monde regardera comme extrême- ment certain. Ceux qui ne connaissent pas le profond dédain que l'auteiu' de cette assertion professe pour la météorologie ne comprendront pas qu'on puisse énoncer de pareilles erreurs. » La vallée de la Seine, située dans un climat tempéré, ouverte notam- ment aux vents de l'ouest qui soufflent si fréquemment, est continuellement envahie par l'humidité et les nuages venus de l'Océan, et, si le ciel n'est pas couvert, l'atmosphère est au moins remplie de vapeurs, surtout en hiver. Pour trouver un ciel pur, il faut aller beaucoup plus au midi ou beaucouj) plus au nord. Dans le Midi, les vapeurs sont tenues à l'élat de fluide transparent par la chaleur; dans le Nord, elles sont précipitées par le froid extrême. )> Cela est tellement vrai, qu'en voyant Pouikowa, située par près de 60 de- grés de latitude, observer une très-faible comète du 20 au 25 mars 1862, il était facile de prévoir que la température devait y être extrêmement basse. Effectivement, en consultant notre Bulletin météorologique pour l'année 1 862, on voit que la température était, à ces dates et à 7 heures du matin, comprise entre — 10° et —20°, par un vent de nord-est; tandis qu'en consultant notre volume des Annales pour la même année, on voit que les 20-25 mars le ciel a été couvert, pluvieux, vaporeux, et que cela a continué ensuite jusqu'au 4 avril, sans»que l'amélioration fût bien notable. L'erreur vient de ce qu'on s'est imaginé, en voyant que nous disions qu'il faisait d'autant plus beau qu'on s'avançait davantage vers le midi en s'éloignant de Paris, que ce devait être l'inverse en marchant vers le nord. Or, en admettant que cela fût vrai pour notre méridien, il en est autrement pte de rien, ni de l'expé- lience ni des progrès accomplis, et s'il fallait se laisser aller à des partis pris. C'est bien en science qu'il est légitime de dire que r homme absurde est ctliii qui ne clwgge jamais. » Quant au chercheur étaldi à Marseille, on a tort de vouloii' se l'attri- buer, puisqu'il l'heure où nous écrivons on n'a pas pu encore, malgré notre demande, nous faire connaître la solution qu'on avait imaginée en i86i. On s'est borné, comme d'usage, à dire qu'elle valait bien mieux que celle que nous a\ons imaginée nous-méme et réalisée. )i (3" Nous voici enfin en présence d'un passage où l'auteur laisse entre- voii- toutes ses vues, dont il n'avait jusqu'ici laissé échapper qu'une partie. Il faut le lire, ce passage ! Car il est très-propre à montrer ce que les projets qu'on poursuit ont d'irréalisable et de peu pratique. » Supposons-nous par la pensée installés depuis plusieurs années dans l'Observatoire de Fontenay-aux-Roses, déjà célèbre : nous sommes tous plus vieux de dix années et l'on a travaillé assidûment avec des instruments d'une précision aussi irréprochable que celle des observateurs qui les réclament; on a déterminé et redéterminé les positions des étoiles fondamentales. Voilà enfin l'Astronomie établie sur des bases sérieuses, vous le croyez du moins ! Eh bien, détrompez-vous, vous ne serez pas plus avancés que vous ne l'êtes aujourd'hui! Et voici en quels termes on vous l'explique et on vous le signifie : « En effet, dit-on, bien que la partie accidentelle des erreurs dues aux » influences locales s'élimiLie de la moyenne d'un grand nombre d'observa- » tions, il faut cependant reconnaître que cette moyenne devra conserver » des traces des influences prédominantes : l'accord dans les moyennes » partielles de plusieurs années d'observations, s'il existe, prouvera sim- » plement que la cause prédominante a agi avec la même efficacité. Com- » ment donc s'assurer du degré de précision obtenu? Je n'aperçois d'autre )) solution de ce problème, que celle qui consiste à faire exécuter le même » genre d'observations dans une autre localité, aussi différente que possible » de la prennère an |)oint de vue des circonstances atmosphériques et lo- » cales. La précision des insli-uments, des méthodes et l'exactitude des » observateurs devraient être égales des deux côtés. » » Ainsi donc, eùt-on obtenu à Fontenay-aux-Ro.ses h; même résultat ( 63 ) identiquement chaque année et pendant vingt ans, on ne sera sûr de rien, sinon d'avoir déterminé un nombre affecté de l'erreur due à l'influence delà localité. Il faudra tout aller recommencer ailleurs. Et couune, en vertu de la théorie de l'influence locale, le résidtat pourra différer de celui de Fontenay-aux-Roses, il faudra tout reprenilre dans un troisième Observa- toire, sans être encore certain de parvenir à rien décider entre les résultats fournis par les deux premiers. Et tout cela pour ce petit quart du seconde! » On déclare, du reste, qu'on ne veut pas des instrianents actuellement existants à l'Observatoire; qu'il en faudra faire de nouveaux pour les nou- veaux établissements, et là nous semble se trouver le terrain de ki solution. Nous allons le jalonner rapidement. » Les résultats obtenus aujourd'hui à l'Observatoire de Paris ne différent de ceux de Greenwich que de quantités sans importance. Veut-on cepen- dant s'occuper de ces minimes écarts, ainsi que nous l'avons déjà fait plus qu'on ne croit et plus c[ue nous n'avons dit? Et (!n ce cas, qu'y aurait-il à pratiquer? » Puisqu'on ne doit rien em|)runler à l'Observatoire de Paris et qu'on ne fera aucun usage de ses instruments, le gros bon sens crie qu'U faut provisoirement laisser rétablissement intact. " D'un autre côté, puisqu'en supposant un Observatoire organisé à l'outenay, il n'en faudra pas moins exiger l'exécution d'un travail iden- tique dans le L\Iidi, à Marseille, par exemple, le bon sens dit encore qu'il faut commencer p.ar cet Observatoire du Midi. Car si l'on y trouve les mêmes n^sullats que ceux que nous a\ons obtenus à Paris, en quoi eût-il été nécessaire d'aller s'installer à Fontenay? » Toutes ces déductions me senii)ient empreintes de la logique la plus évidente et la plus élémentaire ; mais, on le voit, on est toujours ramené vers rObservatoiie du Sud que nous avons fondé en i8Gu, et dont nous souhaitons ardemment le développeuienf. » A.STri(i>iOMiK. — Hépunstàla i uinmunicalum uerbate laitt jjarM. Le Verriei', duHi, /« dtrnièrt séance, partiellement leproduiie au Compte rendu ( ' ) > /^"' M. YvoN Villa RCEAU. « Dans cette communication, notre confrère a prétendu déduire du Mémoire de M. Aiiwers la conclusion que son Catalogue des 'jo6 étoiles ^i; Scinci' du ù jaiiviii- iSbt). I 64 ^ fondamentales occupe, par sa précision, l'un des premiers rangs parmi les calalogiies modernes. « Il ne restera donc rien, dit M. Le Verrier (p. 28), de cette allégation )) imprudente, portée devant l'Académie, qu'on ne pourrait pas dileiminer » les étoiles fondamentales à l'Observatoire de Paris. » » J'ai le devoir d'édifier l'Académie sur la manière dont M. Le Verrier interprèle, au profit de la cause qu'il soutient, les chiffres empruntés au travail de M. Auwers, et sur lesquels il appuie ses conclusions. Je vais montrer que cette interprétation est fausse, qu'elle repose sur une lecture incomplète du Mémoire dont la conclusion est absolument opposée à celle qu'en a déduite uotre confrère. M. Auv^^ers, en effet, rejette le Cata- logue de M. Le Verrier, comme ne lui présentant pas de garanties d'exac- titude suffisantes. » M. Auwers, Membre de l'Académie de Berlin, est l'auteur de deux Mémoires considérables sur les déclinaisons des étoiles fondamentales. En laisou de l'importance de ce travail, le Bureau des Longitudes l'a fait tra- duire et en a publié la traduction dans les Additions à la Connaissance des Temps pour i 868. » M. Auwers ayant entrepris de former un Catalogue normal des décli- naisons des étoiles fondamentales, a i-ecueilli toutes les déterminations de ces déclinaisons qu'il a pu se procurer, depuis Bradley jusqu'à l'époque la plus récente. Après avoir soumis à une discussion approfondie les 29 cata- logues dont il disposait, il a jugé ne pouvoir employer que i5 d'entre eux à la formation de son Catalogue normal. Voici en quels termes l'auteur s'exprime à ce sujet ( 1 ) : « La condition d'crac^/fi/f/e et d'indépendance par rapport à des déter- » minations étiaugères m'a paru être remplie surtout par les déclinaisons » de : Bessel, pour 1820 ; Pond, d'après la rédaction d'Olfusen, pour 1822; » Siruve, Argelander, Johnson (Sainte-Hélènel ; Henderson, i833 (Cap^ ; )) Busch, Henderson, i835-39et 1841 -43 (Edimbourg); Airy, pour 1840; « Bessel, i843-, Airy, i845;Maury, i845-5o (Cercle mural); Laugier et » .Airy, 1860. » » Dans celle énumération ne figure pas le Catalogue de M. Le Verrier. Le cas est grave pour uotre confrère : comment faire dire à M. Auwers, qui exclut le Catalogue IjC Verrier de la liste des documents exacts et indépen- (1) Additions h in Connaissance dits Temps pnur 18' 18, |). 8^. ( 65 ) dants, que ce iiièine catalogue tient le premier rang entre tous les autres par sa précision? Le procédé est siiirple : la Connaissance des Temps a. la main, on prend, aux pages 112, i 1 '3 et 116, les deux tableaux que je re- protluis ici : C.ITALOGIE!. employés à la l'ormatioii duCatalof|ue normal. Kessel i8jo Pond-Olfusen. . Struve Argelandev Johnson Henderson f^Cap^, Busoh Henderson : Ed-} Aiiy iS^o Bessel i8.^3 Aii'y 1S45 Manry Laugier Airv 18G0. . . . ETOILES de Maskeline ±0,297 0,388 o,3o7 0,238 0,481 0,278 a,45i o,4iâ o,3i5 0,358 0,269 0,388 , nog 0,332 33 3i 32 32 29 3-1 33 32 3.'| 33 34 34 32 34 ETOILES du JNoid. co,3o4 0,23l 0,288 t> ,706 0,218 0,244 o,4o3 0, 356 0,263 CATALOGUES non employés à la i'ormation duCatalogue normal , Piazzî Bessel i8i5. . Gauss Schweid ... Pond Taylor i832. . Lamont Airy C Johnson i845 Taylor i845. Airy iSjo. . . Moesta Johnson 1860 Le A^'errier. . . ÉTOILES de Maskeline ±0,898 1 ,55i 0,549 0,484 0,41 6 0,822 0,389 0,464 0,736 0.4-1 '1 o,4i6 0,689 0,875 0,291 0:1 34 32 33 34 33 28 34 !v2 3i 34 ■9 3i ETOILES du Kord. ±1 ,5oS 0,D02 0,238 0,932 0,400 o,3o4 0,529 0,572 o , 238 0,822 0,221 » On en met quelques nombres sous les yeux de l'Académie et l'on dit : Ces nombres sont les erreurs moyennes iritne étoile pri.ses dans les divers c;italogties; il est donc clair que l'Observatoire de Paris tient le premier » Malheureusement, la signification précise de ces nombres est donnée en bori français, à la page 1 1^ des Additions à ta Connaissnncc des Temps; ces nombres expriment les erreurs moyennes d'iuie déclinaison rcV/ff/te, c'est- à-dire d'une déclinaison préalablement dépouillée de la piu-tie s/stéiiialiqiie des erreurs du catalogue, de cette partie systématique qui a fait rejeter le Catalogue Le Verrier. » M. Auwers, après avoir évalué la précision de tous les documenîs, et fait, ainsi qu'il vient d'être déjà dit, un choix des catalogues les plus exacts, en déduit les déclinaisons des étoiles fondamentales. Il traite à part des deux genres d'erreurs qui affectent les déterminations. Les une.^, dites errems accidentelles, s'éliminent d'autant plus complètement que le nombre des observations est plus considérable; les antres, d'une natm-e beaucoup plus dangereuse et que le nombre des observations ne peut pas atténuer, f 66 ) sont les cireurs sysléimiliques. C'est la petitesse de ces dernières qui constitue pour M. Auwers le critérium de la précision d'un catalogue. » Les tableaux insérés aux pages .8a, 83, 84 et 85 présentent les erreurs . systématiques des divers catalogues, de 4 en 4 degrés de distance polaire. On }■ voit les erreurs syslcraatiqnes du Catalogue Le Verrier croître de — o",65 à -j- o",67 entre les limites + 70 degrés et — 3o degrés de décli- naison. Telles sont les erreurs qu'il faut joindre aux erreurs moyenne.'; dont a parlé M. Le Verrier, pour obtenir les erreurs résultantes des positions du Catalogue. » Ainsi se trouve expliquée l'exclusion faite par M. Auwers du Catalogue Le Veriier de la liste des catalogues suffisamment exacts et indépendants. Ainsi se trouve établi que la preuve donnée par M. LeVerrier, de la supé- riorité de son Catalogue des déclinaisons des étoiles fondamentales, repose sur iMie interpiétation erronée des nombres eiupriintés au iMémoire do M. Auwers. » Je viens de rétablir dans sa rigoureuse vérité le résultat des recherches de I\L Auwers. Ce résultat pouvait être méconnu de M. Le Verrier; il n'était pas ignoré des astronomes étrangers. Le dernier Bulletin de la So- ciété Astronomique allemande (i) contient un compte rendu très-détaillé, par M. Fôrsler, du système de discussion, suivi par M. LeVerrier, dans la recherche iXci corrections de son Catalogue de fondamentales. Je ne m'as- socie pas complètement à toutes les critiques produites par l'éminent Direc- teur de l'Observatoire de Berlin ; mais je crois utile de faire connaître la conclusion tabli de fondamentales un grand nombre de positions d'étoiles non fonda- X mentales, mais qui, l}ien cerlaineinenl, nejjcul conduire à un perfeclionnemeiil (1) Vii'ilc.lidrssclti ijï lier A^lionutnituliiit Ci-^i tl''> liiijt , diIoIik- iSb^. (2) P'icrtvljiirsschrijt (lir JsliriiKnnischcii Gc.u-yisc/ui/!, in lubu: ititi^, |i. 2(10. (3) nerteljafssckiift cler Axtrorumiischeii Gvscllschaft, |> 26 |. ( '"'7 ) )) rationnel de ce Catalogue. Il faut donc bien se pers;iader que les cori-ec- » lions des positions de fondamentales ainsi obtenues ne doivent pas être 1) considérées comme un acheminement vers de nouvelles déterminations » absolues, mais comme ne faisant qu'ajouter aux valeurs préalablement » adoptées les erreurs particulières à l'instrument que l'on a employé. » » M. Forster expose comment il convient, suivant lui, de procéder à la détermination des distances polaires des fondamentales, et remarque que l'on a fait tout le contraire à Paris. Il ajoute (r) : « La cause de ce renverse- I) ment de l'ordre logique de la discussion ne peut se trouver que dans la » rareté des observations nadirales (2) à Paris, rareté qui s'explique elle-même » par l'existence de nombreux OBSTACLES extérieurs (à l'Observatoire). » » Voilà donc un savant étranger qui, sans idée préconçue., sans aucun motif personnel, se trouve conduit par la seule discussion des faits consi- gnés dans nos Annales, à la conclusion que j'ai moi-même énoncée : l'im- possibilité de délerminer actuellement les fondamentales à l'Observatoire de Paris. » L'Académie estimera sans doute que je puis clore ici cette discussion déjà trop longue. L'examen attentif des faits, renonciation exacte des opi- nions de savants très-autorisés, m'ont permis de justifier le motif le plus grave que j'avais donné de la nécessité de la translation de l'Observatoire hors de Paris. M. Le Verrier pourra essayer de démontrer qu'il est possible de déterminer actuellement à Paris les constantes de l'aberration et de la nutation ; il pourra interpréter, comme il l'a déjà fait, les opinions des as- tronomes étrangers : je crois inutile de le suivre désormais dans cette voie. Un observatoire, dont les savants des autres nations disent qu'il y est impossible de délerminer les fondements de l'Astronomie, doit se régénérer ou périr. » En énonçant franchement devant l'Académie une opinion que je crois fondée et que partagent mes collègues de l'Observatoire, je n'attaque en rien, ni les astronomes, ni les habiles constructeurs de notre pays. Nos ar- tistes construisent aujourd'hui de grands et puissants instruments pour l'étranger. Je demande que ces artistes soient chargés de nous doter des instruments dont nous avons besoin pour la détermination correcte des positions des étoiles fondamentales ; je demande en outre que ces appareils {}) Viciteljars.tclirift de/- Astroiwinischcn Gesetlsehnft, p. 5.63. (2) Ce sont les observations (|ue l'on fait à l'aide du liain de inerciiie. (68 ) soient installés dans des conditions où nous puissions utilement en faire usage. » Ce n'est pas en dissimulant les périls de notre situation scientifique que nous servirions loyalement et la science et notre patrie. Ces périls, les étrangers ne les ignorent pas; notre devoir est d'aviser à les détourner. » ASTRONOMIE. — L'Ohservnloire impérial, sn situation et son avenir; par M. Le Yerrier. [Quatrième Note (i ^] « Après avoir établi, dans la séance précédente, que les Catalogues des étoiles fondamentales résultant de nos observations ont toute la précision désirable, nous avions demandé la parole aujourd'hui pour étendre notre examen à la dét( rmination de certaines constantes. Avant d'aborder ce su- jet, nous allons répondre aux reproches dénués de vérité qu'on vient d'adresser à notre Catalogue des dislances polaires, ou, ce qui revient au même, des déclinaisons des étoiles. M Nous avions d'aboid, lundi dernier, considéré les ascensions droites comme il est de règle, et cette partie de notre exiunen a été imprimée dans le dernier numéro de nos Comptes )enc/iis, p. -jt. On ne lui adresse aucun reproche, et la vivacité avec laquelle on vient de traiter le Catalogue des déclinaisons monirc liien qu'on ne s'abstient pas en face des ascensions droites par un motif de ménagement. Nous regrettons presque cette abs- tention, car nous eussions pu soutenir la discussion étoile par étoile, au grand avantage de notre Catalogue, dont l'excellence serait ainsi devenue de plus en plus manifeste. Mais, ainsi c(ue nous l'îtvons dit, si l'on a for- mulé en termes généraux des critiques qu'on étendait à tout, on l'a fait sans avoir aucun travail personnels l'appui entre les mains; et c'est pour- quoi, laissant là l'examen des ascensions droites, qui est imprimé, on se jette sur celui des déclinaisons avant qu'il ait paru, en empruntant purement et simplement quelques objections à un étranger. » Nous avons dit que la Connaissance des Temps a reproduit un travail de M. Auwers, dans lequel les Catalogues des déclinaisons des étoiles, pu- bliés par divers Observatoires, sont comparés à un Catalogue No/'mf// dé- duit de l'ensemble des doiuiées; et nous avons montré que, d'ajirés l'auteur (i) L'Académie a (lécidc que celtu loniiminication, bien i|iic dipassaiil les limilts régle- mentaires, serait reproduite en enliei' au Cnmpte rintiii. { 69 ) de ce travail, la précision moyenne d'une observation, dépouillée des erreurs systématiques provenant de diverses causes, est la même pour les cinq Catalogues de Bessel (Kœnigsborg), d'Argelander (Bonn), de Siruve (Dorpath), d'Airy (Greenwich, i845), et pour le Catalogue de Paris. Le Catalogue de Greenwich repose sur douze années d'observations, et celui que M. Auweis a employé pour Paris ne repose que sur six années. » On ne fait point objection à cette exactitude individuelle, si nous avons bien entendu, mais on nous reproche de n'avoir pas parlé de la partie des erreurs systématiques, sur laquelle, assure-t-on, le résultat serait tout diffé- rent. L'assurance avec laquelle est produite cette nouvelle assertion n'eiu- péche pas qu'elle soit complètement inexacte, comme on va en juger, en considérant les tableaux des erreurs systématiques dressés par M. Auwers pour les cinq mêmes Observatoires, et que nous allons emprunter à la Con- iinissdiice des Temps. » Nous ne nous y étions point arrêté dans la dernière séance, non-seu- lement pour ne pas étendre outre mesure une communication déjà trop longue, mais parce que le travail de M. Auwers n'a pas été exécuté de façon à permettre de juger des erreurs locales qu'on veut aujourd'hui met- tre en évidence. En ce qui concerne notre Catalogue même, M. Auwers s'arrête à la déclinaison 70 degrés nord, reconnaissant d'ailleurs qu'il n'a pas construit la table de comparaison de telle façon qu'elle j)uisse j)ré- tenclre à une grande exacliliide (p. yS). L'insuffisance est surtout évidente à partir de 58 degrés de déclinaison nord, où l'on voit les écarts grandir à mesure qu'on approche du pôle, tandis t[ue le soin que nous avons mis à déterminer la polaii'e exclut une pareille marche de nos écarts. Nous avons donc déterminé nous-méme avec soin ces écarts à partir de 54 degrés de distance polaire jusqu'à 70 degrés, terme auquel s'est arrêté M. Auwers; nous nous sommes trouvé d'accord avec lui jusqu'à 58 degrés, mais au delà les écarts sont moindres. Au pôle même la correction serait — o",26. » Voici le tableau, dressé ^ar M. Auwers, des écarts systématiques des cinq Catalogues considérés par rapport au Catalogue normal. Nous rem- plaçons seulement les nombres donnés pour notre Catalogue et pour les déclinaisons 62,66^70 degrés, nombres qui, suivant l'auteur, n'avaient pas une grande exactitude, par les nombres que nous avons déterminés. Nous nous arrêtons d'ailleurs à la déclinaison sud 22 degrés, ainsi que le fait le Calologue de Dorpath, afin d'avoir pour les cinq séries les mêmes termes de comparaison. C, R., iSeS, 1" Semestre. (T. LXVI, N" 2.; lO ( 70 ) Corrections sjstematigiie.i à appliquer aux déclinaisons des cinq Catalogues considérés pour les ranicner h celles du Catalosue dit normal. Jéclinaison. Bessel. Struve. Argelander. Airy (1845). Paris. 90" — 0,26 — o,3o — 0, 10 4- 0,39 — 0,26 86 — o,o5 — o,i4 — ,01 4- 0, i3 .. 82 -f- 0, i3 — 0,01 4- o,o5 — o,o3 M ,8 -4- 0,37 4- 0,16 4- 0,17 — 0,25 U 74 4- 0,45 4- o,i(i + o,i5 — 0,26 » 70 -1- 0,5?. 4- 0,I2 4- o,i3 — 0,23 — 0,48 66 + 0,57 4-0,04 4- 0,09 — 0,16 — o,4i 62 + 0,60 — 0,06 4- o,o3 — 0, i4 — o,38 58 + 0,61 — 0,17 — 0,04 — o,i4 — 0,33 54 + 0,60 — 0,27 — 0,11 — 0, 16 — 0,25 5o + 0,59 — 0,32 — 0, 16 — 0,19 — 0, 16 46 + 0,53 — 0,35 — 0,25 — 0,24 — (j, i3 42 -+- 0,52 — 0,82 — 0,29 — 0,19 — 0,06 38 + o,5o — o,3o — 0,34 — u,oô 4- 0,01 34 + o,5i — 0,27 — o,36 -r- 0, i5 4- 0,11 3o -4- 0,4? — o,3o — 0,42 4- 0,23 4- 0,12 26 -+- 0,46 — 0,32 — 0,45 4- 0,27 4- ",'9 22 -+- 0,4: — o,36 — 0,46 4- 0,27 4- 0, 23 18 + o,5o — o,4i — 0,45 4- 0,27 + 0,25 •4 4- 0,49 — 0,53 — 0,47 4- 0,27 4- 0,21 10 4- 0'49 — 0,65 — 0,49 + 0,28 4- 0,08 6 -r- 0,55 - 0,74 — 0,49 4- o,3o — 0,02 2 -f- 0,57 — 0,82 — o,5i 4- 0,35 — 0,04 — 2 -4- 0,65 — 0,88 — 0,53 4- 0,33 — 0, o5 — 6 + 0,79 — o,g4 — 0,55 4- 0,27 — o,o3 — 10 -+- 0,87 — 1 ,01 — o,6i 4- 0,22 — 0,01 ->4 4- 0,95 — ',04 — o,6§ -1- 0,20 4- o,o4 -18 4- 1,10 — 1,01 — 0,67 4- 0, 12 4- 0,09 — 22 + 1,28 — 0,92 — 0,67 + 0,04 4- 0, i5 » Pour juger ces écarts et les comparer, il faut considérer deux choses : premicremenl, la moyenne de leurs valeurs absolues; secondement, la plus grande variation de l'écart dans chacun des Catalogues. Voici les erreiîrs qu'on trouve ainsi : o,63 1,54 o,5i 1 ,20 o,38 0,84 0,21 o,65 o,i6 0,73 ( 71 ) Moyenne Variation des valeurs absolues maximum des écarts. de l'écart. Bessel Struve Argelander Greenwich Paris » La moyenne des valeurs absolues des écarts est la plus petite pour Pa- ris et Greenwich. Il en est de même pour la variation maximum de l'écart. Les petites différences o",o5 et o",o8, qui apparaissent l'une à l'avantage de Paris, l'autre à l'avantage de Greenwich, sont, faut-il le répéter, de ces quantités insignifiantes auxquelles un homme sérieux ne s'arrête pas; et pour le montrer encore ici, il nous suffu'a de dire que si, au lieu de consi- dérer le seul Catalogue de i84f> de Greenwich, on prenait les trois Catalo- gues de i84o, 1845 et 1860, l'amplitude de l'erreur systématique s'élève- rait, pour l'ensemble de ces trois Catalogues, à o",78, quantité plus forte de o",o5 que pour Paris. Que notre collègue de Greenwich nous pardonne de nous arrêter à de leWes vétilles; ce n'est pas dans notre caractère, mais nous sommes forcé de suivre l'adversaire sur son étroit terrain. » Voilà donc encore une question réglée, et nous pourrions en rester là. Car si nul Catalogne n'offre une erreur accidentelle moindre que le nôtre, et s'il en est de même pour l'erreur systématique, qu'importent les objec- tions de détail? Elles sont nécessairement dénuées de fondement. Répon- dons-y cependant en peu de mots. » M. Auwers, pour former son Catalogue normal, a employé, dit-il, les Catalogues qui lui avaient paru surtout remplir des conditions d'exactitude et d'indépendance par rapport à des déterminations étrangères. Or il a laissé décote, dans cette partie de son travail, les Catalogues de Bessel (181 5), Airy (1 85o),..., etc., et celui de Paris, qui était à sa disposition, mais fondé sur six années seulement de nos observations. Ce fait est, pour l'au- teur des objections, la cause d'une satisfaction sans égale et bien étrange : car esl-ce donc à lui qu'il appartenait de faire ces efforts infructueux pour déprécier injustement les travaux de notre établissement national? » Il est en ce moment clair pour tout le monde que ce n'est pas à cause du manque d'exactitude de notre Catalogue que l'auteur allemand ne l'a point employé dans la première partie de son travail. Il résulte, en effet, des 10.. ( 72 ) comparaisons mêmes qu'il a établies, que ce Catalogue doit être placé au premier rang. Le motif de son abstention sera plutôt venu de ce qu'il n'a- vait que six années d'observations entre les mains, et qu'il aura bien vu que, n'ayant publié jusque-là que des réductions annuelles, nous nous jiro- posions, comme nous le disions il y a peu de temps, de reprendre le calcul avec toutes les données dont nous disposons aujourd'hui. )) Mais, reprend-on, si le Catalogue de Paris est exact, nous pouvons croire au moins qu'il n'est pas complètement indépendant des détermina- tions étrangères. » Nous répondrons d'abord que le fait, s'il était vrai dans une certaine limite, ne nous inquiéterait que fort peu, et que nous en conviendiions sans difficulté, n'étant pas de ceux qui s'imaginent qu'on doit reprendre à tout instant et traiter à nouveau toute l'Astronomie, sans tenir compte des bons travaux des devanciers. 1) INous ajouterons que les objections qu'on apporte contre le mode de réduction ont été formulées par nous-méme, et qu'elles ont été indiquées par nous à notre contradicteur présent. Qu'elles ont été reconnues insi- gnifiantes et qu'on a passé outre. » Nous l'avons déjà dit, nous avons en i854 commencé par constituer un Catalogue provisoire de déclinaisons empruntées aux sources les plus sûres et surtout au Catalogue de Greenwich pour iSqS; et nous n'a- vions pas mal choisi, puisqu'on reconnaît la supériorité de ce Catalogue. Mais il n'est pas moins vrai que nous avons appliqué aux positions des étoiles, une par une, les minimes modifications résultant de nos propres observations. La position du pôle en particulier, c'est-à-dire le point de départ, a été traitée spécialement, sans rien emprunter à personne. Aussi, tandis que dans le Catalogue de Greenwich i845, notre point de départ, la correction de l'étoile polaire serait, d'après M, Auwers, -+- o",39 , cette même correction serait dans le Catalogue de Paris — o",26 , nombres qui, on le voit, sont très-minimes tous les deux et n'ont aucune espèce do rapport. » Il n'y a dans tout ceci qu'une seule 'chose démontrée pour nous. On a fait pénétrer à l'étranger celte unique objection des trépidations du bain de mercure, auloui' desquelles on vent tout faire graviter. Nous avions dit que ce bain n'était indispensable que pour la détermination de la latitude terrestre, et qu'une fois cet élément déterminé on pouvait se passer de l'appareil. Après trois semaines de réflexion, on fait celle ( 73 ) réponse que le bain de mercure est aussi nécessaire dans la détermination des déclinaisons. » Ce nouvel argument n'est pas valable. Le bain de mercure ne sert en effet que comme un point fixe par rapport auquel on puisse se repérer. Or il est possible d'établir ici, et avec la plus grande facilité, un ou plusieurs points fixes servant de repères, d'une observation toujours plus commode que celle du bain de mercure, cette sorte âc fétiche auquel on veut tout subordonner, dont on peut assurément faire usage, mais dont on peut aussi plus commodément se passer pour tout ce qui concerne les distances polaires des astres. Le point de départ étant le pôle, la verticale du lieu n'a rien à voir dans la question. » Ainsi donc l'objection, si elle avait eu une importance sérieuse, eut tenu au mode des opérations et point du tout à la situation de l'Observa- toire de Paris, ta seule chose en question en ce moment. Nous ne nous laisse- rons pas détourner de cet objet principal par une discussion sur les méthodes, discussion qu'on reprendra ultérieurement s'il est nécessaire. )) Nous ne ferons plus qu'une remarque sur ce même sujet. Lorsque, dans l'intérêt de la Géodésie française, l'Observatoire de Paris a mesuré la latitude géographique d'une dizaine de stations , l'Astronome qui était chargé du travail a rapporté ses opérations à un système d'étoiles dont il nous a demandé la détermination au Cercle de Gambey. Si donc les décli- naisons de nos étoiles fondamentales n'avaient pas pu être déterminées d'une manière suffisante, les latitudes qu'on en a déduites n'auraient pas de valeur, et surtout les conclusions qu'on a tirées de leur discussion pourraient être suspectées. Eu sorte qu'en défendant ici notre Catalogue des déclinaisons, nous défendons en même temps le travail d'un Astronome qui, chose sin- gulière, ne néglige rien pour dimiiuier la considération que ce travail mérite. » On a dit, en terminant, qu'on nous laisserait établir, sans contradic- tion, qu'il était possible de bien déterminer à l'Observatoire de Paris les valeurs de certaines constantes astronomiques, notamment celle de l'aberra- tion. Cette déclaration est une précaution, empreinte de prudence pour cette fois. Lorsqu'en effet il est établi que nos Catalogues, et en particulier celui des ascensions droites, sont parfiiitement précis, il n'est pns difficile de com- prendre que les constantes dont il a fallu faire usage pour la réduction des observations peuvent elles-mêmes en être déduites avec exactitude. Nous allons en donner un exemple en ce qui concerne l'aberration. ( 74) Détermination de la constante de l'aberration. » On sait qu'on a recours à l'étoile polaire pour déterminer l'orien- tation de la lunette méridienne. Si la position de cette étoile est mal connue, il en résulte dans l'orientation de la lunette une erreur correspon- dante, qui change de signe suivant qu'on considère le passage supérieur ou le passage inférieur de la polaire. De là résulte le moyen d'obtenir la valeur exacte de l'ascension droite apparente de la polaire à un jour donné de l'année. » La position ainsi obtenue est empreinte de tout l'effet de l'aberration ; et si l'on ne dispose que d'observations faites dans un seul mois, en mars par exemple, il n'est pas possible d'en conclure la partie de l'ascension droite apparente obtenue et qui représente l'aberration. Mais l'ampliliide du phé- nomène va en changeant avec l'époque de l'année, et tandis que le maxi- mum de l'aberration s'ajoute à une certaine époque à l'ascension droite de la polaire, six mois plus tard il se retranche. En cherchant donc à faire coïncider les divers résultats de l'année, l'aberration elle-même se trouve déterminée. Nous avons appliqué ce mode de calcul à nos observations méridiennes de i856, 1837, t858 et 1859, et voici les résultats que nous avons obtenus pour la constante de l'aberration annuelle. NOMBRE DES PASSAGES de la Polaire (i) ;. Inférieurs. Années. Supérieurs Aberration. 1856. 68 7' 2o;'37 1857. 5i 49 20,38 1858. 55 60 20 , 36 1859. 54 59 Résultat moyen . . . 20,33 20,36 (i) Afin de montrer les singulières opinions qu'on est parvenu à répandre, M. Le Verrier dit h. l'Académie cpie dernièrement, en présence d'un de nos confrères, un honorable Vice- Amiral lui demanda tout à coup pourquoi il s'opposait au déplacement do l'Observatoire, puisqu'il était constant qu'on n'y pouvait pas voir la Polaire. Il répondit qu'il allait pré- senter à l'Académie un travail appuyé sur les observations de cette étoile. D'ailleurs com- ment voulait-on qu'avec des instruments qui permettent d'observer chaque jour des astres de iS" grandeur, il fût impossible d'observer la Polaire, une étoile de deuxième grandeur, que chacun voit parfaitement à l'œil nu en tr.iversant la place de la Concorde, beaucoup mieux éclairée assurément que ne l'est l'Observatoire ? Ces raisons persuadèrent-elles l'ho- norable interlocuteur? On n'en saurait répondre. ( 75) » La constance de ce résultai, d'année en année, est remarquable. Struve a déduit de l'observation des étoiles 20, 44^ Delambre a déduit de la vitesse de la lumière obtenue par les éclipses des satellites de Jupiter 20, 255 » En ce moment même, on discute sur ces deux limites, et il y a lieu de croire que l'emploi des objectifs augmenterait la constante ap- parente de l'aberration, ce qui aurait influencé le résultat obtenu par Siruve. » Quoiqu'il en soit, le nombre ao",36, déduit des observations de Paris et compris entre les deux limites ci-dessus, est parfaitement exact. La con- stante de l'aberration se peut donc obtenir en fait par nos observations; et il n'est pas douteux, par conséquent, qu'il en serait de même de la con- stante de la nutalion. Seidement^, comme la jiériode est, dans ce dernier cas, égale à celle de la révolution des nœtids de la Lune, ig ans, il en résulte qu'il faudrait considérer simidtanément au moins les treize années d'obser- vations dont nous disposons. » Mais, dira-t-on, pourquoi n'avoir pas alors calculé ces constantes avec vos observations? Par une raison fort simple. Ces constantes ont été bien déterminées avant nous, et nous n'estimons pas que chaque astronome doive reprendre la science à priori comme si rien n'avait été fait jusque-là. Chacun de nous, nous ne cesserons pas de le répéter, doit prendre la science où elle en est, et chercher à aller en avant s'il le peut. Ce n'est pas en s'arrétant à couper en deux des centièmes de seconde, sans se préoccuper du ciii bono, qu'on fera faire aujourd'hui des progrès à la science. Il y a de bien autres questions qui se révèlent chaque join-, et qui menacent l'astro- nomie des plus sérieux embarras. C'est à ces problèmes et non à des minuties que doivent s'attaquer aujourd'hui les astronomes. » Résumons les résultats acquis dans ht discussion : » Les erands souvenirs qui s'attaclient à l'Observatoire de Paris, fondé avec l'Académie, suffiraient, suivant Arago , dans tout pays pénètre de l'amour éclairé des sciences pour sauver cet élablissemenl contre toute pensée de destruction. M L'idée, la convenance et l'utilité de déplacer l'Observatoire de Paris furent examinées avec soin en i854, combattues par le Préfet de la Seine et écartées ( 76) » Le Président du Conseil municipal de la ville de Paris nous a déclaré, dans la séance du 23 décembre dernier, que ce Conseil n'esl pas plus tl'avis de la destruction de l'Observatoire en 1867 qu'en i854. » Notre plus grand eiineini, à Paris, c'est l'étal météorologique du ciel. Cet inconvénient tient à la vallée de la Seine et serait par conséquent le même en tout lieu voisin de la capitale. » Ce nonobstant, nous parvenons à observer avec plus de succès qu'ail- leurs les petites planètes les plus faibles et dont l'éclat descend jusqu'à la i3* grandeur (102 contre 33). C'est un résultat tionl ou peut se tenir pour satisfait. )) A l'égard des lumières, on a reconnu qu'avec des précautions conve- nables, on pourra se garantir contre leur action. )) T.es trépidations du sol ne gênent que j)our la détermination de la lali- lude géograpliiquo. L'opération n'en a pas moins été faite exactement. Si l'on tenait à la vérifier, il faudrait simplement aller la répéter sur un point de la plaine voisine. » Les positions des astres s'obtiennent, d'ailleurs, à l'Observatoire actiu>l avec toute la précision nécessaire. Nos Catalogues jouissent de la plus grande exactitude. Les constantes des théories se peuvent déterminer sans difficulté. » Si l'on tenait à vérifier quelcpie nombre sous un climat différent, on peut le faire de suite, à INIarseille, sans dépenser pour cela des millions dont on trouvera un bien meilleur enij)loi scientifique. » En conséquence : » La plus grande partie des travaux suivis jusqu'ici à l'Oljservaloire de Paris peuvent y être continués avec succès, et l'on peut en entreprendre beaucoup d'autres dans le même lieu. « Il ne faut pas détruire notre établissement national, mais transférer seulement sous un ciel plus pur l'observation des phénomènes doués d'un très-faible éclat. « On ne gagnerait rien, ou presque rien, en s'en allant à quelques kilo- mètres de Paris, ou même ailleurs, dans la vallée de la Seine. >' C'est dans le midi de la France qu'il fallait se transporter, et c'est là en effet qu'a été établie la succursale de Marseille. » « M. Yvox Vii.i..\utEAu déclare n'avoii' rien à ajouter aux considérations qu'il a présentées sur la nécessité du transfert de l'Observatoire. » ( 77 ) ÉLECTRO-CHIMIE. — Quatrième Mémoire sur les appareils électro-capillaires, la mesure des espaces capillaires et les effets chimiques qui s'y produisent; par M. Becquerel. (Extrait.) « Ce Mémoire est composé de deux chapitres : le premier traite des per- fectionnements apportés à la construction des appareils électro-capillaires et de la mesure des espaces capillaires; le deuxième chapitre, des effets de réduction obtenus dans les nouveaux appareils, et particulièrement de la réduction et de la séparation des métaux qui se trouvent dans une dissolu- tion. » Les actions électro-capillaires sont celles qui se manifestent entre une dissolution métallique contenue dans un vase fêlé et une dissolution de monosulfure, dans laquelle plonge le vase; elles ont pour résultat la ré- duction du métal dans la fêlure et sur la paroi intérieure du vase qui con- tient la dissolution métallique qui se trouve dans la première dissolution. » Après avoir démontré la difficulté que l'on éprouve à opérer toujours dans les mêmes conditions, avec les appareils décrits dans le Mémoire pré- cédent, difficulté qui tient à l'inégale largeur de toutes les parties d'une fissure d'un tube ou d'un vase fêlé, les unes étant trop larges, les autres trop étroites; il eu résulte que souvent il n'y a qu'une faible partie de la fissure qui concourt à la production des effets électro-capillaires. » On obvie à cet inconvénient, en disposant des appareils de telle sorte que l'ouverture des espaces capillaires ait partout la même étendue; voici comment sont établis ces appareils. » Deux lames de verre superposées, de peu de largeur, pour éviter les surfaces gauches autant que possible, lesquelles luiisent à la régularité de l'espace capillaire, sont placées verticalement. Ces lames sont tenues join- tives et pressées plus ou moins l'une contre l'autre, soit avec des fils, soit avec des tiges de caoutchouc durci pourvues de vis. A la partie supé- rieure de ces lames est fixé, avec du mastic, un petit réservoir en verre, dans lequel on verse le liquide que l'on veut introduire dans l'espace capillaire compris entre les deux lames de verre. Cet appareil, auquel on a fait plusieurs additions, constitue le premier système; le deuxième système se compose éga- lement de deux lames deverresuperposées, mais placées horizontalement ; la lame supérieure, quia au moins i centimètre d'épaisseur, est percée au milieu, de part en part, d'une ouverture circulaire de 4 ou 5 millimètres de diamètre, pour y introduire le liquide qui doit remplir constamment l'espace capil- C. R., iW8, I" Semestre. (T. LXVI, N" 2.) I I ( 7») laire entre les lames. Les lames sont maintenues jointives avec les mêmes moyens que pour le premier système, et qui permettent de les rapprocher plus ou moins. On adapte quelquefois à cette ouverture, avec du mastic, un tube de verre de plusieurs centimètres de long, afin que la colonne liquide exerce ime pression plus ou moins forte sur la portion de ce liquide qui occupe l'espace capillaire. On fait cette addition surtout quand les lames sont très-rapprochées, cas où l'introduction des liquides est difficile; ce sys- tème a l'avantage de rendre uniforme l'action des deux dissolutions l'une sur l'autre. » Enfin, on interpose quelquefois entre les lames une bande de papier à filtrer, qui rend plus uniforme encore la distribution du liquide entre les lames. T/intervalle, au surplus, entre les lames, dépend de l'état de la sur- face des verres, quand il est travaillé ; il y a alors adhérence, et, dans ce cas, l'intervalle est tiès-petit, l'introduction de la dissolution métallique devient alors difficile. » Je suis entré dans quelques détails .sur les divers moyens à l'aide des- quels on produit les effets électro-capillaires, en vue suitout des applica- tions qu'on peut en faire à l'étude des réactions chimiques, qui ont lieu dans l'intérieur des corps organisés. )i La détermination de la largeur de l'ouverture des espaces capillaires, soit dans les tubes ou vases, soit dans les appareils à lames de verre, a été faite avec beaucoup de précision, au moyen d'un ap[)areil imaginé par M. Edmond Becquerel, pour évaluer la résistance qu'opposent les liquides au passage de l'électricité; c'est un rhéostat à colonne liquide, destiné à l'évaluation des grandes résistances. Voici le principe sur lequel .sont fondés la construction et l'usage de cet appareil (i) : » Dans un long vase cylindrique se trouve un tube capillaire ouvert par les deux bouts, aussi bien calibré que possible et divisé en fractions de millimètre. La section intérieure du tube est déterminée avec soin préala- blement. Dans l'intérieur du tube on introduit un fil de cuivre suffisaui- iiieut gros j)our qu'il y entre avec frottement. On remplit le cylindre d'une dissolution normale de sulfate do cuivre, composée de loo de sulfate pour lui volume de i litre de la dissolution. Cette tlissolution renqjlil également le tube capillaire jusqu'à sou extrémité supérieure. A l'extrémité inférieure de ce tube, dans le cylindre, se trouve une lame de cuivre en communica- (i) /Iniialcs lie Cliimir cl de Physiriiii-, ?," si'ric, I. XXXIK, p, 364' if^53, et In liirrs du Cousnvnliiirii iiiiiiirinl i/c< .-Irlx ri Mrtii-is, I. 1'=', p. 'Vi; iiS(!i. ( 79 ) tiou avec l'une des extrémités du fil d'uu galvanomètre à long fil, et dont l'autre extrémité est en relation avec le pôle négatif d'une pile à sulfate de cuivre composée de plusieurs éléments; le pôle communique, au moyen d'un fil intermédiaire, avec le bout supérieur du fil qui se trouve dans le tube capillaire. Le fil intermédiaire est rompu en un point , et à chaque bout est fixée une lame de cuivre; les deux lames plongent dans un vase rempli de la dissolution normale. Le circuit se trouve ainsi composé : de la lame de cuivre placée au bas du tube capillaire, du fil de communication avec l'un des bouls du fil du galvanomètre, de ce fil, de la pile, du til inter- rompu et du liquide normal, enfin du liquide qui est dans le tube capillaire, au-dessous du fil. Ou introduit alors dans le circuit un des vases à ouver- ture capillaire dont on veut mesurer l'ouverture, vase contenant le même liquide que celui qui est dans le rhéostat liquide. L'aiguille aimantée re- vient vers zéro, en raison de l'augmentation de résistance du circuit. On diminue alors la longueur de la colonne liquide jusqu'à ce que la déviation de l'aiguille soit la même qu'avant, afin que les résistances du même liquide dans la partie dont on a diminué la longueur de la colonne capil- laire et dans l'espace à mesurer soient égales. » En représentant par s la section du tube capillaire, h la longueiu- dont ou a abaissé le fil dans le tube capillaire, h' la hauteur du liquide dans l'es- pace capillaire, l' la longueur de l'ouverture, jc la largeur, on aura â h' ,, , slt' -=--—, d ou jr=-— • » Ainsi, en résumé, la méthode consiste à évaluer le pouvoir conducteur d'un liquide renfermé dans l'espace capillaire cherché, par rapport au pou- voir conducteur du même liquide situé dans un tube capillaire d'une éten- due déterminée, et à déduire les dimensions de l'espace capillaire dont il est question d'après la loi coiniue qui règle les pouvoirs conducteurs des corps pour l'électricité. » Cette méthode, qui suppose, bien entendu, une certaine régularité dans les intervalles que l'on mesure, est extrêmement sensible et permet d'évaluer des intervalles de quelques dix-millièmes de millimètre entre les lames ou les bords d'une fente très-régulière. » Les déterminations qui ont été faites avec ce procédé ont prouvé que lorsque la largeur des espaces capillaires est seidement de quelques cen- tièmes de millimètre, la réduction de la plupart des mélaux a lieu, tandis que lors(ju'elle n'est seulement que tie (juelques millièmes, l'or et l'argent sont réduits facdeinent, tandis que les autres le sont très-lentement. II.. ( 8o ) » Dans les appareils formés avec des lames jointives, assujetties avec des liens de fil ou des tiges avec vis, et dout les ouvertures sont égales à o^^^oS, o"'",o4, o'"'",o5, si l'on interpose entre elles une bande de papier à filtrer, ou trouve des ouvertures correspondant à o'"™,o8; à cause peut-être que le papier ne permet pas de rapprocher les lames autant qu'on le fait sans sa présence. » Les dépôts métalliques qui se forment entre les lames de verre main- tenues en contact au moyeu de fils ou de régies avec vis, exercent une telle force d'expansion, que, lorsque les liens ne sont pas rompus, des lames de 2 uiillimètres d'épaisseur sont brisées. On conçoit par là comment des roches dans lesquelles peuvent s'opérer des effets électro-capillaires, par suite d'infiltrations, comment, dis-je, ces roches peuvent éclater ou élre fendues. u Dans le second chapitre, j'expose les effets chimiques obtenus avec les appareils électro-capillaires perfectionnés. Dans le précédent Mémoire, j'ai démontré que, dans un tube fermé par en bas avec un tampon de papier à filtrer, traversé par un fil de platine, si l'on met dans ce tube une disso- lution métallique et que l'on plonge ce tube dans une dissolution de mono- sulfure, les deux bouts du fil de platine se trouvant, l'un dans la première dissolution, l'autre dans la seconde, le bout qui est dans la dissolution mé- tallique et qui forme l'électrode négatif ne tarde pas à se recouvrir de cuivre métallique; dans cet appareil, le fil de platine remplace la fissure du tube ou du vase fêlé dout la j)aroi est conductrice de l'électricité. M Cet état de chose se manifeste encore quand les deux dissolutions sont séparées par de l'eau salée, de l'eau acidulée avec de l'acide sulfurique ou de l'acide nitrique. Ces effets ne sont pas sans intérêt pour la physiologie. » Quant à la séparation des métaux^ à l'état métallique, des dissolutions qui les renferment, je traite particulièrement de celle de l'argent ou de l'or du cuivre. » Dans mon second Mémoire, j'avais déjà annoncé que, dans les appa- reils électro-capillaires, quand la dissolution métallique contenait du cuivre, de l'argent ou de l'or, les métaux étaient réduits séparément, l'or ou l'ar- gent d'abord, puis le cuivre; ce n'était là encore, toutefois, qu'une indica- tion générale de la séparation des métaux; il fallait préciser d'avantage les effets i)roduils, c'est ce qui a été fait dans plusieurs expériences dont voici les ])riucipaux résultats : » On a mis, dans lui vase mince de verre fêlé, 45 centilitres d'une dis- solution saturée de nitrate de cuivre et i5 d'une dissolution saturée de ni- ( 8i ) trate d'argent, et plongeant dans une dissolution de monosulfure de sodium maïquant lo degrés à l'aréomètre; le nitrate d'argent a d'abord été décom- posé, l'argent qui s'est déposé sous forme d'épongé ne renfermait aucune trace de cuivre; en essayant, à plusieurs reprises, la liqueur, on est arrivé à un point tel, qu'elle ne contenait plus que des quantités minimes d'argent; le enivre a commencé alors à se réduire. » Dans une autre expérience, on a pris une dissolution composée de lo grammes de nitrate de cuivre et de i centigramme seulement de nitrate d'argent, cette dissolution ne contenait par conséquent que G milligrammes d'argent. Cette dissolution a été mise dans un tube fêlé dont la fêlure avait une ouverture moyenne de o""",o3, on ?. obtenu les mêmes effets cpie dans l'expérience précédente; mais, lorsque la dissolution ne contenait plus que des traces d'argent, on a retiré la dissolution du tube, puis l'argent déposé, en lavant l'intérieur avec de l'acide nitrique, pour qu'il n'en restât plus au- cune trace, et on l'a remise dans le tube plongeant de nouveau dans la dis- solution de monosulfure de sodium ; il s'est déposé d'abord sur la paroi in- térieure du tube une couche excessivement mince d'argent, puis le cuivre a paru et a contiimé à se réduire; la liqueur essayée ne contenait plus au- cune Irace d'argent. » L'or qui se trouve dans une dissolution de cuivre se comporte de même que l'argent dans les expériences précédentes. » Il est difficile de faire des pesées exactes des métaux déposés, surtout quand ils ne se trouvent cju'en faible proportion dans les dissolutions, attendu, d'une part, qu'il se forme à l'extérieur du tube ou du vase fêlé, près de la fissure, un bourrelet de sulfure métallique; de l'autre, que l'ar- gent ou l'or déposé est dans un tel état de division, qu'on ne sait comment le recueillir, en le détachant de la fissure, puis il en reste souvent dans cette dernière qu'on ne peut avoir qu'en brisant le tube. D'autres métaux peuvent être également séparés : le cuivre du fer, le cuivre d'une dissolution de chrome, etc. » Dans un autre Mémoire, j'exposerai les effets chimiques, autres que les réductions métalliques, produits en vertu des actions électro capillaires, ainsi que les résulats des expériences faites avec l'appareil de M. Edmond Becquerel, pour déterminer l'étendue des espaces capillaires des mem- branes de nature animale ou végétale. « ( «2 ) HYGlÈ^Mi PC15LIQUK. — Note au sujet d'expériences récentes sur la pern^éabilité de la fonte par les 5i TEMPÊ- VAPEUR RATIRE d'eau PRESSION VOLIME nvDRO- movenno atmo- moyen CKSE de cueillie sphéri- aspire par l'air dans que par l'oxyde mon lit. moyenne minute. de d'air. le comp- teur. cuivre. mm m mgr 25,0 757,0 0,230 72 1,072 23,5 760,0 o,25o 61 o,3o3 23,4 76^,0 o,23o '9 o,25o 26,0 763,/, 0,170 "7 0,736 26,3 762,6 o,iS6 25 o,23o 23,8 764,0 o,i55 ■^7 0,785 OXYDE de VOLUME carbone total bonique: j^^^ij recueilli; (jg après l'ac.car- 1. ! u • par loxyde , bonique . ■ ' par l'o^o.'" 1000 lit. '^ •'"'• d'air. ACIDE car- de cuivre. des deux gaz mçr 125 653 79 2o3 57 63 0,710 1,320 o,43o 0,520 0,220 0,l4l 1,782 1,623 0,680 I ,206 o,/|5o 0,925 » Il résulte des nombres contenus dans ce tableau, que les gaz de la combustion traversent les parois d'un poéle de fonte |)orté au rouge sombre ou au louge vif. » Ces résultats s'expliqnent facilement par la porosité que nous avons reconnue dans le fer et qui existe à un degré plus grand encore dans la fonte (i). [1) Nous n'avons pas encore trouvé de tubes de tonte capables de !.;arder le vide. ( 85 ) » Les expériences de M. Grahara ont d'ailleurs montré, depuis nos expériences de i863, que le fer absorbe au rouge 4?i5 lois son volume d'oxyde de carbone quand on l'expose à une atmosphère composée de ce gaz. » L'oxyde de carbone absorbé dans notre poêle par la surface intérieure de la paroi de fonte se diffuse à l'extérieur dans l'atmosi^hére, et l'effet se produit d'une manière continue : de là le malaise que l'on ressent dans les salles chauffées soit à l'aide de jjoèles de fonte, soit par de l'air chauffé au contact de plaques portées au rouge. » « M. Bertrand dépose sur le bureau un exemplaire de la première édi- tion de la Mécanique de d'Alembert, en marge duquel se trouvent de nom- breuses notes et additions de la main même de l'auteur. Cet exemplaire est préparé évidemment pour servir à la seconde édition, et lui est, en effet, à très-peu près conforme. Il y a cependant des variantes, et, dans la pré- vision d'une édition nouvelle du chef-d'œuvre de d'Alembert, M. Bertrand pense qu'il serait utile d'en prendre copie pendant que le premier volume, qui appartient à l'Académie des Sciences de Pesth, restera à la disposition de l'Académie. M. Akin, directeur du laboratoire de physique de l'Aca- démie de Pesth, a bien voulu le confier poiu' plusieurs semaines encore à M. Bertrand. » DISCOURS Prononcés par deux Membres de l'Académie des Sciences aux funérailles DE M. le Général Poncelet, le mardi 24 décembre i8Gy. Discours de M. le Baron Charles Dupin (i). « Messieurs, » Avec un profond sentiment de douleur je remplis, an nom de l'Aca- démie des Sciences, un dernier et triste devoir. Doyen de la Section de Mécanique, il me faut exprimer en quelques paroles les regrets du con- frère et de l'ami envers l'un des hommes qui, de nos jours, ont le mieux allié les services rendus aux études transcendantes, à la patrie, à l'armée. (i) Sur la proposition de M. le Secrétaire perpétuel, l'Académie a décidé que ce discours serait reproduit au Compte iciidu, ainsi que celui de M. Dumas. C. K., 1868. 1" Semestre. (T. LXVl, «"2.) 12 (86) aux ;iils iilil('>; il me faut rappeler le génie d'invention qni parvint à reculer les bornes de la science dans ses théories les plus abstraites, en nièine tt injis qu'il découvrit des ino\ens nouveaux (ra])|)liqiier les foi'ces de la nature aux travaux d'une industrie perfectioimée. )i Telle est l'indication trop abrégée des conquêtes faites par ini seul homme pendant une vie de quatre-vingts années, sans distraclion, sans repos, et toujours dirigée vers de nouveaux progrès. M. le Général Jean-Victor Poncelet naquit, en 1788, à la veille de nos grands orages politiques, dans cette ville de Metz où tout respire à la fois la science et la guerre; l'un des centres principaux de notre force défensive, devant laquelle se brisèrent autrefois les efforts de Charles-Quint, et devant laquelle se briseraient encore les efforts de quelque empereur improvisé des bords du Rhin et de la Moselle, si les grandes luttes du seizième siècle devaient renaître de nos jours. » Admis à l'Ecole Polytechnique en 1807, il entra naturellement dans le Génie militaire; il vint à Metz. Là florissaitla double Ecole d'application poiu' ce Corps et pour l'Artillerie; transférée de la petite place de Mézières, elle se trouvait désormais sur un théâtre où tout servait comme exemple de vastes travaux et comme moyens d'étude |iour nos deux armes savantes. » La guerre contre la Russie commençait lorsque le Lieutenant de Génie fut appelé dans les rangs de la Grande Armée; il prit sa place au milieu du Corps cpn, commandé par le Maréchal Ney, ht encore plus de prodiges à l'époque des revers, et de la force d'âme suffisante pour les supporter, qu'à celle de la victoire et de ses enthousiasmes. » A Krasnoë, Poncelet fut fait prisonnier avec une division trahie par la fortune. Presque entièrement dépouillé de ses vêtements, au milieu d'un hiver qui faisait encore plus de victimes (|ne les combats, il fut transféré et laissé comme captif à Saratoff, sur les bonis du Volga, à neuf cents lieues de sa pairie. » Seul, sans amis pour le consoler, sans livres pour le distraire, au lieu de s'abandonner au découragement, il se rappela ses premières études polytechniques. Le souvenir des belles théories de Monge sourit à son imagi- nation; il revint aux conceptions de la géométrie supérieure. De nouveaux sentiers s'offrirent à lui; il s'y lança, et, cessant d'être élève, il se sentit maître. Dès ce moment, la France acquit, chose rare en tout temps, un (iéometre de plus. » Il découvrit CCS ingénieuses propriétés projectives des figures cf)ntiruu^s et celles (pie lui présentèrent les centres des moyennes harmoniques. ( 87 ) )) L;i paix revint, et bientôt notre savant Ingénieur obtint d'être attaché à la Place, puis à l'École de Metz, dont il devint un des plus éminents pro- fesseurs. » De 1821 à i83o, lorsque dans toutes nos cités je faisais appel aux Officiers des différents services publics pour ouvrir des cours de géométrie et de mécanique appliquées aux arts, afin de changer la face de notre indus- trie, la ville de Metz fut celle qui répondit avec le plus d'éclat à cet appel. Ce ne fut pas seulement la répétition d'un cours primitif et normal ; ce fut un enseignement nouveau, qui devint par degrés plus spécial et plus profond . » C'est alors que le Capitaine Poncelet développa ses moyens ingénieux d'apj)liquer le calcul des forces vives à l'évaluation du travail des machines, et pour les travaux publics et pour l'industrie en général. » Dès l'origine, ce fécond enseignement se trouva digne des Écoles d'application et de leur source première , l'École Polytechnique ; en même temps il n'était pas trop au-dessus de l'École centrale, qui nais- sait pour former nos Ingénieurs civils, aujourd'hui si nombreux et si brHlants. » Afin d'appliquer sa théorie, M. Poncelet prit pour exemple un diffi- cile problème, celui des roues verticales employées à transmettre la force de l'eau dans luie foule d'usines, recevant par-dessous cette eau qui frappe leurs aubes horizontales, sur lesquelles elle agit jusqu'au moment de son libre échappement. Auparavant, cet échappement s'accomplissait sans que la force motrice fût en entier transmise à la roue, et c'était une perle énorme. M. Poncelet découvrit et démontra quelle forme il fallait donner au contour des aubes pour que rien ne fût perdu; cela doubla presque l'éconotiiie de la puissance hydraulique. La France, l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre même s'empressèrent d'adopter l'ingénieux perfectionnement ([ui prit le nom populaire de Boues à la Poncelet. » Il appliqua sa géométrie et ses calculs aux ponts-levis régularisés par des poids variables; ensuite au calcul de la résistance des revêtements et de leur stabilité, sujet important et peu perfectionné depuis les résultats pratiques obtenus par Vauban. » Tant de travaux assignaient à leur Auteur la première place qui vien- drait à vaquer au sein de l'Institut dans une Section qui lui devait de tels progrès; ce fut en i834. Par conséquent, il a concouru pendant un tiers de siècle à tous les travaux de l'Académie des Sciences. » En i85i, l'Angleterre, s'emparant d'une idée conçue par la France, 12. ( 88) résolut de proposer aux nations savantes l'Exposition universelle de leurs produits les plus parfaits, qui devaient être jugés, classés et récompensés par des Jurés internationaux. , » La France seule en fournit trente; c'était le cinquième de tout le jury. J'eus le bonheur de faire accepter une liste où le mérite éminent prit par- tout la place de la faveur. )) Transmise à Londres, en voyant lui si grand nombre de noms euro- péens autant que français, comme celui des Poncelet, des Dumas, des de Luynes, des Dufresnoy, des Didot, etc., etc., sur la demande gracieuse du prince Albert, qui présidait la Commission royale de l'immense con- cours, le gouvernement de la Reine Victoria remercia le gouvernement français d'avoir fait l'honneur d'un tel choix à l'Angleterre. >i Ainsi représentée, la France ne pouvait pas manquer d'obtenir sa part dans les récompenses accordées aux vainqueurs. Pour réussir, les Français employèrent un moyen bien simple : ils appuyèrent de toute leur autorité le mérite des inventions étrangères; par un retour naturel, le mérite des nôtres obtint de n'être pas trop contesté. Notre secret était renfermé dans ces mots que nous avons pu prononcer : Nous avons été justes, » Avec l'approbation de l'Empereur des Français, la Commission fran- çaise fut chargée de présenter, pour un demi-siècle, le tableau du progrès des arts éclairés par les sciences; ce beau programme devint le sujet d'un des travaux les plus considérables, les plus vastes et les plus savants accom- plis par le Général Poncelet. » Ce fut de montrer la valeur des inventions mécaniques et des droits acquis par chaque inventeur depuis l'origine des brevets dits d'invention et de perfectionnement. La France, l'Angleterre et les États-Unis mirent leurs collections à la disposition du savant Rapporteur; il en lit l'analyse en remontant, de titre en titre, à chaque inventeur, sans acception de pré- jugés nationaux et de rivalités honteuses. » C'est un monument d'histoire à la fois scientifique et technique, es- timé, admiré de nos rivaux autant que de nous. )) Lorsque le moment arriva de réclamer les récompenses dues aux jurés de i85i, le Président de la Commission ne craignit pas de demander, pour M. le Cénéral Poncelet, déjà relégué dans le cadre de la réserve et délaissé comme Ici, le rang de Grand Ofticier dans la Légion d'honneur. » Au premier abord, la demande parut hardie et piesque exagérée au nom de la science et des arts; d'autres titres achevèrent de la justifier. » En iS/jB, lorsque les formidables journées de juin ensanglantèrent la ( -'^9) capitale, M. Poncelet, gouvernait l'Ecole Polytechnique, cet objet d'envie de toutes les émeutes qui, pour diriger la foule insurgée, manquaient de commandants et d'intelligences supérieures. » L'énergique Gouverneur préserva rÉcole d'un semblable danger ; il la mit sous les armes, et marchant à sa tête, il traversa les barricades; il con- duisit ainsi jusqu'au palais du Luxembourg ce bataillon sacré de la science, bataillon qui devint la garde d'honneur du Gouvernement menacé. » La guerre sociale étouffée, M. le Général Cavaignac choisit l'auleur de ce mémorable service pour commander la garde nationale du département de la Seine. C'était charger de cette haute fonction un chef incapable de trahir ses devoirs par faiblesse ou par amour de l'auarchie, et capable, au contraire, de rétablir la discipline alliée au pur sentiment du patrio- tisme. » Ces titres, rapportés avec simplicité, suffirent, et M. le Général Pon- celet fut nommé Grand Officier de la Légion d'honneur. » Me sera-t-il permis de le dire : Depuis dix-huit ans, foules les propo- sitions que j'ai dû faire pour obtenir et récompense et justice au nom des sciences et des arts, auprès du Chef de l'État, écoutées froidement, attenti- vement et sans vaines paroles, ont obtenu la solution que réclamaient le bien public et l'équité. C'est pour moi le sujet d'une impérissable reconnais- sance, et le plus précieux souvenir se rapporte au célèbre Académicien dont nous déplorons la perte. » Je terminerai cet accomplissement d'un dernier devoir en reportant tous nos hommages du Général à la compagne incomparable qui devint le bonheur et le charme de sa vie pendant les vingt dernières années de sa carrière. Pour ses travaux elle était à la fois le plus dévoué, le plus ingé- nieux des secrétaires et presque un collaborateur. )) Quand vinrent les jours de souffrance occasionnée par la guerre et par les longs travaux de la paix, cette noble compagne lui prodigua les soins les plus constants, les plus attentifs et les plus ingénieux. Accablée à la fin par trop de jours sans repos et trop de nuits sans sommeil, il fallut appeler une sœur de charité, que le Général crut trouver indifférente et presque froide, parce qu'elle n'avait pas à soigner un autre elle-même! La vraie sœur de charité, dans les derniers moments de notre illustre ami, est à présent l'épouse inconsolable que nous voudrions, s'il se pouvait, un peu consoler par le tribut de tons nos hommages, de tous nos respects et de notre ad- miration dévouée. » ( 9° ) Discours de M. Dumas. « Messieurs, » I-a Faculté des Sciences de Paris a voulu que son ancien Doyen vînt l'cuilre, en son nom, les derniers devoirs de reconnaissance et de respect à l'un des plus Uiustres Professeurs qu'elle ait comptés dans son sein de[)uis l'époque de su l'ondation. )) Le Général Poncelet n'avait pas été appelé au milieu de nous avec la mission d'enseigner une science faite, de suivre une tradition acceptée, de remplacer un prédécesseur qui lui aurait ouvert et jalonné la route. Non, la Faculté, comme l'Académie des Sciences, dont elle est la représentation active auprès de la jeunesse, qui a pour devise, comme elle, l'alliance de la science pure à la science pratique, lui était demeurée fidèle dans l'orga- nisation de tous ses programmes, lui seul excepté, celui de la mécanique. » Il appartenait au Général Poncelet de doter la Faculté et l'enseigne- ment public de ce cours de cinématique et de mécanique physique, com- plément nécessaire et naturel de l'étude de la mécanique rationnelle, qui en matérialise les conclusions, qui en rend plus sensibles les démonstra- tions, et qui, rectifiant sans cesse par l'étude des faits les impressions théo- riques si souvent erronées ou exagérées des élèves, prévient leurs égare- ments. » La science, il l'a faite; son enseignement, il l'avait tenté le premier; son coins, il en trouvait tous les éléments dans ses propres travaux; la mé- tlioile, il en avait donné les meilleurs exemples dans ses Mémoires demeu- rés classiques. i » Aussi, quel choix d'élèves entourait la chaire du Général Poncelet! Vieux comme jeunes, tous les professeurs que l'Université dirige vers l'en- seignement de la mécanique sont venus recevoir son baptême et se péné- trer de son esprit. Si l'enseignement raisonné de la mécanique pratique, ("léé au milieu de Paris, dans la plus autorisée et la plus savante de ses écoles |)ubliques, s'est répandu |)eu à peu dans le pays tout entier; s'il passe des lycées dans les écoles primaires supérieures, c'est au Général Poncelet que la nalioii doit ce grand bienfait, toujours fécondé avec un soin pieux par ses premiers élèves, nos confrères, ses amis, plus jaloux que lui-même de la défense de son héritage et du soin de sa gloire. » Le Général Poncelet était un maître. Il laisse dans la science française un grand vuic. il laisse aux générations nouvelles un grand exemple. En jclant un coup d'œil sur sa noble vie, où les devoirs du soldai, les respon- (9' ) sabilités de l'officier ou de l'administrateur, les souffrances du prisonnier en proie aux plus cruelles privations, n'ont pas un seul instant détourné sa pensée du culte et de la recherche de la vérité, on sent que Poncelet ap- partenait à cette race héroïque pour qui le travail est la vie. » Pourquoi toute la jeunesse du pays ne peut-elle avoir été témoin des derniers efforts d'une aussi noble existence! Un mal sans remède avait condamné Poncelet; des douleurs sans relâche et sans terme troublaient ses nuits et ses jours; les heures ou plutôt les moments de calme lui étaient comptés avec une sévère parcimonie. Cependant sa pensée, toujoius ferme, toujours lucide, ressaisissant, après chaque souffrance, le fil d'iui raisonne- ment suspendu et d'une recherche interrompue, a poursuivi pendant des années entières des solutions, des rédactions et des publications qu'on prendrait, à les lire, pour les efforts heureux et généreux d'une jeunesse inspirée, calme et confiante. » Il est vrai qu'une compagne, un ange de mansuétude, de prévoyance et d'affection, identifiant sa vie avec celle de son noble et glorieux époux, s'était vouée avec un coeur et un courage incomparables, à l'entourer de cet ensemble de soins précieux, qu'exigent à la fois, dans un corps qui suc- combe et dans un génie qui survit, les misères de la matière qui se brise et les lueurs de l'âme qui se dégage. )) Ses dernières années en ont été embellies, ses derniers jours en ont ('-té adoucis, et ses derniers travaux en ont été soutenus. Il a quitté cette vie, et il est entré dans un monde meilleur, s'éteignant calme et sans angoisse, appuyé sur cette main si chère qui recevait dans une dernière étreinte le dernier et suprême adieu. » Au moment où cette tombe va se fermer sur les restes nobles et chers de ce savant, de ce soldat, de cet homme de bien, dont la vie fut consacrée à la recherche de la vérité, dont l'honneur fut la seule passion, qui avait fait de l'amour de la patrie son culte, qui demeura persévérant et fi'Jèle à toutes les affections de son cœur, celui qui fut si longtemps honoré de son amitié ne peut plus trouver qu'un dernier mot, expression à la fois de con- solation en ce monde et d'espérance en un monde meilleur : Adieu, Pon- celet: à Dieu ! » (9^ ) MÉMOIRES LUS. CHIRURGIE. — Considéraliotis suf les liixnlions du pied en avant nu do ht janihe en (irrière ; par 31. Ucglieu. (Extrait par l'auteur.) (Renvoi à la Section de Médecine et de Chirurgie.) « Dans le Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de l'Académie, j'ai dû d'abord faire remarquer qu'avant l'année 1847, où je lis sur ce sujet des expériences dont je communiquai, en 1848, les résultats à l'Académie de Médecine, aucun auteur n'avait parlé de celte affection d'après sa propre expérience, et qu'aucune observation n'avait été publiée jusqu'alors sur ce déplacement; et qu'on pouvait répéter avec le célèbre Boyer : « Les auteurs, à ma connaissance, n'en rapportent aucini exemple. » » Il en était de même des chirurgiens les plus éminents de cette époque, Dupuytren, Richerand, Roux, etc., qui n'avaient jamais eu l'occasion de l'observer. )) Depuis, des faits ont été signalés par Collés, Smith et M. le professeur Nélaton; dans chacun de ces faits, il y avait une fracture plus ou mouis étendue d'une portion des os de la jambe, et la luxation avait été consécutive à cette lésion. » Il n'en fut pas de même dans le cas que j'observai en i855, cas où la luxation était simple, sans aucune complication et réunissait tous les signes propres à caractériser une semblable lésion. Après avoir indiqué les dispositions organiques et éthologiques qui expliquent pourquoi celte luxation est si rare, je décris les divers mécanismes suivant lesquels elle peut s'opérer et je fais connaître in extenso le fait curieux que j'ai observé d'une luxation du pied en avant par propulsion ou transport direct de la jambe en ar- rière, le pied étant fixé sur le sol. » Ce cas était encore d'un grand intérêt en ce qu'il réunissait l'ensemble des signes qui peuvent caractériser une semblable luxation, et, sous ce rap- j)ort, il remplit une des lacunes de la science; il nous montre que la ré- duction est facile lorsque la luxation est récente. » Je décris les manœuvres chiruri;icalesqui doivent être en)ployées pour réduire facilement ce déplacement, expliquant avec détail les dispositions anatomiques qui favorisent la réduction; lorsque l'affection est passée à l'état chronique, la réduction devient im|)ossible, et les malades restent estropiés pour le reste de leurs jours, connue le prouvent les trois faits de ( 93) Collés, Perrier et Smith. Je lerniiiic ce travail en faisant remarquer que, d'après mon observation de i855, et les expériences que j'ai faites eu 1847 sur cette luxation, expériences qui déjà m'avaient permis d'en indiquer les caractères principaux, on est conduit à reconnaître qu'il y a deux espèces bien différentes de déplacement du |)ied en avant : » 1° Une luxation dans l'exagération des mouvements naturels de flexion de la jambe sur le pied et de celui-ci sur la jambe; je propose de la désigner sous l'appellation de luxation du pied en avant par flexion ou par glissement oblique; » 2° Une luxation par glissement direct du pied sur la jambe, ou de celle-ci sur le pied, le tibia formant un angle droit avec l'astragale, que la jambe soit horizontalement ou verticalement placée : c'est la luxation en avant par glissement direct ou en tiroir. » Elle renferme deux variétés : » Dans la première, c'est le pied qui se luxe, la jambe étant immobile; » Dans la deuxième, c'est cette dernière qui se déplace, le pied étant fixé au sol, comme chez mon malade, et l'on pourrait, avec As. Cooper et Malgaigne, la désigner sous le nom de luxation de la jambe en arrière, si cette désignation n'avait linconvénient de changer nos habitudes classiques et d'établir de la confusion dans la science. )) En décrivant les manœuvres cjue j'ai employées pour réduire ce dépla- cement, ce qui n'avait pas encore été fait avant moi, je crois avoir comblé une des lacunes les plus importantes de la thérapeutique chirurgicale. » MÉMOIRES PRÉSENTÉS. M. Abeille adresse, poiu* faire suite à son travail présenté au mois de juillet 1867, trois nouvelles observations de croup guéries au moyen du traitement par les inhalations de vapeurs humides de sulfure de mercure. (Renvoi à la Commission précédemment nommée.) M. Fkaxcisque adresse une nouvelle Leilre relative à son travail sur la musique intitulé : « Le secret de Pythagore dévoilé ». (Renvoi à la Commission précédemment nommée.) C. R, 1868, !"• Semestre. (1. LXVI, No 2.) ( 94) CORRESPOIVDANCE. M. LE DiKECTEL'U «iÉ.NËRAL DES PoXTS ET ChACSSÉES ET DES ClIEMI.VS DE FEU adresse un exempl;iire des feuilles de courbes représentant les variations de niveau des grands et des petits affluents de la Seine du i"'^ mai 1866 au 3o avril 1867, et un exemplaire de la feuille des courbes représentant les hauteurs des pluies tombées aux divers observatoires pluviométriques du bassin de la Seine. M. l'Inspecteur gé.véual de la navigation de la Selne adresse les Étals des crues et diminutions de la Seine observées, chaque jour, au pont de la Tour- nelle et au pont Royal, pendant l'année 1867. Les plus hautes eaux ont été observées le /j h'-vi-ier, les plus basses, le 27 septembre. La moyenne a été de i"',i'29 au pont de la Tournelle, et de S'^.SSq au pont Royal. Les moyennes sont élevées en raison de la lelenue de Suresnes. M. le Secrétaiue perpétuel, en présentant à l'Académie ces États, fait observer que le bariage de Suresnes poui'rait avoir eu une certaine influence sur la longue durée pendant laquelle la Seine a été prise cette année : d exprune le désu' qu'on ne laisse pas perdre l'occasion de faire quelques observations à cet égard. M. m; Seciiétahîe perpétuel signale, parnii les pièces imprimées de la (loi respondance, la seconde édition d'un ouvrage de A/. ISadaull de Bitffon qui a pour titre : « Des canaux d'irrigation de l'Italie septentrionale .. Cet ouvrage, qui est un traité d'irrigalion aussi coaq)let tpie possible, contient en particulier la description de.i grands canaux dérivés du Tessin, de l'Adda, de la Doire et des autres cours d'eau qui ont leur origine dans les gla- ciers des ^Ipes: il renferme tous les détails techniques relatifs au liacé des lanauxen général, à la disposition des ouvrages d'art spéciaux (pii s'\ ratta- chent, et aux diversL-s méthodes d'irrigations. { 95 ) MÉCANIQUE MOLÉCULAIRE. — ,S'///' la théorie moléculaire des corps; par M. C.-3I. Gui-DEEnc. Far/Il ii/''S (tppiri.i inintii'rs. » J'ai fléjà observe'- que la forme la plus simple de © sera donnée par Examinons ce cas et négligeons la valeur de kpu dans l'équation (8"), on aura les équations suivantes : (lo) /ji' = RT H- jj/J ' +'/( / v , £ AR 'r-- H I — 7 '' pv- ■/L = c dT-^r Ae -rl(p^> (12) ./ cni = 2,f\ïi, R/«=848. 1. Fetprurx d'rnu, H'O, h; :r^ i8, ? = 3. , » On peut poser e =r ^ et t' = o, et l'on trouvera [i = 3oo et y = f\ loo, en exprimant p en kilogrammes poui- FI'" et le volume en mètres cubes, ^>(' = 47jIT + ^oo//'' — 4if>oi' ■"', dQ^ ^Aprli' -i-3Av(ip, l' = /iA/3i' + 477, f = 0,4017, et 0,4444 6 = — 0^0684, c^ = 1367 Pour la vapeur saturée, on trouve, en posant p= i"' (",,= 0,4767, et eu posant /.» = 9'^'' r^ = o,5o39; mais en même temps que la vapeur s'éloigne du point de condensation, c,, se rapproche de plus en plus de o,4 |44- M. Regnault a trouvé la valeur moyenne o,48o5, qui tombe entre ces va- leurs. Dans les tableaux suivants, j'ai calculé les valeurs de c {voir v cale); les valeurs de p et t sont interpolées par M. Zeuner (*), à l'aide ries expé- (*) Voir Cniriazit^c der Mechnnischen ffnrme ihenrie vnri G. Zetinrr, 1866. i3. ( 96 ) riences de M. Regnault et peuvent être regardées comme observées. Les valeurs de v que j'ai désignées par v obs. sont calculées par M. Zeuner, d'après luie formule déduite de la théorie mécanique de la chaleur, à l'aide des expériences de M. Regnault siu- les chaleurs latentes. Le tableau II contient les expériences de M. Hirn sur les vapeurs surchauffées. Tableau I. VAPEUR S.^TURÈE. Tableau II. VAPEin SURCHAUFFÉE. Tableau III. l' / ( ^ P l' / ' 1 en fituio- sphvrcs. (le Cels. nbservé. ralculô. en atmo- sphères. t observé. calculé. observé. Cîiliulé. o,oo6o52 210,66 208,01 , 1.8,5 >,74 '.747 606,5 Coi ,32 , 04 1 5 1 3o 33,267 S3,474 1 ,4. 1 ,85 1,856 5o 621 ,75 619,20 3 3,5 4 5 100 133,91 ,39,24 144,00 1 ,65o4 0,5874 0,5082 0,4484 0,3636 I , 6569 0,5887 0,5092 0,4490 o,.364o 0,2094 o,i382 3 3,5 3,5 4 4 200 196 2.^6,5 i65 o,')97 0,591 0,6574 0,4822 0,6978 , 5900 o,66o5 0,4761 0,5192 o,5;d6 0,3746 0,4168 100 .44 .184,5 300 637,0 65o,42 66j,77 667,5 637,90 65 1,86 663, 06 667,01 9 • 4 ■75.77 I 95 , 53 0,2095 0,1 383 4 5 5 2.',6 162,5 205 0,5752 0,3758 o/i'4 Les valeurs observées le sont d'après les expérien- ces de M. Regnault. 2. Ei/ier, a VVO, m = 74, / = i5. 3 2 » Approximativement on peut |>oser £ = - et c' ^ o,3G, f-i = 3o et y = — 4oo- O'i aura donc /M'= 1 i,5T + 3o/j« — 4oo4' •-', «'/Q = o,36r/T + 3A/'rA' L = o,3Gt -+- 3 Api' -h 70, .^, c = o,4885, 2 A v/lp. et ô = — 0,0743, o,36-i--^ '^■ /"■' Pour les vapeurs d'élher saturées on trouve r/,= 0,4549 à 100 degrés et c,,= 0,4623 à 120 degrés. La valeur trouvée par M. Regn;iult est 0,4797, et ainsi plus grande que ces valeurs. 97 ) Tableau XV. Tableau V. p l ) 1 h on almosphiTCS. t cil>SITVé. calCDlé, t calculé. observé. 0,24268 ,.2733 1,2733 9 1 > 00 !)3,o,, I , 1938 40 o.-;SCfi 0,2875 /,0 I M ,1 r "'9.91 2,2697 Go c>,i57'| 0, 1569 60 I 19,00 Il S, •..3 3,977'i 80 0,01|3C) 0,0920 So .2G,/|/1 I2C,3'. 6,5175 100 0,0575 0,0575 100 ,33,'|,'| i33,,)o in,i568 T-in o,o3ri3 o,o365 1 ?0 I '|f1,0(l I 'fù , HG » Ces forimiies approximatives suffisent pour les questions pratiques; la différence entre les valeurs calculées et les valesir.s observées par M. Re- gnault n'excède pas i,3 pour 100, et l'erreur moyenne est de ^ pour 100. » L'équation (9) appliquée aux expériences de M. Regnault montre que la valeur de c' et par conséquent Q varie avec la température, comuie j'ai supposé dans les formules générales. » STATIQUE. — Note sur ré(iiiili!>re des forces dans l'cspice. Note de M. ^V. Spottiswoode, présentée par M. Chasles(i). « Dans les Comptes rendus pour tSGS (t. LXI, p. 829), M. Cayley a donné des expressions pour les valeurs de quatre forces en équilibre. Je me pro- pose ici d'établir une expression correspondante pour lui nombre quel- conque de forces; pour cela je rappelle les formules de MM. Cayley et Sylvester, relatives à l'équilibre en général. » Si l'on détermine la direction et la posision dans l'espace d'une droite quelconque (par exemple celle qui représente une force P), par l'intersec- tion (le deux plans dont les équations sont (i) a.T -+■ hy -+- cz + cf = o, (2) et si les six quantités by — c/3, ca — ay, se représentent par (3) C(jr + pr -+- yz -+- â n» h, nâ' — (zc/. f. hâ-^^d, câ-yd. (i) L'Académie a décidé que cetto comiiiunicalion, quoique dépassant les limiles réi,'le- iiientaires, serait reproduite en entier nu Coin/itr rr/idii. ( 9« ) resneclivement , ces six qiinnlilés s'appelleront les coonlomiées de la ligne P; et l'on voit aisément qu'elles seront liées par !a relation identique (4) af+hg+eh=:o. M De plus, il faut observer que nous n'avons affaire qu'aux rapports de ces quantités et non à leurs valeurs absolues, et puisque les cinq rapports a : b : c : f ; g 1 h sont liés par l'équation {/^\ il s'ensuit qu'il ne reste que quatre rapports indépendants, lesquels, comme on le sait bien, sont suffisants pour déler- niiner une droite dans l'espace. » Avant d'aller plus loin, je m'arrête un moment, afin de démontrer que les équations de deux plans qui déterminent la ligne P peuvent s'exprimer en termes des coordonnées, et que cette opération s'effectue en formant les quatre combinaisons suivantes : [ a {2) — o: {\] = cy — hz-\- f = o, W'(2) — /3(i) = — c.T az+g = o. ' ^■(^)~7(')= bx — a 7- + h — o, (l[%) — $ {\)= f.r+gj+hz. =0, dont deux, n'importe lesquelles, détermineront la droite, et l'on trouvera que les coordonnées de la droite formées de deux quelconques de la même manière que l'on a déjà formé les coordonnées (3) des équations (i) et (a) seront, à un facteur près, égales à (3). » De toutes les formules relatives aux droites qui résultent de ce système de coordonnées, celle qui suit est la seule qu'il soit nécessaire de rappeler ici : s'il y a une seconde droite (celle par exemple qui représente la force P,) déterminée par l'intrisection de deux plans dont les équations sont rt, X + A, r + c, z + ^/, = o, r^. j + 7,c . + c? = o, et si les coordonnées de cette droite sont formées de la même manière que l'on a formé les coordonnées (3). » Alors (6) a. a /; c ri P V r) /', (-'1 '1 r^> 7> â — af, -I- bg, + cil, -+- a, f + b, g + c, li, l 99 ) et si, pour abréger, nous désignons cette expression par (0,1), il esl évident cpie nous anrons les relations suivantes : (7) (O' ';= (''O)' (o»«) = 0; de plus, si les deux droites P et F, se rencontrent, les quatre plans se ren- contreront dans un point, et conséquennnent (o, i) = o, c est-à-dire la condition de la rencontre des deux droites P, P, s'ex|irime par l'équation (0,1) = o. En effet, (o, i) est égale au produit de la pins courte distance des deux droites et du sinus de leur inclinaison mutuelle. M. Cayley donne à celte quantité le nom de moinenl de deux droites. » Cela posé, les équations d'équilibre d'un corps solide sur lequel opère un nombre quelconque de forces deviendront, selon la méthode ordi- naire, 2;Pa = o, 2Ph = o, lPc = o, 2P {)■..- zb) = 0, 2P(2a — .2-c) = 0, 2P :rb-ra) = o, lesquelles, en vertu des équations (5), peuvent se transformer en |2Par=o, 2Pb = o, 2Pc=:ro, ' j 2Pf = o, IPg = o, 2Ph = o. )i En nudiipliant ces équations l'une j)ai l'autre et prenant la somme de leurs produits ainsi que nous l'avons fait au-dessous, et en se nqij^elant la condition (.4), l'on trouvera que (9) (2Pa.vpf)+ (vph. vpg)^(vpe.vph) ^ v p.p^.(,-^ y) ^ o^ pour toutes les valeurs de / et j depuis o jusqu'à /i, où n représente le l'ombre des forces. Encore si 2' représente une sonnn;ilion depuis i jus- qu'à 7?, nous [jourrons éci-ire (8) ainsi, eu déplaç.iut les premiers tei'mes, j 2'Pa = - l'a, 2'Pb = — Pb, 2' Pc = - Pc, ^"'^ '2'Pf=-Pf, 2'Pg-=-Pg, 2'Ph=-Pli, et, en multipliant ces équations l'une paj- l'autre et en jirenant la sonune de leurs produits ainsi que nous l'avons déjà faii, nous aurons (m) (2'Pa.2'Pf) + (2'Pb.2'Pg) + (2'Pc . 2' Ph) = 2'P,y(/, /) = o. I) En retranchant (i 1) «le (9), les termes mdépendants (le P s'effaceront mutuellement, el il ne i'e?5) v/(2,3)(i,4} + v(3,i)(a,4) + V(i,2î(3,4), c'est-à-dire le produit des quatre factetn's formés en donnant successive- ment aux termes de cette expression la suite de signes ( lo' ) dont chacun des facteurs égalé à zéro donne le théorème de M. Cayley (/. c, |>. 83o). « I>oisqu'il s'agit de cinq forces, les mêmes considérations donnent ; P ^ : nor m [sH^3)~{T7^) + V(3,0(2,4) -t- v'(^2)(3,4)] I = PJ : norm [v(4,o) (o,3) + v'(o,o) (3,4) + v(o,4)(o,3)] ( 1 6) j = Pi •• "orm [v(4,o)(i,3) + v/(o,i)(3,4) -f- V(i,4)(o,3)] = P^ : norm [v(o,i ) .{2,4) + v'K^TM + \/(2,o) (4, i ) J = P^ : norm [v'(i ,2) (3,o) + v'(2.3)(o,i) + s/(3,i) (2,0)]. » Lorsqu'il s'agit d'un nombre de forces au-dessous de sept, les expres- sions (i4) permettent une transformation spéciale, remarquable non-seule- ment par son procédé algébrique, mais aussi par le changement de signifi- cation qui y est compris. Les formules telles que uous les avons posées représentent une quantité, et lorsqu'elles seront transformées elles expri- meront des conditions à remplir. En effet, lorsque le rapport entre une suite d'expressions et une autre est tel, que les équations L: L' = M:M'=... subsistent, il lésulte que, s'il y a une paire (e, g, L, 17) dont auciui membre ne disparaît, l'évanouissement de M ou M' nécessite l'évanouissement de M' ou M, et cette interprétation subsiste quelle que soit la signification qui s'attache aux symboles L, L', M, M'. I) Revenant donc à la matrice a b c t or h a. b, c, f, g. h, f S h a b c f. g. h, a, b, c, et l'arrangeant ainsi et multipliant les deux matrices selon la règle ordinaire de la multiplication des déterminants, nous aurons i af + bg +... af, -+- bg, -I-... ('7) 1 a.fi +b,g-l-...a,f, + bg, 4-... c. R., 1868,1" Semestre. (T. LXV1,N<>2.) l4 ( '02 ) vl ce i-ésiilt.it est bon, qui'l que soit k' nombre de lignes dans la ni itiic(! oiiginale. Dans le même sens, on peut écrire (17), on, ce qui est I;i même cliose, (0,1) (0,2). .. = - (a b c r g h)- (1,0) .. (1,2).. . a, b, c, (', g, h, (2,0) (2,r) Lorsque la matrice a six lignes, le résultat sera le carré négatif du déteiini- nant des équations (8), et il est, en const-quence, une autre forme de la con- dition de l'équilibre. I^es expressions pour les foices |)eu\<'nt se résoudre de la même manière. En effet, en résolvant les expressiows [0,0] [i , 1 j qui sont lie la même forme que [i"]) dans la manière indiquée ])ar celle équation, nous pouvons écrire i-:P-....=:[o,o]:[, ,.]:... = (a,b,...j-: (aJ),. .)-:... aobj... a3b3... a, iJ. al) ou, en prenant les racines carrées, P: p,:... = n,b,.. ajbj.. a.,ij.,. a,!);. asbj. ab... qu'il faut envisager, non comme une expi^ession de ipianlilé, ma is comme indiquant les conditions qui doivent se remplir si une (pielconqne des forces disparaît. Ainsi si F = o la première matrice (c'est-à-dire Us déterminants qui peuvent en être déduits) disparaît, c'est-à-dire il nous faut que a, b,. . Il a., I)., = o. expression, comme ja l'ai démontré ailleurs, qui renferme toutes les conditions nécessaires à l'équilibre des cinq forces qui restent ; de sorte (pie, pour un nombre (pielcon , 0,5 2,3 4,' 22 5 ,0 :i,5 5,3 2 1,6 2,1 3,3 20 21,8 4,8 ('),0 3 2,2 2,7 3,() 24 !)'' 4-9 5,3 4 0,0 3,4 4,7 25 (),r ■î,2 4,5 5 0,1 3,2 4,8 2(; (t , 5,3 ('> 0, 1 3,0 4,3 27 r3,4 4,5 5,8 5,2 2,6 4,5 28 ■8,7 5,. 5,9 8 7," 3,3 5,3 2() 0,1 2,6 4,0 9 (-,,2 1,5 4,> 3o 0,0 1,0 •5,8 10 9," 2,8 5,2 I 0,3 2,(J 3,5 n D'après ce tableau, il est manifeste : )) 1° Que l'électricité manqua entièrement ou presque entièrement du 25 août au 6 septembre (jours où le choléra eut le plus de force à Turin). Depuis ce jour, elle reprend sa marche régulière. Les valeurs trop fortes du 27 et du 28 août doivent être attribuées aux orages q|ii eurent lieu ces deux jours. » 2" Que l'ozone diminua, lui aussi, depuis le 28^ mais d'une manière beaucoup moins sensible et plus incertaine ; il ne s'éleva de nouveau que dans la secx)nde décade de septembre, comme il résulte des observations faites durant ces jours, mais que nous avons cru inutile de rap|)orter ici. » Donc, quoique l'Observatoire de Moncaliéri soit situé à 8 kilomètres de la ville de Turin, les conditions électriques de notre atmosphère se sont néanmoins ressenties des influences de la maladie qui douûnait dans cette ville; et tiles s'en sont ressenties beaucoup plus que les conditions ozo- noscopiqiies. Ce iléfaut de fluide électrique ne saïu-ait être attribué ii d'autres causes, car les autres circonstances atmosphériques n'ollraient l'ien de particulier duiaut les joiu\s dont nous parlons. Quoique daris les ( >o8 ) conditions normales de ratinosphére il ne manque pas de cas où l'clecliicilt'' fait entièrement défaul, cela n'arrive guère que d'une manière passagère, et jamais avec autant de persistance que dans les jours cités plus haut. Quant à l'ozone, nous ne devons pas dissimuler que nous l'avons observé ilans des circonstances peu favorables, parce que les papiers iodiu-és étaient peut-être exposés à une hauteur trop considérable (4o mètres au-dessus de la vallée du Pô, et ao mètres au-dessus du plan de la ville); et les observations de Boeckcl et d'autres ont fait voir que la production d'ozone se trouve en général d'autant plus constante que le point d'observation est plus élevé au-dessus du sol. » CtllMIE APPLIQUÉE. — Sur une nouvelle tnalière colorante appelée xylindéine et extraite de certaiv.s bois morts. Note de M. A. UoinMiii:R, présentée par I\I. P. Thenard. (' On rencontre parfois dans la forêt de Fontainebleau, mais plus rare- ment dans d'autres forêts, des morceaux de bois mort qui se font remar- quer par une teinte bleu-verdâtre souvent très-prononcée. » M. Fordos a étudié ces bois, et il y a trouvé une matière quil indique comme d'un vert foncé, amorphe, soluble dans les acides sulfurique et niti ique, et précipitable sans altération par l'eau. Quant aux alcalis caus- tiques ou carbonates, ils lui communiquent une teinte vert-jaunâtre, et le composé qui en résulte, en opposition avec le précédent, devient insoluble dans le chloroforme, mais reste insoluble dans l'eau. Cependant, si on le traite par un acide, la matière est isolée et reprend ses propriétés pre- mières. M. Fordos a donné à cette matière le nom d'acide xylochloérique. » Habitant souvent Fontainebleau, nous avons pu nous procurer une vingtaine de kilos de cette sorte de bois mort, et, l'ayant étudié à notre tour, nous y avons rencontré une nouvelle matière qui mérite peut-être quelque intérêt. Comme celle de M. Fordos, elle est solide, amorphe, et d'un vert foncé; mais l'eau la dissout très-facilement quand elle est hydratée en pre- nant une couleur d'un bleu vert magnifique; et, sauf l'acide acétique qui la fait virer seidement au bleu, la plupart des autres acides et même le sel marin la précipitent en vert. » Mais la différence entre cette nouvelle matière et l'acide xylochloé- rique est encore plus marquée avec les alcalis caustiques ou carbonates : taudis que, en effet, l'une se dissolvant on ne peut plus facilement en pre- nant une couleur verte quand l'alcali ne domine pas, qui passe au vert ( "09 ) jaunâtre quand il est en excès, la uiatière de M. Fordos reste tout à fait insoluble et devient vert jaunâtre. .1 Ainsi que l'acide xylochloérique, les acides sulfuriqne, nitrique et chlorhydrique concentrés dissolvent notre matière, mais ils l'altèrent rapi- dement. )) Elle forme une laque verteet toutàfait insolubledans l'eau, l'alcool, etc., avec la chaux et la magnésie. » Qu'elle soit aidiydre ou hydratée, l'alcool concentré, l'éther, l'esprit de bois, le sulfure de carbone, la benzine ne la dissolvent pas; mais quand elle est hydratée, le chloroforme prend avec elle une teinte légèrement bleue, qui pourrait la faire confondre avec l'acide xylochloérique. n Mais le fait le plus intéressant, c'est qu'à la manière de l'indigo elle se réduit dans l'alcool à 85 degrés en présence de la potasse et iUi glucose, et la dissolution, qui d'abord passe au brun, devient verte au contact de l'air et abandonne bientôt la matière qui se dépose sous forme gélati- neuse; c'est aussi un mode de purification » Elle se fixe d'ailleurs très-facilement et sans mordant sur la soie et la laine, et leur communique une belle teinte bleu-vert très-brillante à la lumière artificielle, qui, avec plus de vigueur, rappelle le vert de Cliine. Pour teindre, il faut d'abord ajouter de l'acide acétique dans une solution aqueuse ou ammoniacale de la nouvelle matière, puis y tremper les fils à teindre, qu'on ne retire que quand le bain a été lentement porté à 80 de- grés, pour les laver alors avec de l'eau légèrement aiguisée d'acide chlor- hydrique. » Toutes ces propriétés nous semblent assez caractérisées pour nous permettre de penser que la matière que nous avons étudiée diffère essentiel- lement de celle décrite par M. Fordos sous le nom cïaciile .xylochloérique et de lui donner un nom particulier. » En raison de ce que nous l'avons extraite du bois, et par suite de quel- ques-unes de sf s propriétés qui la rappi'ocheut de l'indigo, nous proposons de rap[)eler xylindéine. » La xylindéine se prépare de la manière suivante : » Le bois est séché, réduit à l'état de poudre et traité à plusieurs reprises par une solution alcaline au centième de soude ou de potasse; la liqueur est alors recueillie parfiltration et par compression à travers une toile, puis traitée par l'acide chlorhydrique, qui y forme lui volumineux précipité qu'on lave avec de l'eau légèrement acide. C. R. , 1868, j" Semestre. (T. LXVl, K»2.'' ' ■> ( l'o ) )) Un kilogramme de bois ainsi teinté donne en moyenne 60 à 80 grammes de précipité sec, qui est alors repris par 20 grammes de potasse dans 1 litre d'ean où il se dissout, puis traité par 2 litres d'alcool à 85 degrés el -i- litre d'eau salée à saturation et surtout bien privée de sels calcaires et magné- siens. Dans ces conditions, l'alcool s.ilé préci|)ite la xylindéine et retient la plus grande partie des matières humiques qui l'accompagnent. » Cependant il ne faudrait pas croire que du premier coup la matière soit pure; il faut souvent re|)rendre l'opération jusqu'à trois et quatre fois, c'est-à-dire jusqu'au moment où la dissolution alcoolique ne retient plus de matières brunes. » On lave alors la matière précipitée à l'alcool, on redissout dans l'eau, puis on reprécipile par l'acide clilorbydri(|iie et on desséche sous la m;tchine pneumatique. » Dans ces conditions, le produit donne à l'analyse : Carbone 5o , 23 Hydrogène 5,33 Azoïe 2,63 Oxygène 4o,8i Fur et chaux traces. . Faut-il considérer la xylindéine comme une espèce chimique? » Ses caractères bien que remarquables ne sont pas assez tranchés pour aller jusque-là, et nous croyons qu'il est prudent de la laisser au rang des matières colorantes du genre indigo, qui ne sont pas encore bien déter- minées. » Maintenant d'où vit nt-(lle? .. Quand on examine au microscope le bois où elle s'est produite, on distingue au milieu des fibres, colorées d'ailleurs de diverses maniei es, des sporides ovoïdes vertes et disposées en chapelet, qui, sous linfluence du chloroforme, se désagrègent et disparaissent en teignant alors uniformément le bois en vert. » D'après cela, faudrail-ii incliner à croire (|ue c'est uu ihampignou jjar- ticulier qui prodiùt directement ou indirectement cette coloration? Nous abandoiuious cette question aux botanistes. » Le chêne est Tarbic où f)n la l'encontre \c plus souveni ; cependant on la retrouve aussi sur le bouleau, le charme et le hêtre. » A 5 heures nu quart, l'Académie se forme eu Comité secrei. ( «n ) COMITE SECRET La Coinmissioii chargée de préparer une lisle de cHiididats ii la place de Secrétaire perpétuel, vacante par suite du décès de M. Flourens, pré' sente la liste suivante, disposée par ordre d'ancienneté : M. Dumas. M. COSTE. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. La séance est levée à 5 heures et demie. £. D. B. Hll.LETI.V BIBLKMiKAPinQlK. [/Académie a reçu, dans la séance du i3 janvier 1867, les ouvrages dont les titres suivent : Tableaux de population, de culture, de commerce et de navigation forniaul, pour r année i865, la suite des tableaux insérés dans tes IVotes statistiques sur les colonies françaises. Paris, iSG^pn-H". (2 exemplaires.) Des maladies populaires et de la mortalité à Paris, à Londres, à Fienne, à Bruxelles, à Berlin, à Stockbolm et à Turin en 1 866, avec une étude médico- lijcjiénique sur les consommations dans ces villes; 1 ar le D'' L. Vacheh. Paris, 1867; in-8^ Le clinléra. — Nouvelles recbercltes sur le mode de contacjion, la nature cl le traitement de cette maladie: par M. G. Le Bon. Paris, 1868; br. grand in-iS°. Elude sur les raisins, leurs produits et la vinification , par M. I-..-R. LeCanu. Paris, 1868; br. in-8°. Hydraulique agricole. — Applications. — Les ccmaux d' irrigation de l' Italie septentrionale; par M. Nadauli' de Buffon; -i" édition. Paris, 1862; 2 vol. in-8"avec atlas in-folio. Jnimaux fossiles et géologie de l'Atlique; par M. Albtit Gaudhy, 19'' et dernière livraison Paris, 1868; \u-l\° avec planches. Exposition élémentaire de la diéorie mécanique de la chaleur appliquée aux machines; par M. E. JACQUIER. Paris, 1867; br. in-8". ( '12 ) Études sur l'ExjjosiUon de iBG^, Annales et Archives du xix" siècle; par M. Eiig. Lacroix, i4^ fascicule, lo janvier r868. Paris, 1H68; grand in-8° a%ec planches. Service It^droniëlricjue du bassin de la Seine. — Observations pluviométriques faites en 1866. 7 cartes publiées parle Bureau hydrométrique. Medico-chirurgical... Transactions médico- chirurgicales publiées pur la Société royale médicale et chirurgicale de Londres, t. L. Londi'cs, 1867; iii-8" relié. Action... Action de la lumière solaire sur le verre; par M. Thomas Gaf- FiELD. New-Haven, 1867; br. 111-8". Corne... Sur la structure de l'organe qui donne la lumière dans la Lucciola volante de r Italie cenira/e (Luciola ilalica) cl sur celle des fibres musculaires dans ces Insectes et autres Arthropodes ; par M. A. TORGiONi Tozzetti. Milan, 1866; in -4°. Studii... Étude sut les Cochenilles ; par M. A. TORGIONI TozZETTI. Milan, 1867; in-4" avec planches. (Ces deux derniers ouvrages sont extraits des Mémoires de la Société ita- lienne des Sciences nalut elles. ] ERRATUM. (Séance du i?> décembre 1867.) Page 1072, ligne 5 de la i" colonne du tableau, au lieu de Tour de Gisey, lisez Tour de Gizzy. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 20 JANVIER 1868. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOmES ET COMMUXICATIOXS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ZOOLOGIE. — Annélides. — Observalions sur une brochure de M. Ed. Clapa- rèfle, intitulée « De la Structure des Annélides »; parM.nE Quatrefagus. « M. Claparède a pul)lié, il y a deux ou trois mois environ, une brochure consacrée pour la plus grande part à l'examen de mon Histoire naturelle des Annélides. La juste autorité du nom de ce naturaliste, l'importance qu'il a évidemment attachée à cet écrit (i), me font luie nécessité de présenter à ce sujet quelques observations. » 3'éprouve cependant un certain embarras à le faire, et j'ai longtemps hésité. Voici pourquoi : » M. Claparède a bien voulu accorder à mon livre des éloges dont je suis touché et reconiiaissant. En n'acceptant pas en silence toutes les cri- tiques qui accompagnent ces éloges, je m'expose à passer pour un auteur bien difficile à contenter et qui croyait son œuvre parfaite. Une semblable prétenlion est très-loin de ma pensée. Je sais trop qu'on n'écrit pas un livre (i) Cette brochure a di-jù paru, sous la forme d'article, dans les Arcliiocs de la Science delà Bibliothèque universelle de Genève (septeuibre 1867). M. Claparè^le nous apprend, en outre, que cet article lui-inèuie était tiré de VliHmdiictinn d'un travail sur les Annélides du ^(dfe de Naples. L'auteur a donc demandé à une triple publicité la ])lus grande diffusion possible de son œuvre. ('.. R., 18G8, \" Scmeslic. [J. LXVI, N" ."î. ' ^ ( ii4 ) (le ce genre sans y bisser bien des omissioTis et bien des erreurs que la cri- tique a non-seuleinenl le droit, mais presque le devoir de relever. » ToMicfois, il me serait pénible qu'on se méprît sur ce que jai dit ou voulu dire, et qu'on accrût ainsi outre mesure le chiffre réel des imperfec- tions de mon travail. Il est, d'ailleurs, lui certain nombre de points sur les- quels je crois pouvoir en appeler du premier jugement de M. Claparède, soit à lui-même, soit à nos confrères. C'est à ces divers points de vue, et surtout au premier, que je voudrais dire quelques mots de la publication dont il s'agit. j) A. M. Claparède a fréquemment présenté ma manière de voir sous un jour très-inexact ; il m'a même prêté des opinions diamétralement opposées à celles que j'ai réellement soutenues, soit sur des questions générales, soit sur des points particuliers. « Pour justifier cette réclamation, il me suffira de mettre en regard quelques textes empruntés à la brochure du savant genevois et à n)on propre ouvrage. » 1. A diverses reprises, M. Claparède me prête une opinion absolue et générale, alors que mes paroles ont bien évidemment un sens restreint et ne portent expressément que sur ce que j'ai vu par moi-même. )) Par exemple, dans le premier alinéa de sa brochure, M. Claparède s'exprime ainsi en parlant du golfe dcNaples : « ... Et je pus, dès le premier jour, me convaincre combien est « erronée cette opinion de M. de Quatrefages que les côtes volcaniques » sont pauvres en Annélides (i). » » Voici la note de mon oiivrage à laquelle M. Claparède fait allusion : « Je dois ajouter que toutes les côtes volcaniques que j'ai visitées se sont » montrées remarquablement pauvres, sauf en petites espèces viuaiit clans (es » fucus et les algues. » [Ilistoi/e naturelle des Annélides, t. I, p. i 53; en note.) » Ces deux textes expriment-ils vraiment la même pensée? » II. Voici un second exemple où le contraste est bien plus frappant. » En parlant de ce que j'ai dit de la localisation des faunes, M. Clapa- rède s'exprime ainsi : >c M. de QiuUrefagcs n'admet point, par exemple, que la Méditerranée » et l'Océan puissent être habités par une même espèce. » [De la Structure des Annélides, p. 38.) (l) Lu golfe de ISapIcs ii a t-il clone que des cùies V()lcani([iies? Peut-on le leyaider coinme un type il cet égard ? f .i5 ) » Voici ce que j'ai dit en rcalilé, nprès avoir fait rpielques réserves rela- tivement à ruisiiflisance des données que nous possédons : « Je nie bornerai donc à signaler un fait qui résulte de mes dernières re- 1) cherches. Sur un assez grand nombre d'espèces que J'ai pu comnorer, je 1) n'en ai pas trouvé une seule qui appartint avec certitude à la fois à la » Méditerranée et à l'Océan. En particulier, pas une seule des espèces re- » cueillies siu' nos côtes occidentales, dans l'espace compris entre Boulogne » et Saint-Sébastien, ne s'est retrouvée sur nos côtes méridionales non plus » que sur les côtes d'Italie. » Il est d ailleurs évident que cette différence entre les Jnunes des deux mers » doit cesser là oii ces mers se joignent, et je suppose que les eaux de Cadix et M celles de Gibraltar doivent présenter plusieurs espèces identiques. » { Histoire naturelle des AnnéUdes^ t. I, p. i48.) 1) On voit que j'admets parfaitement que la Méditerranée et l'Océan peuvent être habités par une même espèce. » III. Quant à mon opinion générale sur cette localisation, la voici textuellement : « De l'ensemble de mes observations, je crois pouvoir conclure que le » nombre des espèces communes à deux continents, à deux hémisphères, » aux mers orientales et occidentales de deux continents, etc., s'il n'est |)as » absolument nul, sera toujoiu's extrêmement restreint. » » Ce que dit M. Claparède de quelques espèces paraissant !)ien |)Ositive- ment communes aux deux mers [Océan et Méditerranée) fùt-il entièrement exact, la proposition ci-dessus n'en serait pas infirmée. Mais il faudra cer- tainement restreindre le nombre de ces espèces plus que ne le fait mon savant conti-adicteur. » IV. Sans sortir du paragraphe consacré par M. Claparède à l'examen de mon chapitre relatif à la distribution géographique des Annélides, voici un autre passage que je m'explique encore moins que les précédents : « Il (M. de Quatrefages) insiste surtout sur l'impossibilité pour une » espèce littorale de supporter des conditions de vie aussi dissemblables » que celles qui résultent delà présence ou de l'absence des marées. " [De la Structure des Annélides, p. 39). » Ici il m'est impossible d'opposer le moindre texte à celui de mon sa- vant critique. Dans tout le chapitre consacré à la distribution géographique des Annélides, il n'est pas même question des marées. Le mot marée ne s'y trouve même pas. [Histoire naturelle des Annélides, p. i/jS à i53). » Pour justifier son assertion, M. Claparède invoquera-t-il un passage 16.. ( «16 ) tiré d'un autre chapitre relatif aux observations que j'ai faites sur les Anné- lides vivant en liberté? Le voici en entier, et le lecteur pourra juger par lui-même. « Si un grand nombre d'Annélides sont faites pour être abandonnées » d'une marée à l'autre dans la vase, dans le sable du rivage, ou même » dans leur tul)e, dont l'intérieur est quelquefois desséché, toujours est-il » qu'on n'en rencontre jamais au-dessus de la limite des marées, ni même » dans les premières zones que le flot vient recouvrii-. Les premières qui » se montrent m'ont paru appartenir au groupe des Anciens, puis appa- » raissent les Aphroditiens, les ISéréidiens, les Arénicoliens, les Euni- » ciens, — » Je n'ai jamais trouvé que dans les zones les plus inférieures certaines » espèces de Glycères, de Clymènes. Enfin, il en est un certain nombre « que je n'ai jamais rencontrées à découvert. Tel est le grand Chétoptere » de nos côtes; et il me paraît probable qu'un grand nombre d'espèces, » qui peut-être nous échapperont toujours, doivent être dans le même » cas. " [Histoire naturelle des yliinélides, p. 128.) » On voit qu'il ne s'agit ici nullement des conditions de vie résultant de la présence ou de l'absence des marées, j)as plus que de l'innuence que ces conditions peuvent exercer sur les Annélides. » Évidemment ce passage a pour but unique de constater le fait général de la répartition des espèces en zones superposées dans un lieu donné. La marée n'intervient ici que comme fournissant les points de repère. » Est-ce à dire qu'elle soit sans action sur cette répartition? Je ne le pense pas. Mais j'ai insisté moi-même à propos des Hermelliens sur ce fait que « les alternaiives d'immersion et d'émersion ne paiaissent pas être une » condition d'existence absolue. « J'ai cité à ce sujet les anciennes obser- vations de MM. Audouin et Edwards en les contirmant par les miennes propres. [/Innales des Sciences naturelles, 3^ série, t. X.) » Dès 1848, j'ai donc soutenii et motivé une opinion précisément con- traire à celle «pie me prête l'auteur de la brochure. » M. Claparède a évidennnent o»/;/ie ce passage. Il a aussi oublié c\iie dans ce même Mémoire (1848) j'ai fait connaître, aprèsl'avoir expérimenté avec succès, le moyen indiqué pav lui pour prolonger la vie des Annéliiles en captivité; 1/ oublie que je suis allé dans celte voie plus loin i\\\\\ ne parait être allé lui-même; il oublie que j'ai rappelé succinctement ces faits dans rou\rage dont il lend compte. (Histoiri' naturelle des .innélides^ t. I, p. 139.) ( 117 ) 1) J'aurais à signaler bien d'autres oublis de même nature dans le court écrit de M. Cla|)arède. A quoi bon? Des récriminations n'ont jamais rien prouvé; et je sais qu'en pareille matière nous avons tous besoin d'indul- gence (i). Aussi ne renverrai-je pas à M. Claparède les paroles qu'il m'adresse [De la Structure des Annèlides^ p. 9), et qu'il me permettra de trouver un peu plus que sévères. Le terme de falsifications, de quelque cor- rectif qu'il soit suivi, est un de ceux que je n'emploierai jamais vis-à-vis d'un confrère dont j'estime les travaux et le caractère. » V. Tout en acceptant que dans sa généralité la faune de la Méditer- ranée est bien distincte de celle de l'Océan, M. Claparède n'admet pas que la localisation des faunes soit aussi marquée que je l'ai dit. Il ajoute : « M. de Quatrefages est, du reste, à chaque instant infidèle à sa théorie, » et, à l'appui de cette proposition, il cite quatre exemples empruntés à mon livre eu disant : « Il (M. de Quatrefages) réunit la Polynoe maculata, etc. » M. Claparède ne fait aucune réserve, aucune remarque au sujet de ses citations. I) Je ferai observer d'abord que, de ma part, la localisation des faunes n'est nullement une théorie. C'est un fait général, résultant d'une foule de faits particuliers qui se sont présentés à moi, un à un, l'un après l'autre^ et m'ont peu à peu conduit à la conclusion que j'ai énoncée. J'ai dit ce que j'avais vu, et le lecteur a pu juger par lui-même dans quels termes, fort dif- férents de ceux qu'auraient pu faire supposer les expressions de M. Clapa- rède, j'ai parlé de mes observations. » Quand, les éléments d'une étude personnelle me manquaient, quand ceux qui résultaient des études de mes confrères étaient ou me semblaient insuftisants, il est clair que je ne pouvais contrôler leurs conclusions. Au début, d'ailleurs, mon attention n'était pas éveillée. De là peut-être quel- ques rapprochements qui seront reconnus inexacts. Mais me suis-je pour cela contredit autant que l'assure M. Claparède, et les exemples invoqués par lui témoiguent-ils en sa faveur? ') Oui, peut-être pour un. (l'i Je saisis cette occasion pour solliciter celle de mes confrères qui ont à se plaindre plus ou moins de mon silence. A (itre de circonstance atténuante, je me permettrai d'invoquer mon ignorance de la langue allemande et des langues du JNord, ignorante qui a singulière- ment ajouté aux difficultés démon travail. En tout cas, aucun d'eux, je l'espère, ne m'accusera d'avoir cru /jouvo/r me passer des nbsdn'iitinns de mes devanciers [Structure des Arinëlides, \t. 9). .\vant que M. Claparède m'en eût averti, je sa /ai s fort bien que ce serait a mon détriment. ( 'ï8 ) » J'ai en effet laissé passer sans faire aucune remarque rassimilalion éta- blie par Gnibe entre une Omipltis de la Méditerranée et la Nereis lubicola, de Millier {Oniipliis lubicola, AuD. et Edw.). Toutefois j'ai signalé les côtes de Danemark comme seul habitat, ce qui indique au moins quelque doute de ma part. [Histoire naturelle des JnnéUdes, t. I, p. 35 1.) » Quant aux trois autres exemples cités par M. Claparède, il est clair qu'il s'est mépris. » 1° J'ai exprimé par un point d'interrogation (?) placé à la synonymie le doute que la Lysidice rufa de Gosse fût la même que la Lysidice Valentina de Savigny. {Histoire naturelle des Annélides, t. I, )). 377.) » 1" Loin de réunir les Polynoe maculata e\ fasciculosa de Griibe à V Jphrodita cirrala de Fabricius, comme M. Claparède croit que je l'ai fait, j'ai dit que ces deux espèces « en sont probablement très-distinctes. » [His- toire naturelle des Jnnélides, t. I, p. a34). J'ai combattu ainsi un rapproche- ment du à M. Grïibe, qui du reste ne s'était exprimé qu'avec doute. [Die Familien der Anneliden, p. 36.) » 3° J'ai encore moins réuni la Nereis bilineata, ou du moins l'espèce que j'ai cru pouvoir rapporter à celle de Johnston, et la Nereis cultrijera de Grùbe. J'ai au contraire combattu assez longuement le rapprochemenl qu'avait d'abord fait ce naturaliste, et auquel il avait renoncé plus tard. [Histoire naturelle des Annélides, t. I, p. 535.) » Ainsi, dans ces exemples choisis par M. Claparède lui-même, ma pen- sée a été rendue fort inexactement au moins trois fois sur quatre; et l'au- teur, m'attribiiant des rapprochements faits par un autre que moi, est allé jusqu'à me prêter précisément l'opinion que j'avais formellement com- battue. » Les observations précédentes portent à peu près uniquement sur les passages consacrés par M. Claparède à examiner ce que j'ai dit relativement à la distribution géographique des Annélides, soit environ sur deux pages de sa brochure. Bien des pages restantes jiourraient motiver de ma j)art des réclamations analogues; mais je crois inutile d'insister davantage sur cet ordre de considérations. » Ce qui précède suffira, j'espère, pour que nos confrères ne jugent [)as mon livre uniquement d'après l'écrit auquel je réponds à regret. » On ne se méprendra pas d adleuis, je pense, sur ma pensée. Il ne m'est pas venu un instant à l'esprit de mettre en doute la parfaite bonne foi de mon honorable confrère de Genève. Mais il est évident qu'il n'avait pas mon livre sous les yeux quand il a rédigé sa brochure, et il est permis de ( ^19 ) penser, qu'entraîné par le désir (i) de montrer le mieux possible ce qui nous sépare, il a outre-passé le but. » Je n'accuserai pas pour cela M. Claparècle de ne pas avoir étudié conscicncicuseinenl mon travail (2). » B. Que dirai-je des erreurs que me reproche M. Claparède? » Sans doute, il doit s'en trouver dans mon livre; je ne le sais que trop. J'avouerai même franchement que les affirmations de mon savant confrère ont soulevé des doutes dans mon esprit relativement à un certain nombre de points que je croyais décidément éclaircis, soit par les recherches de mes confrères, soit par les miennes propres. » Mais il est d'autres points au sujet desquels, malgré la critique de M. Claparède, j'ai la certitude d'être resté dans le vrai. M Par exemple, il me paraît impossible de ne pas voir un véritable cristallin dans im corps sphérique, transparent, que j'ai pu isoler, transporter sons mou microscope de manière à en mesurer approximativement la distance focale et à lui faire jouer le rôle d'un appareil d'éclairage de Dujardin. » MM. Milne Edwards et Blanchard ont constaté ce fait lorsque j'ai étudié à côté d'eux la Torrea vilrea. [Mémoire sur les Organes des sens des Ànnélides, Annales des Sciences naturelles, 3^ série, t. XIII; Histoire naturelle des Anné- lides, t. I, p. 91, Pi. IV, fig. 6 et 7.) » Si je rappelle le témoignage de mes confrères, c'est que je tiens à éviter à M. Claparède un élonnement analogue à celui qu'il a manifesté au sujet de mes observations sur le .système nerveux stomalo-gastrique des Annélides (3). » Relativement à ce dernier travail, je me borne à rappeler que les figures insérées dans les Annales des Sciences naturelles (3* série, t. XIV, Pi. VI à X) (i) « Je désire insister sur les points où je ne puis être d'accord avec l'auteur, a (Cla- parède, Structure des Jnnélidrs, p. lo.) (2) « Combien d'erreurs que j'aurai à coiiibaltre auraient été évitées si l'auteur (M. de " Quatrefagcs) etit étudie consciencieusement les travaux de Rallike, de Délie Chiaje, de " SI. Grûbe et de tant d'autres. » { Claparkde, Structure des Annélides, p. 9.) (3) Après avoir déclaré qu'il n'a i)as su reconnaître cet appareil, et tout en disant que ce résultat négatif, dans des rcrlierclics si diffuilcs, n'a pas une grande importance (Clap. ). M. Claparède ajoute : « Je m'étonne pourtant de voir bien d'autres observaleurs aussi peu » heureux que moi dans des tentatives toutes semblables. » [Structure des Annélides^ p. 34.) M. Claparède dit un peu ])lus haut : « M. de Quatrefages a été assez heureux 1 pour..., etc. i> Il me permettra d'ajouter que ce bonheur a été le résultat de recherches bien longues et fort difficiles, surtout au début. ( >20 ) sont la représentation rigoureuse de préparations que j'ni apportées à Paris et montrées à plusieurs de mes confrères français et étrangers. Malgré dix-huit ans d'immersion dans le liquide d'Oweii, quelques-mies permet lent encore de reconnaître au moins les faits essentiels, et je serais heureux de les mettre sous les yeux t!e M. Claparèdc (i). » Je crois pouvoir encore ne pas accepter les critiques de M. Claparède portant sur des c]uestions générales envisagées par nous dune manière différente {^Délcrmination des appendices, Classijrcnlioii..., etc.); mais ici ce sera à nos confrères à décider entre nous. » C. Enfin M. Claparède m'adresse un autre reproche qui m'a grande- ment surpris, je l'avoue. » Le savant professeur de Genève se demande comment j'ai pu nie laisser entrainer à décrire les Annélides conservées dans l'alcool au Muséum de Paris; il regarde ce genre de travail comme « profondément inutile. » Il ajoute que « les Annélides ne peuvent bien s'étudier qu'au bord de la mer » et à l'aide d'individus vivants. Décrire tant de variéU'S alcooliques, c'est » embarrasser la science d'un ccijmt uiorluum dont il faudra de longues » années pour se débarrasser. » [Slruclure des Jitnélides, p. 9.) Il accepte comme étant « trop vraie dans bien des cas » cette parole de ]M. le profes- seur Schjodte, de Copenhague : « Les musées pèsent lourdement sur la » science. » » Eh bien ! siu- tous les points indiqués ici par M. Claparède je diffère d'opinion avec lui, et j'espère avoir pour moi à peu près tous les natu- ralistes. » Certes, ce n'est pas moi qui protesterai contre l'immense utilité pour un naturaliste d'aller étudier la nature vivante sur le bord de la mer. Mon passé a d'ailleurs répondu d'avance. La presque totalité de mes travaux en zoologie a eu pour sujet les Invertébrés marins observés sur place et vivants. •> Mais je ne nie pas pour cela l'utilité des collections. Bien au contraire, je suis convaincu que sans elles tout ouvrage général est à peu près impos- sible. Or, sans ouvrages généraux, venant de temps à autre la résumer et la coordonner, la science resterait évideiimient à l'état de chaos. » Il m'est encore impossible de considérer comme prcjundcmenl inutiles les travaux qui nous ont fait connaître les Annélides disséminées dans les (ij F.ntre autre l;i pii'|)araliuii loprcsenloc ilan; !a l'I. Vil ()iii, ]ilii> (jnc li's aiilics sans •loulf, a Il semble que le P. Secchi lui-même l'a compris ainsi, car il conclut simplement de cette citation « qu'il était difficile que Galilée put écrire de » sa main, connue dit ^L Volpicelli. » » Ce mot dijfuile parait être ici un aveu précieux et inattendu, car le P. Secchi avait dit dans sa première communication que Galilée était complè- tement aveugle, et quil ne pouvait pas écrire, puisqu'il ne pouvait pas même lire. )) Mais cet aveu va être confirmé par un aulre passage de la même Lettre tout à tait significatif. Je cite les paroles mêmes du P. Secchi : « Galilée » dit ne pouvoir pas comprendre plusieurs choses, faute de pouvoir iioiVies » figures. » » Or \oi.i !c texte : Ex quo fit ut per lurcm milii non liceat bene omnia t)ercipere^ quœ iule tain diserte de lace scrihis : demonstraliones enim quœ ex figurarurn dépendent usu, nullo pacto comprehendi sine lucis ope possunt. » Le P. Secchi, en se bornant à un simple commentaire laconique de ce texte (qu'il rapporte du reste fidèlement), omet deux mois importants, omnia et bene, par lesquels il semble que Galilée veuille exprimer qu'il ne preheniii sine lucis ope possunt : ea tamen quae capere auribus potui, somma cum delecta- tione audivi. Pro tua igitur erga me tani jiropenso ac benelico animo, quas |)ossuni ul (juas dt'beo, lihi giatias ago. Pliilolaus, ille, queni Anistelodami typis cxoinaii sij,'nifitas, iynotus niihi oninino crat; at acceperam e contra jani sub piselo esse in Gei'iiiania libiiiin Palris Scheiner e Societate Jesu, de slabilitatc Terrse, quam philosophicis atque astronomicis latio- nibus probat. >> Libcnter audio, te cuni Domino Elia Deodato, mei amantissimo atque officiosissimo viro, amic'itia juratum esse; mihique credas velim, quod in bac, qua premor calamitate suniuium levamen foret, si et ego vestra familiaritale, mutuisque congressibus coram frui posscm : sicut et non parum dolco, ingruentibus bclli terroribus clarissimi atque devolis- simi viri Domini Gassendi, mihi tandiu cxoptalum congrcssum eripi. Spcrabam etenim mi- rificam illius doctrinam airpio suavilalem ingcnii, <[iiani ex ejns scriptis praeguslar<'in, jn-o- prius a<' majori cum voluplalc ex mutuo coll(K]ui(i haurire. Scd quid mirum cpiando jam pridciii iiiliil ex sent'jnlia mea cadit ? lîrcviler adinoduni ac jcjune scribo, prcslaulissinic vir, plura enim scribere me non palilur molesta oculoruni vaictudo. Quare me vclim excusatum liabi.as ; meumque omne ad le sUidiiun atque oiticiuui defcrens, tibi a Deo fausta omnia j)recor. Vale. » ( '3i ) peut pas bie7i voir de ses /eux tout ce que renferme l'ouvrage de Boulliau, per lucem bene omnia percifjere; ajoutant que les démonstrations qui reposent sur clos figures demandent l'usage de la vue. Or après la première partie de la phrase, ces derniers mots signifient que la vue de Galilée ne lui permet- tait pas de bien voiries figures, ou de les voir sans trop de fatigue, et non qu'il 7ie pouvait pas les voir du tout, comme le suppose le P. Secchi. Peut- être même Galilée doune-t-il ici simplement une excuse, pour ne pas par- ler plus amplement de l'ouvrage. » Il résulte donc de cette citation, que la cécité de Galilée, cpii ne lui permettait pas de bien voir tout par sesj'eux, n'était pas complète. » Passant à une autre Lettre, le P. Secchi cite un passage où Galilée « avoue être tellement aveugle, qu'il ne peut pas faire les figures pour s'ex- » pliquer. » C'est-à-dire, que Galilée est aveugle, au point de ne pouvoir pas faire des figures. Mais on peut lire, sans pouvoir faire des figures : per- sonne ne dira donc que cela doive s'entendre d'une cécité complète : et tout au contraire; car ce n'est point ainsi que s'exprimerait un aveugle proprement dit. » Enfin, le P. Secchi, au sujet d'une autre phrase dit : « Cette phrase » pourrait tout au plus prouver cjue Galilée voyait encore cjuelque lumière, » mais non sans doute qu'il écrivait de sa main, comme le prétend M. Vol- » picelli, ce qui est le point capital de la question. ■■< » Ici, je dois le faire remarquer, le P. Secchi change incidemment l'état de la question. Car le point capital de la question jusqu'ici a été, pour le P. Secchi comme pour MM. Govi, Harting et H. Martin, la cécité com- plète de Galili-e. C'est là ce que chacun s'est proposé de prouver, pour en conclure ensuite que Galilée aveugle ne pouvait pas écrire. Néanmoins, je me contente de l'aveu du P. Secchi, que « cette phrase pourrait prouver tout » aujjlus que Galilée voyait encore quelque lumière. » Car dès lors la cécité n'était pas complète ; point capital de cette polémique, et ce qui me suffit. « Le P. Secchi ajoute que la phrase ne prouve pas que Galilée écrivait de sa main. Cela est possible; mais elle ne prouve pas non plus le contraire ; et cela me suffit encore. » El quant à savoir si l'état des yeux de Galilée lui permettait d'écrire de sa main, la courte citation de M. Volpicelli le prouve maintenant d'une ma- liière irrévocable, puisque Galilée dit simplement : « Je suis bref, parce » que l'état de mes yeux ne me permet pas d'écrire longuement. » Il semble que l'état de ses yeux n'aurait point empêché son secrétaire, ou, comme il l'appelle, son compagnon, le jeune Viviani, d'écrire plus longuement. i8.. ( i3a ) » Voilà donc enfin une question résolue d'une manière définitive. L'état de cécité de Galilée ne l'empêchait point d'écrire, plus ou moins péniblement, bien entendu. » Aussi la conununication du P. Secchi a(ir;i été utile, comme je l'ai dit en commençant. » On verra, du reste, que ce qui est prouvé ici |)Hr la discussion de quel- ques textes connus, le sera aussi par la publication que j'ai annoncée de nombreuses Lettres de Galilée et de divers autres documents qui s'y rap- portent. » CHIMIE ORGANIQUE. — Composés isomères des élhers sulfocyaniqiies. — L V huile de moutarde de la série éthylique ; par M. A. -AV. Hof.max.n. (Lettre à M. Dumas.) '( Les résultats de mes recherches sur les isomères des nitriles, obtenus en traitant les monamines primaires par le chloroforme, devraient nécessai- rement attirer mon attention sur des séries de corps plus ou moins ana- logues, dans l'espoir d'y découvrir des isoméries semblables. » En effet, lorsque je vous adressais ma dernière Lettre au mois de sep- tembre passé, je n'avais presque plus de doute à cet égard, et je vous exprimais mes idées sur ce point de la manière suivante : » En terminant, qu'il me soit permis d'énoncer comme très-probable » l'existence d'une série de corps i.somères des sulfocyanures. Déjà M. Cloéz » a démontié que l'action du chlorure de cyanogène sur l'éthylate de po- y tassium donnait naissance à un cyanate éthylique doué de propriétés » absolument différentes de celles du cyanate étudié par M. Wnrtz. En » comparant d'un côté la manière d'être des sulfocyanures méthylique et » éthylique avec celle des sulfocyanures d'allyle et de phénvle, il n'est » pas permis de mettre en doute qu'on a là les représentants de deux » groupes de corps entièrement différents, et que les termes des séries » méthylique et éthylique correspondant à l'huik de moutarde et au snl- » focyanure de phényle sont encore à découvrir. Des expériences dont je 1) m'occupe démontreront si ces corps ne peuvent pas s'obtenir par l'aclion » des iodures de méthyleet d'éthylc sur le suifocyanure d'argent. » » J'ai depuis lors terminé ces expériences, mais j'ai été déçu dans mon attente. Le suifocyanure d'argent sec est beaucoup moins facilement atta- que que le cyanure par les iodiwes alcooliques. Le mélange des deux coi'ps par suite de la formation de l'iodure d'argent tourne rapidement au jaiuie. ( .33 ) mais la réaction ne s'achève pas sans inie digestion prolongée à la tempé- rature de l'eau bouillante; en distillant le produit delà réaction on obtient les éthers sulfocyaniques ordinaires, dont nous devons la connaissance aux recherches de M. Cahours. J'ai constaté ce fait pour les séries élhylique et amylique. En effet, en comparant les éthers qu'on prépare au moyen du sulfocyanure d'argent aux composés obtenus en distillant le sulfocyanure de potassium avec un sulféthylate ou suifamylate, on ne tarde pas à con- stater une identité complète : même odeur, mêmes points d'ébullition, mêmes réactions. » La non-réussite de ces expériences ne pouvait cependant pas ébranler ma conviction au sujet de l'existence d'une autre série de corps ayant la même composition que les éthers sulfocyaniques. Il s'agissait seulement de trouver la méthode pour les produire. » Je fus assez heureux pour m'engager dès le premier abord dans une voie qvii me conduisit directement au but, et je m'empresse de vous sou- mettre les résultats de mes expériences. » Ces expériences se lient intimement à qnelques-nnes de mes observa- tions d'une date très-antérieure. Il y a plus de vingt ans qu'en étudiant l'action du sulfure de carbone sur l'aniline, je découvris lui corps bien cristallisé qu'on a successivemsnt désigné sous les noms de sulfocarhaniliile, sulfocarhamide dipliényliqve, ou diphényl-urée-sulfiirée. » Environ dix ans plus tard, j'eus l'occasion de m'occuper de nouveau de ce composé. Je trouvais alors que, sous l'influence de l'acide phospho- rique anhydre, cette substance se scinde en aniline et sulfocyanure de phé- nvle. Ce dernier corps a l'odeur pénétrante de l'huile essentielle de mou- tarde noire; coiîime elle, il possèfle la faculté de fixer les ammoniaques; la ressemblance de ces deux substances est si frappante, que je n'hésitai pas à décrire le nouveau composé sous le nom d'huile de moutarde plié- ny tique. » Je m'étonne aujourd'hui de n'avoir pas étendu aux composés éthyli- ques et à leurs homologues les expériences exécutées dans la série phény- lique, et peu après aussi dans la séiie naphtalique, d'autant plus que l'étnde de l'action du sulfure de carbone sur l'amylamine et l'éthvlamine m'avait fourni pour ainsi dire les éléments de cette recherche. Par suite de mes observations récentes, ces anciennes expériences acquirent un nouvel in- térêt, car je ne pouvais plus douter qu'en appliquant convenablement aux alcools ordinaires la réaction par laquelle j'avais obtenu le sulfocyanure de phényle, j'arriverais à produire les isomères des éthers sulfocyaniques ( i34 ) que jetais si désireux d'obtenir. L'expérience n'a pas manqué de confirmer mes prévisions. » Expériences dans la série éihyliqiie. — J'ai fait connaître, dans une No- tice précédente, l'action du sulfure de carbone sur l'amylamine. A cette occasion j'ai pu constater par quelques expériences que l'éthylamine se comportait d'une manière analogue vis-à-vis du même réactif. J'ai repris ces recherches et je suis arrivé aux résultats suivants : » En ajoutant du sulfure de carbone à une solution alcoolique d'éthy- lamine, le mélange s'échauffe plus ou moins, suivant que la solution est plus ou moins concentrée. Le liquide devient neutre; soumis à l'évapora- tion, il donne un composé huileux qui ne tarde pas à se prendre en masse sous forme de beaux cristaux tubulaires. » Ce composé fond à io3 degrés et conserve l'état liquide lors même qu'on le ramène à la température ordinaire. En chauffant modérément ce corps, il se volatilise, en partie sans décomposition. Cette substance cristal- lisée est le sel éthylammonique de l'acide éthylsulfocarbamique [(CS)"(C^H»)HN], rv\-] [(C=H')H==N] H )) Ce sel est également soluble dans l'eau et dans l'alcool. En ajoutant de la soude il se dégage de l'éthylamine avec formation d'éthylsulfocarba- mate de sodium ; l'acide chlorhydrique en chasse l'acide, qui vient nager à la surface sous forme de gouttes huileuses, se solidifiant graduellement en cristaux d'un aspect nacré. Un excès d'acide chlorhydrique redissout ces cristaux en dégageant du sulfure de carbone et en formant un sel d'éthyla- mine. » L'éthylsulfocarbamate d'éthylamine est entièreiuent décomposé par une action prolongée de la chaleur. Même à la température de l'eau bouil- lante il se dégage des torrents d'hydrogène sulfuré. La réaction s'accomplit d'une manière complète si l'on porte sous pression la solution alcoolique à iio ou I20 degrés. En évaporant le liquide alcoolique après que le déga- gement de l'hydrogène sulfuré a cessé, il reste un composé huileux, qui cristallise aussi au bout d'un certain temps. Ces nouveaux cristaux fondent à 77 degrés; comme le sulfocarbamate ils sont solubles dans l'alcool, mais en diffèrent parleur peu de solubilité dans l'eau. L'acide chlorhydrique les dissout ; en versant dans le liquide du perchlorure de platine on obtient un précipité jaime. La nouvelle substance est la (iiélhyhuljocarbamide ou Viirée diélliyliijue sulfurée dont la formation est représentée par l'équation sui- ( 103 vante : ("es " \ (CS)"(C=H')HN| ^ H i^ V fC^HMH^'NH ) II H- I En chauffant modérément un mélange de diéthylsulfocarbamide avec de l'acide phosphorique anhydre, il se dégage des vapeurs irritantes qui se condensent en un liquide exhalant d'une manière frappante l'odeur de moutarde. » Purifié par la distillation, ce liquide devient incolore, bout à i34 de- grés et a la même composition que le sulfocyanure d'éthyle obterui par l'action d'un sulfocyanure métallique sur le sulféthylale de potassium. » La nouvelle substance se forme d'une manière analogue à celle qui donne naissance au composé correspondant de la série phénylique; la dié- thylsulfocarbamide perd une molécule d'éthylamine qui est fixée |)ar l'acide phosphorique : fcsv \ » Le nouveau corps diffère essentiellement par ses propriétés du sulfo- cyanure éthylique, son isomère. Le point d'ébuliition de ce dernier est à i46 degrés, la nouvelle substance bout 12 degrés plus bas que l'ancienne. L'odeur fortement irritante du nouvel éther est absolument différente de celle de l'éther sulfocyanique ordinaire; cette dernière, quoique nullement agréable, est loin d'affecter d'une manière notable les organes de la vue et de l'odorat. Mais ce qui caractérise le plus le nouveau composé est la faci- lité avec laquelle il agit sur l'ammoniaque et ses dérivés. Dissoiis dans de l'ammoniaque alcoolique et soumis pendant quelques heures à la tempéra- ture de l'eau bouillante, l'éther se convertit en urée éthylique stdfurée : fCSV'l " ^^^^ I CnV N + H N=((7H^jH N^ ' H) H= ) » Avec la méthylamine il se forme une urée mixte : ..■2T,-\ N-f- 11 ' N = (CH^)fC^H*) N ( i36) w L'étljylaniine reproduit l'urée diéthylique qui a servi à la préparation de l'éther. En dernier lien l'aniline donne naissance à une niée uiixle des séries grasse et aromatique : Li. N+ H N= (C=H^)(C«H>) N^ ^^ " ^ ' H j H= S « Toutes ces diamines cristallisent tres-tacilement ; ce sont des bases faibles qui se dissolvent dans les acides et donnent, avec le perchlorure de platine, des précipités cristallins d'une couleur jaune. » Les éthers sulfocyaniques ordinaires refusent, comme l'on sait, de se combiner avec les ammoniaques. D'un autre côté, cette faculté appartient au sulfocyanure d'allyle ou huile de moutarde. En définitive, ce nouveau composé est le correspondant, dans la série éthylique, de l'huile de mou- tarde dans la série allylique. X J'ai relu à cette occasion le remarquable Mémoire de M. Will, dont les indications m'ont servi de guide dans mes expériences. Autant que l'on peut en juger par ces expériences, le parallélisme des comjjosés éthyliques et allyliques est parfait. » Pour le moment, je me suis contenté d'indiquer la formation et les principales propriétés du nouveau corps isomère du sulfocyanure d'éthyle. Dans une prochaine Lettre, je me propose de vous faire part des résultats d'une étude comparative de ces deux isomères, ainsi que des conclusions auxquelles je suis arrivé quant à la différence de leur composition ato- mique, » J'ajouterai seulement qu'en soumettant la méthylamine et l'amyla- mine au même traitement, j'ai obtenu les termes correspondants de l'huile de moutarde dans les séries méthylique et amylique. « En terminant je ferai remarquer que, suivant M. Schlagdeidiauffeu, on devrait obtenir du sulfocyanure d'éthyle et un dégagement d'hydrogène sulfuré en traitant l'éthylamine par le sulfure de carbone d'après l'équation suivante : (C=H' H N -4- CS^ -^ C= H' . CNS + H-' S. H ) » J'ai répété plusieurs fois cette expérience, parce qu'il n'était pas im- probable qu'on obtînt par cette réaction le corps que je viens de décrire. Mais je n'ai pu produire par ce procédé ni le sulfocyanure ordinaire, ni ( i37 ) son isomère. On observe bien un dégagement d'hydrogène sultnré ; mais je n'ai jamais pu constater la présence d'un autre produit complémentaire qne de la diéthylsulfocarbamide. » GiiOLOGlE. — Sur l'ancien glacier de la vallée d'Argelez [Hautes-'Pyrénées). Note de MM. Ch. Martixs et Ed. ColloiMB, présentée par M. d'Archiac. « La carte de l'ancienne extension des glaciers dans les Vosges et antoin- des Alpes a été faite, celle des anciens glaciers pyrénéens n'est jias même esquissée. Nous avons essayé d'ouvrir la voie en décrivant avec soin les traces que l'ancien glacier de la vallée d'Argelez a laissées de son long séjour dans la vallée qu'il occupait autrefois, sin' une longuenr de 53 kilomètres, depuis le cirque de Gavarnie jusqu'au village d'Adé situé entre Lourdes etTarbes. Ce glacier occupait autrefois tout le bassin hydrographique du gave de Pau; il partait de la crête des Pyrénées, frontière de la France et de l'Espagne, comprise entre le cirque de Troumouse ou d'Héas et le Pic de Cujé-la-Palas ou Mourrons, siu' une longneur de 5o kilomètres environ. Les vastes cirques de Gavarnie, d'Estaubé et de Troumouse, les têtes des vallées d'Arrens, de Caulerets, du Vignemale, de la Canaou, de Pouey, de Pragnères et de Ba- réges étaient ses bassins de réceptions dominés par des sommets dont les hautenrs sont comprises entre aSoo et 3ooo mètres. La vallée principale, celle d'Argelez, est dirigée du sud au nord et dominée par deux rangées continues de montagnes qui, s'élevant de i5oo à 1800 mètres au-dessus du thalweg, mettent la vallée à l'abri des rayons solaires. On ne saurait imaginer une disposition plus favorable à l'établissement et à l'accroissement d'un glacier sous des conditions météorologiques plus propices qu'elles ne le sont actuel- lement. La longueur et l'épaisseur de ce glacier disparu ne doivent pas nous surprendre, l'Hymalaya en recèle actuellement de plus grands encore, tels sont ceux de Balforo et de Biafo mesurés par le capitaine Montgomerie qui ont, le premier 58, le second io3 kilomètres de longueur, et donnent naissance à des cours d'eau considérables. M Pour étudier les traces que l'ancien glacier de la vallée d'Argelez a laissées après lui, transportons-nous à son origine, au centre du cirque de Gavarnie. Sur les assises crétacées et tertiaires de cet immense amphi- théâtre, nous voyons encore les faibles restes de celui que nous allons étu- dier. Descendant des flancs du Taillou, des escarpements de la Brèche de Roland et du pied de laTour et du cylindre de Marboré, ils ne dépassent pas le bord des gradins qui les supportent. Réunis jadis, ils descendaient dans (;. W. I«(i8, 1" Semeslie. ( I. LXVl, ^o 3) '9 ( '38 ) le cirque de Gavarnie et le remplissaient comme ceux des Alpes remplissent aujourd'hui les amphithéâtres qui avoisiiient le mont Blanc et la Jungfrau. La (lerriiére moraine terminale que le glacier a déposée, en se retirant se voit dans le cirque même de Gavarnie; elle sépare In portion la plus reculée du cinpie du bassin à fond horizontal et nivelé qui le précède. Dans la vallée comprise entre les villages de Gèdre et de Gavarnie, on voit sur la droite une longue terrasse morainique formant le piédestal des pics de Pimené et de Larme, couverte de granges et de pâturages. De l'autre côté, les roches moutonnées de la montagne de Saugué forment un ressaut cor- respondant à la terrasse de gauche et situé an même niveau qu'elle. L'un de nous s'est assuré, par des observations barométriques calculées par M. Parés et des nivellements faits à l'aide du niveau à bulle d'air et à réflexion de Meyerstein , que pendant une longue période de son existence le glacier de la vallée d'Argelez avait entre Gèdre et Gavarnie une puissance moyenne de 684 mètres au-dessus du confluent des deux gaves à Gèdre, élevé lui-même de ggo mètres au-dessus du niveau de la mer. Sur la route même de Gavarnie à Gèdre on reconnaît que toutes les roches schisteuses qui la bordent sont tontes arrondies, polies, striées et parse'mées de blocs erratiques. A Gèdre même, M. Émilien Frossard a trouvé dans les déblais de la nouvelle route des blocs erratiques de grès crétacé jaune avec Oslrea rarincda du cirque de Gavarnie. Entre Gèdre et Luz, on voit çà et là des lambeaux morainiques et une accumulation de blocs granitiques sur une roche moutonnée près de la cascade du torrent de Lassariou. A Luz, au confluent de l'affluent de Baréges, on distingue du pont de Saint-Sauveur les blocs erratiques de granité blanc qui entourent les granges d'Abié; les derniers sont à 92/i mètres au-dessus du gave sous le pont Napoléon. Dans la gorge de Pierrefitte, des prairies recouvrent des lambeaux morainiques suspendus au-dessus de la gauche du gave, et au sortir de la gorge à droite sur les bords de la route des schistes argileux sont polis et lustrés sur la tranche et accompagnés de marmites de géant [pol-holes) dont le fond est également poli ; c'est là que le glacier de Gauterets venait se verser dans le glacier piincipal. Une immense moraine latérale, marquée siu' la carte de France, s'étend depuis Pierrefitte jusqu'à Saint-Savin, et forme une (errasse recouverte de pâturages dont la hauteur au-dessus du gave de Pau au pont de F'ilhos (4 '5 mètres sur la mer) est de 792 mètres pris de la grange Laurent. De là on recoiuiaît que le pic de Gez (altitude, 1097 mètres), qui domine Argelez, est entièrement couvert de blocs erratiques granitiques. A Argelez même, M. Arthur Joncs a trouvé des blocs de schistes dévoniens ( i39) à Retepora reticularis, provenant de la Prade à l'entrée du cirque de Gavarnie. » Au débouché du glacier, dans la plaine solis-pyrcnéenne, un peu en aniout de Loiu'des, les traces de son passage ne sont pas moins évidentes. La moraine latérale droite s'appuyait sur le pic de .Ter, où les derniers blocs erratiques sont à une altitude de 45o mètres au-dessus du Gave de Pau au moulin de la Tour (altitude, 3^o mètres). La moraine médiane a laissé d'in- nombrables blocs sur la montagne du Béout (altitude, 792 mèlres; 422 au- dessus du gave), située au milieu de la vallée. Cette ancienne moraine est comparable aux plus belles de la Suisse; on y voit des blocs de toute gros- seur, dans toutes les positions, souvent reposant les nus sur les autres, sus- pendus sur les plus fortes pentes, brisés dans leur chute ou élevés sur des piédestaux calcaires de i™,5o de hauteur. La moraine latérale gauche du glacier s'appuyait au i>ied de la pyramide calcaire d'Exh, au fond de la val- lée d'Ossen. Les derniers blocs s'élèvent à 407 mètres au-dessus du gave de Pau. Dans la plaine, le long de la route c[ui mène à Loiudes, ou recon- naît que tous les monticules calcaires, qui font saillie au-dessus du niveau général, sont arrondis et moutonnés. » Nous voici arrivés à la plaine sous-pyrénéenne, composée de collines crétacées, séparées par quatre vallées disposées en éventail, et rayonnant à partir de Lourdes. L'ancienne moraine terminale du glacier d'Argelez cou- vrait tout l'espace compris dans un arc de cercle passant par les villnges de Peyrouse, Loub;ijac, Adé^ Juioz et Arcizac-les-Angles. Les roches calcaires, situées entre la ville et la grotte miraculeuse, sont moutonnées, et l'on recon- naît les stries glaciaires partout où les travaux d'exploitation les ont mises à dé- couvert. Les tranchées du chemin de fer de Lourdes à Pau sont creusées sur une longueur de 4 kilomètres dans le terrain glaciaire composé de blocs gra- nitiques anguleux, de blocs et de cailloiix calcaires rayés, de graviers et de boue glaciaire. A la surface du sol, on poursuit les blocs jusqu'à Peyrouse ; ils sont surtout très-nombreux entre le chemin de fer et l'extrémité septen- trionale du lac de Lourdes. Ce lac lui-mèuie a tous les caractères d'un lac morainique, un amas de blocs existe à son extrémité, quelques-uns font saillie dans la tourbière qui le termine, et l'écoulement se fait par l'extré- mité sud, qui correspond à l'amont de la pente générale du sol de la contrée. C'est à l'orient du village de Poueyferré qu'on observe la plus grande accu- mulation de blocs et aussi les plus volumineux ; quelques-uns atteignent le volume de plus de 100 mètres cubes. » Le chemin de fer de Lourdes à Tarbes suit l'axe de la moraine, et sur 19.. ( i4o ) une longueur de 5 kilomètres il coupe sept moraines terminales parfaite- ment visibles, indices de sept stations que le glacier a faites en se retirant. La dernière est située un peu au delà du village d'Adé; à partir de ce lieu, la plaine nivelée qui s'élend jusqu'à Tarbes est recouverte de bancs, de cail- loux roulés pyrénéens surmontés de sable argileux semblable au loes de la vallée du Rhin et totalement différent des sables des Landes. La portion orientale de la moraine terminale ne présente rien de remarquable; elle occupe une surface moindre que la partie occidentale, l-a théorie générale des glaciers nous en donne la raison. Les affluents de la rive gauche de la vallée étant plus nombreux et plus puissants, la moraine terminale doit être plus développée à gauche, c'est-à-dire à l'occident que du côté ()p|)osé. » La distribution des matériaux erratiques ilans la moraine terminale est également celle que la théorie permettait de prévoir. Le granité blanc à mica noir qui se trouve en place dans la vallée principale aux environs de Gèdre et dans les hautes vallées des affluents de l'une et de l'autre rive de la vallée d'Argelez; mais les orphites qui n'existent que dans la v;illée principale et dans celle de la rive droite sont plus communes dans la portion orientale de la moraine terminale. » En résumé, pendant l'époque quaternaire, un immense glacier rem- plissait la principale vallée des Hautes-Pyrénées, celle d'Argelez, et s'éten- dait même dans la plaine. Sa longueur était de 53 kilomètres. La pente moyenne de sa surface o™,o38, et sa moraine terminale s'arrêtait à une altitude de 4oo mètres environ. Le climat était nécessairement fort différent de ce qu'il est aujourd'hui. La faune l'était également : pour compléter ce travail, notre ami, M. Edouard Lartet, a bien voulu nous donner la liste des principaux mammifères éteints, émigrés ou existant encore, (|ui ont vécu dans le sud- ouest de la France pendant l'époque quaternaire. Nous la reproduisons ici; M. Alphonse-Milne Edwards y a joint celle des oiseaux des cavernes de la même région. L'ensemble de cette faune est celle d'un pays froid, la zoologie confirme complètement les données de la géologie. Fiiiinr ihi siid-nusl de In France ijendant l'(pn(jiiv quntcriiairr. » i" Animaux disparus. — Elephas nntir/iius, Falc; E. priitii^cniiis, Bliim.; Rliirwccros Mcrhii, I^aiip.; R. tirlinrhinus, Cuv.; Bo.s primigeniiis; Cervris mcgacerns, Hartin.; Ursus s/xlœits, Roseiini.; fcli.i spelœti, Goldf.; Hrrenn .ijjilœn. Golf; FI. siriata, Zinimorni.; — Griis primigi'nin , Alpli. M. I'2(lw.; •> 2" Animaux émigrés. — Bison curopœus, Ciiv.; Ovibos moschatus, de Bl.; Ce/viis Ta- randii.i, L.; Cnpia Ihe.r, L.; Antilope rupicapia F.rxl.; A. Saiga, Pall.; Ari'tonn's ^'Inr- ( i4i ) mota, L. Spermnphilus, voisin du S. Parryi, Richard ; Felis Lynx. — Stryx lapponira, Gm.; Tetrau lagopus, L.; T. albus et T. tirogatlus, L.; Pjrrhocorax alpinus, Vieill. » 3° Animaux existant encore dans la contrée, — Castor europœus. Brandi. — Gypaètes harhatus, Temm.; MiUms i-egalis. Vieil!.; Falco tiniiiinculus, Vieill.; Butco rineretis, Gm.; Hiriindo riipestris, Teinni.; Corviis cora.i-, Vieill.; C. pica, Temin. » « M. Ei.iE DE Be.4ujiont expriiiie la satisfaction qu'il éprouve en voyant défini par des mesures précises, et figuré par des dessins exacts, Veu- semble unique et magnifique que présente le phénomène erratique dans la vallée d' A rgelez et dans celles qui y affluent. Il ajoute que, suivant une opinion déjà ancienne, qu'il n'est pas .seul à maintenir, ces résultats méca- niques si frappants, enchaînés de proche en proche, d'une manière conti- nue, depuis le cirque de Gavarnie, leTourmalet et le lac de Gaube, jusqu'au barrage moutonné de Lourdes, et bien au delà dans les développements sinueux des vallées sous-pyrénéennes, s'expliqueraient aussi bien, et même mieux encore, par l'action des courants diluviens que par celle d'un vaste glacier. » NOMINATIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Secré- taire perpétuel pour les Sections de Sciences physiques, en remplacement de M. Flourens. Au premier tour de scrutin, le nombre des Membres ayant droit de voter étant .jG, et le nombre des votants étant également 56, M. Dumas obtient 3o suffrages. M. Coste. . 23 » M. Claude Bernard a » 11 y a un billet blanc. M. DiiMAS,ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est proclamé élu. Sa nomination sera soumise à l'approbation de lEmpereur. MÉMOIRES PRÉSENTÉS THERMODYNAMIQUE. . — Mémoire sur les attractions moléculaires et le travail chimique; pur M. Ath. Dupré (partie expérimentale en commun avec M. P. Dupré). (Extrait par l'aulcnr.) (Commissaires précédemment nommés : MM. Regnaiiit, Morin, Combes.) « Il y a longtemps déjà que j'ai introduit dans la science les attractions au contact et prouvé qu'avec un choix convenable des unités, un même nombre ( i42 ) peut servir h les représenter en même temps que la dérivée du travail interne et le travail de désagrégation totale. Ces quantités peuvent, ainsi que les forces de réunion, être envisagées sous trois aspects et servir à résoudre des questions variées lorsqu'on a réussi à en trouver la valeur. Récemment, j'ai obtenu à l'aide des chaleurs latentes ou des forces élasti- ques mesurées par M. Regnault pour un grand nombre de corps, le travail de désagrégation totale de chacun d'eux, et par suite, l'attraction qui est l'obstacle à la désagrégation. En suivant la même marche que j'ai employée pour les forces de réunion, j'ai déduit, des attractions au contact des corps composés, celles des corps simples qui y entrent : si l'on réussit un jour à solidifier l'hvdrogéne et à lui donner la forme d'un fd ayant pour section un n)illiiJiètre carré, l'attraction totale à vaincre pour le séparer suivant un plan perpendiculaire à sa longueur sera de 5ooo kilogrammes environ, en admettant qu'il prenne la même densité que l'eau; avec une densité égale à lo, l'attraction deviendrait cent fois plus grande encore. Toutefois, il ne faut point oublier que la charge qui produit la rupture est puissamment aidée par la force expansive due à la chaleur, laquelle devient probablement nulle au moment même de la séparation ; mais alors la densité et l'attrac- tion ont été amoindriesdans une proportion qu'il parait impossible de déter- miner aujourd'hui. » Pour les corps simples autres que l'hydrogène, lorsqu'on les ramène par le calcul à la densité i, L' allraclion au contact est inversement proportion- nelle au carré de l'équivalent cliimique ou d'un nombre e en rapport simple avec lui. Il est très-probable que la valeur de e fournie par cette loi est le véri- table poids atomique. » Lorsqu'on suppose deux corps simples différents distribués uniformé- ment, un de chaque côté du plan qui est leur limite commune, l'attraction au contact par millimètre carré s'obtient en divisant la v(deur 5ooo relative à r hydroqène par le produit des deux poids atomiques. Dans certains cas, ce quotient doit être multiplié par un J acteur simple.^ rpti est quelquefois négatif. » Etant données les attractions des corps simples les uns siu' les autres, on en déduit aisément, par le calcul, l'attraction au contact dans un com- posé quelconque, et le résidtat s'accorde avec celui que donnent les chaleurs latentes ou les forces élastiques. Les différences peuvent toujours être attribuées aux causes d'erreur connues. De là il résulte que les attractions moléculaires sont déterminées exclusivement i)ar la nature chimique, sans que le groupement y ait aucune part, » La théorie des attractions au contact est assez avancée maintenant pour ( i43 ) qu'on puisse calculer à priori la température finale d'un gaz après son expansion sans travail externe. Dans l'expérience devenue célèbre, faile d'abord par Gay-Lussac, reprise ensuite et confirmée en Angleterre par M. Joule et en France par M. Regnault {Comptes rendus, t. XXXVI, p. 680), le passage brusque de dix atmosphères à cinq amènerait avec de l'hydrogène un abaissement de température de 2^,1 si l'on pouvait empêcher l'action des corps environnant la masse gazeuse. Avec de l'oxygène la variation serait quadruple, et avec le chlore deux fois et un quart plus grande que pour l'hydrogène; de sorte que la densité ne joue point dans ce phénomène un rôle aussi important qu'on !'a cru. Pour l'air, le calcid doime ^'^,fi^ mais ce calcul est fait avec des données dont certaines ont besoin de con- firmation. » Lorsrju'on mêle deux gaz, l'oxygène et l'hydrogène par exemple, on pen!>e généralement que le mélange est très-intime et que l'oxygène ne demeure pas à l'état de masses notables séparées par des masses notables d'hydrogène. Si cette opinion est exacte, la théorie des attractions au cou- tact montre qu'il y a production de clialeur quand on opère le mélange qui vient d'être indiqué; l'élévation de température est maximum et égale à i°,io dans le cas où les volumes sont égaux. Par la considération des forces de réunion et des attractions au contact appliquées aux dissolutions des liquides les uns dans les autres, on peut décider si les particules non divisées sont très-petites par rapport au rayon de la sphère d'attraction sensible, tel qu'on l'enx'isage en capillarité, ou [)ar rapport à la quantité beaucoup plus petite exprimant la distance au delà de laquelle toute action est négligeable dans le calcul des attractions au contact. Une série d'expériences laites sur les mélanges d'eau et d'alcool a prouvé qu'ils ne sont pas très-intimes. » Les lois des attractions à très-j3etites distances ont permis de com- mencer l'étude du travail produit pendant les combinaisons chimiques. Il est très-grand en comparaison du travail physique; de là, il résulte que la distance initiale des deux atomes qui s'unissent est indifférente : un mélange d'hydrogène et d'oxygène peut, du moins dans une première approximation, être pris sous un volume 20 fois plus grand nu plus faible sans qu'on ait besoin de tenir compte du travail interne conespondant à cette variation. On est conduit, en supposant applicables jusqu'au contact les lois trouvées pour de tiès-petites distances, à deux lois chimiques dont voici les énoncés : " 1" Le travail chimique de réuniou de deux alomes semblables est imiépen- danl de leur nahire ; f '44 ) » 2" Le Irauail de cuinbhiaisoii de deux atomes dissemblables égale le travail de réunion de deux atomes semblables multiplié par un facteur simple, qui est souvent l'unité. » A l'aide de ces deux lois, on explique sans peine presque tontes les chaleurs de combinaison obtenues par Lnpiace et Lavoisier, Duiong, iMM. Favre et Silbcrmann, elc; on comprend pourquoi certains corps fournissent de la chaleur en se décomposant, et l'on peut piévoir des faits analogues. » Cetle théorie du travail chimique n'est encore que probable, mais elle sera facilement soumise à de nombreuses vérifications ex|)érimentales, au moyen desquelles on pourra la confirmerai la compléter ■■. M. LE Général Morin demande à l'Académie de vouloir bien soumettre à l'examen d'une Commission spéciale le Mémoire adressé précédemment par M. Carret, au sujet de l'influence funeste qu'exerce sur la santé l'usage des poêles de fonte. Ce Mémoire sera renvoyé à une Commission composée de MM. Payen, Morin, Fremy, H. Sainte-Claire Deviile etBussy. La Commision des Arts insalubres, à laquelle le Mémoire avait déjà été adressé, reste libre d'ailleurs de prendre au sujet de ce travail telle détermination qu'elle jugera conve- nable. M. A. MiERGUES adresse de Boufarik la description tl'une pile composée d'un vase cylindrique de charbon poreux, coutcuaut de l'acide nitrique, et d'un cylindre extérieur de zinc amalgamé, plongeant dans un vase plein d'eau. (Commissaires : MM. Becquerel, Pouillet, Regnault.) M. C. Baillet adresse une « Note sur les Strongyliens et les Scléi'osto- miens de l'appareil digestif des bètos ovines ». Cette Note est destinée à servir de complément au travail im|ii'iméque l'auteur à soumis au jugement de l'Académie sur l'Histoire naturelle des Helminthes des principaux Mam- mifères. (Renvoi à la Commission des prix de Physiologie.) ( i45 ) CORRESPONDANCE . M. i.E Ministre de l'Instruction pcbliqce transmet à l'Acaclémie le désir exprimé par le Musée transylvanien de Klausenburg, d'obtenir les Comptes rendus de ses séances au lieu des Mémoires qui lui sont adressés chaque année. (Renvoi à la Commission administrative.) M. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, une brochure de M. Jacquier ayant pour titre : « Exposition élémentaire de la Théorie mécanique de la Chaleur, appliquée aux ma- chines ». M. Is. Pierre, Correspondant de l'Académie des Sciences, prie l'Aca- démie de vouloir bien le comprendre parmi les candidats à la place devenue vacairte dans la Section d'Économie rurale, par suite du décès de M. Rayer. (Renvoi à la Section d'Économie rurale.) HISTOIRE DES SCIENCES. — Observations relatives à une Noie insérée dans une Lettre attribuée à Pascal et adressée à M. Boy le, en date du i septembre 1 65a ; par M. de Pontécoulant (*). K On lit dans cette Note ( "*) : « On connaît la puissance de la gravité sur la Terre, par la descente des » corps pesants et en évaluant la tendance de la Lune sur la Terre ou son » écart de la tangente à son orbite, dans un temps donné quelconque. » Cela posé, comme les planètes font leur révolution autour du Soleil, et » que deux d'entre elles (Jupiter et Saturne) ont des satellites, en éva- » luant par leurs mouvements combien une [ilanète a de tendance vers le » Soleil, ou s'écarte de la tangente dans un temps donné, et combien quel- » ques satellites s'écartent de la tangente de leur orbite, dans le même » temps, on peut déterminer la proportion de la gravité d'une planète vers » le Soleil, et d'un satellite vers sa planète à la gravité de la Lune vers la » Terre, et leurs distances respectives Il ne faut pour cela que, confor- (*) L'Académie a décidé que ceEte communication, bien que dépassant les limites régle- mentaires, serait reproduite en entier au Compte rendu. (**) Comptes rendus, l. LXV, p. 92. C. R., iSeS, i" Semestre. CV. LWl, N" 5. 20 ( i46 ) » mémeiit à la loi générale de la variation de la gravité, calcider les forces » qui agiraient sur ces corps, à distances égales du Soleil, de Jupiter, de » Saturne et de la Terre. Et ces forces donnent la proportion de matière » contenue dans ces différents corps. C'est par ces principes qu'on trouve » que les quantités de matière du Soleil, de Jupiter, de Saturne et de la I) Terre sont entre elles comme les nombres ' 1067 3o2i 169282 » Pascal. » • » Traduisons ces considérations en langage analytique : » Soit h la hauteur dont une planète qui tourne autour du Soleil, et que nous supposerons accompagnée d'un satellite, descendrait vers cet astre dans un temps donné, dans l'intervalle d'une seconde, par exemple, en vertu de la force attractive de cet astre, sans la vitesse de projection qui la retient dans son orbite. Cette hauteur, ou ce qu'on peut ap|)elersou écart de la tangente à son orbite, est évidemment égale au sinus verse de l'arc que la planète décrit dans une .seconde de temps. Si l'on désigne par T le temps d'une révolution sidérale de la jilanète, par r la distance moyenne au Soleil, ])ar n le rapport de la circonférence au diamètre, cet arc sera égal , 27r/- ., , . ... , , a —=-■> et comme 11 est necessau'ement tres-petit, son stniis verse sera a très- peu près égal à I iTzi-y , 27r'r on aura donc mais si l'on nomme 9 la force accélératrice qui sollicite la planète vers le centre du mouvement, c'est-à-du-e la force attractive du Soleil à la dis- tance /■, on sait que cette force a poiu- mesure le double de l'espace que le corps parcoiut dans la première imité de temps; on aiua doue ainsi 2 7r'/- 4"'' » Soil maintenant S la masse du Soleil, la force attractive qu'il exerce sur la planète à la distance /sera représentée, conformément à la loi géué- raie de la gravitation, par — ; on aura donc ( '47 ) Soit maintenant P la niasse de la planète que nous considérons, et que nous supposor.s avoir nn satellite, soit /' la dislance du satellite au centre delà planète, et T' le temps périodique; on aura de même et, par suite, i-mi » Cette formule, qui résulte directement des considérations énoncées dans la Note attribuée à Pascal, est précisément celle dont Newton s'est servi pour déterminer les masses des planètes qui sont accompagnées de satellites, ou plutôt leur rapport à la masse du Soleil, et à laquelle il est arrivé directement par les lois du mouvement elliptique; mais, pour en faire usage, il faut avoir des données qu'on ne peut se procurer que par des observations très-délicates, faites avec des instruments très-puissants, qui demandent d'ailleurs un concours de circonstances qui se reproduisent rarement, et sur les résultats desquelles il peut rester encore aujourd'hui beaucoup d'incertitude après plusieurs siècles de travaux assidus, malgré les immenses progrès qu'ont faits de nos jours le perfectionnement des in- struments et les procédés d'observations. En effet, on peut à la rigueur T regarder le rapport — qui dépend des temps périodiques comme parfaite- ment connu, tant pour la Terre que pour Jupiter et Saturne, mais le l'apport — î c'est-à-dire le rapport de la distance du satellite au centre de la planète, et de la distance moyenne de la planète au Soleil, exige qu'on ait déterminé avec luie extrême précision l'angle qu'on appelle en astro- nomie V élongalion gcocentrique ou héliocentrique du satellite, ce qui ne peut s'obtenir qu'à l'aide d'instruments et de moyens d'observations qui n'exis- taient pas encore au temps de Pascal. Newton eut le bonheur de trouver dansPound un astronome aussi zélé qu'habile qui, en employant dans ses recherches d'excellents micromètres adaptés à inie lunette de laS pieds de longueur, lui fournit les données indispensables à l'emploi de la for- mule. Les observations de Pound sont d'un genre si délicat et si difficile; elles exigent, comme nous l'avons dit, un concours de circonstances qui se reproduit si rarement, qu'elles n'ont pas été renouvelées d'une manière complètement satisfaisante depuis lui, du moins en ce qui regarde Saturne, malgré le grand nombre d'observateiu's répandus aujourd'hui sur toute la surface du globe et les demandes incessantes des géomètres à ce sujet. 20.. ( •4S ) H II est donc bien évident que, quand bien même Pascal, par la force de son génie, serait parvenu à la formule qu'a depuis donnée Newton dans son immortel ouvrage des Principes, il n'aurait pu en faire aucun usage, faule des données nécessaires pour la traduire en nombre; cependant il n'hésite pas à donner, ainsi qu'on l'a vu dans la Note que nous avons citée textuel- lement, comme provenant de l'application de ses formules, pour le rapport des masses de Jupiter, Saturne et la Terre, à celle du Soleil prise pour unité, les nombres suivants : III 1067 3o2i 169^82 )) Or c'est ici que la falsification apparaît dans toute son évidence, car la première valeur est précisément celle qu'a trouvée Newton pour la masse de Jupiter en parties de celle du Soleil (liv. III, prop. viu), et dont les géomètres ont fait usage jusqu'à ces derniers temps, où elle a été légè- rement corrigée par les travaux de MM. Bouvard, Airy, Eucke, etc. La seconde valeur diffère très-peu de celle donnée par Newton (liv. III, prop. Vlll) pour le rapport de la masse de Saturne à celle du Soleil, et qu'il a déduite des observations faites par Ponnd, pour déterminer la distance du 6* satellite de Saturne au centre de la planète, distance que Pascal ne pouvait connaître, puisque l'existence même de ce satellite n'était pas en- core découverte à cette époque. Enfin la troisième valeur, qui détermine le l'apport de la masse de la Terre à celle du Soleil, et qui aurait dià être la plus exacte puisqu'elle ne déj)end que du rapport des distances de la Terre au Soleil et à la Lune, que Pascal pouvait connaître beaucoup plus exacte- ment que les deux autres, est celle au contraire qui s'écarte le plus des données reçues. En admettant, en effet, que cette valeur ait été déduite de la formule que nous avons tirée des idées attribuées à Pascal sur le pouvoir attractif du Soleil et des planètes, on reconnaît que pourqu'inie telle valeur de la masse de la Terre ait pu en lésulter, il faudrait supposer le rapport des distances de la Terre au Soleil et à la Lune beaucoup plus considérable qu'il ne l'est réellement, et comme la distance de la Lune doit être supposée assez bien connue, il faudrait admettre que Pascal faisait Ja distance solaire .^11 fois seulement plus grande que celle de la Lune, ou de 18696 lieues à peu i)rès, tandis que le Soleil est en réalité plus de /ioo fois plus éloigné, de nous que la Lune, et que sa distance à la Terre est de a'iSSa lieues environ. Or de pareilles erreurs sont difficiles à admettre chez lui homme tel que Pascal, qu'on doit supposer parfaitement au couiant des connais- sances astronomiques de son temps. ( i49 ) 1) On peut donc conclure de cette discussion, qu'il serait inutile de pousser plus loin, que les prétendues Lettres de Pascal, présentées récem- ment à l'Académie des Sciences par M. Chastes, ou du moins la partie de ces Lettres qui se rapporte à la découverte de l'attracliou, ne sont point sorties de la plume de ce grand homme, qu'elles ont été écrites dans un temps beaucoup postérieur à l'apparition du Livre des Principes, et que les découvertes qu'elles énoncent comme émanées du génie de Pascal ne sont qu'un pastiche dissimulé avec adresse, sans qu'on puisse toutefois deviner dans quel dessein, des principales propositions qu'on trouve rigoureuse- ment démontrées dans cet immortel ouvrage. Appendice. — application de ta foriinile attribuée à Pascal h la détermination des masses des trois planètes Jupiter, Saturne et la Tene. » Si l'on désigne par S la masse du Soleil, par P celle de la planète que T l'on considère, par —j le rapport des temps périodiques de la planète et de son satellite, par — le rapport de leurs distances respectives au centre du Soleil et au centre de la planète, on aura par ce qui précède : » Appliquons cette formule à la détermination de la masse de Jupiter. » Si l'on prend pour T' et /•' les valeurs qui conviennent au 4"^ satellite; dont la révolution périodique étant plus longue et la distafice au centre de la planète étant plus considérable que celles des trois autres satellites, sont aussi plus faciles à observer, on aura, par les plus récentes obser- vations : T = 4332J,58/| I , r = i6J,689o, d'où l'on conclura log^ = 2,4i43i68, valeur qui diffère peu de celle employée par Newton dans ses calculs, et qui peut être regardée comme aussi bien connue que celle du rapport cor- respondant relatif au mouvement de la Terre autour du Soleil et de la Lune autour de la Terre. » Quant au rapport —i qui dépend des distances respectives de la pla- nète au centre du Soleil et du satellite au centre de la |)lauète, on ne peut s'attendre à la même exactitude, parce qu'il exige des observations très-dé- ( IDO ) licites, des inslruments d'une grande puissance, -des observateurs très- exercés |)our saisir le moment précis où le satellite est dans sa plus grande élongalion géocentrique , et enfin nn concours de circonstances favorables qui se présentent très rarement. Aussi, les observations de Pound, rappor- tées par Newton au commencement du IIP livre des Piin(ij)es, ont-elles presque exclusivement servi, pendant longtemps, aux astronomes pour la détermination de ce rapport , et, quoique plusieurs lois répétées depuis, elles sont encore celles qui semblent mériter le plus de confiance (*). » Lorsqu'on a déterminé par l'observation la plus grande élongation géocentrique d'ui^ satellite à une époque quelconque, on en conclut aisé- ment la plus grande élongation liéliocentri(iiie^ c'est-à-dire vue du Soleil, à la distance moyenne de la planète au Soleil; or, le rapport — est évidem- ment égal au sinus de cette élongation. Cet angle a été trouvé par Pound, avec une lunette de i5 pieds de long, armée d'excellents micromètres, égal à 8' i6"; on peut donc faire 4 = sin8'i6", >■ T et en employant la valeur de — trouvée plus liant, on aura •og(^y (^^y= 6,9718019, et par conséquent P = 1067 .002 » Cette valeur s'accorde, à très-peu près, avec celle trouvée par Newton d'après les observations de Pound et adoptée longtemps par tous les géomètres qui ont fait usage, dans leurs calculs, de la masse de Jupiter, mais elle en différerait beaucoup en supposant, dans les éléments employés pour la déterminer, même des variations très-légères. Ainsi, par exemple, la glus grande élongation liéliocentricjue du 4* satellite à la distance moyenne de Jupiter au Soleil, au lieu d'être de 8' 16", comme le trouvait Pound, devrait être, d'après les observations de Cassini, de 8'45";en adoptant cette supposition, on aurait donc - = sin8'45", /■ (*) Les rùcentts itilioiclu s de iM. Airy, loiniiio nu lo \eiia plus loin, n'ont f,\it iiiio con- (iriiit T rixactiliuic des ol)scivalioiis de Poimd. ( '5. ) et l'on en flédiiirait, pour la masse de Jupiter, 899,834 Cette valeur est beaucoup plus forte que celle qui résulte des observations de Pound, et s'écarte considérablement de celle qu'on a déduite par des méthodes très-différentes d'autres phénomènes célestes qui dépendent de la masse de Jupiter. » M. Airy, le savant directeur de l'Observatoire de Greenwich, a repris, dans ces derniers temps, une série d'observations sur le 4*^ satellite de cette même planète, et l'on est justement étoiuié de voir combien les résultats qu'il a obtenus, en faisant usage des instruments perfectionnés que nous possédons aujourd'hui, et en apportant dans la pratique des observations tout le soin et toute l'habileté qu'on lui connaît, différent peu de ceux que Pound avait obtenus il y a plus de deux cents ans, et qui ont si merveil- leusement servi New^ton dans la découverte de la grande loi de la gravi- tation luiiverselle. Ainsi M. Airy a trouvé la plus grande élongation du /j*^ satellite de Jupiter, vue du Soleil à la distance moyenne de la planète à cet astre, égale à 8' 18", 883, c'est-à-dire avec une différence moindre de 3" de la valeur que Pound lui avait assignée ; encore parait-il que M. Olbers, en discutant de nouveau les observations de ce grand astronome, dont on possède encore les originaux, a trouvé, entre les résultais qu'il en a déduils et ceux qui proviennent des recherches de M. Airy, vui accord parfait. Ce dernier en a conclu, pour la masse de Jupiter, P = 1048,69 valeur qui diffère peu de celle donnée par Newton, et qui s'accorde d'ail- leurs presque identiquement avec celle qu'on a déduite du calcul des attrac- tions exercées par Jupiter sur les petites planètes Junon, Vesla, etc. w On voit donc par ce qui précède qu'une légère différence dans le rap- port des distances du satellite au centre de la planète et de la planète au centre du Soleil change considérablement là valeur de P ou de la masse de Jupiter, et qu'il serait difficile d'admettre que Pascal, qui ne connaissait pas les observations de Pound, eût pu arriver à une évaluation de celle masse, presque identique avec celle que Newton avait conclue d'une savante dis- cussion de ces observations. » Déterminons de la même manière la masse de Saturne. En nommant Tle temps d'une révolution périodique de la planète et T' celui d'une révo- ( »5. ) lution périodique du 6* satellite qui, étant le plus gros de tous, est aussi le plus facile à observer, on aura T = 10759^,2198 et T' = i5J, 94530, d'où l'on conclut T log-, = 2,8291481. r' » Quant à la valeur de — » c'est-à-dire du rapport des distances moyennes de la planète au centre du Soleil et du satellite au centre de la planète, Newton, en s'appuyaut des observations de Pound fiiites avec une lunette de 123 pieds armée d'excellents micromètres, avait conclu que la plus grande élongation du 6® satellite (*), vue du Soleil et réduite à la distance moyenne de Saturne au Soleil, était de 3'4", et il avait supposé, en consé- quence, — = sin3'4", ce qui, en employant la valeur du rapport — trouvée plus haut, donne 'og {fjyT) =6,5094740, et, par suite, P = 8094, 04 I » Mais cette valeur serait beaucoup trop forte; Lagrange , en sou- mettant à une nouvelle discussion les observations de Pound et eu corri- geant plusieurs erreurs commises par Newton, dans l'usage qu'il a fait de ces observations, a trouvé que la plus grande élongation liéliocentrique du 6° satellite à la distance moyenne de la planète au Soleil était moindre de 5" à peu près que Newton ne l'avait supposé, c'est-à-dire que cet angle serait de 2' 59" seulement, ce qui donne — = sin 2'5q", d'où l'on conclut, comme précédemment, pour l;i masse de Saturne, 3358,4» valeur qui se rapproche beaucoup de celle que Bouvard a conclue des équa- (*) Le 6' satellite, dans l'ordre dfi leurs distances au centre; de Saturne, est le plus gros de tous; c'est celui qui fut découvert par Huygens en i655, et qui servit à Pound dans ses observations; c'est le seul qui eût encore été découvert à cette époque; la connaissance des sept mitres est d'une i\!tU- postérieure. ( i53 ) lions de condition de ses nouvelles tables de Jupiter, Saturne et Uranus, m.iis qui parait encore trop forte. » Enfin Bessel, dans ces derniers temps, par une série d'observations nouvelles faites avec le plus grand soin et avec des instruments d'une grnnde portée, a trouvé que l'angle sous lequel la distance du 6"^ satellite de Saturne au centre de la planète vue du Soleil, dans les distances moyennes de la planèie à cet astre, ou sa plus grande élongation liéliocentiique, devail être réduit à a'56",586, ce qui donne r- = sin 2' 56" 586, d'où l'on a conclu, avec la valeur précédente de —,-, pour la masse de Saturne 3500,34?. « Cette valeur est presque identique avec celle que Bouvard a conclue ties équations de condition de ses nouvelles tables de Jupiter, Saturne et Uranus ;*). » On voit donc, comme pour Jupiter, combien les observations de Poiuid approchaient de l'exactitude, puisque ces observations, renouvelées plu- sieurs fois depuis par les astronomes les plus habiles, n'ont pu y faire dé- couvrir que quelques légères différences qui ne dépassent pas deux ou trois secondes au plus. I^es observations de Pound, comme nous l'avons dit plus haut, se rapportaient au 6* satellite (dans l'ordre de la distance des satellites au centre la planète), le seul qui fût connu de son temps. Il avait été dé- couvert par Huygens en i655. On voit donc combien il est absurde de sup- poser que Pascal ait pu connaître cette découverte et en tirer les éléments nécessaires à ses calculs dans une lettre datée de l'année lôSa. » Passons à la Terre, dont nous déterminerons la masse par la même formule, quoique l'on en ait aujourd'hui de plus exactes pour la calculer. T Le ra[)port =7 peut être regardé comme parfaitement connu; en effet. Tétant supposé représenter la durée de l'année sidérale et T' celle d'une révolution sidérale de la Ijuie, on a T=365J, 25637 et T' = 27^,32166, (*) D'après les tables de Bouvard, on a P = 35 12 C. r... iSf,8, ler Semestre. {T. LXVI, N" 3.} 21 ( '54 ) d'où l'on conclut T log-, = 1,1260906. » Quant au rapport -1 il peut laisser, même encore aujourd'hui, assez d'incertitude pour faire varier considérablement la valeur qu'on en déduit pour la Tnasse de la Terre. En effet, il dépend du rapport des parallaxes du Soleil et de la Lune dans leurs moyennes distances à la Terre ; or, les astronomes ne sont point encore invariablement fixés sur ces deux points : si, d'après les données les plus généralement adoptées, on suppose la parallaxe du Soleil dans sa dislance moyeiuie à la Terre, de 8", 5776, et celle de la Lune, dans les mêmes conditions et dégagée des inégalités produites par les perturbations résultantes de l'action du Soleil, de 57'3", on poiu'ra faire ^ r sint)7 3 ce qui donne 'og7 = 7'3989789; au moyen de ces valeurs on trouve log(|lj" (7)' =4,4491179. d'où l'on conclut P = 355534,749 » Cette valeur s'accorde assez bien avec celles que l'on a obtenues par d'autres formules qui, étant indépendantes de la parallaxe de la Lune, ne sont point sujettes aux variations qui dépendent des valeurs différentes qu'on assigne à cet élément. On voit en effet qu'un changement, même peu considérable, dans la valeur supposée à la parallaxe lunaire, altérerait d'une manière très-sensible la valeur de la masse de la Terre déduite de la for- mule dont nous avons fait usage; ainsi, par exemple, pour que la masse de la Terre, tirée de cette formule, fût égale à —. — -p^? c'est-à-dire double à peu près de sa valeur réelle, comme il est dit dans la Lettre attribuée à Pascal, il faudrait, en admettant que la parallaxe du Soleil est telle à peu près que nous l'avons supposée, faire celle de la Liuie de 45' 33" au lieu de 57'3", c'est-à-dire que la distance de la Lune à la Terre devrait être augmentée dans le rapport de 399 à 3i i ; or, une pareille erreur est beau- coup trop forte pour être attribuée à Pascal dans un temps où tous les élé- ( '55 ) ments du système solaire étaient à peu près aussi bien connus qu'ils le sont aujourd'hui. Cette dernière asserdori montre mieux encore que toutes les autres que cette partie de la Correspondance, prétendue émanée de Pascal, qui traite de la grande découverte de la gravitation universelle, est tout à fait apocryphe^ et ne saurait mériter un examen sérieux de tout homme initié aux premières notions de la théorie du système du monde. » ÉLECTRICITÉ. — Sur le rétablissement spontané de raie voltaique après une extinction de courte durée; par M. Wartmann. (Extrait d'une Lettre à M. Edm. Becquerel.) « M. F. -P. Le Roux a présenté à l'Académie, dans la séance du 3o dé- cembre dernier, une Note relative au fait du rétablissement spontané de l'arc voltaïque entre des charbons tenus à distance. >) J'ai observé ce phénomène et je l'ai utilisé dès 1 852, dans une série de recherches sur l'éclairage électrique (i)... » M. Le Roux estime à ^r '^^ seconde le temps pendant lequel le passage du courant peut être interrompu dans le circuit d'une pile de cinquante éléments sans que- l'arc soit anéanti. J'avais trouvé 4t, de seconde, valeur qui ne diffère de la sienne que de —^ de seconde. J'ai toujours considéré le rétablissement de la circulation électrique comme dû à la présence des particules solides intercalées entre les pôles, au sein des gaz portés à une température excessive. » TÉRATOLOGIE. — Sur la production artificielle des monstruosités; par M. C. D A RESTE. « J'ai publié, jusqu'à présent, les résultats de mes travaux, sur la pro- duction artificielle des monstruosités, par fragments isolés, et au fur et à mesure de leur manifestation dans mes expériences. Il en est résulté que, faute d'en connaître l'ensemble , beaucoup de physiologistes n'ont pas compris la vraie nature de ces travaux, et me font, chaque jour, à leur sujet, des objections qui ne sont point fondées. Tout récemment encore, ils viennent d'être exposés, d'une manière inexacte de tous points, dans le Rapport que M. Claude Bernard vient de publier sur les progrès récents de la Physiologie générale (2). Je ne puis rester dans luie situation pareille ; et (i) Archives des Sciences de Genève, décembre 1857. (2j yoir le Rapport de lAI. Cl. Bernard, p. 112. 2f .. ( '56 ) je demande à l'Académie la permission d'exposer, d'une manière brève niais com])lète, !es procédés que j'emjjloie, les résultats qu'ils m'ont déjà donnés, les espérances qu'ils me font concevoir. J'accepte pleinement la discussion sur mes travaux, mais à la condition qu'elle porte sur ce que j'ai fait réel- lement, et non sur les idées plus ou moins fausses que l'on aura pu se faire à leur sujet. » J'ai cherché, depuis longtemps, à troul>ler l'évolution embryonnaire, en modifiant les conditions physiques de l'incubation ; et j'ai d'abord em- ployé, dans ce but, le vernissage partiel des œufs. Mais j'ai reconnu que les résultats obtenus ainsi dépendaient, au moins en grande partie, d'une antre cause, de la manière dont les œufs s'échauffent dans la couveuse arti- ficielle qui sert à mes expériences. J'ai donc abandonné provisoirement le vernissage des œufs pour ne pas compliquer, par rintervenlion de causes perturbatrices accessoires, un procédé qui me donne toujours des ano- malies. Je le reprendrai quelque jour. )) Dans cette couveuse artificielle, le contact de l'œuf avec la source de chaleur ne se fait que par un seul point. Or, si au lieu d'échauffer direc- tement le point culminant de l'œuf, point que la cicalricnle vient toujours occuper au début du développement, on échauffe un point de l'œuf situé à une certaine distance du précédent, on trouble /ot//o»;\y l'évolution, et l'on détermine toujours une anomalie qui se manifeste d.uis la forme du blasto- derme d'abord, puis dans celle de l'aire vasculaire. » En effet, dans ces conditions insolites, le développement de la cica- tricule s'effectue beaucoup plus dans la région qui s'étend entre le point culminant de l'œuf et le point de contact avec la source de chaleur, que dans la région qui lui est opposée. Il en résulte que le blastoderme, puis l'aire vasculaire, prennent une forme elliptique ; et que l'embryon se pro- duit dans un des foyers de l'ellipse; tandis que, dans l'état normal, l'en- bryon occupe le centre d'iui blastoderme et d'une aire vasculaire parfai- tement circulaires. Ce résultat est très-net, tellement net, qu'en tenant compte de l'orientation primitive de l'embryon, et qu'en donnant à l'œuf une certaine position |)ar rajjport à la source de chaleur, on [jeut diriger où l'on veut cet excès de développement d'iuie partie du blastoderme, soit à gauche ou à droite de l'embryon, soit au-dessus de sa tète ou de son extrémité inférieure. » Cette expérience, que j'ai variée de mille manières, et qui ma toujoms donné le résultat prévu, cette expérience détermine évidemment un trouble de l'évolution, et ne peut pas être considérée comme une simple altération ( >57 ) pathologique, ainsi que le pense M. Cl. Bernard. Et j'insiste sur ce t'ait, car si l'on excepte la inémorable expérience de William Edwards concernant l'influence de la lumière sur la métamorphose des têtards, je ne connais au- cune autre expérience dans laquelle l'évolution d'un germe animal ait été modifiée par des conditions physiques dont le mode d'action est parfai- tement établi, et dont, par conséquent, les résultats peuvent être prévus. » Les embryons qui apparaissent dans les blastodermes ainsi déformés, sont très-fréquemment monstrueux : j'ai reconnu alors, en voie de for- mation, presque tons les types de la monstruosité simple que I. Geoffroy Saint-Hilaire a décrits dans son célèbre ouvrage, et quelquefois aussi, des types qu'il ne connaissait point, celui par exemple qui est caractérisé par l'existence d'un double cœur. J'ai pu réunir ainsi les éléments d'une Em- bryogénie tératologique, en substituant partout des faits d'observation aux notions hypothétiques à l'aide descjnelles on avait cherché à expliquer l'o- rigine des monstres, tant qu'on n'avait pu les étudier qu'après la naissance ou l'éclosion. J'ai déjà comnuuiiqué à l'Académie plusieurs résultats de ce travail ; j'ai montré que la célosomie, l'exencéplialie, et l'ecliomélie, si souvent associées, résultent d'un arrêt de développement de l'anmios ; que l'anencéphalie est produite par une hydropisie consécutive à une altération du sang ; que l'inversion des viscères s'explique par la prédominance de l'un des deux cœurs qui, ainsi que je l'ai découvert, existent normalement à une certaine époque de la vie embryonnaire. Tous ces faits ont été publiés. Bientôt je montrerai comment la symélie résulte d'un arrêt de dévelop- pement du capuchon caudal de l'amnios, et la cyclopie d'un arrêt de déve- loppement du capuchon céphalique du même organe. Toutes ces anomalies sont essentiellement caractérisées par des troubles de l'évolution ; car c'est seulement dans l'anencéphalie que j'ai constaté, au ilébut , une altération pathologique, mais cette altération pathologique intervient elle-même pour modifier le développement. Or, tous ces troubles de l'évolution, ont été évidemment produits par les conditions insolites dans lesquelles j'ai fût couver les œufs : car il est impossible d'expliquer autrement la fréquence très-grande des anomalies dans les œufs qui ont servi à mes expériences, et leur rareté très-grande dans les œufs soumis à l'incubation naturelle. « Je sais bien que certaines personnes objectent, à cette conclusion, que la même cause devrait toujours produire les mêmes résultats. Mais je répondrai qu'il faudrait pour cela agir sur des objets parfaitement iden- tiques. Dans le cas particulier qui m'occupe ici, il ne faut pas oublier que les causes modificatrices luttent, dans le germe, contre l'influence de l'hé- ( i58 ) redite, qui tend à maintenir le type de la race, tandis que les causes modi- ficatrices tendent à l'altérer plus ou moins |)rofondément. Or, qui ne sait combien les influences héréditaires varient suivant les individus ; combien il est impossilde de les appi ûcier et de les mesurer; combien, par consé- quent, il est impossible de prévoir les cas où elles prévaudront sur les in- fluences modilicatrices, et ceux où elles seront vaincues par elles ? Il y a peut-être là des conditions destinées toujours à rester dans l'indétermi- nation : mais nous savons tous qu'un grand nombre de résultats scienti- fiques ne sont et ne peuvent être, dans bien des cas, que des approximations de la vérité. » 11 me reste maintenant à faire pour les anomalies de l'embryon ce que j'ai fait pour les anomalies du blastoderme, et à rattacher chacune d'elles à une cause modificatrice. Mais cette recherche présupposait évidemment la connaissance du fait initial de chaque monstruosité, du moment précis où la direction normale du développement f.iit place à une dnection anormale. Maintenant que je possède, comme je viens de le dire, presque toutes ces notions, je suis en mesure d'aborder cette question nouvelle avec quelques chances de succès ; et je puis dire que de nombreuses indications me don- nent à ce sujet de légitimes espérances. » Je puis encore mentionner ici, mais seidement mentionner, de nom- breuses tentatives que j'ai faites pour faire couver des œufs à des tempéra- tures supérieures ou inférieures à celles de l'incubation normale. Elles m'ont fait entrevoir plusieursiésultatsimportants. Ainsi j'ai constaté qu'une tempé- rature supérieure à 4o degrés détermine souvent la production du nanisme. Mais, jusqu'à présent, les ressources insuffisantes d'un laboratoire de pro- vince ne m'ont pas permis d'expérimenter avec une précision satisfaisante. Du reste, je n'abandonne point celte partie de mon travail, et j'espère qu'un jour viendra où je pourrai surmonter tous les obstacles que j'ai rencontrés jusqu'à présent dans l'installation de mes appareils. » En résumé, je tiens à constater que le procédé di réchauffement iné- gal de l'œuf, lorsque la source de chaleur n'est pas très-éloignée de la cica- tricide, produit toujours une anomalie du blastoderme et de l'aire vascu- laire, et souvent une anomalie de l'embryon ; et que ces anomalies consis- tent en des troubles de l'évolution, et non pas en de simples altérations pathologiques. Ce sont là des faits acquis. J'espère pouvoir les compléter bientôt en rattachant chaque anomalie à une cause modificatrice. Mais quand bien même je ne réussirais pas dans cette partie de mon travail, cet insuccès n'infirmerait en rien l'importance des résultats déjà obtenus. « ( i59) GÉOLOGIE. — Faits pour sen'ir à l'histoire éniptive du Vésuve; jinrM. Diego Franco. (Extrait d'une Lettre à M. Ch. Sainte-Claire Deville.) « Naples, 24 décembre 1867, » ... M. Mauget, en vous rendant compte de l'excursion que nous fîmes ensemble an sommet du Vésuve, le 1 1 juin 1867 (i), vous a parlé du nou- veau cône adventif qui s'est formé dans l'entonnoir de l'ancien cratère pendant les années i86'3 et r864. Ce nouveau cône présentait alors à son sommet des émanations d'acide sulfureux (2), en grande abondance, et qu'on pouvait à peine examiner, tant elles attaquaient la respiration. » Le aS août suivant, j'y remontai de nouveau : l'acide sulfureux était presque entièrement dissipé, et, pour le retrouver, il fallait le chercher; je constatai sa présence dans une fumerolle placée au nord-est du cône; non- seulement il se trahissait par son odeur, mais je fis arriver, au moyen de mon petit aspirateur, le gaz de la fumerolle dans de l'acide nitrique où j'avais ajouté un peu de chlorure de baryum, et j'obtins un léger précipité insolu- ble. La même fumerolle contenait aussi de l'acide carbonique, car les éma- nations, reçues dans l'eau de chaux, donnaient un précipité blanc, soluble avec effervescence dans l'acide chlorhydrique. Un essai de ce gaz parla potasse et l'acide pyrogallique m'a donné : Acide carbonique et traces d'acide sulfureux . . 5,38 Oxygène 18,46 Azote 79 ) 16 100,00 Température des émanations.. . . 218 degrés. » Ijes fumerolles habituelles, au sud-sud-ouest de l'ancien cratère, qui sont éloignées d'environ i4o mètres du centre volcanique (3), donnaient, avec une température de 50°, 2 et une grande proportion de vapeur d'eau, un gaz ainsi composé : Acide carbonique i ,08 Oxygène 20 , 28 Azote 78,64 100,00 (1) Voyez la couiniunication de M. Mauget, Comptes lendus, t. LVX, p. 898. (2) Cet acide etait-il accompagné d'iuidc clilorhydriquc? Ménic question pour les éma- nations du aS août. (Ch. S.-C. D.) (3) Ce sont les fumerolles du point de lortie des petites laves de 1841 à i84ç), dont il est (uiestion dans la récente lettre de !\1. Alaugct, et dans ])lusieurs de nies communications à l'Académie. (Ch. S.-C. D.) ( -60 ) » Analysé sur le mercure, dans le laboratoire, ce gaz a présenté 6 pour i oo d'aci.(le carbonique. » Pendant les mois de septembre et d'octobre, le nouveau cône advc ntif a été assez tranquille, donnant à peine des vapeurs. Je n'ai pu alors le vi- siter, ayant été, pendant ces deux mois, employé à l'Observatoire de l'Uni- versité. Peu de jours avant la dernière éruption, le cône adventif a com- mencé à donner des fumées, qui augmentaient de jour en jour. Les appareils de l'Observatoire du Vésuve étaient dans une grantle agitation, lorsque, dans la nuit du la novembre, survint l'éruption, accompagnée de fortes détonations, de secousses contin Malgré les dangers que présentait l'ascension du Vésuve, je me décidai à la tenter le i5 novembre. T^e volcan était en feu, le sol se mouvait sotis les pieds, à de très-courts intervalles, les détonations étaient presque conti- nuelles, et ce qui effrayait le plus, c'était la pluie ou plutôt la grêle de fragments incandescents qui tombaient dans toutes les directions. Je me décidai, né.inmoins, à faire le tour du cratère vers le nord-nord-est; je trouvai une grande fente de ; inetre environ de largeur sur 5o de longueur, et plus loin, d'autres fissures pins petites qui donnaient beaucovq) de vapeiirs. Vers l'est, je trouvai un point favorabl(> pour observer l'éruption, en .lyant soin de tenir les yeux en haut, pour me garder contre ce qui pourrait tomber. )) Je vis le nouveau cône tout perforé, et presque à sa base, au nord-est, deux petits cônes (2 du phiii ci-dessons), qui avaient été les deux premières bouches de l'éruption et qui étaient éteints, et dans la même direction, in;iis lU) peu plus haut, trois autres bouches (3 du plan), qui rejetaient de la lave à flots sur l'entonnoir de l'ancien cratère. Au sommet du cône ad- ventif se trouvait la bouche primitive, quidétoiniait et projetait en l'air des matières incandescentes. Au sud de l'ancien cratère, il y avait encore quel- ques fissin-es qui dotuiaient de la fiuuêe. Enfin, au sud-ouest du cône adven- tif, se tiouvait une bouche en éruption, qui déversaitabondamment la lave en trois directions, dont deux, à droite de l'observateur, couraient sur la partie en foime d'entonnoir de l'ancien cratère, et dont la dernière, vers la gauche, faisait couler la lave sur le plan supérieur du volcan. Celte lave s'avançait lentement sur un mètre de liMuteur et deux mètres de largeur, et semblait s'apprêter à descendre siula pente nord-nord-ouest du grand cône du Vésuve. C'est ce qu'elle fit, en efièl, le 17, et elle se dirigea ensuite sur le chemin par lequel on faisait l'ascension de la montagne. ( '6. ) >j Je me suis alors dirigé vers les fumeroles habituelles du sud-sud- ouest dont j'ai parlé plus haut; elles semblaient donner, avec la vapeur d'eau, une plus grande proportion d'acide carbonique que d'ordinaire, autant que j'en ai pu juger par le blanchissemeiU de l'eau de chaux, car je n'ai pu faire d'analyse quantitative; mais je dois vous dire qu'au milieu de cetle grande activité de l'éruption, elles ne donnaient pas de gaz acide. [ (irandfs fissures. 2 Bouches f^iein'ps. 3 Bouches en ('niplion U; i.S tiovembrfl 18(^7. 4, Bouchf priiicipiilo. 5 Bouche dév(MB:inl I;i lave dans trois Jirpctions. (S Nouveau côuf. 7 Arifit'n rral<''re, on lornii^ (iVnlnuunir, » J\ijouterai, en terminant, qiir In lave aconiniencé par se déverser vers le nord-ouest, avec quelques déviations à l'ouest : vers le sud, du côte de Torre del Greco, et l'est, du côté de Pompéi, en petite quantité; en t;. K., iSfiS. l"' Smif'lir.! T. LW\, fl"Ti.) ^- ^ ( >62 ) grande quantité vers le nord, plus encore vers le nord-est, de sorte que, la nuit, les montagnes de la Somma paraissaient tout illuminées. » Nos appareils de l'Observatoire sont toujours dans une grande agita- lion : le sol est en mouvement, et l'Observatoire lui-même éprouve des oscillations très-sensibles. » )» M. Ch. Sainte-Claire Deville, à la suite de celte commiuiication, fait observer qu'elle présente un double intérêt. » En premier lieu, elle contribue à donner avec les lettres de MM. ^lau- get et Palmiiri, imprimées au Compte reiiilii de la séance du aS novem- bre 1867, les traits éruptifs du cratère supérieur du Vésuve, entre le 1 i juin et le 12 novembre, joiu' de la dernière crise du volcan. Elle montre, en particulier, par l'étude attentive et bien suivie des fumerolles de l'orifice des |)etites laves 18/JI-1849, comment ime partie active du cratère peut être sensiblement étrangère à ce qui se passe dans son voisinage; ou, ce que revient au même, comment deux fissures d'éruption peuvent être indé- pendantes l'une de l'aulre. » En second lieu, le travail de M. Diego Franco, éclairé par le dessin reproduit ici en gravure, permet de suivre toutes les phases de l'érup- tion actuelle, qui, ayant, comme toutes les éruptions strombotiennes^ son origine au sommet du volcan, se déverse à peu près indifféremment sur les diverses pentes du grand cône. Et, néanmoins, malgré cette posi- tion centrale de Voxe ëruplif, on voit très-bien suivant quel plan éniptifla montagne lend à s'ouvrir. Cette direction est donnée par la ligne qui joint les points 2, 3, 4 f^t 5 du croquis, c'est-à-dire les points actifs dans l'érup- tion actuelle. La fissure de l'éruption de 1867 est donc sensiblement diri- gée du nord-est au sud-ouest; mais, pour la comparer avec d'autres plans éruptifs du Vésuve, il faudrait savoir si le nord, dans le dessin de M. Diego Franco, est le nord vrai ou le nord magnétique. » M. Aristide Mauget, qui n'était pas à Naples lors des commencements de l'éruption, doinie, dans le document suivant, des détails précis sin- les dir^^clions qu'ont prises les petits courants, et aussi sur quehpies phéno- mènes secondaires qui ont précédé l'éruption du 1 q novembre, et dont on n'a ])as encore parlé. » Enfin, M. Henry Regnault, pensionnaire de l'Académie à Rome et fils de notre .savant confrère, raconte, avec une vivacité qui nous rend en (pielque sorte témoins du phénomène, ses impressions lors d'une ascension qu'il a faite au sommet du Vésuve, le 10 janvier dernier. » ( i63 ) GÉOLOGIE.— Faits pour servira Vhisloire éruptive du Vésuve; par M. A. Mauget. (Extrait d'une Lettre à M. Cli. Sainte-Claire Deville.) (( Le 27 septembre dernier, un tremblement de terre fut ressenti à Casteilammare : il effraya simplement la population, mais il eut, m'as- snre-l-on, des effets plus désastreux vers les Calabres. Celle secousse sou- terraine produisit instantanément l'engorgement d'un de nos plus plus beaux puits artésiens de la vallée du Sebeto (puits Raffaele iMazza), situé au bord et à peu prés à mi-cliemin de la route qui, de San Giovanni à Teduccio, conduit à Poggio Reale ; au moment de la secousse, le produit de ce puits se trouva réduit des neuf dixièmes environ. ). Le 25 octobre, vers les 1 lieures de l'après-midi, le cône a comiuencé à rejeter un peu de cendre noire, jusqu'au 5 novembre. Puis, il y a eu un peu de relâche. Les soirées étaient plus tranquilles, et on voyait moins de pierres projetées en l'air. Vers le 10, les pierres ont coiruuencé à devenir plus grosses, et le 12, à minuit i5 minutes, on a ressenti à Résina, au moment où le Vésuve a fait explosion, une petite secousse qui a fait tomber quelques pierres et entr'ouvert luie maison. Tous les habitants ont fui leur demeure, croyant à lui tremblement de terre. » J'ai quitté Naples, le 2 décembre au matin, dans l'espoir de pouvoir atteindre le sommet du Vésuve... En traversant la lave de i858, qui a rem- pli le Fosso-Granc?e^. j'ai constaté que cette lave conserve encore une tem- pérature qui atteignait, en quelques points, 72 degrés : encore augmentait- elle au fureta mesure qu'on introduisait plus profondément le thermomètre dans les vides Arrivé à l'Observatoire, j'eus le regret d'apprendre que les projections de matières incandescentes au sommet étaient telles que l'ascension était complètement impossible. » Cozzolino, le guide bien connu du Vésuve, affirme que le nouveau cône a bien 200 mètres de hauteur au-dessus de la Punta del Palo; je pense qu'il faudrait réduire cette hauteur de moitié poiu- être dans le vrai. C'est, au reste, ce que l'on pourra vous faire savoir aussitôt qu'il sera possible de porter le baromètre au point culminant. » Diverses coulées de lave se sont épanchées du sommet du grand cône, sortant du pied du cratère adventif. « C'est dans la direction de l'ouest que la lave a commencé à couler le 17 novembre. Le 22, elle arrivait aux deux tiers du grand cône, et le 2/1, à 9 heures du matin, elle atteignait l'Atrio del Cavallo. Le 28, trois nouvelles coulées sont descendues, toujours du sommet, se dirigeant vers le cône 22.. ( '64 ) d'emissioi) de i858. L'une d'elles s'est arrêtée après avoir parcouru la cinquième partie à peu près de la hauteur du grand cône. La seconde, qui la touchait presque, et se trouve située par rapport à celle-ci en allant de l'ouest vers le sud, s'est arrêtée vers la moitié Ai\ même cône au moment où elle venait de se diviser en quatre hranches parfaitement distinctes. La troisième, enfin, située tout à côté de la seconde, en allant de l'oiirst vers le sud, est descendue jusqu'au pied < Les vapeurs qui se dégagent de la partie inférieure de la coulée sont très-légères, transparentes et ressemblent à celles que l'on observe au-dessus des champs par une belle et chaude journée d'été. Celles au contraire qui se dégagent de la lave plus liquide, dans les régions supérieures, sont blan- châtres, opaques et beaucoup plus abondantes. » Celte dernière coulée passe à environ 5oo mètres au sud des cônes de i858. ( >65 ) M La présence du gaz acide n'est nullement apparente dans toute la |)artie inférieure de la coulée; le papier de tournesol bleu n'y a été rougi nulle part, et le tournesol rouge n'y a pas été non plus altéré par les gaz, alcalins. » Plus loin, une autre coulée, descendue du sommet le ig novem!)re, arrivait au pied du grand cône, se dirigeant vers le nord, 5 à 6 degrés ouest. » Aujourd'hui (5 décembre) , une nouvelle coulée que j'appellerai A, prenant la même direction, arrive à i 5o mètres environ du pied du grand cône. Elle semble assez active; il s'en détache, vers le milieu du cône, un bras qui prend une direction nord lo degrés est. » Une autre coulée, descendue dans une direction à peu près nord, dans la journée du 26, arrivait le 27 au soir à 3oo mètres à peu près du pied des monts Somma. C'est la plus considérable de toutes celles que j'ai vues Elle n'avançait plus; elle était complètement arrêtée quand je l'ai visitée. » Celte coulée, qui s'est divisée en O pour se réunir ensuite en B^ pos- sède une fumerolle F sur le talus formé par le renversement des moraines ORB et OQB. La fumerolle F, la seule que j'aie vue sur toutes ces laves, est acide. Elle est tapissée et entourée d'une très-grande quantité de cristaux de chlorure de sodium. Les laves qui l'entourent sont incandescentes au-dessous de la croûte de scories que les recouvre. » Du bas de cette coulée, on entend très-distincte- ment les détonations du cône advenlif longtemps ré- pétées par les échos d'alentour. » Lue autre coulée, descendue le 19 novembre, a pris la direction de la trace que l'on suivait habituel- lement pour faire l'ascen.sion du grand cône. Elle a entièrement recouvert les anciennes scories pour arri- ver à l'endroit même où, près de cette grosse pieire que connaissent tous les voyageurs, l'on faisait sta- tionner les chevaux. Là elle s'est bifurquée, un rameau suivant la direction primitive et l'autre obliquant vers l'ouest, pour parcourir encore chacun 200 mètres environ. » C'est à 80 mètres à peu près de cette branche qui oblique vers l'ouest que passe la coulée A que nous avons trouvée en pleine activité. On la voit encaissée entre deux espèces de talus ou murs latéraux. Elle chemine très- ( '66 ) lentonient, en t;iisant écroulei" ses scories du haut en bas de sa yiartie frontale sans sembler tendre à s'élargir beanconp. » Unederniere coulée enfin, descendue le i*'" décembre, a prisla direction d'Otlajano, j)lus vers l'est ; je n'ai pas eu le tem|)s d'aller l'observer. » Rentré à l'Observatoire, j'y ai rencontré M. Diego Franco, qui revenait de Naples; j'ai mis tous mes appareils à sa disj)Osilion pour qu'il puisse faire les observations que mon retoiu' obligé en France m'enq^èche de suivre comme je l'aurais vivement désiré. » GÉOLOGiK. — Ascension au Vésuve, le vendredi \o janvier 1868; par M. H. Regnault. (Extrait.) « Partis de Naples, vers 10 heures du matin, nous eûmes quelque peine à gravir le cône du Vésuve, envahi par l'éruption, et nous n'atteignîmes la source de la lave qu'au coucher du soled. » Pour nous récompenser de nos fatigues, nous étions devant un spectacle vraiment infernal. La lave sortait en bouillonnant d'une sorte de tunnel, et coulait comme un torrent, avec l'éclat d'un métal fondu rougi à blanc. Par moment, elle ralentissait sa course, se soulevait à plusieurs re- prises comme la poitrine d'un géant essoufflé, et chaque fois laissait échap- per comme lui gros soupir de vapeurs sulfureuses, que le veut chassait loin devant nous. » Nous étions sur le sol de l'ancien cratère, sur lequel j'avais piétiné l'année dernière : alors, il était en creux; mais, au moment de l'éruption, il s'est gonflé et s'est soulevé en clos d'âne, puis a ci'evé, et c'est de là que sortent les jets de fumée et de projectiles. Les projectiles, en retombant avec la cendre, ont formé un second cône, qui s'est élevé peu à peu, et qui cou- ronne maintenant le sonniiet du grand cône. Nous étions au pied de ce nouveau cône, sur la partie de l'ancien cratère encore à découvert, et d'où sort le torrent de lave, qui se divise ensuite en deux ou trois bras, se réunit au pied du cône en un seul coinçant pour se diviser de nouveau en deux branches cpii se dirigent, l'un vers Résina, et l'autre vers Torre del Greio. » Au-dessus de nos têtes s'étendait un grand panache de vapeur éclairé par les reflets ronges de la lave : toutes les dix ou quinze secondes, le cratère vomissait nu immense plumet noir, qui s'élevait comme un arbre colossal et qui retombait en cendres. C'est au milieu de ce jet noii' que sautaient les pierres enflammées, qui montaient à une assez grande hauteiu' et retombaient ( >67 ) en roulant sur les flancs du petit cùne : c'était, en grand, un bouquet de feu d'artifice, partant avec un vacarme proportionné à sa taille. » Nous sommes restés là une demi-heure, jusqu'à ce que la luiit fût à peu près venue. Nous avons trempé nos bâtons dans la lave ; ils flambaient immédiatement comme des allumettes, et le courant était si rapide qu'il en- traînait la pointe du bâton, et il était impossible de résister à cette force. Il va sans dire que, bien que la main enveloppée dans des mouchoirs et la figure cachée derrière son chapeau, on ne pouvait rester que trois ou quatre secondes aussi près du feu. Nous avons fait quelques moulages de pièces de monnaie dans des gouttes de lave que le guide faisait sauter hors du cou- rant. En descendant, nous nous sommes trouvés en fiice d'un courant de lave qui était sorti nouvellement d'un point plus élevé que nous et descen- dait tranquillement du côté par lequel nous étions montés quelques mo- ments auparavant. Si nous nous étions attardés lui peu plus, nous aurions été entourés par la lave et enfermés dans une île d'où il aurait été difficile de sortir. Nous avons donc pris un peu sur la gauche pour passer avant l'arri- vée de la lave, et nous avons gagné, à notre droite, la partie de la montagne où la cendre n'avait pas été recouverte de la lave. » Arrivés en bas du cône, nous nous sommes trouvés dans le cratère primitif, la Somma. Nous avions devant nous d'immenses murailles de roc à pic, aux arêtes fermes et découpées, aux contours sauvages et terribles. La nuit leur donnait quelque chose de plus effrayant encore. Les reflets rouges, renvoyés par la traînée de vapeurs qui suit le cours de la lave, en éclaiiaienl les sommets. Le lendemain, nous apprîmes que la coulée de lave qui se dirigeait vers Résina s'était arrêtée, et que la coulée, qui commençait la veille à prendre le chemin de Torre del Greco, avait fait près de i kilo- mètres pendant la nuit. >> M. W. A. Ross adresse une Note imprimée, concernant la Cristallogra- phie et le Chalumeau. Cette Note, imprimée en anglais, sera soumise à l'examen de M. H. Sainte-Claire Deville, pour en faire, s'il y a lieu, l'objet d'un Rapport verbal. M. U. CoYPEL adresse une Note relative à l'époque de l'apparition des vé- gétaux sur le globe. Cette Note sera soumise à l'examen de M. Bronguiart. ( «68 ) M. DuvAi. adresse, par l'intermédiaire du Ministère de l'Instruction {)u- blique, une Note relative à l'apparition de deux étoiles filantes. Cette Note sera soumise à l'examen de M. Babinet. M. J. Anikéeff, de Moscou, fait hommage à l'Académie d'un instrument qui a figuré à 1 Exposition universelle de 1867, et qui sert à confectionner les verres d'optique spliériques ou paraboliques. A 5 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à G heures. E. D. B. BULLETIN RIBLIOGRAPIIIQUR. L'Académie a reçu, dans la séance du 20 janvier 1868, les ouvrages dont les titres suivent : Paléontologie française, on Description des animaux invertébrés fossiles de ta France. Terr.iin crétacé. Livr. a/j, t. VIII : Zoopliytes ; par M. DE Fro- MENTEL; texte, feuilles igà 21 ; atlas, planches ^3 à 84, novembre 1867. Paris, 1867; in-8". (Présenté par M. d'Arcliiac.) Exposé sommaire des travaux publiés depuis ]8^'z sur divers sujets d^ agro- nomie, de chimie minérale ou de chimie appliquée à V agriculture, et de phy- sique générale; par M. J. -Isidore PiERRE. Caen, 1 863 ; in-4°. Notice supplémentaire sur tes tiavaux publiés depuis 1 86a sur divers sujets d' aqrniiomie; pnrM. J. -Isidore PiERRE. Caen, 1868; in-4°. Bienfaits des sociétés de secours mutuels pour les (dasses laborieuses; par I\L Ebuard. Grenoble. 1862; in-8". Misère et charité dans mu- petite ville de Frame, de i 56() à 1862. Fssni his- torifjuc cl ftritisliipic sur les élaldissements et institutions de bienfaisance de la ville de Ilourg. Bourg, 186G; 1 vol. g. and ii)-8". (Ces deux ouvi'agrs sont IT^vo^^s au concours de statistique 1868.) Jmportince des osscnwnls (assés des (jisemenis pnléo-archéolngiques et du mode fie cassure; par M. Garrigou. Paris, 1867; in-S". (Présenté par M. d'Arcliiac.) (Lu suit'- ilil Htlllt'lin im /tioi'/hiiil iiiinicio.) COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SÉANCE DU LUNDI 27 JANVIER 1868. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. « Ajjrès la lecture du procès-verbal, M. Dumas prie l'Académie de per- mettre qu'il lui adresse ses reinercîmenfs pour l'honueur dout il vient d'être l'objet de sa part. » Quoique sa nomination aux fonctions de Secrétaire perpétuel n'ait pas encore reçu l'approbation de Sa Majesté, il espère cpie l'Académie voudra bien accepter dès aujourd'hui l'expression de sa profonde reconnaissance, ainsi que celle de son entier dévouement à ses intérêts, et qu'elle en auto- risera l'insertion au procès-verbal de la séance actuelle. » M. LE Président rappelle à l'Académie la perte douloureuse qu'elle a faite, depuis la dernière séance, dans la personne de M. Serres, décédé le 22 jan- vier. Les obsèques ont eu lieu le aS ; M. Andral a pris la parole au nom de l'Académie des Sciences, M. Chevreul au nom du Muséum d'Histoire natu- relle. M. Becquerel rappelle que l'une des dernières pensées de M. Serres a été pour l'Académie, pour le Muséum, et pour les progrès ultérieurs de la science auxquels il a désiré contribuer par des legs importants. C. R., iUGSti" Semestre. (T. LXVI, N" 4.) ^^ f I70 ) HISTOIRE DES SCIENCES. — liépoiise à la commiinication de M. lie Pontécoiilant ; jiar 31. Ch.\si.es. « J'ai dit, en répondant aux premières critiques du P. Secchi , que M. Grant avait écrit en astronome. Je puis croire que c'est cette obser- vation imprudente, dont je n'ai pas prévu les conséquences, qui a éveillé 1 atlention de M. de Pontécoulant, et l'a porté à adresser à l'Académie un travail qui paraît fort ancien, car il ne concerne que les masses des planètes données par Pascal dans une des quatre Notes qui ont été le sujet de ma première communication (séance du i5 juillet), et il n'y est même nulle- ment question des densités des planètes qui se trouvent dans la conniiuni- cation suivante (22 juillet). En outre, ce travail paraît antérieur au.\ com- munications de M. R. Grant, car M. de Pontécoulant paraît ignorer que les objections qu'il adresse à l'Académie ont déjà été le sujet de ces com- munications, auxquelles j'ai répondu. Je pourrais me bornera cette seule réflexion. Je vais cependant faire quelques remarques sur ce travail. » M. de Pontécoulant donne d'abord la formule qui résulte des deux Notes de Pascal sur le calcul du rapport des masses des planètes à celle du Soleil, et il fait observer que cette formule coïncide avec celle de Newton. » Il ajoute qu' « il est biai évident que quand bien même Pascal , j)ar la » force de son génie, serait parvenu à la formide, il n'aui'ait pu en faire » niiciin usage, faute des données astronomiques nécessaires. » M. de Pon- técoulant admet-il dès ce moment, ou se proposet-il de prouver celle prétendue évidence? Je ne saurais le dire. » Quant aux masses de Jupiter, de Saturne et de la Terre, que Pascal exprime par les nombres I I 1067 3o2i 169282 M. de Pontécoulant dit que c'est là « que la falsification a|)pai'aîl dans » toute son évidence. » Voici les preuves qu'il en donne. » 1" J^a masse de Jupiter est celle qu'a trouvée Newton. » 2" La masse de Saturne diffère très-])eu de celle de Newton. Il y a ici une légèi'c inadvertance, cai- le nombre de Newton est absohunent le même que celui de P.iscal. M. de Pontécoulant ajoute que le calcid demande que l'on connaisse la distance du 6" satellite au cenlie de la planète, « distance H (pie Pascal ne ])ouvait connaître ». C'est l'objection de MM. Grant et Seccbi, à laquelle j'ai répondu en produisant les Lettres de Galilée. ( '7' ) » 3° Enfin, au sujet delà masse de la Terre, IVI. de Pontécoulant fait un raisonnement dont je ne vois pas bien le sens. » Il dit que la formule ne pouvait donner, au temps de Pascal, le nombre —-. — --» qui est double à peu près de la valeur actuelle do la masse de la 1D9262 '■ ' ' Terre : « une pareille erreur, ajoute-t-il, étant beaucoup trop forte poiu- » être attribuée à Pascal dans un temps où tous les éléments du système » solaire étaient à peu près aussi bien connus qu'ils le sont aujourd'hui. » Dans un autre passage, M. de Pontécoulant avait iléjà dit : « De [)areilles 1) erreurs sont difficiles à admettre chez un homme tel que Pascal, qu'on » doit supposer parfaitement au courant des connaissances astronomiques » de son temps. » » Ainsi, M. de Pontécoulant pense que pour attribuer le nombre -7^ — 0- à Pascal, il faut admettre qu'il n'était pas au courant des données astrono- miques de son temps, parce que s'il les eût connues il aurait trouvé lui nombre plus exact. )> D'où il conclut cjue les Notes qui renferment la formule ne sont pas de Pascal. 1) Ce raisonnement me paraît infirmé par Newton lui-même, dont M. de Pontécoulant prend la défense contre Pascal ; car dans la première édition des Principes, Newton conclut de la même formule un nombre beaucoup plus inexact que celui de Pascal, et dans la troisième édition de 1726, il adopte le nombre même de Pascal. » Comment M. de Pontécoulant entend-il que les données astronomiques connues au temps de Pascal devaient donner un résultat plus exact que celles du temps de Newton? » Quoi qu'il en soit, M. de Pontécoulant conclut que « les prétendues » Lettres de Pascal ne sont point sorties de la plume de ce grand homme, » qu'elles ont été écrites dans un temps beaucoup postérieur à l'apparition )) du livre des Principes; que celte ijrétendue correspondance ne saurait » mériter un examen sérieux de tout homme initié aux premières notions » de la théorie du système du monde. » )) Est-ce bien cela que M. de PonlécoulaiU a prouvé, comme il le croit ? 1) 2'1. ( '7^ ) ÉCONOMIE RURALE. — Recfierches chimiques sur la respiration ries animaux (l'une ferme fsnite). — Influence du régime alimentaire. — Etude compara- tive de la respiration des veaux élevés au pàlurarje et des veaux nourris au /a/7;pn;M. J. Reiset(i). « Dans une série d'expériences publiées en i863 (aj, j'ai plus particu- lièrement étudié la respiration des animaux ordinaires d'une ferme. » Cette étude présenlait, suivant moi, un grand intérêt agronomique, car elle devait fournir de très-utiles renseignements pour diriger l'hygiène et l'alimentation du bétail. » Les dimensions de mon appareil m'ont permis alors d'opérer sur des moutons adultes, sur des veaux, sur des animaux de l'espèce porcine, sur de grosses volailles, et j'ai établi par ces expériences quelles sont les va- riations de composition que ces divers animaux font subira l'air atmosphé- rique dnns im espace confiné. IV Pendant la respiration des moutons et des veaux une proportion tres- considérable d' hydrogène protocarboné se retrouve toujours dans l'ensemble des gaz exhalés. Celle production de l'hydrogène carboné a lieu régu- lièrement et dans les conditions normales; ce fait général m'a paru lié d'une manière absolue à l'alimentation ordinaire des ruminants et aux actes qui accompagnent les phénomènes de la digestion. » Pour éclairer cette question, il convenait d'étudier la respiration des ruminants, en cherchant les moyens de faire varier la nature de leurs ali- ments. Les veaux devaient se prêter parfaitement à ce système d'expé- riences; exclusivement herbivores après leur premier âge, ils peuvent être considérés comme de véritables carnivores, tant que l'on continue à les nourrir avec le lait, soit pour les élever, soit pour les amener à l'état d'en- graissement. J'ai donc pu comparer les produits exhalés par ces ruminants sous l'influence de deux régimes alimentaires très-différents. » Je reproduis le tableau des expériences faites sur des veaux élevés au pâturage. Vtini.r. fin pâtura^'. Expérience 1. — Un veau mâle de 5 mois; poids 62 kilogrammes. Expérience 11. — Un veau mâle de 9 mois; poids 1 15 kilogrammes. (i) Bien (|iie l'ensemble des trois commiinicalioiis de M. Reiset dépasse les limites réglementaires, l'Académie a décidé qu'elles seraient reproduites en entier an Compte rendu. (21 Cnniptrs renehis, t. LVI, p. 74o. ( 173 ) Expérienre III. — Le même veau déjà soumis à l'expérience précédente; poids 1 15 iiilo grammes. Ces animaux pâturaient en liberté dans un bon herbage. I. II. m. sr er er Poids de l'oxygène consommé 433,559 629,692 719,317 Poids de l'acide carbonique produit 5 1 3, 453 747,162 859,458 Poids de l'oxygène contenu dans l'acide carbo ni(iue 373,420 543,390 625.060 Poids du carbone brûlé par beure 10,668 17,928 i6,o38 Poids de l'azote exhalé pendant l'expérience. . 3,576 3,848 4>349 Poidsde l'azote exhalé parvingt-quatreiieurcs. 6,535 6,517 7) 14' Poidsde l'oxygène consommé par heure. . . . 33, 012 55,38o 49)2i8 Poids de l'oxygène consommé en une heure par I kilogramme de l'animal o,533 0,481 0,428 Rappoit entre le poids de l'azote exhalé et celui de l'oxygène consommé 0,0081 0,0061 0,0060 lit _ lit m Volume de l'hydrogène protocarboné exhalé. 14, 526 i6,4i3 20,38i Hydrogène protocarboné exhalé par heure. . 1 , 106 i ,444 ' )394 Oxygène retrouvé dans l'acide carbonique. . 86, i3 ) 86,20 I 86,80 / r^ ' r ■ . a Q '00 -^ 100 ' -^ 100 Oxygène nxe autrement 10,07) • ^ 1 7 M ' 3 , 1 1 ) Durée de l'expérience i3"8'" 1 1''22'" i4"37"' » Les expériences qui précèdent montrent que chez les veaux herbivores le phénomène de la respiration s'accomplit avec une exhalation d'azote et une production normale iV hydrogène prolocarboné. Le volume de ce dernier gaz a été en moyenne de i'",3i5 par heiu'e; le poids de l'azote exhalé en vingt-quatre heures étant de 6s'','^3i , on voit que le rapport entre le poids de l'oxygène contenu dans l'acide carbonique et le poids de l'oxygène consommé reste constant dans les trois expériences : pour 100 d'oxygène consommé, on en retrouve en moyenne 86,44 dans l'acide carbonique. » J'ai résumé dans les tableaux qui suivent les résultats de cincj expé- riences faites sur les veaux maintenus au régime exclusif du lait : ycau.r iioiiiTis nu laitage. E.ipèriencc I. — Veau de 27 jours, une génisse, recevant ponr toute nonrritine, depuis sa naissance, du lait caillé après écrémage ou nxittes. Son poids est de 65 kilogiammes. Un petit panier constamment maintenu au bout du museau empêche l'animal de manger la paille de sa litière. E.vpcriencr II. — Veau de l'expérience précédente, toujours au même régime. Il est âgé de 45 jours et pèse 90 kilogrammes. ( '74 ) Expérience 111. — Le même veau, âge tlu 5i jours. Son poids est de 102 kilogianiines avant l'expérience. Le régime alimentaire se compose exclusivement de lait caille et écrémé. I II. III. sr gr ■ çr Poids de l'oxygène consommé 537,883 63i,ii7 687,827 Poids de l'acide cirhonique produit ()4i,4o5 763,633 142,487 Poids de l'oxygène contenu dans l'acide carb. 4*^6>47f' 555,36g 612,717 Poids du carbone brûlé par heure 16,983 i8,43o 20,125 Poids de l'a/.ote exhalé pendant l'expérience. 5,3ii 7>'99 4i'39 Poids de l'azote exhalé en vingt-quatre heures. 12,375 15,289 8,700 Poids de l'oxygène consommé par heure... 52,220 55,85i 60, 245 Poids de l'oxygène consomme en une heure par I kilogramme de l'animal o,8o3 0,620 o,5go Rapport entre le poids de l'azote et celui de l'oxygène consommé 0,0098 0,01 i4 0,0060 Volume d'hydrogène exhalé sans mélange de gaz carbone 2''',q66 i''',258(i) i'", 157(1) Oxygène retrouvé dans l'acide carbonique .. . 86, 72) ,„„ 8' ,t)q ) 8q,o8 ) Oxygène hxe autrement i3 ,38 ) 12 ,01 ( 10,92 ( Diiiée de l'expérience 10" 18'" 1 i'' 18"" 1 1"25"' Veau ne Inivant 56 \ 18,46 \ Durée de l'expérience t i" i'" i i"37"' (i) Dans les expériences II et III, l'hydrogène était mélangé avec des traces de gaz car- boné. ( '75 ) » En examinant ces tableaux, on voit qne chez les veanx ne buvant que du liiilaije et j)rivés de nouirilure végétale, la nature des [iroduits gazeux delà respiration se rapproche de ceux qui sont exhalés parles carnivores. » La production de l'hydrogène protocarboné devient aljsolument nulle. Il est très-vraisemblable que ce gaz ne prend naissance qu'au sein des masses alimentaires de nature végétale en voie de fermentation et d'élabo- ration dans le pren)ier estomac, loisque les rimiinants sont à leiu' régime habituel. Je crois intéressant de rappeler ici qu'en étudiant la formation des /'((;n/e/i j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote lorsque la fermentation et la décomposition des matières végétales ou animales s'effectuent à l'abri de l'oxygène atmosphé- rique. » Je suis ainsi amené à penser que le développement de l'hydrogène protocarboné dans l'estomac des ruminants est di'i à un phénomène de com- bustion incomplète, et j'ajouterai que ce gaz se retrouve toujours en pro- portions considérables chez les animaux qui succondjent à la suite de l'indigestion gazeuse connue sous le nom de méléorisalion . » L'exhalation de l'azote a été très-considérable et presque doidilée, alors c[ue les animaux ont reçu pour toute nourriture du lait caillé privé de beurre. Ce régime est en effet beaucoup trop riche en 'matières azotées, et l'analyse des produits de la respiration peut expliquer le succès d'une pra- tique mise en usage dans nos fermes : quand les veaux sont à l'engraisse- ment, on mélange souvent le lait ou le lait caillé avec une certaine quantité de riz bien cuit. Cette substance liydro-carbonée, ajoutée aux aliments, fournit à la respiration des principes facilement combustibles et ménage ainsi la destruction des matières plastiques riches en azote. » On voit encore que le rapport entre le poids de l'oxygène contenu dans l'acide carbonique et le poids de l'oxygène consommé a varié très- considérablement : pour loo d'oxygène consommé, on en i-etrouve en moyenne 88 dans l'acide carbonique produit par les veaux nourris avec le lait caillé privé de beurre, et 8i seulement par les veaux buvant du lait naturel. » Ces nouvelles expériences confirment cette conclusion générale déduite de nos premières recherches, savoir cjue les produits de la respiration dépen- dent bien plus de la nature des aliments que de l'espèce animale. ■< ( .76 ) • licOîiOMiE RURALE. — Elude (Ics tjaz prodmls pendant la méléorisntion des ruminants, application à la thérapeutique vétérinaire; par ^i. J. Reiset. « La météorisalion lail chaque année de nombreuses victimes parmi les ruminants nourris au pâtrirage. » Cette maladie est souvent foudroyante, et les bergers doivent apporter la plus grande vigilance quand les troupeaux pâturent les luzernes ou les jeunes trèfles. Une demi-heure suffit pour mettre {\eu\ ou trois cents bêles en danger de mort. Aux premiers S3mplômes de gonflement, les animaux doivent être proinptement retirés du pâturage; la diète pendant quel- ques heures peut souvent enrayer le mal, mais on voit parfois le gonfle- ment augmenter avec une rapidité effrayante; la suffocation arrive, et l'animal ne tarde pas à succomber, si on n'a |)u lui porter secours en temps utile. » L'introduction de la sonde œsophagienne peut amener, dans certains cas, le dégagement des gaz parla bouche, surtout chez les animaux de la race bovine; chez les moutons, on parvient quelquefois à les soulager assez rapidement en pressant énergiquement les flancs avec les mains. » Enfin, dans nos campagnes, les bergers ont ordinairement des breuvages et des remèdes plus ou moins secrets qu'ils infligent aux pauvres bêtes. Beaucoup de ces remèdes sont inefficaces ou dangereux, et il faut avouer que les cultivateurs restent à cet égard dans une ignorance à peu près complète. » Pour éclairer la thérapeutique vétérinaire, il importe surtout de con- naître exactement la nature des gaz qui amènent, par leur développement, la distension et même la rupture des organes. » J'ai pu recueillir ces gaz dans des conditions exceptionnelles de pureté sur une vache météorisée, au moment où elle venait de mourir dans ma ferme. » Cette vache, au pâturage dans un trèfle, au mois de juin, commençait à gonfler vers 6 heures du matin, et elle succombait en moins de deux heures, malgré les soins qui lui furent prodigués. » Un tube métallique sous forme de Irocart \\\\. immédiatement enfoncé dans le rumen, et le gaz put être recueilli avec la plus grande facilité sur une cuvç à mercure. On avait d'abord constaté avec le manomètre que les gaz contenus dans l'estomac distendu de cette vache avaient une tension repré- sentée par G"^ millimètres de mercure, la pression atmosphérique étant de 753""",G. ( 177 .' » I.e gaz, analysé avec tous les soins convenables dans notre eiulio- inèlre, avait la composition suivante : Acide carbonique 74>33 Hydrogène protocarboné 23 ,46 Azote 2 , ?. I ioo,oo M Ce gaz ne contenait ni oxygène ni hydi'ogène sulfuré. » Dans le gaz d'un mouton météorisé on a trouvé 76 pour 100 d'acide carbonique. » Ces résultats analytiques enseignent d'une manière très-précise le traitement à suivre. » Dans un cas de méléorisation, il convient d'absorber le plus prompte- ment possible l'acide carbonique, dont la proportion représente les trois quarts du volume des gaz qui déterminent le gonflement. » L'emploi des alcalins est donc (ont naturellement indiqué. » On administre parfois avec succès l'alcali volatil ou ammoniaque, mais il esta craindre que le carbonate d'ammoniaque formé ne reste à l'état gazeux dans l'estomac et ne produise qu'une condensation inipaifaite. M Dans les ouvrages traitant de médecine vétérinaire, on recommande encore l'usage de potions au savon, du chlorure de chaux, de la lessive de cendres. L'emploi de ces médicaments est rationnel et peut avoir son uti- lité. 11 semblerait toutefois préférable d'avoir recours à des. alcalis fixes et puissants. Je crois donc devoir signaler à l'attention des agriculteurs et des vétérinaires la magnésie calcinée et même le sucrate de chaux, comme pouvant soulager immédiatement l'animal par une condensation rapide de l'acide carbonique. » Déterminer exactement la dose nécessaire d'alcalis caustiques poiu- obtenir cette condensation, sans altérer les membranes de l'estomac, me parait une question du plus grand intérêt pour l'économie du bétail. On mettra ainsi entre les mains des cidtivateurs un moyen facile et sîir de combattre une maladie qui peut frapper soudainement un nombreux trou- peau. » ÉCONOMIE RURALE. — Note sur la i>rodu( lion du yaz nilreux pendant la marche des fermentations dans tes distilleries. Dosage des proportions d' am- moniaque contenues dans le jus de la betterave; par M. J. Reiset. « Les praticiens qui s'occupent de la distillation des betteraves redoutent C. R., 186S, I" Semestic. (T. LXVI, N" 4.) 1^ ( '7») comme un accident très-grave la production du gaz nitreux pendant la fer- mentation des jus sucrés. On observe presque toujours ce trouble dans la marcbe du travail dès que les jus sucrés ne contiennent plus une propor- tion convenable d'acides libres. Les fermentations deviennent alors languis- santes; du gaz nitreux se dégage en abondance dans les cuves; enfin, après ce dégagement de gaz nitreux, que l'on ne s'explique pas encore, la fer- mentation alcoolique s'arrête ordinairement pour ne plus reparaître , quelles que soient d'ailleurs les quantités de levure ajoutées dans ces cuves. Le ferment lactique se développe, il domine, et le sucre passe rapidement à l'état d'acide lactique. J'ai pu ainsi constater que des jus, qui ne conte- naient que 1 grammes d'acides libres avant cette fermentation, arrivaient rapidement à une proportion de 8 à lo grammes par litre, sans avoir ajouté aucune nouvelle proportion d'acide. » Pour obtenir une marche régulière dans le travail de la distillerie et de bonnes fermentations franchement alcooliques, j'ai établi d'une ma- nière générale, par une série d'observations alcalimétriques continuées pendant plusieurs campagnes, que les jus doivent renfermer une quantité d'acides libres correspondant à 3 grammes d'acide sulfurique monohy- draté par litre de jus provenant de la macération. » On voit que, dans une distillerie bien conduite, il convient de régler méthodiquement les proportions de l'acide sulfurique, employé trop sou- vent sans discernement, comme un remède à tous les accidents qui peu- vent survenir dans la fabrication. » En cherchant à déterminer la nature des bases que contient le jus nor- mal de la betterave, on trouve que l'ammoniaque, sans doute combinée avec des acides faibles, peut saturer à elle seule la presque totalité de l'acide sulfurique ajouté pendant les opérations. » Pour doser l'ammoniaque dans le jus naturel de la betterave, j'ai em- ployé la méthode indiquée par M. Boussingault. Cette méthode rapide, dont on connaît la précision et la sensibilité, trouve chaque jour de nou- velles applications : 3o ou oo centimètres cubes de jus sucré étaient intro- duits dans l'appareil distillaloire, contenant i litre d'eau distillée parfaite- ment pure; on ajoutait au mélange 5 centimètres cubes de potasse à 4o de- grés , puis on procédait à la distillation en recueillant successivement 2 volumes de 200 centimètres cubes chacun; la proportion d'ammoniaque se trouvant déduite en saturant, par les produits de cette distillation frac- tionnée, un volume connu d'acide sulfurique titré. » Voici quelques-uns des résultats analytiques. { 179 ) » Un litre de jus obtenu par ia pression de betteraves râpées a fourni : 0,772 d'ammoniaque (AzH'), o , 44 ' " 0,544 0,534 " o , 740 )) 0,775 En moyenne... o,634 » » Cette quantité varie suivant la nature des racines et suivant l'engrais contenu dans le sol où elles ont végété. » Recherchant l'ammoniaque dans les vinasses qui servent à de nou- velles macérations de la betterave dans le procédé de M. Champonnois, j'ai trouvé en moyenne oS'",/i85 d'ammoniaque (AzH') par litre devinasse. » Le volume de ces résidus, en roulement dans la fabrication, contient ainsi à peu près exactement la quantité d'ammoniaque apportée chaque jour par les racines mises en macération. » On a souvent cherché à expliquer la formation du gaz nitreux pen- dant la fermentation des cuves par une décomposition des nitrates, qui se retrouvent dans les jus. Mais comment admettre alors, avec tous les pra- ticiens, qu'un traitement par l'acide sulfurique soit le remède infaillible contre cet accident. Pensant, au contraire, que l'on doit attribuer la production du qaz nitreux à un phénomène d'oxydation de l'airunoniaque, quand cet alcali ne se trouve pas saturé par un acide énergique, comme" l'acide sulfurique, j'ai réglé l'emploi de cet acide en tenant surtout compte de la présence de l'ammoniaque dans les racines. » Cette observation, mise en pratique depuis trois ans dans la distillerie d'Écorcheboeuf, a donné d'excellents résultats; les fermentations nitreuses ne se produisent plus que très-rarement et tout à fait par exception. » Dans un Mémoire sur In fabrication du sucre de betteraves, MM. Leplay et Cuisinier (1) ont indiqué « que, en faisant bouillir les jus et sirops de M betterave pendant un temps plus ou moins prolongé en présence des » alcalis caustiques, potasse, soude et chaux, les matières azotées sont » décomposées et qu'il se dégage de l'ammoniaque. » » Les auteurs ne paraissent pas avoir soupçonné que cette ammoniaque pouvait préexister dans le jus naturel des racines, avant toute décompo- fi) Comptes rendus, t. LX, p. 221; année i865. 24.. ( «So) sition des matières azotées; toutefois, ils ont calculé qu'une fabrique de sucre produisant looo hectolitres de jus par jour était susceptible de donner jusqu'à 3oo kilogrammes de sulfate d'ammoniaque par jour. » Cette quantité de sulfate d'ammoniaque correspond à o^'\'j'jo d'am- moniaque (AzH'j par litre de jus. )) On voit que ce résultat industriel se rapproche beaucoup des nombres que j'ai trouvés par l'analyse directe des jus naturels. » Pour éviter une perle préjudiciable aux intérêts de l'industrie manu- facturière el agricole, nous devons espérer que les auteurs réaliseront le projet qu'ils avaient annoncé d'étudier une disposition spéciale d'appareils pour recueillir l'ammoniaque dégagée pendant les premiers temps de l'éva- poralion des jus. » « M. MiLXE Edw.vrds ajonte que l'on ne se ferait pas une idée juste des expériences intéressantes de M. Reiset, si l'on supposait qu'elles ne portent que sur les produits de la respiration, ou même sur des gaz qui seraient en réalité exhalés de l'organisme. Les gaz dégagés par les animaux soumis anx expériences de M. Reiset proviennent évidemment de deux sources par- faitement distinctes, savoir : i°de l'exhalation respiratoire qui verse au de- hors les produits volatiles ou gazeux élaborés dans la profondeur de l'orga- nisme et charriés par le sang ; 2° de la fermentation des matières alimentaires introduites dans le tube digestif et non encore absorbées. Ces gaz intestinaux ou gastriques ne sont pas des produits physiologiques; ils naissent dans l'estomac ou dans l'intestin^ comme ils naîtraient dans tout autre vase où les phénomènes chimiques du même ordre se développeraient, et ils ne sont |)as exhalés par l'organisme, mais simplement évacués au dehors par la bouche ou par l'anus. Il est probable que la totalité de l'hydrogène carboné et de l'acide sulfhydiique que l'on a trouvée mêlée à l'acide carbonique et à l'azote exhalés par les poumons n'a pas d'autre source, et doit être con- sidérée comme étant complètement étrangère au travail respiratoire qui a son siège dans les profondeurs de l'organisme. » CHIMIE MINÉRALE. — Essais stir (a réduclioii du iiinbiiiin et du tantale; par M. Lt. i\lAKi!i\Ac. « Le fluoniobate de potasse est réduit sans difficulté par le sodium dans un creuset en fer forgé. Mais le produit de cette opération n'est |ioint le niobium hii-même, mais un alliage de ce corps et de sodiini), ou plnlôl un ( i8i ) niobure de sodium, qui reste disséminé dans la niasse fondue à l'état d'une poudre noire. » En présence de l'eau, ce composé se détruit avec un très-faible déga- gement d'hydrogène et se transforme en niobure d'hydrogène, renfermant environ i pour loo d'hydrogène, correspondant par conséquent à la for- mule NbH. Le composé reste d'ailleurs souillé d'une certaine quantité de composés oxygénés du niobium, dont je n'ai pu parvenir à le débarrasser complètement; on ne parvient qu'à en éliminer la pins grande partie en le faisant digérer avec de l'acide fluorhydrique étendu, mais on perd ainsi une proportion considérable du produit, qui se dissout aussi dans cet acide. » Aussi ce produit ne subit-il qu'une augmentation de poids de 37 à 38 pour 100 en se convertissant en acide niobiquepar le grillage, tandis que le calcul exigerait 4i pour 100. Tl y a loin toutefois de ce résultat à celui qu'avait obtenu H. Rose en réduisant par le sodium un composé qui ren- fermait évidemment encore de loxygène. Son niobium ne gagnait que 21 à 22 pour 100 d'oxygène par le grillage; c'était certainement un protoxyde de niobiumr NbO, qui doit absorber 21,8 pour 100 d'oxygène. » Ce niobure d'hydrogène est une poudre noire, excessivement ténue, dont la densité a varié de 6 à 6,6. Inattaquable par l'acide chlorhydrique, l'acide azotique et l'acide sulfurique étendu, il peut être attaqué et dissous par l'acide sulfurique concentré et bouillant, par les bisulfates alcalins en fusion, par l'ébullition avec les alcalis caustiques, et surtout par l'acide fluorhydrique, même étendu d'eau. Chauffé au contact de l'air, il entre en ignition, et se convertit promptement en acide niobique. » Cet hydrure est très-stable. Maintenu au rouge blanc pendant une heure, dans un courant d'hydrogène, il en retenait encore 0,9 pour 100. La faible diminution dans la proportion de cet élément n'était même peut- être due qu'à ce que je n'avais pas réussi à éliminer les dernières traces d'air de l'appareil. Il n'avait subi aucune agglomération, seulement sa densité s'était élevée à 7,37. » J'ai essayé de réduire la fluoniobate de potasse par le magnésium; je ne cite cet essai que pour signaler la violente détonation qui l'a terminé. » La réduction par l'aluminium dans.un creuset de graphite, ou dans un creuset brasqué, donne lieu à un niobure d'aluminium, NbAP, que l'on obtient comme résidu en traitant par l'acide chlorhydrique le culot d'alu- minium dans lequel il est disséminé. » Ce composé se présente sous la forme d'une poudre éminemment cris- talline, d'un gris de fer, joiussant d'un éclat métallique très-prononcé, m;iis ( i82 ) se réduisant facilement en luie poussière presque noire. Sa densité est de 4545 à 4>52. )) Il offre à peu près les mêmes propriétés que le -composé précédent, seulement il est un peu plus attaquable par les acides et peut être dissous par une ébullition prolongée avec l'acide chlorhydrique concentré. En revanche il est bien moins combustible et ne s'oxyde que très-incompléteraent par le grillage. » L'oxvdation de ce composé par le bisulfate de potasse en fusion et son analyse donnent le moyen de déterminer directement la composition de l'acide niobique. En déduisant du poids de la matière analysée celui de l'aluminium et d'une très-petite quantité de silicium dosés à l'état d'alumine et d'acide silicique, j'ai obtenu dans deux essais, pour loo parties de niobium, 141,9 et i42,7d'acide niobique, résultats parfaitement conformes à la composition que j'ai attribuée à cet acide : le calcul indique en effet 142,5. » Les essais de Berzélius et de H. Rose, sur la réduction du fluotantalate de potasse par le sodium, ayant donné des résultats tout à faifc semblables à ceux que j'ai obtenus avec le fluoniobate, je n'ai pas essayé de répéter cette expérience. Mais j'ai étudié la réduction de ce sel par l'aluminium. Elle se passe exactement comme celle du fluoniobate, et l'on obtient une combi- naison de tantale et d'aluminium, dont la composition correspond à la formule Ta Al'. » C'est aussi une poudre cristalline à éclat métallique, d'un gris de fer, donnant une poussière noire, dont la densité est de 7,02. Elle est presque inattaquable par l'acide chlorhydrique, se-dissout facilement dans l'acide fluorhydrique, ne s'oxyde presque pas par le grillage. » Le résultat général qui me paraît établi par ces recherches consiste dans inie nouvelle confirmation de l'analogie, souvent signalée déjà, entre le niobium, le tantale et le silicium. La résistance aux acides autres que l'acide fluorhydrique, l'existence et la stabilité du niobure d'hydrogène, et le fait que les combinaisons de ces corps avec l'aluminium se laissent faci- lement réduire en une poussière noire non métallique, tendent à exclure ces éléments de la classe des métaux. Il me paraît impossible de ne pas réunir dans un même groupe ces deux corps et le silicium, auquel s'adjoi- gnent naturellement le titane et le zirconium. » Or il est à remarquer que le mode de constitution des principales combinaisons de ces divers éléments n'est point le même, ou, pour employer le terme maintenant usité, ils n'ont pas la même atomicité. Le niobium et le ( '83 ) tantale sont des éléments pentatomiques, tandis que les antres corps du même groupe sont tétratomiques. )i Cette considération, jointe à d'autres faits analogues qu'il seraitsuper- flu de rappeler, me fait croire qu'il ne serait pas sans inconvénient de vouloir faire, du caractère tiré de l'atomicité des éléments, la base fonda- mentale et exclusive de la classification chimique. On est amené i)ar là en effet à rapprocher des corps qui offrent sous tous les autres rapports les plus grandes différences et à séparer au contraire ceux dont les analogies sont les plus manifestes. La réunion de l'argent aux métaux alcalins, par exemple, ne me paraît pas plus justifiée que ne le serait la séparation du sili- cium et du niobium. » M M. H. Saixte-Claire Deville, après avoir présenté la Note de M. de Marignac, fait remarquer qu'elle donne la raison des recherches infruc- tueuses faites par beaucoup de chimistes et par lui-même en |jarticulier pour l'extraction du niobium à l'état cristallisé. » En faisant, il y a quelques années, ces tentatives, il a produit deux substances très-belles et très-intére.ssantes, sans doute, dont il ne peut, faute de temps, s'occuper en ce moment. Il recommande ces matières à l'atten- tion des chimistes. » 1° En chauffant à une température de 1200 degrés environ du niobate de potasse avec un petit excès de carbonate de potasse dans un creuset de graphite, on obtient une masse saline fondue, au milieu de laquelle se dé- tachent de très-beaux cubes noirs dont les angles ont été trouvés de 90 de- grés. Traités par l'acide fluorhydrique, ces cubes ne se dissolvent pas, ce qui permet de les séparer de la matière qui les enveloppe. A cet état de pureté, le chlore attaque ces cristaux en donnant un petit résidu d'acide nio- bique et un mélange de chlorure et d'oxychlorure de niobiinn, peut-être celui qui a été découvert récemment par M. Delafontainc. 1) Dans la préparation de ce corps, il faut avoir soin d'entourer le creu- set de graphite d'un mélange de rutile et de charbon, lequel absorbe l'azote des gaz du foyer. » 2° En effet, quand on calcine sans prendre cette précaution, le nio- bate de potasse, en portant la température aussi haut que possible, la ma- tière du creuset de graphite rédiiisiuit la potasse et l'acide niobique, on obtient des cristaux prismatiques d'une magnifique coultur bronze foncé, qui sont sans doute l'azoto-carbure de niobium analogue aux cristaux de titane dont M. Wohler a donné une i'i belle analyse. » ( i84 ) M. Clausu's, en adressant à l'Académie la traduction française de sa « Théorie iiiécanique de la chaleur », joint à cet envoi la Note suivante : « J'ai eu l'honneur, en 1864 et 1867, de faire hommage à l'Académie de deux vohimes qui contiennent une collection de Mémoires que j'ai publiés sur la Théorie mécanique de la chaleur. Les Mémoires contenus 'dans la pre- jnière partie avaient pour but d'établir la théorie et de l'apjdiquer aux divers modes d'action de la chaleur et à la machine à vapeur. Ils forment dans cette collection, qui est complétée par des notes et des additions, un ensemble qui peut être considéré comme un traité de la théorie mécanique de la chaleur. » M. Folie, de Liège, géomètre habile, connu par ses beaux travaux sur le mouvement des corps solides, a bien voulu faire la traduction française de la première partie, qui vient de paraître chez M. E. Lacroix. Cette tra- duction est faite avec le plus grand soin et rend mes idées avec beaucoup de précision et de clarté. Comme l'Académie a compté et compte encore parmi ses illustres Membres plusieurs-savants qui ont contribué d'une ma- nière éminente aux grands progrès que nos connaissances sur la chaleur ont accomplis dans ces derniers temps et dont est résultée la nouvelle théorie, j'ose espérer que cette traduction ne sera pas dépourvue d intérêt pour elle, et je prends la liberté de lui en faire hommage au nom du traducteur. M J'ajouterai que M. Folie s'occupe actuellement de la traduction de la seconde partie, qui traite de l'application qu'on peut faire de la théorie exposée dans la première partie aux phénomènes électriques, ainsi que d'une hypothèse sur la nature de la chaleur, et que, vraisemblablement, cette tra- duction paraîtra bientôt. » Sir D. Brewster fait hommage à l'Académie de deux brochures im- primées en anglais : l'une de ces brochures est relative à l'Education scien- tifique dans les Écoles de l'Ecosse; l'autre est le Discours qu'il a prononcé, comme Président de la Société Royale d'Edimbourg, à l'ouverture de la session de 1867-68. ( i85) MÉMOlllES PRÉSENTÉS. TÉRATOLOGIE. — Nole sur le mode de formation des monstres s/méliens; par M. C. Dareste. (Commissaires : MM. Andral, Cloquet, Nélaton.) <( Le mode de formation des monstres syméliens, c'est-à-dire des monstres qui sont caractérisés par l'inversion et la fusion des membres postérieurs, est resté, jusqu'à présent, un problème sans solution. » Meckel voyait, dans leur organisation, une preuve en faveur de la vieille idée de la monstruosilé originelle. )i Is. Geoffroy Saint-Hdaire, en rappelant l'opinion de Meckel, ajoute : « Je ne puis partager l'opinion de l'illustre anatomiste allemand. J'ai cher- » ché, dans son important Mémoire, des preuves à l'appui de l'idée qu'il » soutient, et je n'ai trouvé qu'un argument qui me paraît d'une bien faible » valeur : c'est l'impossibilité de puiser une explication satisfaisante dans la » théorie de la formation accidentelle des monstruosités. Cette impossibi- » lité est très-réelle, je l'avoue ; mais seulement relative à l'état présent de » la science. » » M. Cruveilhier, ayant eu l'occasion de disséquer jilusieurs monstres syméliens, a cherché à établir que l'on pourrait expliquer la formation de cette monsiruosité, en admettant que, dans les premiers temps de la vie intra-utérine, les deux membres inférieurs, y compris le bassin, auraient été soumis à deux forces agissant simultanément ou successivement : i° à une force qui aurait imprimé à chacun de ces membres un mouvement de rotation en sens opposé sur leur axe, de dedans en dehors et d'avant en arrière, de manière que leur face postérieure serait devenue supérieure, et ré- ciproquement ; a^à une force qui, pressant ensuite fortement les meudjres l'iui contre l'autre, aurait déterminé leur fusion. Ces deux fait.s, l'inversion et la fusion des deux membres postérieurs, pourraient être les effets d'une même cause, c'est-à-dire d'une compression latérale qui, en agissant à la fois sur le bassin et sur les grands troclianters, ferait exécuter à ces membres un mouvement de rotation, en même temps qu'elle les appliquerait fortement l'un contre l'autre. )) Mes études sur la production artificielle des monstruosités m'ont per- mis de voir comment les choses se passent. J'ai constaté que les pressenti- ments de M. Cruveilhier étaient exacts, mais que, pour en tirer uneexpli- C. R. , 1868, I" Semestre. (T. LXVl, N" 4.) ^5 ( i86 ) cation complète, il faut y adjoindre certains éléments nouveaux qu'il était impossible de prévoir, et que l'observation seule pouvait révéler. » L'inversion et la fusion des membres postérieurs résultent bien évi- demment d'une pression latérale. Mais quelle est la cause de celte pression? J'ai constaté qu'un semblable événement se produit toutes les fois que la partie postérieure de l'amnios, ou ce que les embryologistes appellent le capuchon caudal, a éprouvé un retard dans son développement, et qu'elle reste appliquée &ur la partie postérieure du corps au lieu de s'en éloigner par l'interposition du liquide anuiiotique. » Dans de semblables conditions, lorsque les membres postérieurs qui apparaissent, comme des bourgeons, sur les côtés de l'extrémité posté- rieure du corps, prennent leur accroissement, ils sont nécessairement ren- versés, et viennent alors s'appliquer l'un contre l'autre par leurs faces externes. Si leur accroissement continue plus rapidement que celui de la cavité amniotique, les deux membres se presseront l'un contre l'autre par leurs faces externes, et finiront par s'unir en formant une véritable greffe par approche. » Cesfni!.;, constatés par l'observation, font dépendre la symélie d'un arrêt de dévelo|)pement de la partie postérieure de l'amnios. Quant à ce dernier fait en lui-même, je n'ai pu jusqu'à présent en déterminer la cause. Je puis ajouter cependant que les anomalies de l'amnios sont très-fré- quentes, que cet organe est très-souvent frappé d'arrêt de développement, soit d'une manière générale, soit d'une manière partielle, el que ces anoma- lies de l'amnios sont l'une des causes les plus ordinaires des anomalies de l'embryon lui-même. J'ai déjà montré, dans lui travail précédent, que les arrêts de développement qui portent sur l'amnios tout entier déterminent un certain nombre de monstruosités simples, fort diverses, mais presque toujours associées (cclromélies, célosomies et exencéphalies). L'arrêt de déveloi)pement du capuchon caudal détermine la symélie. J'espère pouvoir prouver bientôt que l'arrêt de développement du capuchon céphalique dé- termine la cyclopie. » Du reste, ces arrêts de développement de l'amnios, généraux ou par- tiels, peuvent n'avoir qu'une durée limitée. Après être restées appliquées, d'une manière anormale, sur certaines parties du corps de l'embryon , qu'elles compriment et arrêtent dans son développement, les parois de l'amnios peuvent s'éloigner et sécréter, comme d'ordinaire, le liquide am- niotique. Dans ce cas, le menibrr- unique du monstre symélien, fornvé par la fusion des deux membres postérieurs, |)ourra se développer d'une ma- ( '87 ) nière complète et produire les deux types monstrueux quls. Geoffroy Saint-Hilaire a décrits sous les noms de symélie et d'urnmélie. Au con- traire, le type de la sirénomélie, dans lequel ce membre unique reste tou- jours fort incomplet, s'explique par la continuité d'une pression qui s'oppose à son entier développement. » Un autre point capital dans la formation de la symélie, c'est que les anomalies qui la caractérisent se produisent dans l'embryon anté- rieurement à l'apparition des éléments définitifs des tissus et des or- ganes. On obtient ainsi très-facilement l'explication de faits qu'il serait autrement fort difficile de concevoir. En effet, on a peine à comprendre comment les membres, complètement formés avec leurs os, leurs muscles, leurs nerfs, leurs vaisseaux, pourraient se renverser, s'appliquer l'un contre l'autre, et même se résorber en partie pour constituer l'organisation si étrange du membre unique des monstres syméiiens. Toutes ces difficultés tombent devant ce fait, que l'inversion et la fusion des membres précèdent la formation des organes définitifs qui apparaissent d'emblée avec tous les caractères qui les éloignent du type normal. Au reste, ce type n'est pas spécial à la symélie : j'ai signalé, il y a deux ans, l'existence d'une loi très- générale, en vertu de laquelle toutes les anomalies un peu graves de l'orga- îiisation se déterminent dans l'embryon pendant cette première époque de la vie embryonnaire, où il n'est encore constitué que par un blastême homogène. » Il suffit donc d'un simple défaut de parallélisme entre le développe- ment de la partie postérieure de l'amnios et celui de la partie postérieure du corps de l'embryon pour produire l'une des monstruosités les plus graves. Mes études ne m'ont pas encore appris le point de départ de ce défaut de parallélisme. » SÉRICICULTURE. — Observations de sériciculture faites en 1867 dans tes départements dit sud-est, de l'est et du nord-est de la France; par M. F.-E. Guérin-Méxfa'ille. (Extrait.) (Renvoi à la Commission de Sériciculture.) « Comme l'année dernière, la gattine (ou pébrine) a été observée dans des chambrées de races japonaises, qui ont cependant donné de bonnes ré- coltes, et elle a souvent attaqué des éducations faites avec des .graines qui, examinées au microscope, n'avaient montré aucune trace de corpuscules. » Des faits nombreux ont montré encore que des graines qui ont donné 25.. ( i«8 ) (le bonnes récoltes flans certaines localités, en ont donné de plus ou moins mauvaises, et ont même complètement échoué dans d'autres (i). » En définitive, et quoique l'on ne puisse montrer la caiifc de l'épizootie des vers à soie, comme un chimiste montrerait une substance nouvelle, on peut dire que les nombreux faits, bien observés par des hommes savants et des hommes pratiques, conduisent logiquement à reconnaître, ainsi que je crois l'avoir établi le premier depuis que j'étudie la maladie dans le cabinet, et surtout dans la grande pratique : » 1° Que les saisons étant évidemment déréglées depuis longtemps, ainsi que l'a reconnu récemment, et avec tant de raison, M. le Maréchal Vaillant, à la Société impériale d'Agriculture [Bulletin, 1866, p. 597) (2), la santé des mûriers, comme celle des autres végétaux, a été assez gi-avement influencée pour que la composition intime de la nourriture des vers soit modifiée de façon à produire l'épizootie actuelle; » 2" Que les désordres remarqués chez les vers à soie et surtout les cor- puscules, considérés comme caractéristiques et causes de leurs maladies (3), ne sont que des résultats de cet état morbide, de véritables phénomènes consécutifs, et nullement la cause de ces maladies. )' Si l'état modifié de la nourriture des vers à soie, constaté par les ana- lyses des chimistes, n'est pas la cause unique de l'épidémie, il est impossible que l'on n'admette pas que c'est au moins une des causes de la maladie de nutrition qui les fait périr. Il est alors facile de comprendre comment il se (i) M. le Maréchal Vaillant a observé des faits semblables et en a entretenu la Société impériale d'Agriculture dans sa séance du 27 août 18(17. (2) La recrudescence do l'épizootie des vers à soie a coïncidé avec celle de la maladie des pommes de terre, de la vigne, etc. (3) Dès 1S49 [Comptes rendus, 3 novembre 18491, j'avais découvert ces corpuscules dans les liquides des vers à soie atteints des maladies qui se terminent par la décomposition putride, et chez ceux qui meurent en se durcissant (par la nuiscardine). Le D'' Chavannes, de Lausanne, savant très-consciencieux et Irés-habilc éducateur de vers à soie, a rendu mon explication de la formation de ces corpuscules plus évidenle que jamais, en les produisant à volonté II est parvenu à ce curieux et important résultat, en ajoutant à du sang de chenille sauvage (ou de ver ;\ soie sain) un peu d'acide urique et hip- purique. C'est cet acide qui se trouve en excès dans le sang des vers malades, ce qui est un premier phénomène consécutif. Celui-ci en amène un autre, l'arrêt du mouvement de repro- duction des globules du sang, qui ne se renouvellent pas, parce que les corpuscules, qui proviciutcnt de leurs nuclcus, ne |H'uvent |)lus former, comme dans l'état de santé, les nou- veaux globules qui entrelieiinent le mouvement vital, l'état j)liysiologiquc, évidemment dé- rangé par une maladie de nutrition. ( i89) fait que des localités dans lesquelles les perturbations cliinatériques signa- lées plus haut ont été moins intenses, se trouvent dans des conditions plus ou moins favorables et donnent des récoltes plus ou moins saines. » Que conclure de tout cela? C'est que la mesure adoptée par S. Exe. le Ministre de l'Agriculture, et qui consiste à encourager les petites éducations faites spécialement pour graine dans des localités peu ou point infectées, est le meilleur moyen pratique d'essayer de régénérer nos races françaises, et qu'il serait à désirer que les sériciculteurs, ne demandant pas toujours tout au Gouvernement, pussent former une vaste association pour déve- lopper cette excellente mesure. » Sur la proposition de M. le Général Morin, M. Claude Bernard est adjoint à la Commission nommée dans la séance précédente jjour examiner le Mémoire adressé par M. Carrel, au sujet de l'influence qu'excrct^, sur la santé, l'usage des poêles en fonte. Cette Commission se compose ainsi de MM. Payen, Morin, Fremy, H. Sainte-Claire Deville, Bussy et Cl. Bernard. M. AuBRY adresse un Mémoire supplémentaire relatif à son « Système pour faire décrire aux trains de chemins de fer des courbes de petits rayons ». (Commissaires : MM. Combes, Morin.) M. MiEiîGiTEs adresse une nouvelle Note relative à sa pile à charbon, dans laquelle il supprime maintenant le vase de verre, en le remplaçant par un récipient de zinc amalgamé, au fond duc[uel il fixe un disque rie caout- chouc. (Commissaires précédemment nommés: MM. Becquerel, Pouillet, Regnanlt.) M. Mayeur adresse un travail ayant pour litre : « I/homme des champs, sa situation et ses besoins ». (Renvoi à la Section d'Economie rurale.) M. De.meaux adresse une nouvelle Note relative aux affections diverses qui doivent être attribuées à la conception opérée pendant l'ivre.sse. (Commissaires : MM. Cl. Bernard, Cioquet, Nélaton.) ( 190 ) M. GuiLLox adresse une Lettre relative à son travail sur la « Lifhofrilio généralisée ». ( Renvoi à la Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.) CORRESPONDANCE. M. LE Ministre de l'Agriccltitre, du Commerce et des Travaux purmcs adresse le tome LX de la Collection des Brevets d'invention pris sons le régime de la loi de i844î et le n" 8 du Catalogue. M. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance : 1° La troisième édition d'un « Essai de Physiologie générale » par M. J. Guérin ; 2° L' « Annuaire scientifique » publié par ili. Dehérain {']^ année^ 1867). M. CosTE présente à l'Académie un ouvrage de M. de lu Blanchère portant pour titre : « La Pêche et les Poissons. Nouveau Dictionnaire général des pêches », et indique en quelques mots le caractère de cet ouvrage. M. PoisEuiLLE écrit à l'Académie pour annoncer qu'il retire sa candida- ture à la place vacante dans la Section de Médecine et de Chirurgie. Cette Lettre sera transmise à la Section de Médecine et de Chirurgie. THÉORIE DES NOMBRES. — Sur le caractère biquadratique du nombre 2. Note de M. Halphen, présentée par M. Bertrand. (Extrait.) « Dans la première partie du Mémoire intitulé : Tlieoria residuorum ùi- quadralicorum, Gauss a donné un théorème relatif au caractère biquadra- tique du nombre 2 pour les modules premiers de la forme ^[x -\-i, con- sidérés comme somme de deux carrés. Jacobi a démontré ensuite ce théorème d'une manière plus simple. La présente Note a pour objet d'étendre ce théorème aux modules non premiers décomposables en deux carrés premiers entre eux. » Soit p un nombre premier 4/-'- + i; •' est égal à la somme de deux carrés p = a- -h o . ( 19' ) On prendra pour a la racine carrée de a^, qui est de la forme 4^ + 'i a- étant le carré impair. D'ailleurs, si/ désigne une des deux racines de z*^ — I (mod./?), on a a'f-~b' {mod. p). Ayant choisi la racine /arbitrairement, on |irend pour b la racine de b^ qui donne af^^b[aio(\. p). Cela posé, le ihcorème de Ganss est représenté par la congruence P — 1 i> 2 ^ ^y "(mod. p). /' — ■ Je désignerai par ((-)) la quantités? ^ (mod. p). Mais je préciserai ce nombre de la manière suivante : Je poserai toujours ( (- ) ) ~^i f-,j ' t)u/% nombres à l'un desquels x * est toujours congru (mod./j), ce étant pre- mier avec p. ( (- )) ne sera donc défini complètement que quand on aura fixé la racine / choisie de z" e^ — i (mod. p). » Considérons un module P ne contenant que des facteurs premiers dif- férents : P^^pp, Pi-., pn, tous ces facteurs étant de la forme Ifl-h i. Soit F une racine commune aux congruences p), z^=— I (mod. />,),..., z-= — I (mod.p„). » Considérons les valeurs des quantités ((-))' ( ( — re- latives à celte racine F, et désignons par M - I I le produit de ces quantités. C'est à celte dernière quantité que se rapportera le théorème qui fait l'objet de celle Note. On dira que x appartient à la première, à la deuxième, à la troisième ou à la quatrième classe, suivant que l'exposant de la puissance de F à laquelle ((p)) est égale, est o, i, 2 ou 3 (mod. 4). On voit aisè- ment que chaque classe contiendra ~ ' j- -_ nonujres dis- tincts, et que les (p — i){p, —i)...{p„ — i) nombres premiirs avec P trou- veront chacun leur place dans ces classes. Cette répartition varie avec le choix de F, et plus encore que dans le cas d'un module premier, cas dans lequel Gauss l'a adoptée. Néanmois, il est aisé de voir que tout noinbre qui appartient à la première ou à la troisième classe appartiendra toujours à l'une (le ces deux classes, et de même |)our les deux autres classes. Ou ( IÇ)1 ) ... (/) ■ — l)(/-'l — l). ..(«,, — ll , voit encore qu il y a ^^ nombres qui appartiennent toujours à la première classe, et autant qui appartiennent loujours à la troisième. Parmi les premiers, sont compris les — '' ^^,^.," ' résidus biquadratiques. » Le nombre P est décomposable en deux carrés de 2" manières diffé- rentes. Je vais démontrer qu'à chaque décomposition P =^ A^ -I- B", cor- respond un couple de valeiu's de F égales et de signe contraire telles, que l'on a AF^±B (mod. P), congruence que j'écrirai : AF^B(mod. P); cette seconde congruence est aussi générale que la première, à cause de rindélerminalion du signe de B. A est toujours la racine carrée de la forme 4^ + i du carré impair A'-. » Admettons que le théorème soit vrai |)our le module P, = />i p-2- -Pm et prouvons qu'il subsiste pour le module P = pP,. Soit donc P, -A?+B? et F, le nombre qui donne A, F, ;^ B, i^mod. P, J et p =z a'- -\- h'- . On déduira de là deux décompositions de P en deux carrés P = (A,r/ + B,/>)-+ (A.^» -B,rt)% P = (A,« - B,b)^ + (A,/; + B,fl)-. Il suffit de considérer la seconde décomposition, qui contient la première lorsqu'on remplace b par ( — b). Ayant donc choisi une des valeurs de 6, déterminons la racine y de z-se— 1 (mod. p) qui donne aj = b (mod. p), a étant toujours de la forme l\l + \ . » Posons A=A,rt — B,^, B = 7V,i + B,«; déterminons F |)ar les congruences simullanées F = F, (mod.P,), F=/(mod./;), el l'on aura AF = A,rt/'— B,bf~Kj> + B, rt = B(mo.l./y), AF = A.rtF,- B,/;F,= A,^> -+- B,a = B(mod.P,), et, p et (y étant premiers entre eux, AF = B(mod. P). ( '93 ) D'ailleurs, le théorème étant démontré pour le eus où P, est premier, il est démontré général. » Ces préliminaires étant posés, on peut énoncer le théorème suivant : » F étant (a racine de In conrjnience s" — ^ — i ( mod . P) cjui sert de hase à la répartition des classes, et P = A' -+- Vr étant In déconiposilion de P en deux carrés qui corresjiond à F, le nombre 2 appartient à la première, la deuxième, la troi- sième ou la cpialricme classe, suivant ipie B est concp'u ci o, i , 0. ou 3 ( mod. 4). Les racines carrées A et B (/e A" et de Vr sont choisies de telle sorte que A soit de la forme /^ / + i , et qu elles satisfassent à la co}igruence AF ^s B( mod . P) . » Ce théorème peut s'exprimer algéhriquement parla congruence B (( l\\ =FMmo,i. p; D'ai)rès la définition de ( ( ^ M' ^t '^ théorème de Ganss, on a c. h l, - -h h ■ F' '■ (mod.P). Il faut donc prouver simplement que l'on a -E^-H h.. .H I mod. 4 • 2 2 3 :>. Si l'on considère, comme précédemment, P comme le produit de P, par p, on a B — A,Z? + B,rt, et comme A, et « sont congrus à i (mod. 4), i' en résulte B B, h , ,, - = - + - mod. 4). 2 2 2 ^ ^' De même, si l'on considère P, comme résultant du produit de p^ par P2 = p-2Pi --Pin on aura Bi B 6, , 1 » \ — ^ - H (mod.4K 22a et ainsi de suite. Si l'on additionne membre à meinbre toutes les con- eruences ainsi obtenues, on obtiendra celle qu'il fallait démontrer. >i Le théorème subsiste dans le cas où le module contient des facteurs premiers égaux entre eux, pourvu que l'on ne considère que des décom- positions de ce module en deux carrés premiers entre eux; mais la dé- monstration, quoique iort simple, dépasserait les limites de cet extrait. » t'., H., 1868, l<"' Semestre. (1'. l.XVi, N" 4.) 20 ( 194 ) PHYSIQUE. — Recherches sur la dissociation f suite). Note de M. H. Debray, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « L'efflorescence est un cas particulier du phénomène de dissociation dé- couvert par M. H. Sainte-Claire Deville. » En effet, lorsqu'on mesure la tension de la vapeur d'eau émise parmi sel hydraté dans un espace vide, on constate que cette tension varie avec la température, mais qu'elle est constante pour une température déterminée. Si, après avoir échauffé le sel, on le laisse revenir à une température infé-. rieure, la tension de la vapeur diminue, parce que le sel effleuri absorbe ra- pidement une partie de IVau dégagée, et reprend la valeur qu'elle avait ac- quise dans la période d'échauffement pour cette même température. )' Un sel hydraté a donc pour chaque température une tension de dissocia- tion qui est mesurée par la force élastique de la vapeur d'eau qu'il émet à cette température. » On s'explique maintenant avec facilité la condition d'efflorescence ou d'hydratation d'un sel effleuri placé dans une atmosphère illimitée. La pression de l'air n'ayant pas d'influence sensible sin- la tension des vapeurs qui s'y forment, un sel s'effleurit lorsque la tension de sa vapem- est supé- rieure à celle de la vapeur d'eau existant dans l'atmosphère, à la tempéra- ture de l'expérience; au contraire un sel effleuri s'hydrate dans l'air si la force élastique de la vapeur contenue dans l'atmosphère est supérieure à celle qu'émet, à la même température, le sel effleuri. » Les sels hydratés qui ne seffleurissent point clans l'air doivent donc cette propriété à cette circonstance que la tension de la vapeur qu'ils émet- tent aux températures ordinaires est toujours inférieure à celle que possède habituellement la vapeur d'eau contenue dans l'air; ces mêmes sels s'effleu- rissent dès qu'ils sont placés dans une atmosphère où la force élastique de la vapeur d'eau e.st plus faible que celle de la vapeur qu'ils émettent à la température de rex|)éi'i(Mice. » Si l'on chaulfe un sel hydraté, du suif. île de soude oi'diuaire (NaO, .SO^ ■+- loTlO), par exemple, à la température de 33 degrés à laquelle il fond, on observe qu'il n'y a point de changement dans la tension de la vapeur d'eau pendant toute la durée de la fusion; il en est de même pour le carbouale de soude ordinaire (NaO,CO'+ loUO) à la température de 34", 5 et l'hyposulfite de soude contenant cinq équivalents d'eau vers 48 de- grés. » [^a fusion de ces sels hydratés ressemble doucà celle de la glace, qui s'o- ( >95) père sans variation dans la tension de vapeur comme l'a démontré autrefois Gay-Lussac. Ce rapprochement est tout naturel pour un sel conime l'hy- posulfite, qui fond d'une manière complète vers 4i^ degrés en donnant un liquide capable de surfusion comme l'eau elle-même lorsqu'elle est refroidie dans des conditions convenables; mais, pour le sulfate de soude, le phéno- mène aurait pu être différent, car ce sel fournit, à 33 degrés et au-dessus, un liquide au fond duquel il se dépose toujours une certaine quantité de sulfate anhydre. Ce changement dans la constitution du sel, qui se manifeste lors de la fusion à 33 degrés, n'est donc pas accusé à cette température par une variation de force élastique. » L'efflorescence des sels diffère par une particularité remarquable du phénomène de dissociation du carbonate de chaux que j'ai étudié dans ma première communication (i). Je rappellerai que cette matière, chauffée à une température suffisante, se décompose, mais que cette décomposition s'arrête lorsque l'acide carbonique dégagé a pris dans l'appareil une tension qui dépend seulement delà température de l'expérience et non de la quan- tité de carbonate de chaux décomposé. La tension de la vapeur émise par un sel efflorescent n'est pas, à une température donnée, absolument indé- pendante de la proportion d'eau qui reste dans le sel. » Si l'on opère sur le phosphate de soude du commerce (2NaO, HO, PhO= + u/jHO) qui perd par son exposition à l'air une grande partie de son eau d'ydrata- tion, on constate que la tension du sel est d'abord indépendante de son état d'effleiuissement. Ainsi un sel contenant toute son eau (62,8 pour 100) et un sel effleuri qui n'en contenait plus que 53 à 54 pour 100 ont donné exactement la même tension de vapeurs. Mais si l'on descend au-dessous de 5o pour 100, ce qui correspond sensiblement à l'hydrate (aNaO, HO, PhO=-f- i4H0) que l'on obtient en faisant cristalliser le sel au-dessus de 3i degrés, la ten- sion de la vapeur d'eau est beaucoup moindre. J'ai pu le constater avec un sel contenant 49i5 pour 100 d'eau, que je comparais dans les mêmes condi- tions de température aux deux précédents. M Le phosphate de soude ordinaire se comporte donc, dans la première phase de sa décomposition, comme une combinaison d'eau et de phosphate à i4 équivalents d'eau d'hydratation. Cette combinaison se dissocie de la I ) Comptes rendus de T Jcadémie des Sciences, séance du 18 mars 1867. 26.. ( u)6 ) même manière que le carbonate de chaux, c'est-à-dire en émettant de la va- peur d'eau de tension constante à une température donnée, quelle que soit d'ailleurs la proportion d'eau et de phosphate a i4 équivalents d'eau exis- tant tlans le sel effleuri. Cette |,9 '8,2 3 1 , 5 3o , 2 36,4 ('^ st^' 65' fondu) . ^9,5 4o,o 5o,o f f ./ F F 0,694 4,8 0,452 0,717 6,9 ,5oo 0,776 9'4 0,517 o>777 '2,9 o,55i .Stg 0.1,3 0,618 0,877 3o,5 0,678 0,901 4l,2 0,750 ( 197 ) u Dans ce tableau j'ai placé, à côté de la tension de la vapeur d'eau émise par le sel, évaluée en millimètres, le rapport - de cette tension à la tension maximum de la vapeur d'eau à la même température. Ce rapport mesure l'état hygrométrique d'un espace limité dans lequel s'effleurit une quantité suffisante de sel à la température correspondante aJ. On voit |)our les deux phosphates que cet état hygrométrique croît d'une manière régu- lière avec la température. C'est un fait qui paraît général pour les sels hy- dratés, du moins au-dessus de 12 à i5 degrés, et il est facile de le vérifier avec un hygromètre à cheveu que l'on place, avec le sel à étudier, dans une grande éprouvette fermée par un obturateur; on constate que ses indications suivent réguhèrement la marche de la température à laquelle on maintient successivement l'appareil. » ÉLECTRICITÉ. — Nole relative ù une rtchnnalion de M. Warlmann à propos du rétablissement spontané de l'arc volluique après une exlinction d'une courte durée; par M. F. -P. Le Roux. « Dans un& première Note présentée à l'Académie, le 3o décembre der- nier, j'ai exposé le fait du rétablissement de l'arc voltaïque après une extinction d'une courte durée, et j'ai cherché à analyser les circonstances de ce phénamène pour en donner l'explication la plus plausible. Dans une seconde Note présentée le 6 janvier, j'ai annoncé que, conformément à mes prévisions, il était possible d'iiiiliser ce fait pour obtenir la division de la lumière électrique en lançant le courant alternativement dans plusieurs appareils. » M. Wartmann, de Genève, a adressé à l'Académie une réclamation de priorité relative à l'observation du fait principal. Si j'eusse connu l'obser- vation de ?>I. Wartmann, je n'eusse pas manqué de la citer, tant potu- rendre à chacun ce qui lui est dû que pour faire ressortir la différence ([ui existe entre les explications proposées par chaciui de nous. C'est ce que je demande à l'Académie la permission de faire aujourd'hui, en même temps que de préciser la portée de la réclamation de M. Wartmann , dont les termes assez vagues ont pu faire croire à plus d'une personne que ce phy- sicien aurait opéré avant moi la division de la lumière électrique par la méthode que j'ai décrite. )) Dans ses recherches sur l'éclairage électrique, M. Warlmann plaçait plusieurs appareils régulateurs dans le même circuit les uns à la suite des ( '98 ) autres; pour prévenir lobjecrion que l'extinction d'un seul tle ces régu- lateurs amènerait celle de tous les autres, M. Wartmauu dit : « Mais j'ai u constaté qu'il est possible de suspendre la circulation de l'électricité » pendant ■— de seconde sans que rare s'évanouisse ( r). » » Voilà tout ce qui, à ma connaissance, a été publié par M. Wartniann sur ce sujet : ainsi qu'on peut le voir, il n'est pas question de la division de la lumière électrique par le moyen que j'ai indiqué. Quant au fond de la question, il faut remarquer combien nous différons, M. Wartmann et moi : il dit qu'on peut suspendre le courant sans (jue l'arc s'évanouisse, tandis que j'ai dit qu'il y avait cessation, puis rétablissenienl spontané de l'arc. Le phy- sicien geuevois pense qu'il reste pendant un certain temps après l'inter- ruption du courant des particules solides intercalées entre les deux pôles, tandis que c'est par la conductibilité des gaz échauffés que j'explique le rétablissement de l'arc. » Maintenant que l'attention est attirée sur cette question, ou ne man- quera sans doute pas de reconnaître que plus d'une personne aura eu l'oc- casion de l'entrevoir. C'est ainsi qu'en faisant des recherches relatives à la réclamation de M. Wartmann, j'ai remarqué ces quelques lignes de M. de la Rive : « Si l'on place deux tiges de fer doux servant d'électrodes cha- cune dans une bobine formée d'un gros fil de cuivre, l'arc vollaïque qui a lieu entre les deux pointes cesse au moment où l'on aimante les tiges de fer en faisant passer un fort courant dans les bobines, et il recommence si l'on a soin d'interrompre ce courant avant que les pointes se soient refroidies (2). » Il est bien évident que M. de la Rive s'est trouvé, avant M. Wartmann et moi, sur la trace du phénomène, et que s'il avait pense à abstraire certaines circonstances de l'expérience que je viens de rapporter et à remplacer les tiges de fer par des tiges de charbon, il eût pu dès lors arriver à signaler comme un fait général le rétablissement spontané de l'arc vol- taïque après une extinction d'une courte durée. » (1) £il)/iol/n''r/ui: luiireiscllc de G(iicvc , .'Jichives (li:\ S) ii'/'< ts j//ij'sî'/iii'S r/ iiiiUinUes, t. !iG, |). 3.'.5 ; aniici' ibij'j. (2j Db LA RivK, 'l'idité d'électricité, t. II, p. 5.38; l'aris, l85(). ( 199 ) OPTIQUE MINÉRALOGIQUE. — Sin' la forme clinorhomhiqiie à laquelle on doit rapporter l'harmolome et la JVôhlérile, d'après de nouvelles recherches sur la dispersion de leurs axes optiques. Mémoire de M. Des Cloizeaux, présenté par M. Fizeau. (Extrait par l'auteur.) a On connaît maintenant un assez grand nombre de substances natu- relles ou artificielles dont la forme cristalline n'a pu être déterminée exacte- ment que par l'examen de leurs propriétés optiques biréfringentes. L'har- motome et la Wôhlérite nous fournissent deux nouveaux exemples, qui prouvent d'autant mieux la nécessité de cet examen que les cristaux de ces deux minéraux paraissent réellement dériver d'un prisme rhomboïd;il droit, aussi bien par l'apparente symétrie de leurs formes extérieures que par l'orientation du plan où sont situés leurs axes optiques. Les dispersions de divers genres que ces axes sont susceptibles de |irésenter sont si faibles et si difficilement appréciables, par suite du peu de transparence des cristaux de Wôhlérite et de la structure complexe des cristaux d'harmotome, que leur observation avait été trop incomplète jusqu'à ces derniers temps pour permettre d'en rien conclure sur le système cristallin qu'elles peuvent servir à caractériser. » M. Axel Gadolin ayant fait remarquer, dans un Mémoire sur la dé- duction d'un seul principe de tous les systèmes cristallographiques (*), que l'har- motome poiirrait bien appartenir au type clinorhombique, j'ai été conduit à chercher une vérification expérimentale de cette idée théorique par l'étude attentive des phénomènes de dispersion. » D'après les résultats que j'ai obtenus, d'abord sur l'harmotome et ensuite sur la Wôhlérite, j'ai dû changer le système cristallin auquel on rapportait généralement ces deux minéraux, et que j'avais moi-même adopté dans mon Manuel de Minéraloqie. » Harmotome. — Après avoir montré, dès i858, que tous les cristaux d'harmotome sans exception étaient maclés, j'avais proposé de les faire dé- river d'un prisme rhomboïdal droit de 120° 47', ayant ses axes optiques compris dans le plan des petites diagonales de ses bases; il fallait alors ad- mettre que leurs formes offraient une sorte d'hémimorphie qui laissait subsister une seule moitié de l'octaèdre rhomboïdal fondamental, composée de quatre faces parallèles deux à deux et situées dans une même zone. J'avais aussi annoncé que la dispersion propre des axes optiques était à peu près nulle, et, grâce aux macles intérieures et à la transparence imparfaite (*) Mémoires de la Société des Sciences de Finlande, année 1867. ( 300 ) de mes premières plaques, je n'avais reconnu aucune des dispersions carac- téristiques des cristaux ciinorhombiques. Mais, ayant soumis récemment au microscope polarisant des lames de morvtnite d'Ecosse, bien transpa- ronles et normales à la hisseclrice de l'angle aigu des axes optiques, j'ai pu y constater, dans l'air et dans l'huilo, luie dispersion tournante assez notable. Les cristaux d'barmolome doivent donc être rapportés à un prisme rhom- boïdal oblique qui n'offre plus les formes hémimorpbes dont M. Gadolin conteste la possibilité dans son Mémoire. En désignant par m les faces la- térales de la forme primitive, par /) sa base, par A' le plan qui passe par les diagonales liorizontales des deux bases et par g' le plan de symétrie, ona: 7?i/7i = [ 20" l', ph^ =:i24°5o', pni = I iq^Sq', //' ,?y == I io°2o', dans les macles. h : h w 1000 : 1007, 00 D = 818,02 ^/ = 5^5,1 c). » Il existe un clivage facile et assez net suivant g', et un clivage moins facile suivant p. )) Le plan des axes optiques et leur bissectrice aiguë positive sont perpen- diculaires au plan de symétrie. Par suite des macles, ce plan porte des stries croisées appartenant à quatre systèmes parallèles deux à deux et se ren- contrant vers le centre sous forme de losange; il est donc toujours facile à reconnaître. )) Le plan des axes corresnondant aux rayons rouges et le plan des axes correspondant aux rayons bleus font des angles d'environ : Rayons rouges. Rayons bleus. i.^°^i' i?i"5' avec une normale à /;, icfi^' 3o''5' avec une normale à A', .1 11 V a donc lui écart d'environ o^Sy' entre ces deux plans, ce qui explique la légère dispersion tournante dont j'ai parlé plus haut. » Des plaques, à axes assez rapprochés pour montrer dans l'air plus de la moitié de l'anneau central de chaque système, ont été placées dans l'étuve de mon microscope, de manière à présenter leurs axes optiques dans un plan horizontal. En les chauffant, ona vu que la barre transver- sale d'un des systèmes d'anneaux s'élevait au-dessus de ce plan, tandis que la barre de l'autre système s'abaissait de la même quantité. Le phénomène que j'avais signalé (i) comme une sorte d'anomalie n'est donc autre chose (1) Nouvelles rorherelies sur les propriétés optiques des cristaux naturels on artificiels, insérées dans les /Vi-moi/cx ///l'scrifiw //ni i/irc/x Mnvi/ils i 1 2 d = 687,8636 d= 'j-25,']l\Bo. » Le plan des axes moyens est sensiblement parallèle à o'. L'angle entre C. r.., iSfiS, i" .SVmejr;c. (T. LXVl, N° 4.) 27 ( 202 ) le plan des axes rouqes et le plan des axes bleus est trop petit pour avoir pu être déterminé directement. L'écartement des axes optiques varie avec les échantillons et même avec les plages d'un même échantillon. » Des lames prises normalement aux deux bissectrices sur deux cristaux différents m'ont en effet donné, pour l'angle apparent dans l'hnile et potir l'angle réel des axes : P/emk'f ciisttd. 2H„ = 85°/ii', 2H„ = i39° 3', d'où 2V=7i°56', /5 = 1,69 ray. rouges. 2Ha--=86<'i2', 2H<, = i38°32', d'oii 2 Y= 72° 18', ,3 = 1,71 ray. bleus. Deii.rit'inc cristal. 2Ha=86°24', 2Ho = i44"24', d'où 2V=7i°26', ,'5 = 1,72 ray. rouges. 2H„ = 87°3o', 2H„=i44<' 8', d'où 2y=72° i', p = 1,74 ray. bleus. Sur les premières lames citées dans mon Manuel, j'avais trouvé : 2V = 76° 10' ray. rouges, 7 7" 2' ray. bleus. )) La dispersion propre des axes optiques, faible dans l'huile et à l'intérieur des cristaux, avec p -< t^, est au contraire très-forte dans l'air; car, sur le premier cristal, les axes rouges ont un écartement apparent dans l'air de 170° 53', taudis que les axes bleus éprouvent la réflexion totale. » PHYSIOLOGIE. — Phénomènes intimes de la contraction musculaire. Note de M. Marey, présentée par M. Claude Bernard. « Dans une suite de Mémoires que l' Académie a couronnés l'année der- nière, je crois avoir établi que la contraction d'un muscle est un phéno- mène complexe vibratoire pour ainsi dire, et qu'elle se compose d'une série de secousses, semblables chacune au mouvement que l'on provotjue- rait en faisant agir une excitation électrique sur un nerf moteur. Des gra- phiques annexés aux Comptes rendus (t. LXII, p. 11 75) montrent que, sous l'influence d'une série d'excitations électriques de plus en plus fréquentes, les secousses musculaires successives s'ajoutent partiellement les unes aux autres, s'affaiblissent peu à peu et finissent par s'éteindre, fusionnées dans l'état d'immobilité apparente du muscle tétanisé. .• Mais à l'époque où je publiais ces premiers résultats, je n'avais pas d'idée bien arrêtée sur le mécanisme intime de l'acte musculaire, sur la cause immédiate de la production du tétanos, dont je signalais seulement la ( 203 ) manifestation extérieure, c'est-à-dire le raccourcissement saccadé, puis uniforme, du muscle. « Cette cause prochaine de raccourcissement du muscle, c'est la pro- duction de Vonde musculaire que je vais décrire. ). Depuis longtemps l'attention des observateurs a été attirée sur ces petits mouvements fibrillaires qu'on voit se passer sur un muscle récemment détaché d'un animal vivant, Haller, Baglivi, Dumas, Ficiuus reconnurent que des ondes se forment sur ier. fibres musculaires et voyagent suivant la longueur de ces fibres. Mais ces auteurs, qui s'accordent pour admettre l'existence des ondes, sont en désaccord quand il s'agit de déterminer le sens danjs lequel elles se meuvent, tant il est difficile de saisir à l'œil nu ces mouvements rapides et fugitifs. » C'est en examinant au microscope les muscles des insectes vivants qu'on saisit le mieux la formation et le transport de l'onde musculaire. Sur les pattes de jeunes araignées, Aeby vit se former cette onde, au point où le nerf moteur s'applique sur la fibre d'un muscle. L'onde con- siste en un tassement des disques de Bowm;m, qui renfle la fibre en dimi- nuant sa longueur. Aeby vit qu'après s'être formée l'onde se partage en deux autres qui cheminent chacune rapidement vers les extrémités de la fibre. )) Enfin il reconnut que, si l'on applique l'excitation électrique sur un point d'un muscle, on y provoque un gonflement local de la substance musculaire par la formation d'ondes au niveau du point excité, et que ce gonflement chemine dans les autres parties du muscle avec une vitesse d'environ i mètre par seconde. » Les faits signalés par Aeby, et dont j'ai pu vérifier la parfaite exacti- tude, expliquent le mécanisme de ce raccourcissement subit d'iui muscle auquel on applique une excitation électrique, raccourcissement brusque et de courte durée que j'ai appelé secousse musculaire. « Mais si j'ai réussi à prouver que la contraction est formée d'ime série de secousses musculaires fusionnées entre elles, il faut admettre qu'une série d'ondes peut se former sur chaque fibre d'un nniscle, cheminant les unes à la suite des autres vers les deux extrémités de cette fibre. Il faut en outre expliquer comment tous ces petits mouvements successifs s'ajoutent les uns aux autres, et disparaissent dans le raccourcissement permanent du muscle qui reste iamiobile dans sa contraction. » Le premier point est facile à démontrer par la myographie, qui fait voir qu'un muscle excilé à l'une de ses exlrémilés peut être le siège d'une série 27. ( 204 ) d'ondes coexistantes, qui se suivent les unes les autres en se pressant vers l'autre extrémité du muscle. » Le second point, c'est-à-dire la fusion des secousses que chaque onde j)rovoque s'explique par des considérations tirées de la nature de l'élasti- cité musculaire sur lesquelles je vais avoir à insister. » Les muscles sont élastiques; leur extensibilité est même assez grande à l'état de repos; mais cette extensibilité s'accroît encore lorsque le muscle est mis en état de raccourcissement par des excitations électriques. Il ne s'ensuit pas, comme le croyait Weber, qu'un nuiscle suspendu par l'une de ses extrémités et chargé à l'autre d'un poids puisse devenir réellement plus long s'il est excité que s'il est au repos, Mes expériences sur ce point m'ont fait voir que le muscle s'allongera davantage par rapport à sa longueur actuelle, si on le charge d'un poids après l'avoir mis en raccourcissement tétanique; n)ais il restera toutefois plus couil que s'il était au repos sous la même charge. » Ainsi défini, l'accroissement de l'extensibilité d'un nniscle par le tétanos n'a plus rien de paradoxal ; il s'explique an contraire très-bien par ce que nous savons du mécanisme du raccourcissement musculaire. En effet, puisque le raccourcissement d'un muscle est produit par des ondes qui se forment siu- chacune de ses fibres, lorsqu'il y aura beaucoup d'ondes semblables dans ce muscle, il suffira, pour l'allonger, de déplisser pour ainsi dire ces ondes et de ramener les fibres à leur forme cylindrique ou de repos. Les fdjres cylindriques au repos ont au contraire besoin, pour s'al- longer, d'une traction assez forte pour changer l'état moléculaire de leur tissu. Du reste, ce point de théorie n'est pas indispensable, puisqu'on peut démonlrei- expérimentalement ce fait qu'un muscle, eu se con- tractant, devient plus extensible. Ce fait va nous expliquer comment des ondes successives éteignent de plus en plus les secousses qu'elles pro- voquent, jusqu'à ce que soil atteinte l'immobilité du muscle en tétanos absolu. » Prenons le cas d'une première onde qui se forme sur une fibre nnis- culaire. Aussitôt que l'onde est produite, c'est-à-dire au bout de cpielques contièiues de secoiide, la force qui tend à découvrir le muselé est engen- drée, elle restera invariable pendant tout le parcours de l'onde et jusqu'à sa disparition. » Cette force instantanée se décomposera de la manière suivante : une partie agira directement sur le point d'attache mobile dti nniscle et dépla- cera quelque peu le fardeau à mouvoir, mais l'autre partie sera employée à ( 205 ) tendre la fibre elle-même et à lui donner une force élastique qui sera res- tituée plus tard sous forme de traction plus lente. 1) Si une deuxième se produit pendant que la première chemine, et rend par sa présence la fibre plus extensible, cette nouvelle force se décompo- sera comme la iiremière, mais cette fois l'effet direct et instantané sera liius faible que tout à l'heure, parce que l'extensibilité plus grande de la fibre aura absorbé une plus grande partie de la force développée. » Potu' une troisième onde, la force directe sera encore plus atténuée; elle le sera encore plus pour une quatrième et ainsi de suite, de sorte que la foi'ce directe de toute onde nouvelle s'éteindra d'autant mieux qu'il exis- tera sur la fibre un phis grand nombre d'ondes déjà formées. Poiu' que cette consistance de l'onde puisse se produire, il faut que les excitations se suivent de très-près, de sorte que la première onde n'ait pas encore disparu quand la vingtième ou la trentième se forme. Voilà pourquoi l'immobilité du muscle en tétanos ou en contraction volontaire iiécessite un grand nombre de secousses par secondes ; vingt-sept au moins sont nécessaires sur mes muscles. » Telle me semble être la théorie de la fusion des secousses et de la con- tractioii permanente. C'est la transformation d'une série de forces instan- tanées et successives en une force élastique continue et uniforme. J'exposerai dans une prochaine Note comment cette transformation du mouvement par l'élasticité du muscle est favorable à la production du Travail méca- nique, o GÉOLOGIE. — Faits pour servi)' à l'histoire éruplive du Vésuve, par M. L. Palmieui. (Extrait d'une Lettre à M. Ch. Sainte-Claire Deville.) Naples, 20 janvier i868. » Depuis ma dernière Lettre (i), l'éruption du Vésuve s'est continuée avec des phases ])eu marquées d'accroissement et de décroissement : actuel- lement il semble qu'elle veuille s'arrêter, car le nouveau cône se montre beaucoup moins actif et commence à se recouvrir de sublimations. Les laves sortent peu abondantes, et les deux instriunents qui indiquent, avec une grande précision, les phases de l'éruption, le sismographe électro- magnétique et l'appareil de variation de Lamont, sont moins agités. a Les coulées de lave sont descendues par le grand cône du Vésuve en (i) Voir Comptes rendus, séance du 25 novembre 1867. ( 206 ) diverses directions, de sorte que, du flanc oriental au flanc occidental, en passant par le nord, le cône est sillonné d'environ vingt courants de lave. Les plus considérables et ceux qui ont coulé le plus longtemps sont, sur le flanc oriental, ceux qui ont atteint les cocjnoli di Ottajano, et sur le flanc occidental, ceux qui sont passés derrière le monticule resté à la base du cône de i858 : ces derniers se sont divisés en deux branches, dont l'ime, suivant les canteroni, s'est étendue presque jusqu'au pied de l'Observatoire, et dont l'autre, se dirigeant vers la Favorite et Torre del Greco, coule encore sur les laves de 1822. 1) Toutes ces laves sont du genre de celles qui se recouvrent immédiate- ment de nombreuses scories incohérentes, et que les guides appellent ferru- gineuses [ferruginc) : elles contiennent de petits amphigènes et presque point de pyroxène. » J'ai examiné à plusieurs reprises les vapeurs que ces laves rejettent en abondance, et elles n'ont présenté ni réaction acide, ni réaction alcaline. Mais les nombreuses fumerolles répandues sur leur surface ont donné depuis quelques jours de l'acide chlorhydrique et de l'acide sulhneux. Je n'ai point encore remarqué l'hydrogène sulfuré. » Les sublimations, au début, étaient presque exclusivement de sel marin et de cuivre oxydé [lénorite)] mais, depuis, les parties les moins chaudes des fumerolles se sont colorées eu vert par le chlorure de cuivre. Le chlorure de fer cette fois ne s'est pas montré; mais, en revanche, le chlo- rure de cuivre est presque toujours accompagné de chlorure de plomb [cotunniie). « L'air de ces fumerolles est très-pauvre en oxygène, dont la proportion n'atteint parfois que i3 pour 100. (^et oxygène n'aurait-il pas été employé à la formation de l'oxyde de cuivre? » Bien qu'il soit aujourd'hui démontré que le sel ammoniac se produit, non-seulement dans l(>s lieux bas, où les laves s'étendent sui- les terres cul- tivées, mais aussi sur la cime du Vésuve, néanmoins on doit remarquer que, partout où elles brûlent les arbres, le sel ammoniac est plus abondant sur les fumerolles. En effet, tontes les fumerolles de la lave qui, en passant au-dessous des cantero)ii, a brûlé les plantes qui recouvraient cette colline, ont déjà donné le sel annnoniac, que je n'ai point encore trouvé sur les autres fumerolles. » Il me reste encore beaucoup à faire, et lorsque j'aurai terminé, je vous écrirai sans doute de nouveau. J'ajoute seulement que, jusqu'à ce moment, il nr s'est encore maniii-sté aueunr nioh'llc. » ( 207 ) M. Ch. Sainte-Claire Devili,e présente, au sujet de cette Lettre, les ré- flexions suivantes : « Les personnes qui veulent bien suivre et encourager les efforts que je fais, depuis treize ans bientôt, pour introduire l'idée d'ordre et de succes- sion dans ce chaos apparent des émanations volcaniques remarqueront sans doute avec moi combien les observations si nettement présentées de jM. le professeur Palmieri viennent à l'appui de ces considérations. » On voit, en effet, au délmt de r éruption, des émanations neutres entraî- nant lui air très-appauvri en oxygène et déposant presque exclusivement des chlorures alcalins, recouverts bientôt d'une légère couche de cuivre chlo- ruré ou oxydé. C'est la première phase, ou celle àe^ fumerolles sèches. » Puis, quelques jours après et dans les parties les plus refroidies se mani- festent les acides chlorhydrique et sulfureux, certainement accompagnés de vapeurs d'eau. Et le carbonate d'ammoniaque, qui semble bien, en effet, avoir deux origines différentes, s'y transforme naturellement en chlor- hydrate. C'est la seconde phase, ou celle des émanations cl ilor hydrosulfu- reuses. » Mais, en général, l'acide sulfhydrique ne s'est pas encore montré, ni l'acide carbonique ou l'hydrogène carboné des mofettes. » Cela signifie qu'au moment où écrivait l'auteur de la Lettre, l'ensem- ble des laves n'avait pas encore atteint la troisième phase des émanations sulfurées, moins encore celle des émanations ccuburées. » L'ordre de succession qui se reproduit ici est donc le même que celui que j'avais observé au Vésuve en iSSS et 1861, et que M. Fouqué a retrouvé à l'Etna, en i865. » M. Pfeiffek adresse, de San-Francisco, une Note relative à un » Procédé pour obtenir le relief stéréoscopique ». M. Grimadd, de Caux, adresse à l'Académie une Lettre destinée à exposer les droits qu'il pense avoir à une partie du prix Bréant. A l'appui de sa réclamation, l'auteur présente les considérations suivantes : « Lorsqu'en i832 le choléra fit son apparition en Europe, on ne voulut pas croire à sa transportation et à sa transmission. » Fn i(S(S5, quand la maladie envahit la ville de Marseille, la population, accablée, fit entendre un gémissement qui retentit jusqu'à Paris. Il fut ré- pondu à M. le Sénateur de Maupas, alors chargé de l'administration du ( 208 ) département des Boiiclies-du-Rhône , que les craintes de la popiiialion élaicnl réprouvées par la science, et qunncun fait récent ne les justifiait. » Dans ces circonstances, je posai devant l'Académie la question des quarantaines (21 août i855), et je me rendis an milieu du foyer de l'épi- démie. La mortalité allait toujours croissant : un tiers et plus de la popula- tion (io3ooo habitants) avait émigré; il y avait i mort sur aooo habitants, tandis qu'en temps ordinaire on en compte seulement i sur 10 000. » Mes recherches avaient tni but unique : remonter à l'origine de l'épi- démie. Je recueillis des faits probants et authentiques : je les rendis immé- diatement de notoriété jniblique. Je démontrai que la maladie avait été portée par des pèlerins arabes venus directement de la Mecqne à Mar- seille. J'en écrivis de Marseille même à l'Académie, et, l'Académie convain- cue (1) aussi bien que le Gouvernement, un décret impérial fut rendu, après mûres réflexions, pour modifier le régime sanitaire dans le sens de la solution que j'avais donnée du problème nettement posé dans ma Note du 21 août. » L'Académie m'honora alors du témoignage le plus glorieux qii'iui homme puisse ambitionner. >■ Qu'il me soit permis aujotud'lnii de lui soumettre les considérations suivantes. )) Jja solution complète du problème ri-latif au choléra renferme trois questions fondamentales : i" quelle est la cause du choléra? 2° quel est son remède spécifique? 3° le choléra est-il transmissible? Celui qui résou- drait ces trois questions aiuait un droit iiicontestalde à la totalité du pi'ix Bréant. «■ Je crois avoir résolu la troisième '> M. Dubois adresse un travail qui a pour litre : « Note sur le rapport qui existe entre les rayons équatorial et polaire de notre atmosphère : con- séquence que l'on en déduit sur la hauteur de l'atmosphère aux pôles ». A 5 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret. i/d séance est levée à 6 heures. E. D. B. (i) Il existe une Lettre de M. le Maire de M;irseille pour remercier M. Chevreul du lan- t,'aj'e qu'il a fait entendre à cette occasion à l'Académie. L'illustre Académicien l'a mentionnée Inl-uiruic (hins les C/iiii//tcx ii-ttdiis. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 3 FÉVRIER 1868. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOIRES ET COI^IMUIVICATIOrVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Ministre de l'Instruction publique transmet une ainpliatioii du Décret impérial qui approuve l'élection de M. Dumas à la place de Secré- taire perpétuel pour les Sciences Physiques, devenue vacante par suite du décès de M. Flourens. Il est donné lecture de ce Décret. Sur l'invitation de M. le Président, M. Dumas prend place au bureau de l'Académie. PHYSIQUE. — Sur la vitesse de propacjalion des ondes dans les milieux (jazeux; par M. V. Regnault (i). « Les expériences dont je présente aujourd'hui les résultats à l'Académie sont terminées depuis plusieurs années. Le Mémoire qui les résume est déjà imprimé dans le tome XXXYII de ses Mémoires, dont il forme la première partie; mais comme ce volume ne paraîtra que dans un avenir plus ou moins éloigné, je prie l'Académie de m'autoriser à en publier les conclu- sions dans le Compte rendu de cette séance. (i) L'Académie a ilccidé que cette communication, bien que dépassant les limites régle- mentaires, serait reproduite en entier au Compu- rendu. G. R., 1868, 1" SemesUf. (T. LXVl, N" Jj.) ^^ ( 2IO ) CONCLUSIONS GENEKALES. » Les formule? adoptées jusqu'ici par les physiciens, comme représentant la vitesse de propagation d'une onde dans un milieu gazeux indéfini dans tous les sens, ou renfermé dans un tuyau cylindrique et rectiligne, suppo- sent que le gaz jouit de l'élasticité parfaite, de plus que l'excès de force élas- tique qui donne lieu à la propagation de l'onde est infiniment petit par rapport à l'élasticité du milieu trauquille. » Ces hypothèses sont introduites dès l'origine dans le calcul ; leurs con- séquences se trouvent donc nécessairement dans les formules qu'on en dé- duit. Mais aucun de nos gaz ne satisfait rigoureusement à ces conditions; on doit donc s'attendre à trouver des différences sensibles entre les résultats des expériences directes et ceux que l'on déduit de la théorie par le calcul. )) En effet, en disant que le gaz jouit de l'élasticité parfaite, on suppose : » i" Qu'il suit exactement la loi de Mariotte : mais l'expérience démontre que tous les gaz s'en écartent plus ou moins; » 2° Que son élasticité n'est pas altérée par les corps ambiants : mes ex- périences sur la propagation des ondes dans les tuyaux démontrent que leurs parois exercent ime influence très-marquée; » 3° Que le gaz n'oppose aucune inertie à la transmission de l'onde : or mes expériences démontrent que l'émission d'une onde forte produit tou- jours lui véritable transport des premières couches gazeuses, lequel augmente notablement la vitesse de propagation, surtout dans la première partie du parcours; » 4° Pour tenir compte de l'accélération produite par le dégagement subit de chaleur qui a lieu au moment du passage de l'onde, on admet dans le calcul la loi de Poisson ; mais celle-ci n'est exacte que si le gaz jouit de l'élas- ticité parfaite, s'il satisfait à la loi de Mariotte, etc., etc. » Enfin, le calcul théorique suppose que l'excès de compression qui existe dans l'onde est infiniment petit par raj)port à la pression barométrique sup- portée par le gaz. Mais les expériences pour déterminer la vitesse de propa- gation du son dans l'air libre ont été faites jusqu'ici à l'aide du canon, et l'on a suivi l'onde depuis son origine, qui esta la bouche de la pièce. Or celte onde présente, au sortir du canon, une compression énorme, laquelle, il est vrai, s'affaiblit très-vite à mesure que l'onde se propage sphériquement dans l'espace ; mais on ne peut pas admettre que cette compression eslinfini- ment petite dans les premières parties du parcours. » Lorsque l'excès de compression dans l'onde est une fraction sensible { 111 ) de celle du milieu gazeux tranquille, on ne peut plus admettre la formule de Laplace; il faut recourir à une formule plus complexe, dans laquelle on a introduit les éléments véritables du problème. T-a formule que j'ai donnée dans mon Mémoire n'est elle-même qu'une approximation, car elle admet encore implicitement la loi de Mariotle et toutes les conséquences qui en décoident. » En résumé, la théorie mathématique n'a abordé jusqu'ici la propaga- tion des ondes que dans un gaz parfait, c'est-fi-dire dans \mjliiide idéal qui réunit toutes les propriétés que l'on a introduites hypolhêùquemenl dans le calcul. On ne s'étonnera donc pas de voir que les résultats de mes expé- riences soient souvent en désaccord avec la théorie. » I. D'après la théorie, une onde plane doit se propager indéfiniment dans un tuyau cylindrique rectiligne, en conservant la même intensité. Mes expériences démontrent, au contraire, que l'intensité de Fonde diminue successivement, et d'autant plus vite que le tuyau a une plus faible section. i> Pour démontrer nettement ce fait, j'ai produit des ondes, d'intensité égale, avec un même pistolet chargé de i gramme de poudre, à l'orifice de conduites de sections très-différentes, et j'ai cherché à reconnaître la longueur du parcours au bout de laquelle le coup ne s'entend plus à l'oreille. J'ai cherché de plus à déterminer le parcours, beaucoup plus long, au bout du- quel l'onde silencieuse cesse de marquer sur mes membranes les plus sen- sibles. J'ai trouvé ainsi : » i'' Dans une conduite à gaz d'Ivry, dont la section intérieure est de o™,io8, on entend encore le coup à la seconde extrémité, distante de 566", 7 de l'origine, mais le son est très-affaibli. Si l'on ferme la seconde extrémité hermétiquement, avec une plaque de tôle, et qu'on place l'oreille à l'orifice du départ, il faut prêter la plus grande attention pour entendre le retour du coup. Ainsi, dans une conduite cylindrique rectiligne du dia- mètre de o™,io8, un parcours de i ifîo mètres suffit pour éteindre complète- ment le son produit par un coup de pistolet, avec une charge de i gramme de poudre. 2° Dans une conduite, du diamètre de o"',3o, de la route militaire, le coup de pistolet s'entend très-distinctement à l'autre extrémité, éloignée de igoS mètres. Si l'on ferme cette extrémité avec une plaque de tôle, et qu'on applique l'oreille à l'orifice du départ, on entend encore l'onde ré- fléchie, mais la perception est à peine sensible. L'onde a alors parcouru, dans la conduite, un chemin de 38 lo mètres. 28.. ( 2ia ) » 3° Dans la grnnde conduite, du diamètre de i'",ro, de l'égout Saint- Michel, l'onde produite par le coup de pistolet donne un son intense quand elle arrive à l'autre extrémité B, a|)rès avoir parcouru un chemin de 1090 mètres. Après une première réflexion en B, elle revient à l'extrémité de départ A. Son parcours total est alors de 3 180 mètres; on reconnaît que le son s'est affaibli, mais il conserve assez d'intensité pour qu'on l'entende au dehors, sans avoir besoin de retirer la membrane qui ferme l'orifice A. Après une seconde réflexion en B et un second retour en A, l'onde a par- cotuu G36o mètres; on entend encore le coup très-distinctement. Enfin, ce n'est qu'après une nouvelle réflexion en E, qu'on n'entend le troisième re- tour en A, que si un silence absolu règne dans la galerie. Le parcours total est alors de gS^o mètres. » Ainsi, un coup de pistolet, produit par i gramme de poudre, donne un son qui n'est plus perçu par l'oreille quand il a parcouru : ii5o mètres dans un luyaii dont le diamètre est de o"',io8, 38io mètres dans un tuyau dont le diamètre est de o^jSoo, 9540 mètres dans un tuyau dont le diamètre est de i'",ioo. •' Les longueurs sont ici sensiblement proportionnelles aux diamètres. Il est probable, néanmoins, que ces parcours seraient plus longs si l'onde ne subissait pas des réflexions successives qui l'affaiblissent continuelle- ment. w Lorsque l'onde n'a plus assez d'intensité, ou quelle s'est assez modifiée, pour ne plus produire sur notre oreille la sensation du son, elle est encore capable, même après un parcours très- prolongé, de marquer son arrivée sur nos membranes. » Ainsi, lorsque l'onde est produite par une charge de i gramme de poudre, elle imprime sa dernière marque sur une membrane quand elle a parcouru les chetnins suivants : 4o56 mètres dans la conduite de o"',io8, 1 i43o mètres dans la conduite de o'",3oo, igSSi mètres dans la conduite de i"',ioo. » Mais, siu- une conduite du diamètre de i'",io qui forme le grand siphon de Villeinonble, nous avons noté des parcours beaucoup plus longs; il est vrai que la charge de poudre était portée à 2«',4o. Ainsi, dans le tableau qui renferme les résultats de l'une des séries d'expériences faites sur cette longue conduite, la dernière marque correspondait à une onde qui avait ( 2r3 ) parcouru 5864 1 mètres, et, lorsqu'on opérait sans tirer les bandes de papier, on notait facilement jusqu'au dixième retour de l'onde à la membrane A, lequel correspondait à un parcours de 97735 mètres, c'est-à-dire de près de loo kilomètres. Mais les bandes de papier noirci prenaient des lon- gueurs tellement considérables, qu'il m'a été impossible de recueillir plus de six retours; ces bandes avaient déjà une longueur de 27 mètres quand elles marquaient le sixième retour. » Quelles sont les causes qui affaiblissent ainsi une onde plane lors- qu'elle se propage dans une conduite cylindrique rectiligne? Elles sont de diverses natures, mais la principale tient certainement à ce que l'onde perd constamment une partie de sa force vive par la réaction des parois élastiques du tuyau. On le reconnaît immédiatement sur notre grande conduite du diamètre i™, 10 de l'égout Saint-Michel, qui est suspendue sur des colonnes de fonte, dans une large galerie voûtée : dans le premier trajet de l'onde, on entend au dehors un son très-fort au moment du passage de l'onde, en quelque point de la ligne qu'on se place. Une portion notable de la force vive se dépense donc au dehors; j'en dirai autant pour les extrémités et pour tous les orifices garnis de membranes. Cette perte continue nécessai- rement après que l'onde n'a plus assez d'intensité pour impressionner l'oreille, et elle suffit, à la rigueur, pour expliquer comment le son s'éteint, et comment l'onde s'affaiblit assez pour ne plus faire marcher nos mem- branes les plus sensibles. Mais je ne crois pas que ce soit la cause unique ; il y en a une autre qui provient d'une action de la paroi solide sur le gaz, dont elle diminue sensiblement l'élasticité; j'en donnerai une preuve tout à l'heure. » II. La formule de Laplace ne contient pas l'expression de l'intensité de l'onde; d'après cette formule, la vitesse de propagation d'une onde est donc la même, quelle que soit son intensité. Mais, d'après la formule plus générale que j'ai donnée, cette vitesse doit être d'autant plus grande que l'intensité de l'onde est plus considérable. Or nous venons de voir que, dans une conduite cylindrique rectiligne, l'intensité de l'onde ne reste pas constante, comme on l'a admis jusqu'ici; mais qu'elle diminue successivement, et d'autant plus rapidement que le tuyau a une section plus petite. Il en résulte nécessairement que la vitesse de propagation d'une onde dans un tuyau doit diminuer continuellement à mesure qu'elle se propage, et la diminu- tion sera d'autant plus rapide que le tuyau aura une plus petite section. C'est en effet ce qui se présente dans toutes mes expériences; je me conten- ( 2.4 ) ferai de rapporter ici les vitesses moyennes d'une onde produite par un coup de pistolet qui se propage dans de l'air sec et à o degré, et que l'on suit depuis son départ jusqu'au moment où elle n'a plus assez d'intensité pour faire marcher mes membranes. Je les choisis parmi les expériences qui ont été faites sur les conduites des sections o'",i 08, o'",3ooet i"\io. 1° Conduite du diamètre de o'^iloS de la route d'Ivry. Chemins parcourus. Vitesses moyennes \'„ . Chemins parcourus. Vitesses moyennes V„ . Charge de poiidi-e =o«%3. Charge de poudre =o«%4- 566,74 33o,99 I 35 1,95 3'29,95 ii33,48 328,77 2703,00 328,20 1700,22 328,21 4o55,85 326,77 2266,96 327,04 5407 ,80 323,34 2833,70 327,52 )) La diminution de la vitesse moyenne d'une même onde comptée de- puis son départ, mais que l'on prend successivement sur un parcours de plus en plus long, est très-marquée. 2" Dans la conduite du diamètre de 0"',3o de la route militaire. Chemins parcourus. Vitesses Moyennes \„. Charge de poudre =o''',4. m m igo5,o 33i ,91 38io,o 328,72 Charge de poudre = o^%4- 1905,0 332,37 38 10,0 330,34 Charge de poudre = i^',5. Réflexion sur le fond fermé B. 38io,3 332,18 7620,6 330,43 ii43o,o 329,64 1 5240,0 328,96 n Les vitesses moyennes, pour des ondes produites avec une même charge de poudre et pour des parcours égaux, sont donc beaucoup plus grandes sur la conduite de o"',3o que sur celle de o™, 108. (*) Cette dernière vitesse m'inspire peu de confiance, parce qu'on ne l'a trovivce que sur une seide bande. ( 2'S ) 1° Dans la condaiti du diamètre de r",iû de l'égout Saint- Michel . Chemins parcourus. Vitesses moyennes \\. Charge de poudre = i gramme. m m 749,1 334,16 920,1 333,20 1417,9 332, 5o 2835,8 331,72 5671 ,8 33i ,24 8507,7 330,87 n343,6 33o,68 i4i79>5 33o,56 17015,4 33o,5o 19851 ,3 33o,52 » La vitesse" moyenne de propagation sur la conduite du diamètre de i™, 10 diminue moins vite que sur celle du diamètre o^jSo. Les pre- mières vitesses sont plus grandes, parce qu'elles sont prises bien plus près du départ. » lies différences sont encore plus marquées quand nous comparons, sur les trois conduites, les vitesses moyennes limites, c'est-à-dire celles qui corres- ])ondent à l'onde assez affaiblie depuis son départ pour ne plus marquer sur nos membranes. » Ces vitesses limites ont été trouvées : mm Di Sur la conduite de o, 108, V'„ =; 326,66 chemin parcouru =: 4o55,9 » O,300, V'„ =: 328,96 » =: l524o,0 » 1 , 100, V, = 33o,52 " =ig85i,3 » Dans ces expériences, l'oude a été produite par la même charge de poudre; les membranes sont les mêmes, elles ont par conséquent la même sensibilité : en d'autres termes, elles doivent cesser de marquer dans les trois conduites, lorsque l'onde est arrivée à la même faiblesse. Si donc l'affai- blissement de l'onde ne provenait que de la perte de force vive à travers la paroi du tuyau, la vitesse moyenne limite devrait être la même dans les trois conduites, puisque l'onde a la même intensité au départ, et la même intensité au moment où elle donne sa dernière marque sur la membrane. Ces vitesses limites étant au contraire très-différentes, il faut en conclure que les parois du tuyau exercent encore sur l'air intérieur une autre action que celle que nous venons d'indiquer, action qui diminuerait notablement son élasticité sans changer sensiblement sa densité. Par suite de cette action, ( 2'6 ) la vitesse de propagation d'une onde de même intensité dans des tuyaux recti- lignes serait d' autant plus faible que le tuyau aurait une section moindre. II est probable que la natiire de la paroi, que son poli plus ou moins parfait, exercent une influence sur ce phénomène. Je citerai un fait qui en donne la preuve : dans les égout» de Paris à grande section, on prévient ordinaire- ment les ouvriers par le son de la trompette; or on a reconnu que ces signaux portent incomparablement plus loin dans les galeries dont les parois sont recouvertes d'un ciment bien lisse, que dans celles où elles sont formées par de la meulière brute. » Pour que cette action des parois sur l'élasticité du milieu gazeux fût absolument nulle, il faudrait que le diamètre du tuyau fût infini; en d'autres termes, que la propagation du son eût lieu dans l'air lii^re. Mais cette action doit déjà être très-petite dans mes grosses conduites de i™,io; j'ai supposé qu'elle y était nulle, et j'ai conclu d'expériences ti'ès-nombreuses et très-concordantes que la vitesse moyenne de propagation , dans l'air sec et à zéro, d'une onde produite par un coup de pistolet, et comptée depuis la bouche de rarme juscpt'au moment oii elle s'est tellement affaiblie, cpielle ne fait plus marcher mes membranes les plus sensibles, est v; = 33o™, 6. )) J'ai cherché aussi à déterminer la vitesse que possède l'onde la plus affaiblie, celle que j'appelle la vitesse minima. Cette détermination n'a pu être faite avec quelque certitude que sur les grosses conduites de i™, lo ; on a trouvé w; ^ 33o'", 3o, valeur qui diffère peu de la vitesse limite moyenne. » Dans les conduites de plus petit diamètre, la vitesse minima est en- core moindre. » 111. Lorsque l'onde est produite, non plus par l'explosion subite d'uu mélange détonant, mais par l'injection d'une petite quantité d'air plus ou moins comprimé, sa vitesse de propagation dans la même ligne de tuyaux est d'autant plus grande que son intensité est plus considérable. Ainsi, pour celte onde, comme pour celle qui est donnée par le coup de pistolet , la vitesse diminue progressivement. » Dans nos conduites de i'", lo, les ondes produites par l'injection de l'air comprimé ont sensiblement la même vitesse initiale de |)ropagalion que les ondes qui sont doiniées par les coups de pistolet, mais leur vitesse ( 217 ) moyenne limite est nn peu pins faible. Le même fait s'est présenté pour la conduite de o™, 3o, lorsque l'excès de pression (fe l'air injecté élail suf- fisant. » IV. L'onde produite par la fermeture brusque de l'orifice à l'aide d'un disque lancé avec une grande vitesse se comporte de mémo : In vitesse de /iropagation diminue sensiblement à mesure que le parcours auqmcnte. Les expériences faites à l'aide du piston fiappeur sin- la conduite tlu diamètre de o",2!6 de la route de Choisy-le-Roi le montrent très-clairement. Dans la grande conduite du diamètre de i"\io, foruiant le siphon de Viilemouble, on a trouvé pour la vitesse moyenne de propagation, sur \\u même parcours de 9773™, 5 : tn Lorsque l'onde est donnée par nn coup de pistolet. . V'„ =r 333, i i Quand elle est produite par le pislim frappeur ^ =^ 33a, 56 >> Ainsi, l'onde donnée par le piston frappein- marche un peu moins vite que celle qui provient du coup de pistolet; mais cela tient uniquimeni à ce qu'elle a moins d'intensité, car elle n'a jamais marqué sin' la membrane un second retour qui correspondrait à ini chemin parcouru de 19547 mè- tres, taudis que l'onde fournie par le coup de pistolet a marqué constam- ment plusieurs retours. » V. Les expériences que j'ai faites sin- les ondes produites par la voix humaine et par les instruments à vent sont décrites en détail dans mou Mémoire; mais la description que je pourrai en faire ici prendrait trop d'é- tendue potu' cet extrait. » VL Nos formules théoricpies de la vitesse de piopagation du son dans l'air ne contiennent pas la pre.ssion barométrique à latjuelle l'air est soimiis. Si donc ces formules sont exactes, la vitesse de propagation d'une onde dans un gnz est la même, quelle que soit la pression que le gaz sup- porte. T>es seules expériences directes que l'on puisse invoquer jusqu'ici, comme confirtnant cette loi, ont été faites dans l'air libre : ce sont celles de MM. Slampfer et Myrbach en 1822, dans le Tyrol, entre deux slalions présentant une différence de niveau de 1 364 mètres, et celles de MM. lira- vaiset Martens, faites en 1H44 en Suisse, à deux stations dont la différence de niveau était de ao'yg mètres. MalFieiu'eusement, les jiressions baromé- triques moyennes que l'air présente entre les deux stations u>' diffèrent pas. assez de la pression au niveau de la mer. C. R., 1S68. i*^"- Senieslre. (T. LXVI. N" Jî.) 29 ( 2i8 ) n J'ai donné clans mon Mémoire deux séries d'expériences pour déterminer la vitesse de propa^jatioii du son dans de l'air, sous diverses pressions, et contenu dans des tuyaux du diamètre de o™,io8. » La première sur la conduite h gaz de la route militaire, près d'Ivry, ayant 567", 4 fie longueur; les pressions ont varié de o™, 557 ^ o™,838; par suite, la densité de l'air de 1,0 à i,5. )) La seconde a été faite sur une petite conduite horizontale établie dans la cour du Collège de France, et dont la longueur n'est que de 70", 5. Les pressions ont varié depuis o™, 247 jusqu'à i™, 267, par conséquent, la den- sité de l'air a changé à peu près de i à 5. » Il n'a pas été possible de constater une différence sensible dans la vitesse de propagation du son dans l'air sous des pressions si différentes. Ainsi, mes expériences confirment l'exactitude de la loi que je viens d'énoncer. y VIL Si l'on compare les vitesses V et V de propagation d'une même onde dans deux gaz différents, mais à la même température et sous la même pression ; si l'on admet qu'ils suivent la loi de Mariofte, qu'ils ont le même coefficient de dilatation, qu'ils satisfont à la loi de Poisson, etc., etc.; en un mot, si l'on admet que ce sont des milieux gazeux parfaits, on doit avoir, d'après la théorie. - = v/-- V V d' » De sorte que si l'un des gaz est l'air atmosphérique, et si c? représente la densité de l'autre gaz par rapport à l'air, ou a Y-^i » Jusqu'ici, ou n'a fait auctuie expérience directe pour déterminer la vitesse de propagation d'une onde dans un gaz autre que l'air atmosphé- rique; on a cherché seulement à démontrer l'exactitude de la loi précé- dente par une méthode détournée, fondée sur la théorie des tuyaux sonores. » Je donne dans mon Mémoire deux séries d'expériences directes sur les gaz que j'ai pu préparer en quantité suffisante. » La première série a élé faite sur la coudtule du diamètre de o'",io8 de la roule militaire d'Ivry, et dont la longupur efficace est de 567"', 4» j •'• pu la remplir successivement de gaz hydrogène, d'acide carbonique et de gaz de l'éclairage. ( 219 ) » Pour !a seconde série, j'ai utilisé la petite conduite du Collège de France, qui a la même section, mais seulement luie longueiu- de 70™, 5. J'ai pu m'en servir pour les gaz acide carbonique, protoxyde d'azote et ammoniac ; je réimis en un seul tableau les résultats obtenus sur les deux conduites : v^.- Conduite de 567"', 3. Conduite de ^o^iS. Hydrogène 3, 801 » 3,6^?. Acide carbonique 0,7848 0,8009 0,8087 Protoxyde d'azote » 0,8007 0,8100 Ammoniaque » 1,2279 ' ,3o25 V » Si l'on compare les rapports — des deux premières colonnes aux va- leurs calculées de \/t' o" trouve une coïncidence assez remarquable; les différences seraient certainement plus petites si on avait pu opérer sur des gaz très-purs, mais c'est bien difficile dans des conduites d'aussi grande ca- pacité. De plus, les valeurs de t/y ne sont pas elles-mêmes très-exactes, parce qu'on est obligé quelquefois de prendre, pour la densité du gaz par rapport à l'air, sa densité théorique, et non sa densité réelle, qui doit seule intervenir. V /T )) Mes expériences démontrent que l'on peut admettre la loi — =: i /-, mais seulement comme une loi limite, à laquelle les gaz satisferaient exac- tement si on les mettait dans les conditions où ils se comportent comme des niilieiix éliistiques parfaits. » VIII. Mes expériences pour déterminer la vitesse de propagation des ondes dans l'air libre, ont été faites par la méthode des coups de canon ré- ciproques. L'onde a évidemment au départ une très-grande intensité, mais elle s'affaiblit très-vite à mesure qu'elle se propage sphériquement dans l'espace. De plus, au moment du départ du coup, les couches d'air voisines de la pièce doivent subir un véritable transport, qui augmente encore la vitesse de propagation. Ainsi, par suite de ce transport et de sa grande intensité, l'onde doit marcher plus vite, surtout suivant la ligne du tir, dans les premières parties du parcoins que dans les suivantes. Mais cette accélération s'éteint très- vite et devient à peu près insensible quand l'onde parcourt de grandes distances. 29.. ( y.20 ) M Je distingue deux séries d'expériences : u Pour la première série, qui couipreml 18 cou|)s réciproques, chaque canon est éloigné d'environ 1280 mètres de la membrane qui marque l'ar- rivée de l'onde; on trouve pour la vitesse moyenne de propagation dans l'air tranquille, sec et à o degré, » Dans la seconde série, chaque canon est éloigné de 2445 mètres envi- ron de sa membrane; elle se compose de 11 journées d'expériences com- prenant 149 coups réciproques avec de très-grandes variations de temjjé- rature et de vent. >i La moyenne générale donne pour la vitesse dans l'air tranquille, sec et à o degré, v;, =33o'",7. » Cette vitesse est notablement moindre que celle de la première série. Ainsi nous trouvons encore ici que la vitesse diminue sensiblement à me- sure que le parcours augmente. » Dans la seconde série, la température a varié de i", 5 à 2i°,8; j'en con- clus l'exactitude de la correction pour la température, telle qu'on l'admet généralement. » IX. Ces recherches sur la propagation de l'onde dans les milieux ga- zeux ont été entreprises principalement au point de vue de la théorie méca- nique (le la chaleur. 3e crois pouvoir en déduire des conséquences impor- tantes; mais la jjlace dont je puis disposer pour cet extrait ne tne permet pas de les développer. » ASTRONOMIE. — Eclijjse loUde du Soleil te 18 août 1868. Note de M. Le Verrier. « I^e I 8 août prochain aura lieu l'une des éclipses de Soleil les plus remar- quables qu'il soit donné d'observer. Elle sera totale sur une ligne de par- cours que nous allons indiquer, cl la durée de l'obscurité sera pour cer- tains lieux relativement considérable. » La ligne de l'éclipsé centrale passe tout près d'Aden, puis se dirige à travers la mei' vers l'Indoustan, sur lequel elle pénètre à la hauteur de Kolapour, un peu au-dessusde Goa. Elle traverse toute la contrée de l'ouest à l'est et en ressort près de Masulipatam. Elles'étenrl alors sur le goKe du Bengale, passe au nord des îles Andaman, traverse la partie nord de la 1-2 1 presqu'île de Malacca, le golfe de Siaiii, la puiiite de Cambodje, le nord de Bornéo et des Célèbes, et vient longer le sud de la Nouvelle-Guinée. » La longue durée de l'obscurité est due à plusieurs causes. La Liuie n'est qu'à six heures de son périgée, tandis que le Soleil n'est pas loin de son aijogée : double condition qui tait que le diamètre a|jparent de la Lutie est grand et que le diamètre apparent du Soleil n'est que de 9 secondes d'arc au-dessus de son mininuau. Le diamètre apparent de la Lune est encore accru dans les régions pour lesquelles le phénomène se produit vers le zénith, ainsi que cela a lieu pour la partie du golfe de Siam, et en particu- lier pour la pointe de Candjodje. La durée de l'obscurité totale s'élève dans cette région jusqu'à 6" 4^% ^t est encore de 6'"4o* pour le Cambodje. » Aden n'est point propice pour l'observation : le Soleil est trop près de l'horizon, et la durée du phénomène est trop courte. D'ailleurs, Aden ne se trouve pas lui-même sur la ligne centrale; il faudrait se transporter un peu au nord, ce t|ui, en raison de l'état du pays, offrirait sans doute de grandes difficultés. » Les Anglais se préparent naturellement à observer le phénomène dans rindonsfan. )> La pointe de Cambodje, qui dépend de notre possession de Saigon, doit attirer l'attention de la France. Grâce à notre établissement et au concours actif et éclairé que la Marine impériale ne manquerait pas de donner à une entreprise scientifique, il serait possible de se rendre, par terre ou autrement, eu partant de Saigon, au point désigné^ et de s'y installer à l'avance pour préparer les observations qu'on voudrait entreprendre. Il faudrait tout d'abord assurer une bonne détermination de la latitude et de l'heure du lieu, travail qui serait parfaitement placé entre les mains des marins. L'observation astronomique des phases d'entrée et de sortie condui- rait à une nouvelle détermination du diamètre du Soleil et aussi à inie mesure précise de la longitude géographique du lieu, résultats c[ui ne se- raient point sans intérêt. Lorsque le moment de l'éclipsé totale appro- cherait et que les cornes seraient réduites à un simple filet lumineux, l'analyse spectrale de la lumière du Soleil prendrait une grande impor- tance, et il en serait de même après la fin de l'obscurité. )) Quelques minutes avant que la lumière du Soleil ait complètement disparu, il faudra déjà se préoccuper de s'assurer si dans les endroits pro- pices du contour du disque on n'apercevrait pas quelque trace de ce qu'on appelle les protubérances lumineuses. Dès qu'on aura saisi une d'entre elles, il faudra la suivre avec une grande attention, même après le ( 222 ) retour de la lumière du Soleil, si cela est possible, et constater si son déplacement la rattache effectivenieiit au disque du Soleil. Ces derniers travaux pourront s'effectuer de deux manières, ou par des observations et des mesures directes, ou p.ir des impressions photographiques prises succes- sivement à des instants bien connus. Nous n'avons point l'intention d'entrer ici dans le détail de l'organisation que nécessiteraient ces travaux. Nous voulons seulement examiner la situation générale. » Très- malheureusement, on se trouve au 18 août en pleine mousson du sud-ouest. Les Anghiis estiment que cette condition laisse peu de chances d'obtenir des observations sur la côte ouest de l'indoustan, et que ce sera seulement à l'est des versanis montagneux qu'on pourra espérer un ciel propice aux observations. Par les mêmes raisons, la pointe de Cambodje, si admirablement située, quant aux conditions astronomiques, laisse, au point de vue météorologique, les pressentiments les fflus fâcheux. Serait-il sage d'aller concentrer dans ces régions basses et que rien ne couvre contre le vent du sud-ouest des moyens puissants d'observation qui pourraient, au moment voulu, être réduits à l'impuissance, ainsi que cela est arrivé au mois de mars 18G7, auprès de Naples, à ceux qui s'y sont transportés poin- l'observation de l'éclipsé annulaire? )) La presqu'île de Malacca, au point où elle est traversée par la ligne centrale de l'éclipsé, a une largeur de 3o à l\o lieues, et elle cotut du nord au sud. La côte ouest est évidemment soumise complètement à l'influence de la mousson. La presqu'île est toutefois traversée dans toute sa longueur par ime chaîne de liantes montagnes, et l'on peut se demander si l'influence de cette chaîne ne piotégerait pas la côte est d'une manière suffisante pour qu'on piit s'y placer avec quelque chance de succès. En admettant qu'il en fiât ainsi, une autre question surgirait. Celte côte est-elle accessible, et, avec le secours de la marine, les observateurs pourraient-ils s'y étaljlir pendant le temps nécessaire à la préparation et à l'exécution des obser- vations? » Nous nous étions déjà posé ces questions, et nous comptions arriver à leur solution, quand nous avons été momentanément dans l'impossibilité de les suivre. Les jours s'écoulent cependant , et s'il est encore temps d'aviser, il y a urgence à ne pas perdre un instant. 11 tant examiner de suite si les conditions météorologiques et maritimes rendent utile et possible une expédition développée dans le Cambodje et sur la côte est de la pres- qu'île de Malacca; les dispositions à prendre à l'égard des observateurs et des instruments en dépendront. ( 223 ) » Dans tous les cas, les officiers de la Marine impériale qui se trouvent sur les lieux, et en particulier M. le contre-amiral Ohier, (|ui commandera à cette époque à Saigon, donneront à ce grand phénomène toute l'attention nécessaire. Nous savons qu'ils seraient heureux de recevoir les instructions et le concours d'un savant que sa spécialité désignei'ait pour cette mission. Ajoutons enfin que, suivant les. circonstances, quelques savants étrangers désireraient se joindre à l'expédition française. Nous réclamons de nos confrères de la Marine et de M. le vice-amiral Rozo, qui est de retour à Paris, l'étude et la prompte solution de la première partie des questions dont dépend la possibilité d'observer l'éclipsé totale du 18 août en Cochin- chine ou dans les contrées voisines. » ASTRONOMIE. — Sur les mesures prises par le Bureau des Longitudes pour l'observation physique de réclipse prochaine^ aux Indes orientales. Note de M. Faïe. « Après ce que nous venons d'entendre sur les projets et les préparatifs de l'Observatoire porn- l'observation du grand phénomène astronomique du I 8 août prochain , je crois pouvoir, sans indiscrétion , dire à l'Académie que, de son côté, le Bureau des Longitudes s'est fortement préoccupé de cette éclipse, dont il a fait calculer les phases et dont il a présenté, il y a deux ans, les détails astronomiques et géographiques sur une Carte annexée à la Connaissance des Temps pour 1868. Déjà, à l'occasion de l'éclipsé annu- laire du 6 mars dernier, le Bureau des Longitudes avait donné à M. Janssen la mission spéciale d'aller observer les circonstances physiques de ce phé- nomène, en lui indiquant ses desiderata. Grâce au choix de la station que le Bureau avait désignée sur les bords de l'Adriatique, cet habile physicien a pu obtenir les plus intéressants résultats, alors que les autres observateurs, qui s'étaient postés de l'autre côté des Apennins, ont vu leurs préparatifs échouer par suite des mauvais temps qui régnaient sur le bassin de la Mé- diterranée, » Nous avions chargé M. Janssen de faire à cette occasion la première application de l'analyse spectrale à une éclipse de Soleil. » Dans les circonstances ordinaires, il est impossible d'obtenir dans toute leur pureté les spectres des différentes parties du disque du Soleil, car l'atmosphère terrestre, si vivement illuminée dans la région du ciel où se trouve cet astre, mélange partout la lumière du centre avec celle des bords, et s'oppose ainsi à toute conclusion décisive sur cette dernière. ( 224 ) Mais cet obslacle iiisnrmonlable disparaît momentanément clans 1rs éclipses aniuilaires, parce que la Lune fait alois fonction d'écran et ne laisse péné- trer dans noire atiriOsplièro que les rayons émis par les bords extrêmes. La qneslion était de savoir si ces deux spectres, pris dans tonte leur pureté, différent comme semble l'indiquer la ibéorie, et en tout cas de comparer ces deux spectres sous quelque rapport décisif. Il y avait là évidemment, dans toutes les évenlnalilés; d'importantes notions à obtenir sur la consti- tution de ralmospiière propre du Soleil, de même que, de l'étude comparée des spectres observés au centre et aux bords des planètes, de la nôtre en particulier, on peut arriver à certaines conclusions touchant la constitution de leurs atmosphères. » Le résultat n'a point trompé l'attente du Bureau. M. Janssen, éclairé par une tentative déjà ancienne du même genre, due à M. Forbes, n)ais faite à une époque où, ce que nous nommons aujourd'hui l'analyse spec- trale n'existant pas, nos questions actuelles n'auraient même pu être posées, M. Jatissen, dis-je, a eu recours à un procédé d'une délicatesse extrême. Au lieu de s'adresser aux plus belles raies solnircs du spectre, il a choisi cer- tains groupes de raies faibles et grisâtres, de la riche série de celles qui sont dues à la présence du fer dans la masse solaire, et s'est attaché, pendant l'éclipsé du 6 mars, à Trani, à comparer minutieusement ces groupes dans les deux spectres successifs du centre et du bord. Le raisonnement qui la guidé dans ce choix est au fond le même ([ui sert à rlistinguer les raies tellii- rirpies des raies solaires : les premières, pâles et grisâtres quand le Soleil est au zénith, se foncent et se multiplieu! quand le Soleil se rapproche de l'horizoï!. Eh bien, pour ratmosjdière solaire, le même phénomène ne se produit pas; que les rayons lumineux traversent cette atmosphère norma- lement ou sons tuie incidence très-faible de quelques degrés (i), il n'eu résulte aucune modification dans le spectre, même en prenant pour témoiiss les raies les plus délicates sur lesquelles le moindre changement d'intensité doit être perceptible. Voih'i un fait important dont la connaissance est entiè- rement (\ui' à M. .Innssen et à 1 initiative prise, dans celle circonstance, par le Bureau des Longitudes (2). (i) La portion annulaire du disque du .Soleil, à laquelle s'appliquent les observations de i\l. .tanssen, riait rciluilc à une 1 paissour d'criviron 3o secondes, (2) IM. Janssen a cousiaté, en outre, (ju'au nionicnl de l'êclipse annulaire les raies telln- riques, si peu niarqnéi'S d'ordiiiaiic au zcnilli, (■taieni au enulraire Irès-nellenicnl acrusecs dans eette rc_:i(in i\{\ ciel. Il eu a cotulii